San
Finna N°352 du 27 Février
au 05 Mars 2006 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
*
Le maire de Ouagadougou a promis que le marché
Rood Woko verrait sa dalle coulée avant fin 2006.
L’Ambassade de France a fait savoir la semaine dernière,
pour sa part, que le marché serait reconstruit
en 2006. Ils gagneraient à bien s’accorder
sur les dates car on ne sait plus qui croire : en effet,
si le maire dit que la dalle sera coulée en fin
2006, cela signifie que le reste des travaux, le plus
lourd des travaux donc, sera pour 2007, ce qui contredit
les dires de l’Ambassade. Pourvu que l’Ambassade
ait dit juste !
*
La fièvre tropicale « chikungunya »
(traduisez la « maladie de l’homme courbé
») transmise par les moustiques, et qui fait des
ravages dans les îles comme la Réunion, ne
risque-t-elle pas de se propager en Afrique ? Touchons
du bois car on souffre déjà assez avec le
paludisme « classique » !
* A Koudougou, ce serait la désolation à
la gare des trains car on refuserait l’embarquement
des poulets vers la Côte d’Ivoire. Les vendeurs
sont en colère de devoir garder cette marchandise
appelée à se déprécier très
vite alors qu’il n’y aurait même pas
eu d’interdiction officielle à ce sujet.
La Mairesse Jeannette Yaméogo se serait rendue
sur les lieux pour s’enquérir de la situation.
* Le Sénégal mène une lutte d’avant-garde
en matière de grippe aviaire et la semaine passée,
on a même félicité le Président
pour ses initiatives heureuses. Mais sur RFI, on a entendu
cette semaine, un responsable sénégalais
dire que le président Wade propose la création
laboratoire spécial notamment pour détecter
le virus de la grippe aviaire, idée louable, mais,
idée plus contestable, avance que l’Institut
Pasteur à Dakar pourrait accueillir une telle structure,
et de faire appel aux partenaires pour un petit million
d’euros environ à cet effet, étant
entendu que le Sénégal contribuerait pour
une partie. S’il doit y avoir lutte au plan sous-régional,
pourquoi tous ensemble, ces pays ne pourraient-ils pas
décider de l’emplacement de ce laboratoire,
que ce soit à Ouagadougou, Niamey… ou Dakar,
même si l’idée est sénégalaise
?
* On parle beaucoup des ravages de l’amiante en
ce moment. San Finna s’en était inquiété
il y a déjà quelques années. Eh bien,
il faut savoir qu’au Faso, un texte, le décret
n° 98-039/PRES/MP/MEF/MCIA du 4 février 1998,
porte interdiction de la fabrication, de la transformation,
de l'importation, de la commercialisation et de l'utilisation
des matériaux de construction à base d'amiante
au Burkina Faso. (in Journal officiel, 1998-02-26, no
9, p. 3994). Il est même stipulé dans ce
décret : « L'expertise des matériaux
de construction déjà en cours d'utilisation
est prévue ». Ce dernier point est capital.
Y a-t-il déjà eu expertise ? On n’en
a jamais entendu parler. Ne faudrait-il pas lister tous
les bâtiments publics, les contrôler et rendre
publiques les conclusions relatives à la question
de savoir si les matériaux qui les composent comportent
ou non de l’amiante ? Ne pourrait-on pas aussi prélever
régulièrement des matériaux de construction,
au niveau des magasins, des entrepôts, aux frontières…,
pour détecter s’ils comportent de l’amiante
?
* Le Parti Socialiste sénégalais est fâché
et le fait savoir. On a tous entendu parler des récents
troubles à l’Université de Dakar.
Eh bien, le PS sénégalais dénonce
l’analyse faite par le président du pays
relativement à ces évènements. Lisez
quelques extraits de son communiqué, parvenu à
notre Rédaction par Internet : « A son arrivée
à Dakar, après une absence de plusieurs
jours, le Président Wade, interrogé sur
la crise universitaire, a accusé l’opposition
de manipuler les étudiants et d’être
de connivence avec l’étranger pour déstabiliser
son régime. Cette accusation n’est pas seulement
dénuée de fondement, elle traduit aussi
le désarroi d’un régime qui a largement
échoué et qui n’a de réponse
aux attentes des citoyens que la violence, la démagogie
et les contrevérités. En croyant que le
recours à de tels subterfuges peut distraire les
Sénégalais de leurs véritables préoccupations
nées de ces politiques désastreuses, Wade
et son régime montrent une fois de plus qu’ils
n’ont aucun respect pour notre peuple et cherchent
encore des prétextes pour fuir leurs responsabilités
et s’engager dans une autre escalade de la violence.
Le Bureau Politique tient à dénoncer ces
manœuvres ridicules d’un autre âge qui
n’ont aucune chance de prospérer./ »-
* Le Ministre de la Culture et des Arts, Aline Koala,
était à Bobo-Dioulasso le 24 février
dernier pour l’installation des membres du comité
national d’organisation de la 13ème édition
de la Semaine nationale de la culture prévue du
25 mars au 1er avril prochain. Le comité se compose
de 18 commissions.
* Chez nous, mercredi dernier, le Dr Bidima, patron du
Mouvement de la Paix/Burkina, a fait fort pour sa rentrée.
A propos de la dernière présidentielle,
il a réaffirmé ses positions de principe
: le respect de l’article 37 qui interdit plus de
deux mandats successifs. Au moment où beaucoup
de leaders d’opinion semblent avoir décidé
d’évacuer ce contentieux pour éviter
les problèmes, il fait la différence ! Par
rapport au dossier ivoirien, il a également fait
une démonstration éclatante qui a fait mouche.
Il faut dire que le Docteur avait bien monté son
argumentation avec une approche à a fois simple
mais aussi très documentée. Par rapport
au dossier Clément Oumarou Ouédraogo, si
le pouvoir pense l’avoir évacué, il
montre qu’il est possible de faire rebondir l’affaire
en apportant de nouvelles charges édifiantes. Bravo
Docteur Bidima.
* Avec la dette annulée à 100 % pour 18
pays africains en 2005, on a parlé d’une
remise de dette de l’ordre de 1000 milliards de
FCFA pour le Burkina Faso. Si hier, tout le monde s’est
félicité de l’annulation totale de
la dette publique, aujourd’hui concrètement,
où en est-on ? Les partenaires ont-ils décidé
de l’utilisation qui sera faite de cette remise
? Concrètement, qu’est-ce que cette remise
de dette a entraîné sur le budget de 2006
? On n’en sait trop rien ; il faudrait qu’un
point soit fait, même de façon simplifiée,
pour dire si les choses ont évolué, et dans
quel sens.
* L’affaire du « Clemenceau » s’est
terminée comme on le sait, avec la décision
du chef de l’Etat français, de faire rentrer
ce porte-avions à Brest pour y être désamianté
et démantelé. Ce travail va coûter
les yeux de la tête, ce qui a amené des politiques
comme Le Pen à dire qu’il faut tout simplement
le couler, l’océaniser comme on dit. Mais
les associations de défense de l’environnement
ont les yeux bien ouverts surtout que la France a signé
une convention interdisant ce procédé !
* Mardi dernier, à l’occasion du débat
sur le secteur informel, le maire de Ouagadougou a montré
sa nette préférence pour le secteur formel.
Un représentant de la Caisse nationale de sécurité
sociale, M. Etienne Paré, n’a pas eu froid
aux yeux et a demandé au Maire pourquoi les «
balayeuses » de la Mairie n’avaient pas de
couverture sociale. Celui-ci a répondu : «
Ces femmes sont des prestataires de services. Elles ne
sont pas des employées de la mairie. Nous sommes
en train de penser à une assurance compte tenu
des risques qu’elles encourent. D’ores et
déjà, si elles sont blessées dans
l’exercice de leurs fonctions, la mairie les prend
en charge ». N’empêche, le représentant
de la CNSS a marqué un bon point !
* La radio mondiale, RFI, a fait état le 20 février
dernier, du dossier CNSS au Faso en annonçant que
les syndicats suivis du Renlac avaient mis l’affaire
sur la place publique. Sans se jeter des fleurs, on peut
dire que c’est San Finna qui a levé le lièvre
dans ce dossier car depuis le 26/09/2005, il en a régulièrement
fait état. La radio a également fait état
de ce qu’une enquête avait été
décidée par les autorités burkinabé
pour éclairer tout un chacun notamment les syndicats
qui n’ont pas été convaincus par les
arguments des dirigeants de la Caisse. Il était
temps mais cette enquête se déroulera-t-elle
dans la transparence, les bonnes questions seront-elles
posées et si sanctions il doit y avoir, seront-elles
appliquées ? « That is the question »
!
* Lu sur Jeune Afrique : « Un inventeur sud-africain
du nom de Gervan Lubbe a mis au point un bracelet-montre
anti-paludisme, qu’il a baptisé « Malaria
Monitor ». Cette montre devrait être disponible
pour le public à partir de février. Selon
Lubbe, « elle détecte le parasite et le détruit
si vite qu’il n’y a plus aucun risque d’issue
fatale, et que l’on ne ressent même pas les
premiers symptômes ». Décidément,
les chercheurs cherchent et trouvent en Afrique du Sud
: après le préservatif anti-viol, le bracelet-montre
anti-paludisme devrait faire un tabac s’il est bien
conçu !
* Les éleveurs du Niger dont le pays est menacé
par la grippe aviaire, selon une dépêche
de l’AFP du 23 février dernier, « jugent
insuffisantes les primes de dédommagement de 1.000
FCFA (1,5 euro) par poulet promises par le gouvernement
en cas d'abattage massif de volaille atteinte du virus.
‘C'est largement insuffisant et injuste. Tout technicien
avicole vous confirmera qu'il faudrait au minimum 4.000
FCFA (plus de 6 euros) pour élever un poussin jusqu'à
sa période rentable’, s'insurge Harouna Labo,
propriétaire d'une des plus grandes fermes du Niger
». Au Burkina Faso, on aimerait bien entendre que
le gouvernement s’ engage déjà à
dédommager les éleveurs professionnels de
volailles qui sont propriétaire de 25 % du cheptel
aviaire estimé à 32.000.000.000. A raison
de 1000 f la bête abattue, le pouvoir devrait débourser
8 milliards de FCFA. On comprend peut-être pourquoi,
le chiffre du plan de la lutte est passé d’un
peu plus d’un milliard à plus de 5 milliards
! Si les religieux et coutumiers implorent ciel, terre
et ancêtres en temps de sécheresse pour qu’ils
pleuvent, ils devraient en faire de même pour que
l’Etat ait suffisamment de moyens pour dédommager
les paysans car ils seront les plus nombreux à
souffrir en cas de grippe aviaire. Dieu nous protège
en tout cas de ce fléau !
* Le célèbre mercenaire Bobo Dénard
et ses « Affreux » sont actuellement en procès
en France. Mais pendant ce procès, il n’est
pas certain qu’on entende des chroniqueurs judiciaires
ou des avocats, faire des approches comparatives avec
toutes les interventions passées comme présentes
des régimes français en Afrique.
*
Le désamour irait-il grandissant entre les Ouagalais
et la police municipale ? Il faut le craindre, à
s’en remettre à Dame rumeur qui véhicule
le mécontentement qui se généralise
par rapport à l’habitude prise par la police
municipale de sévir à la limite du harcèlement
les citoyens, les jeudi et vendredi. Pour beaucoup, cela
ressemblerait à du racket pour arrondir les fins
de semaine !