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FAUT-IL
FORMALISER OU NON LE SECTEUR INFORMEL ?
Mardi
dernier, la question a été posée
du côté du Centre culturel français
lors d’un débat télévisé
organisé par la télévision
Canal 3 en collaboration avec l’Ambassade
de France. Les Impôts, la Chambre de Commerce,
les Douanes, les commerçants du secteur informel
étaient là, chacun défendant
ses visions dans une sérénité
fort appréciable. Il s’est dégagé
deux positions. Pour les uns, tous les acteurs de
ce secteur, à l’image des autres acteurs
des secteurs formels, doivent contribuer à
l’effort de développement du pays,
donc oui pour la formalisation. Pour les autres,
il ne faut pas jeter l’anathème sur
les acteurs de ce secteur car ils ne participent
à un fort taux de développement socio-économique
du pays que justement parce qu’ils sont dans
l’informel. Il faut donc les y maintenir.
Voilà notre « Deux sons de cloche »
tout trouvé. Merci à Canal 3, merci
à l’Ambassade de France.
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IL FAUT VITE FORMALISER
CE SECTEUR POUR PLUS DE CREATION DE RICHESSES, POUR
LA COMPTABILITE NATIONALE
Au
Burkina Faso, on a toujours pris l’habitude
de faire allégeance à certaines personnes
qui exercent sous le couvert de cette appellation
« secteur informel », les empêchant
pour ainsi dire de contribuer en temps réel
à l’édification de notre économie.
Il faut dénoncer cet état de faits
parce qu’il y a moult personnes qui se logent
dans ce secteur frauduleusement pendant qu’ils
peuvent exercer dans un secteur plus viable qu’est
le formel. D’autres personnes migrent du secteur
formel au secteur informel juste pour éviter
de payer plus d’impôts, de déclarer
leur personnel à la Sécurité
sociale, de tenir une comptabilité qui ferait
beaucoup plus de transparence au niveau de leurs
activités. Parmi ces maux les plus criards
que crée le milieu du secteur informel, se
trouvent la commercialisation de produits dangereux,
contrefaits, la concurrence déloyale. Cette
dernière est très forte car c’est
dans ce secteur que se retrouvent des gens exerçant
en totale illégalité dans le commerce
de produits déjà commercialisés
par des commerçants dûment imposés,
travaillant dans les règles de l’art
et ayant un personnel protégé et déclaré
à la Sécurité sociale. Ce problème
ainsi soulevé pose aussi celui de la Sécurité
sociale des travailleurs du secteur informel. Aucunement
reconnus en la matière, ils affrontent tous
les risques du monde dans leurs métiers.
Les accidents du travail y sont pourtant récurrents
sans compter que l’absence de retraites empêche
une qualité de vie aux travailleurs du secteur
informel et à leurs familles. Il y a aussi
que c’est totalement injuste que des acteurs
du secteur informel se remplissent les poches sans
payer les impôts ce d’autant que, contrairement
à ce qu’on croit, ce secteur rapporte
très gros pour certains. Il faut donc formaliser
les commerces de ce secteur pour qu’ils participent
également, au prorata de leurs bénéfices,
à la comptabilité nationale. Cela
sans compter qu’ils pourront bénéficier
de prêts bancaires, accéder aux marchés
publics qui se chiffrent à des milliards
par an, bénéficier de stages... La
fiscalité ne tuera point leurs activités
et ennoblira leur citoyenneté. Les employés
travailleront mieux car ils se sentiront protégés.
Oui, il faut assainir ce secteur (même si
c’est progressivement) pour le rendre plus
compétitif, plus performant, plus contributif
au développement et c’est le prix à
payer !
TOZI.
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LE SECTEUR INFORMEL
DE LA SEULE CAPITALE RAPPORTE 127 MILLIARDS AU BURKINA
FASO : A QUOI BON LE FORMALISER ?
L’Etat
étant dans l’incapacité d’assurer
du travail à tous, de répondre aux
demandes sociales fondamentales des citoyens, il
faut accepter que ces derniers apprennent à
se sortir par eux-mêmes de leur misère.
La majorité des Burkinabé sans emploi
se lancent ainsi dans le secteur informel qui est
une porte de sortie de la « mouise »
qu’ils ont souvent longtemps endurée.
Ils exercent dans tous les milieux sans une technique
réellement moderne de comptabilité,
apprenant sur le tas. Nombre de ces acteurs agonisent
déjà après quelques jours de
création et cessent leurs activités
du fait que l’informel, contrairement à
ce qu’on croit, est bel et bien taxé.
Voyez comment les services municipaux et fiscaux
s’entendent pour ne pas leur laisser la paix.
On comprend par ailleurs Abdoulaye Zonou, professeur
à l’Université de Ouagadougou
et membre du CAPES qui dit ceci
« On a l’impression que ce qui préoccupe
l’Etat, c’est seulement cibler les imposables
et lever l’impôt, au lieu de chercher
à comprendre et à encadrer les différents
secteurs d’activité ». Malgré
toutes ces difficultés, ils arrivent à
faire, tenez-vous bien, un apport rien qu’à
Ouagadougou de plus de 127 milliards de francs cfa
par an au pays. Qui dit mieux ? Ce secteur fait
vivre, de par sa nature même, des millions
de Burkinabé : agriculteurs, éleveurs,
artisans… Dire aujourd’hui qu’il
faut coûte que coûte formaliser ce secteur
relève d’une volonté absurde
de mettre en difficultés ces centaines de
milliers d’acteurs de ce secteur, de mettre
dans la « mouscaille » leurs familles.
Cette idée est à abolir absolument
et il faut peut-être rechercher ailleurs ce
qui aidera à remplir mieux les caisses de
l’Etat. Certains acteurs de ce secteur ne
sont pas forcément contre la formalisation
mais dans la mesure où leurs activités
prospèrent dans le temps ; ce qu’ils
veulent aussi, c’est bénéficier
de période de grâce leur permettant,
après reconnaissance fiscale, de s’habituer
au nouveau contexte. De toute manière, ils
estiment que si l’on va vite en besogne sur
le chemin de la formalisation, chemin logique pour
tout commerce qui évolue et qui se développe,
ils iront directement vers les funérailles
d’un secteur qui, chaque année, rapporte
beaucoup au pays sans pouvoir en compenser les désagréments
multiples. A bon entendeur, salut !
TOMI.
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