San
Finna N°395 du
08 au 14 Janvier 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
L’ETHIOPIE
BRISE LE MYTHE DE L’INVINCIBILITE SOMALIENNE
UNE VICTOIRE EN CHANTANT QUI NE DONNE PAS LA GROSSE TETE
A
y regarder de près, la guerre de l’Ethiopie
contre les islamistes somaliens ressemble un peu à
celle des Américains contre les Bassistes irakiens
en dépit de la fiction de l’existence d’un
gouvernement légal somalien. Dans l’une comme
dans l’autre, c’est un pays qui a pris sur
lui, au nom de la liberté, d’envahir un autre
pays pour l’éradiquer d’un système
jugé dangereux pour l’ordre mondial.
En Somalie comme
en Irak, régnait un certain mythe sinon d’invincibilité,
de dangerosité du pays qui décourageait
les attaques. Les Bassistes irakiens faisaient peur à
cause de la puissance supposée de leur armée
et de la possession d’armes de destruction massive
qu’on lui attribuait. La Somalie s’était
révélée comme une terre ingouvernable,
imprenable à cause de sa capacité de violence
inégalée, de sa dextérité
dans l’art de la guerre. Les Américains en
savent quelque chose qui y ont mordu la poussière.
Le premier ministre éthiopien Mélès
Zenaoui a donc, n’ayons pas peur des mots, chassé
les islamistes somaliens du pays ; il les a vaincus dans
une guerre éclair tout comme Bush en Irak. Mais,
à la différence des Américains, les
Ethiopiens ne se sont engagés dans cette guerre
unilatérale que par défaut. A l’origine,
la communauté internationale aurait plutôt
souhaité une intervention de plusieurs de ses membres.
Des pays comme l’Ouganda, le Soudan, qui ont été
approchés, se sont très vite désistés,
obligeant l’Ethiopie à faire le boulot, sous
les encouragements à peine voilés des Américains.
Maintenant que le travail est fait, Mélès
Zénaoui a conscience qu’il ne doit pas avoir
la grosse tête et qu’il doit éviter
de commettre la même erreur que les Américains
en Irak. Il sait que persister dans l’unilatéralisme
peut très vite amener la guérilla à
se développer. Les islamistes n’ont pas rendu
leurs armes ; ils sont rodés par la technique de
la guerre révolutionnaire. Les réseaux qui
les aident sont restés intacts. Il y a un sentiment
anti-éthiopien très fort en Somalie. C’est
pourquoi, les responsables éthiopiens annoncent
eux-mêmes qu’ils pourraient commencer leur
retrait dans les deux semaines et en appellent à
la communauté internationale pour qu’elle
prenne le relais.
Voilà une preuve de sagesse et aussi un premier
teste pour Ban Ki-moon qui, s’il répond promptement
à la demande du numéro Un éthiopien,
aura l’occasion de capitaliser la victoire éthiopienne
et d’engager son pied dans le bon étrier
!