*
Info ou intox ? Il sourde que des Marocains pourraient
venir s’occuper de la sécurité rapprochée
du chef de l’Etat. La perspective serait difficile
à accepter pour un pays qui depuis l’indépendance
a montré son hostilité à toute
forme de sujétion militaire extérieure.
* Ce 3 Janvier 2007, les syndicats comme chaque année,
ont commémoré le soulèvement populaire
du 3 janvier 1966. Des Burkinabé auraient été
quelque peu choqués de la virulence des propos
contre le premier président, estimant qu’après
tant d’années, on aurait pu un peu passer
l’éponge surtout que, comme l’a écrit
le patron du Pays, Boureima Jérémie Sigué
(du 4 janvier 2007), les pères des indépendances
« avaient l’excuse du temps et de la jeunesse
des Etats ». Il faut reconnaître que comparativement,
les propos ont été nettement moins durs
concernant les tenants du pouvoir actuel, comptables
pourtant de tant de crimes, de sang, d’ingérences
multiples, d’hégémonisme économique.
* El Hadj Dabo Amadou, Vice-Président de l’UNDD
et Député à l’Assemblée
nationale, interpellé par un CRS qui s’inquiétait
de ce que le parti demande la suppression du corps,
aurait renvoyé ce dernier à la communication
du député Salif Ouédraogo qu’il
a faite sur la question et dont les termes sont clairs
: « Les réponses particulières concernent
stricto sensu l’armée, son organisation,
son fonctionnement, ses rapports avec la police, savoir
s’il faut réduire les compétences
de la compagnie républicaine de sécurité
à défaut de la supprimer, trouver une
réponse aux demandes de règlement des
indemnités dues au titre des missions ; trouver
un compromis pour les questions liées à
la couverture sanitaire et à la retraite».
Après quoi, le député DABO aurait
expliqué que dans sa communication à lui,
il a fait une rétrospective de la Compagnie depuis
la première République jusqu’à
nos jours en passant par la FIMAT qui n’a jamais
été réellement acceptée
par les militaires et que le propos du parti, qu’il
a répercuté, était d’inciter
le pouvoir mais aussi tous les Burkinabé à
ne pas fuir le débat et à l’aborder
dans son aspect technique comme dans la généralité
des demandes liées à la gestion même
du pays.
* Est-il vrai que les anciens militaires classe 80,
81 voulaient faire aussi leur démonstration le
5 janvier 2007 ? C’est le bruit qui a couru et
qui tend à confirmer que la série pourrait
continuer.
* Le dernier numéro d’Afrique Education
actuellement en ligne, a reproduit l’entretien
que cet organe a eu avec Mustapha Niasse, candidat à
la prochaine présidentielle sénégalaise
de février 2007. La dernière question
a retenu notre attention : « Au moment où
je recueille cette interview, le président Wade
suit discrètement un traitement de chimiothérapie
à Besançon selon nos diverses sources.
Le leader des libéraux qui est le troisième
doyen des chefs d’Etat de la planète après
Fidel Castro de Cuba et Robert Gabriel Mugabe du Zimbabwe,
doit-il se succéder à lui-même ?
La sagesse aurait voulu que le président se retire
comme un certain Nelson Mandela en Afrique du Sud. Je
doute très fort qu’il puisse le faire ».
* Si Monseigneur Philippe Ouédraogo n’était
pas très connu au Burkina Faso, aujourd’hui
il le sera et même au-delà des frontières
nationales pour avoir osé tenir les propos qu’il
a tenus en réaction au dernier message à
la nation du chef de l’Etat. Il a en effet fait
dans une position de rupture qui n’est pas coutumière
dans la hiérarchie catholique. Mais plus important,
il a su avoir les mots qu’il fallait pour traduire
les déceptions populaires. Sa sortie pour flétrir
la gestion du pays et particulièrement la sempiternelle
référence à la croissance positive
a été particulièrement remarquée.
Il a su dire tout haut ce que beaucoup pensent tout
bas et notamment que le peuple n’est pas en attente
de beaux mots mais d’actes, qu’il n’est
pas en contemplation devant le lustre de Ouaga 2000
mais tenaillé par les affres de la pauvreté,
de l’insécurité. Il a montré
qu’une croissance digne de ce nom doit se sentir
dans les transferts sociaux, de la vie des Burkinabé
lambda. Du coup, il s’est situé dans cette
mouvance réhabilitante qui a été
particulièrement valorisée par l’Eglise
Famille de Dieu en novembre 2006 et dont nous nous sommes
fait l’écho dans un entretien accordé
par son Secrétaire national, François
de Sales Bado, publié dans notre numéro
390 du 20 au 26 novembre 2006.
* Parmi les recettes imaginées par le Chef suprême
des armées pour contenir l’expansion de
la sédition militaire, il y aurait, à
ce que dit dame rumeur, le transfert des armes des différents
corps à Pô. Certains disent même
que les munitions auraient déjà rejoint
le chef-lieu du Nahouri. D’autres avancent qu’il
n’en est rien et que les discussions se poursuivraient
mais seulement sur le point d’enlever les percuteurs
des différentes armes. Mais tout comme l’éventualité
de la venue des Marocains, cette rumeur rencontre de
fortes résistances, les militaires estimant que
ce serait un moyen d’émasculer l’armée
et de permettre l’émergence d’une
contre armée sans compter qu’il pourrait
en résulter de graves risques sécuritaires.
* On ne finit pas de dénombrer les dégâts
matériels causés par le coup de sang des
militaires. A l’Eau Vive par exemple, de nombreuses
portes vitrées et fenêtres ont été
impactées par de nombreuses balles. Les assurances
risquent de ne pas vouloir payer pour de tels évènements
s’apparentant à des cas non répertoriés,
imprévisibles… Qui va alors payer, à
quelle hauteur et quand ? Chacun est dans l’expectative
!
* Y aurait-il un coup de froid dans les relations entre
Blaise Compaoré et ATT ? La rumeur va bon train
depuis que le locataire de Koulouba a revisité
ses prises de position par rapport à la Côte
d’Ivoire pour quelque peu s’inscrire au
nombre des nationalistes africains qui prônent
le respect de la Constitution ivoirienne et de la légitimité
de ses institutions. On dit que cela expliquerait même
certaines rencontres au niveau militaire qui auraient
été renvoyées sine die. On craindrait
des torpilles venues du Faso qui pourraient réveiller
quelques irrédentismes au Mali !
* Le Capitaine Ouali et le Sergent Naon ont décliné
l’offre de libération faite par les militaires
qui ont ouvert les portes de la MACO le 20 décembre
dernier. Dans l’opinion, certains espéraient
qu’en guise d’apaisement sinon de récompense,
le chef de l’Etat prendrait une mesure de clémence
en fin d’année pour leur permettre de recouvrer
la liberté. Apparemment, cela ne semble pas être
dans ses calculs puisqu’on n’a rien vu dans
ce sens !
* L’Onatel a été privatisée
et c’est Maroc Telecom qui devient l’actionnaire
majoritaire de la boîte avec 51 %. Ce qu’on
note, c’est que la chose a été prise
comme en catimini en fin d’année, à
un moment où les Burkinabé avaient le
regard rivé sur d’autres questions capitales
pour la nation !
* Justement, sur le sujet, info ou intox, on annonce
que lors du dépouillement des offres au moment
de la privatisation de l’ONATEL, des sociétés
fictives sans statuts légaux étaient en
lice. On dit qu’il s’agissait d’un
regroupement des mêmes initiés et on cite
entre autres des entreprises qui se faisaient appeler
Burkina 1 et Burkina 2. Fort heureusement, la vigilance
d’un certain nombre de ministère et la
faiblesse de leurs propositions ont été
la cause de leur élimination.
* Au PDDEB, la contestation continue. Alors que quelques-uns
se félicitent que le maître des lieux ait
retapé les bâtiments et les ait convenablement
rééquipés avant de mettre fin au
détachement de tous les fonctionnaires qui y
étaient planqués (en les renvoyant à
leur ministère de tutelle), d’autres ont
un avis tout à fait contraire. De l’avis
de certains observateurs, tout semble se poursuivre
comme par le passé et laisserait croire que le
laisser faire bénéficierait d’appuis
haut placés s’il n’y trouve pas son
origine qui fait que chacun se joint à la curée,
assuré de l’impunité. La cérémonie
de présentation des vœux, qui a eu lieu
le 5 janvier 2007 a donné l’occasion pour
quelques-uns présents de constater que ceux qui
disent que le PBDEB est une vache à lait n’ont
pas tort. A un moment où l’éducation
connaît des problèmes innommables, que
nombre d’enseignants crient famine parce qu’ils
n’ont pas leurs salaires, que dans les campagnes
des écoles sont sans bancs, qu’a-t-on vu
sur les lieux ? Eh bien, toute une cour pavée,
des murs ravalés à la tyrolienne, l’intérieur
d’un bâtiment totalement carrelé.
Evidemment, quand on voit ce qui se passe à Ouaga
2000, on peut considérer ça comme du pipi
de chat mais il n’en reste pas moins que ça
choquerait jusqu’aux bailleurs de fonds qui ne
s’expliquent pas de telles dépenses quand
on sait que nombre de fournisseurs du MEBA ne sont pas
encore payés. Il s’agit là d’une
autre de ces manières de pomper l’argent
à travers des utilisations écran.
* Est-il vrai que le Colonel Bonkian a manqué
de peu de perdre le commandement de sa région
militaire de Bobo-Dioulasso ? Le bruit a couru et court
toujours.
* Au mérite de nos médias, ils n’ont
pas occulté l’expansion de la contestation
militaire. Ainsi, après les manifestations des
19, 20 et 21 décembre 2006, ils ont relevé
celle du 29 décembre à Gounghin au Camp
de l’Unité, celle du 30 décembre
à Kaya et celle du 31 décembre à
Bobo-Dioulasso. Au moins, ils n’auront pas fait
le black out comme bon nombre de médias internationaux
qui se sont contentés de relater comme d’habitude
le train-train quotidien, histoire de montrer que tout
est rentré dans le calme après les premières
manifestations au terme desquelles les parties en litige
ont fumé le calumet de la paix !
* A ce qu’on dit, les agents recenseurs de la
province du Sahel/Dori ne sont pas contents de ne pas
être payés, et pour le faire savoir, ils
auraient marché le 31 décembre sur le
Haut-Commissariat.
* Toujours dans la même région, le bruit
court que le Gouverneur aurait élaboré
un budget de quelques cent millions (rien que cela)
pour la tenue de la Journée des paysans à
Dori. Ce qu’il aurait reçu du Ministre
de l’Agriculture serait très mais très
nettement en deçà de ses prévisions
et on lui aurait remonté les bretelles. Si cela
est vrai, il faut s’en féliciter.
* Et pour finir, cette nouvelle insolite de l’agence
Reuters : les étudiants en médecine sud-coréens
utilisent désormais un robot de taille humaine
dénommée Noelle pour s’entraîner
à pratiquer des accouchements. Cela permet de
se former dans des conditions très réalistes
: « Attroupés autour de Noelle, les étudiants
surveillent ses constantes et sortent le bébé
de son ventre. Des lumières sur les mains et
les joues du "nouveau né", qui est
aussi un robot, renseignent sur son état de santé:
bleu s'il y a un problème et rose si tout va
bien ». On n’arrête pas le progrès
!
DERNIERE
MINUTE
Koudougou
vient d’être gagnée à son
tour par la contestation militaire ambiante. Les éléments
de la garde sécuritaire pénitentiaire
(GSP), qui n’en finissent pas de se plaindre de
leurs conditions de travail, des difficultés
qu’ils ont à joindre les deux bouts, ont
décidé à leur tour de prendre le
macadam le vendredi 5 janvier dans la matinée
et de tirer des coups de feu en l’air. Comme ça
se passe ailleurs, ils entendent de la même sorte
faire pression sur le pouvoir afin d’avoir satisfaction
à leurs demandes. A chacun sa méthode
: aux syndicats, les grèves, aux militaires et
paramilitaires, le coup de feu. A Koudougou aujourd’hui,
c’est l’émoi. C’est la gendarmerie
qui a été obligée d’aller
remplacer la garde pénitentiaire.