Mise à jour le 07/01/2007
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San Finna N°395 du 08 au 14 Janvier 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

Deux sons de cloche

DEVAIT-ON OUI OU NON PENDRE SADDAM HUSSEIN ?

L’ancien président Saddam Hussein a été exécuté le 30 décembre 2006 par pendaison. L’éventualité planait dans l’air sans que toutefois, on ne la perçoive comme inéluctable. Maintenant, c’est fait : Saddam Hussein n’est plus. Du coup, en Irak, dans les pays arabes musulmans comme dans le monde entier, une polémique fait rage. Elle oppose deux opinions : la première soutient mordicus que pour tout le mal qu’il a fait et afin que nul ne soit tenté de le rééditer, il fallait une peine exemplaire : la mort. La seconde argumente avec la même force de conviction que la peine de mort est une pratique barbare dans notre temps et qui, au demeurant dans les faits, n’a aucune vertu dissuasive. Deux sons de cloche.

LE SANGUINAIRE SADDAM HUSSEIN N’A RECOLTE QUE CE QU’ IL A SEME

C’est un monde d’entendre toutes ces voix qui crient comme des veuves effarouchées contre la pendaison du dictateur Saddam Hussein. Quand on pense à la manière dont il a géré l’Irak, au soutien qu’il a accordé au terrorisme international, aux guerres qu’il a provoquées dans la région et à cette espèce de sainte terreur qu’il a fait vivre aux Irakiens pendant tant d’années, on ne peut pas se confondre en sensibleries parce qu’il aura été pendu. Ce que tout seul il a fait avoisinerait presque ce que le système nazi tout entier a fait. On ne s’est pas ému de ce que les nazis aient été exécutés après les différents procès de la seconde guerre mondiale ; on ne peut pas pleurnicher parce que Saddam Hussein aura payé pour tous ses crimes. Il fallait créer un choc en Irak et dans le monde entier pour signifier que le monde n’acceptera plus des crimes contre l’humanité, des génocides, une gouvernance aussi barbare. Il fallait aussi démobiliser la soif de vengeance des Kurdes, des Chiites, des Koweïtiens, des Iraniens.., bref de tous les peuples qui ont été victimes de génocide par le fait de Saddam Hussein. Cette pendaison est aussi la voie pour aider tous ceux qui ont souffert de l’ancien président irakien, à faire leur deuil. Ca n’a l’air de rien mais ça s’est toujours avéré essentiel dans les régions où de tels drames ont été imposés à des peuples du fait de la folie des hommes. Le regret à la limite qu’on peut avoir, et qui pour certains se mue en colère, c’est la précipitation dans l’exécution du dictateur. On n’avait pas épuisé les chefs d’accusation retenus contre lui et au nombre des procès à venir, il en est par exemple comme dans le massacre des Kurdes, la guerre contre l’Iran, qui auraient immanquablement fait ressortir les complicités occidentales notamment américaine et française dont le régime baasiste a bénéficiées pour perpétrer toutes ces horreurs. D’avoir décidé de le pendre haut et court après seulement le procès sur l'assassinat de 148 habitants de la localité de Doujaï pendant que le plus gros des accusations restait à venir, est justement perçu comme un calcul de la part de ces pays pour circonscrire les responsabilités et faire porter tout seul le chapeau à Saddam Hussein. On comprend que cette justice tronquée laisse un goût d’inachevé, d’injustice et qu’elle entretienne de la rancœur au niveau de certaines victimes dont le droit de savoir et l’attente de justice vraie ont été ainsi bafoués.




TOMY.

MEME POUR SADDAM HUSSEIN, LA PEINE DE MORT EST BEL ET BIEN BARBARE

Nulle part au monde, la peine de mort n’a joué le rôle qu’on en a toujours attendu : faire peur et décourager tous les candidats aux meurtres, assassinats.. Pour s’en convaincre, il suffit de faire le constat de ces pays où la peine de mort a été supprimée et où les opinions en appellent à sa remise en vigueur. La tendance générale dans le monde est à la suppression de la peine de mort. Les organisations internationales comme l’Union européenne la proscrivent. Il est choquant, même s’agissant de Saddam Hussein de voir comment des Etats dits civilisés peuvent s’en réjouir parce qu’elle a été appliquée à un homme qu’ils haïssaient par-dessus tout. S’agissant du contexte en particulier, rien n’indique que cette élimination de l’ancien Raïs aura pour effet de tétaniser ceux qui auraient les mêmes vocations que lui et de mettre un terme au terrorisme ambiant. Tout au contraire. Les ennemis du gouvernement irakien et des Américains trouveront dans cette exécution, un adjuvant pour se doper, combattre et c’est ce que l’on constate avec le regain de violence qui a immédiatement suivi la pendaison. Le monde arabe et musulman ne s’y trompe pas qui, dans sa majorité, a condamné pas seulement parce que les choses se sont faites le jour de la Tabaski mais aussi parce qu’ils pressentent qu’au lieu de consacrer la disparition d’un paria, on a consacré l’émergence d’un martyr. C’est le même son de cloche de l’Arabie saoudite au Mali en passant par la Jordanie, le Pakistan... Les Américains auraient gagné en particulier à retenir le glaive pour faire croupir leur ennemi juré en prison afin de le banaliser pour l’histoire mais aussi pour ne pas être identifié en dernier ressort comme le bourreau de l’ancien Raïs. Même si beaucoup en avaient gros sur le cœur contre Saddam Hussein, ce simple fait que la mort ait été commandée, exécutée par les Américains, suffit à agir comme un énergisant sur les terroristes d’une manière générale et sur les Arabes pour lesquels les Américains sont à l’origine de leurs malheurs. En définitive, ceux qui ont exécuté Saddam Hussein se sont montrés aussi barbares que lui-même surtout quand on pense à la manière dont il a été tué, à toutes ces insultes, ces dérisions, qui ont accompagné sa sortie de la vie. Cette déconsidération vis-à-vis de la mort alors que lui-même restait digne a été tout à fait contre performant pour les bourreaux.

 


TOZI.

Citation de la semaine

«On est grand que si l’on sait rester petit »

Anonyme






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