San
Finna N°396 du
15 au 21 Janvier 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
FORAGES
EMPOISONNES A L’ARSENIC
EN SAVOIR PLUS SUR CE POISON
Le
plan sanitaire aura été surtout marqué
chez nous lors de l’année écoulée
par la psychose de la Grippe aviaire et la campagne sur
une meilleure connaissance et une prise en charge des
fistules obstétricales. Marqué aussi par
des pandémies comme le Sida devenues « caverne
d’Ali Baba » pour certains et pour d’autres,
par la mal gouvernance de nos structures sanitaires au
détriment des malades. Et comme pour assombrir
davantage le tableau, une « sale histoire »
d’arsenic révélée par le quotidien
Sidwaya suite au décès d’une jeune
fille de 22 ans et d’un sexagénaire dans
le nord du pays après avoir consommé de
l’eau empoisonné à l’arsenic
le 28 décembre dernier. L’eau provenait des
forages de leur village. Relayé par la suite par
Le Courrier International dans sa livraison du 29 décembre
2006, San Finna a cherché à en savoir davantage.
CE
QU’EST L’ARSENIC
L’arsenic
a été découvert par Albertus Magnus
(Allemagne) en 1250. Du grec arsenikon signifiant pigment
jaune, il est un métalloïde, gris-acier, cassant
et est très toxiques par inhalation et ingestion.
Le principal minerai d’arsenic est le mispickel
(arsenopyrite). De nombreux composés de l’arsenic
sont des poisons mortels, utilisés comme herbicides
et mort-aux-rats. On s’en sert dans les semi-conducteurs.
Le prix de l’arsenic pur à 99,5 % sous forme
de mousse, est de 323 euros pour 100 g (environ 212 000
fcfa).
LES
EFFETS DE L ’ARSENIC SUR L’ENVIRONNEMENT ET
L’HOMME
Dans
le milieu naturel, on trouve de l’arsenic assez
abondamment dans la croûte terrestre, et en petites
quantités dans la roche, le sol, l’eau et
l’air. On le retrouve dans de nombreux minéraux
différents. Environ un tiers de l’arsenic
dans l’atmosphère provient de sources naturelles,
comme les volcans ; le reste résulte d’activités
humaines. A cause de la contamination géologique
naturelle, de fortes concentrations d’arsenic peuvent
être observées dans l’eau potable provenant
de puits profonds. C’est particulièrement
le cas au Bangladesh. Des procédés industriels
tels que l’exploitation minière, la fonte
de minerais et les centrales électriques au charbon
contribuent tous à la présence d’arsenic
dans l’air, l’eau et le sol. La contamination
de l’environnement est également imputable
à des pesticides agricoles et à des substances
chimiques utilisées dans divers traitements industriels.
Les organismes vivants, qu’ils soient terrestres
ou aquatiques, réagissent de diverses façons
à une exposition à l’arsenic. Les
effets dépendent de la forme chimique de l’arsenic,
de la nature du milieu environnant et de la sensibilité
biologique propre à chaque espèce. Des individus
ou des populations entières peuvent être
touchées. Les effets néfastes comprennent
entre autres la mort, une mauvaise croissance et une incapacité
de se reproduire. Là où l’arsenic
a contaminé l’environnement naturel, le nombre
d’espèces différentes recensées
est fortement réduit.
L’homme
est exposé à l’arsenic principalement
à travers la nourriture et l’eau. La quantité
d’arsenic dans le corps peut être évaluée
en mesurant l’arsenic –ou les substances contenant
de l’arsenic- présent dans des échantillons
de sang, d’urine, de cheveux ou d’ongles.
Les concentrations dans l’urine constituent le meilleur
outil de mesure pour les expositions récentes.
Des individus ou des populations entières peuvent
être touchées et c’était le
cas au nord du Burkina. Les effets néfastes comprennent
entre autres la mort, une mauvaise croissance et une incapacité
à se reproduire, comme souligné plus haut.
L’Organisation
mondiale de la santé (OMS) a établi une
valeur guide de 10 ùg/litre pour l’arsenic
dans l’eau de boisson, et d’après le
Centre international de recherche sur le cancer (CICR
ou IARC), il existe suffisamment de preuves pour conclure
que « l’arsenic et les composés de
l’arsenic » peuvent provoquer le cancer chez
l’homme. Cependant, dans certaines régions
comme au Bangladesh, où une contamination géologique
naturelle a lieu, l’eau de boisson de puits peut
contenir de fortes concentrations d’arsenic inorganique.
De telles concentrations peuvent affecter la peau et sont
associées à des risques plus élevés
de cancer de la peau, des poumons, de la vessie et des
reins. Les photos publiées par notre confrère
Sidwaya sont parlantes à cet effet.
Les
spécialistes que nous avons voulu rencontrer pour
nos lecteurs se sont pour la plupart débinés,
Dieu sait pourquoi ! En raison peut-être de la délicatesse
du sujet. Espérons que le Laboratoire National
de Santé Publique éclairera l’opinion
dans les jours à venir pour confirmer son rôle
de laboratoire de référence.
Pour l’instant, la (ou les) source (s) de la pollution
incriminée n’est pas (ne sont pas) encore
connue (s). On se demande toujours s’il s’agi
de l’effet de l’utilisation de produits chimiques
dans le traitement des minéraux ou d’une
pollution naturelle et géologique.
PN
Le
BEN de l’UNDD re-confirme sa démarcation
par rapport à la CENI et en appelle à des
Etats généraux de l’Armée et
de la Nation
Au
cours de sa réunion ordinaire mensuelle, le parti
de la panthère –saisissant l’occasion
du dernier coup de force en date de la CENI qui a d’autorité
remplacé des éléments désignés
par l’opposition dans les démembrements par
d’autres de son choix- a réaffirmé
sa position de démarcation vis-à-vis de
cette structure et de son président. Dénonçant
la fuite en avant du pouvoir dans l’organisation
des législatives au mépris des préalables
maintes et maintes fois relevés par ceux qui ont
à cœur le redressement de la démocratie,
le BEN s’est félicité de ne s’être
pas prêté à cette facétie de
renouvellement de la CENI et de ses démembrements
et a à nouveau lancé un appel à la
mobilisation générale pour éviter
que le pouvoir réalise un nouveau hold-up pour
les législatives à venir. Mais à
l’occasion de la réunion, les participants
sont évidemment revenus sur la préoccupation
majeure du moment : la sédition de l’armée
qui continue de faire parler d’elle. Voici le communiqué
que nous a transmis le Porte-parole du parti.
COMMUNIQUE
DE L’UNION NATIONALE POUR LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPPEMENT
(UNDD)
-9 Janvier 2007-
Le
9 janvier 2007, à 18 heures, le Bureau Exécutif
National (BEN) de l’UNDD s’est retrouvé
au lieu habituel de ses réunions, sur convocation
de son Président, Me Hermann Yaméogo, pour
délibérer autour de l’ordre du jour
suivant :
-
Vie du parti
- Vie nationale
- Vie internationale
VIE
DU PARTI
Sur ce premier point, les débats se font focalisés
sur la préparation du congrès, lequel pour
des convenances internes au parti, a été
définitivement fixé aux 9, 10 et 11 février
2007 à Ouagadougou.
Après quoi, la vice-Présidente Marlène
Zébango et le Secrétaire général
à la communication et Porte Parole du parti, Mathieu
N’Do ont fait un compte-rendu de l’installation
officielle du Mouvement de la Jeunesse/UNDD de Côte
d’Ivoire (MJ/UNDD-CI) à laquelle ils ont
assisté. Les membres présents du BEN ont
ainsi pu se féliciter de la détermination
qui anime ces jeunes compatriotes de Côte d’Ivoire,
de leur satisfaction d’être désormais
étroitement associés à la vie politique
de leur patrie autant que de l’accueil qui a été
fait aux missionnaires du BEN.
Le BEN a encouragé la mise en place de structures
du genre dans d’autres pays afin de parvenir, par
une meilleure synergie des actions, à la prise
en compte des préoccupations et des droits des
Burkinabé de l’extérieur au plan économique,
social mais aussi politique.
Il a enfin décidé d’organiser dans
les meilleurs délais, une conférence sur
le vote des Burkinabé de l’extérieur
et d’y convier les structures UNDD implantées
en dehors du pays.
VIE
NATIONALE
Abordant le deuxième volet de l’ordre du
jour, la réunion s’est penchée sur
la mutinerie que le pays a connue les 19, 20 et 21 décembre
2006, et qui depuis semble se cancériser.
Revenant sur le Forum de Communication alternative organisé
par le parti à ce sujet au Centre de Presse Norbert
Zongo le 27 Décembre 2006 et qui a connu un franc
succès, les membres du BEN ont convenu de multiplier
les initiatives pour amener le pouvoir à prendre
la mesure de la situation. La preuve est maintenant faite,
ont-ils estimé, qu’il ne s’agit plus
d’un simple coup de sang à cause du meurtre
d’un militaire, ni uniquement de revendications
purement catégorielles mais bel et bien d’une
révolte qui doit obliger à convoquer des
Etats généraux des Forces de défense
et de Sécurité, et plus encore des Etats
généraux de la nation car la crise ouverte
au sein de l’armée n’est que le reflet
de la crise générale qui couve au plan national
et qui découle de la gouvernance dévoyée
du pays. Pour le BEN, le pouvoir est au bout du rouleau
; rattrapé par l’histoire, il fait face à
ce qui n’est rien moins qu’une contestation
de sa légitimité portée par l’armée
en laquelle le peuple se reconnaît. Le pouvoir doit
poser la question de confiance au peuple, ce qu’il
ne saurait faire sans le préalable de la refondation
des institutions et de la vie politique pour permettre
la reconstruction démocratique du pays sur des
fondations transparents et légitimes qui ont toujours
fait défaut.
Les membres participant à la réunion en
sont naturellement venus à la question de l’organisation
des législatives de 2007. Ils ont trouvé
tout à fait méprisant et dangereux, que
sourd au mécontentement généralisé
et aux multiples critiques de l’opposition sur la
conduite de notre processus électoral en particulier,
le pouvoir lance comme si de rien n’était,
le processus de renouvellement de l’Assemblée
Nationale. Cette attitude insouciante, irresponsable et
autosuffisante est d’autant plus condamnable que
la CENI, renouvelée dans les conditions scandaleuses
que l’on sait après des élections
présidentielles et municipales honteuses, reste
plus que jamais disqualifiée pour organiser des
élections marquées du sceau de la transparence
et de l’équité. Plus que jamais, le
parti se démarque de cette façon de conduire
le processus démocratique, réitère
ses mises en garde et la nécessité d’une
pause pour que, dans le cadre d’un dialogue républicain,
des mesures correctrices et des solutions idoines puissent
être trouvées pour remettre le processus
démocratique sur de meilleurs rails. C’est
par une mobilisation et une résistance civique
constante contre le fait accompli et l’oppression
institutionnalisée que nous parviendrons, ont estimé
les membres du BEN, à cet objectif impérieux.
Pour terminer ce deuxième point de l’ordre
du jour, la privatisation de l’ONATEL a été
évoquée comme étant une autre manifestation
de la mainmise du pouvoir sur la vie politique et économique.
Le BEN, après avoir fait le constat de toutes les
liquidations de sociétés qui ne se sont
pas toujours faites dans le souci du bien commun, s’est
ému de cette dernière dilapidation d’un
bien relevant du secteur stratégique encore et
surtout que, de notoriété publique, l’ONATEL
ne passait pas pour une unité au creux de la vague,
bien au contraire.
VIE
INTERNATIONALE
Abordant ce chapitre, les membres du BEN se sont notamment
penchés sur la situation nouvelle créée
en Côte d’Ivoire par la proposition de dialogue
inter ivoirien et souhaité que celui-ci aboutisse
et que le chef de l’Etat Blaise Compaoré,
qui a personnellement beaucoup à se reprocher dans
ce dossier ivoirien, s’y inscrive pour une fois
de manière sincère parce qu’il y va
de l’intérêt national et sous régional.
DIVERS
Après que plusieurs points aient été
évoqués en Divers et que rendez-vous ait
été pris pour le mardi 16 janvier 2007 pour
la présentation des voeux, la séance fut
levée à 20 heures.
Pour
le BEN
Le
Secrétaire général à la communication
Porte-parole de l’UNDD
Mathieu N’DO