Mise à jour le 14/01/2007
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°396
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope

PUBLICITES

Galerie de photos

 
 

LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni


RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°396 du 15 au 21 Janvier 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
  

Tribune de la femme

MUTINERIE AU FASO
APRES LA PROTESTATION DE LA GRANDE MUETTE
ATTENTION A LA RECUPERATION ET AUX « DEALERS » DE TOUT ACABIT !

Au plus haut de sa gloire, Alternance 2005 avait tenu un meeting historique à la Maison du peuple le 15 mai 2004 au cours duquel, le président de l’UNDD avait dit en substance qu’ « en dépit de l'apparente désinvolture qu'il affiche, le pouvoir craint trois choses : le coup d'Etat, la commission d'enquête internationale et surtout la désobéissance civile et la résistance à l'oppression que le peuple peut actionner en vertu de ses prérogatives constitutionnelles ».

Les 19, 20 et 21 décembre 2007, la vérification empirique de ces propos a eu lieu avec la soudaine et terrible gueulante de l’armée qui a tenu en éveil et dans une tension extrême, pendant des jours, Ouagadougou et tout le Burkina Faso. Le pouvoir a effectivement eu peur jusqu’à Blaise Compaoré lui-même qui a pu croire que le ciel lui tombait sur la tête, que l’impossible se réalisait.

Si pour le moment, le plus dur semble passer, les cicatrices restent visibles de même que les interrogations sur le futur. De cela, malgré les artifices politiques, diplomatiques, médiatiques, on en a conscience au plan national comme au plan international. On sait, quoi qu’il advienne, que quelque chose a changé et qu’il faudra dorénavant, d’une manière ou d’une autre, en tenir compte.

Mais pour autant, il faut rester vigilants si l’on veut tirer le meilleur pour le pays de cette mutinerie. Pourquoi ? Parce que les grandes crises ont toujours donné l’occasion à des opportunistes, à des requins tapis dans l’ombre et à des politiques affairistes de jouer les mouches du coche ou de faire des « deals » juteux. C’est une constante qui s’est vérifiée de tout temps et qui a conduit Napoléon philosophe à constater qu’il y a ceux qui font les révolutions et ceux qui en profitent. Il était bien placé pour le savoir, lui qui, sans être l’artisan de la révolution, l’a clôturée sous Thermidor par l’instauration de l’Empire.

Au Burkina Faso également, le constat a été fait plus d’une fois de l’action néfaste de ces profiteurs et margoulins politiques. On les devine déjà à l’œuvre avec ce frémissement de courage que l’on sent dans l’air. Il n’y a pas longtemps encore, tout semblait définitivement plié pour le pouvoir. L’opposition apparaissait comme une vaine aventure. Il fallait être aveugle, voire simplet, pour s’y complaire au lieu de chercher à se raccrocher au train du pouvoir où il y a la sécurité mais surtout à boire et à manger.

Partis politiques d’opposition, mouvements de droits de l’homme, syndicats, intellectuels… petit à petit, en étaient arrivés pour la plupart, à capituler même si le propos reste parfois empreint d’une fausse ferveur critique. La vague, disaient-ils ouvertement ou in petto, était trop forte pour qu’on cherche à la contrer.

Aujourd’hui, on ne les retient plus dans leurs critiques, dans leur appel à la mobilisation contre ce pouvoir qui a amené la démocratie au point zéro, creusé des sillons abyssaux pour la pauvreté, défiguré l’armée et tant gangrené le pays par l’impunité, l’insécurité … Ils sont en action pour tenter de doubler non seulement ceux des leaders qui sont restés intransigeants, refusant la capitulation mais même ces militaires qui ont à la limite vendu leurs vies pour dire que «Trop c’est trop ».

On comprend aujourd’hui que beaucoup dans le pays en viennent à craindre que cette colère sans précédent des militaires ne finisse par être dévoyée par les « dealers », les profiteurs ou même que, par leur action combinée, le pouvoir (versé dans l’art de retourner les colères contre lui en sa faveur) n’en vienne à ressortir réconforté d’une telle épreuve.

Mais pour retourner contre Djibril Bassolet l’emprunt qu’il a fait au dicton au lendemain des 19, 20 et 21, on pourra dire qu’effectivement, «On ne saurait marcher deux fois sur les testicules d’un aveugle». Aux uns et aux autres, militaires mais surtout au peuple, d’être vigilants pour contrecarrer les plans de récupération, d’enrichissement personnel, d’exploitations multiples de ce sursaut patriotique et nationaliste, quelle que soit l’ingéniosité des uns et des autres et la profondeur des bourses déliées.

VT

 





Site réalisé par Come Tell The World