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Le 03 février prochain, le Collectif organisera
des meetings marches sur l’ensemble du territoire
national. On peut raisonnablement penser que les Burkinabé
sortiront plus nombreux que d’habitude. Pourquoi
? Parce que la révolte des militaires a affaibli
le pouvoir et qu’un pouvoir affaibli est prêt
à des concessions. Alors, au peuple, qui devrait
avoir plus de cœur au ventre, de savoir mieux
se faire entendre. Que fera le pouvoir ? Ce qu’il
n’a pas fait contre les militaires en faisant
charger ? Ou bien, concèdera-t-il également
aux civils quelques mesures pour calmer le peuple
? Nous verrons bien.
* En Guinée Conakry, le président Lansana
Conté a fort à faire avec son peuple
et les syndicats. Il a fait libérer manu militari
Mamadou Sylla et Fodé Soumah, respectivement
PDG du groupe Futurelec et ancien ministre de la Jeunesse,
des Sports et de la Culture, tous deux poursuivis
pour détournement de deniers publics, faux
et usage de faux et émission de chèques
sans provisions au détriment de la Banque centrale
de la république de Guinée. Il s’est
rendu personnellement à la prison pour exiger
leur libération, disant semble-t-il, que la
justice, c’est lui. Depuis, c’est la grève
générale. Au Burkina Faso, il ne viendrait
pas à l’idée de Blaise Compaoré
de dire une telle chose car chez nous, on fait dans
l’hypocrisie mais au fond, le résultat
est le même : la justice est totalement bridée
! Mais autre différence de taille, on ne trouvera
pas au Faso des magistrats pour aller en protestation
aussi active que les magistrats guinéens le
font.
* A l’aéroport de Ouagadougou, lorsque
les pèlerins du Hadj arrivent, c’est
vraiment une cohue indescriptible. Le mercredi passé,
des gens auraient pu mourir comme on meurt à
La Mecque lorsque les bousculades s’invitent
au pèlerinage. Les autorités de l’aéroport
devraient prendre des dispositions pour éviter
de telles situations pourtant gérables si l’on
y met un peu de bonne volonté et si l’on
a une organisation efficace !
* Le Conseil d’Etat au Sénégal
a annulé un décret de Abdoulaye Wade
sur la répartition des sièges de députés
au motif que celle-ci n’est pas équitable.
Certaines localités ont plus de sièges
que d’autres, bien qu’étant moins
peuplées. Du coup, les élections législatives
ne pourront plus se tenir en février 2007.
L’opposition y a immédiatement vu un
coup bas du président Wade qui redoute les
législatives et veut avant tout s’assurer
la présidence :"Il a fait exprès
de promulguer un décret contraire à
la loi, il ne pouvait pas l'ignorer", a dit le
porte-parole du PS Abdoulaye Elimane Kane à
l’AFP. Pour Oumar Sarr, le porte-parole de Rewmi,
« Abdoulaye Wade savait qu'il allait les perdre
et fait tout pour les repousser. Il redoute qu"on
le sanctionne en même temps que les candidats
de son parti aux législatives". En tout
cas, coup bas ou pas, ça risque de donner des
idées aux parlementaires d’autres pays
surtout que bien souvent, comme chez nous, ces répartitions
se font en tenant compte de savants calculs politiques
!
* Faso Parc, qui se trouve derrière Silmandé
et qui fait le bonheur de tant d’enfants grâce
à ses manèges, petits trains et autres
autos tamponneuses, a été une excellente
initiative, il faut le reconnaître. Les enfants
sont nos petits rois et de les voir s’amuser
comme ils le font dans ce parc, fait autant sinon
plus de bien aux parents (qui les regardent, avec
amour et amusement, prendre du plaisir) qu’aux
petits lutins eux-mêmes. Tout serait parfait
mais hélas, il y a un mais. Et pas petit. Il
faut le dire : les installations laissent totalement
à désirer. En Occident, ces manèges
et autres petits trains qui s’y trouvent auraient
été mis au rebut depuis belle lurette
car jugés dangereux pour nos petits garnements.
Effectivement, si par exemple vous prenez le trampolling,
vous verrez que sous la natte sur laquelle sautent
nos bambins, il n’y a aucune protection ; pire,
il y a du béton traversé par des fers.
Imaginez que la natte cède : les enfants risquent
fort d’y laisser la vie. Pourtant, il serait
si simple de poser des protections dessous. Les ceintures
de sécurité manquent sur de nombreux
appareils. Les installations made in Burkina Faso
comme les balançoires sont faites de guingois
et assurément, ne semblent pas conformes aux
normes exigées de par le monde. Les petits
trains vieillots foncent à une allure dangereuse
et bringuebalent sur des rails fatigués ; le
ciment du kart est abîmé et pourrait
faire chuter les enfants au volant de leurs motos
… Bref, il faudrait, dans ce cadre très
avenant, réfléchir sur les moyens d’assurer
la sécurité avec des moyens de bord
et changer au fur et à mesure les appareils.
Il faut espérer (à moins que ce ne soit
déjà fait) que les responsables du parc
sollicitent les autorités et les partenaires
à cet effet.
* Le Vice-président de l’UNDD et député
El Hadj Dabo Amadou n’a pas échappé
aux conséquences de la furie déclenchée
par la troupe les 19, 20 et 21 décembre 2006.
3 balles ont été retrouvées à
son domicile : une au-dessus de la salle de bains
de sa chambre, une autre au-dessus du salon, une troisième
qui a perforé la toiture pour venir se loger
dans son ordinateur.
* Insolite, incroyable dirait l’autre mais peut-être
vrai : chez nous, une grosse pointure du Parquet,
très remonté contre un camarade de son
fils qui s’en est pris à son rejeton,
n’aurait rien trouvé de mieux à
faire que de s’en prendre au malotru pour lui
signifier en lui tenant à la gorge qu’il
a tout intérêt à faire gaffe s’il
ne veut pas avoir le portrait refait. Le père
du jeunot, militaire et colonel de son état,
ayant eu le compte-rendu des menaces, se serait directement
rendu au domicile du magistrat « debout »
pour lui montrer un peu de quel bois il pourrait se
chauffer. N’ayant pas trouvé l’intéressé
chez lui, il aurait tout de même pris soin de
lui laisser en guise de message, un avertissement
en ces termes : « dites-lui de faire gaffe car
je pourrais lui loger une balle dans la tête
».
* François Compaoré devait-il attaquer
l’Evènement en justice ? C’est
la grande polémique de la semaine chez nous.
Partout, on lit que le « petit Président
» s’est fâché de voir les
propos de Robert Ménard repris dans le bihebdomadaire
burkinabé. Quels sont ces mots qui ont choqué
? C’est en fait le titre suivant, accolé
à sa photo affichée à la Une
: « Affaire Norbert Zongo : Ainsi donc, c’est
lui ». Il s’agit en fait d’un commentaire
du journal à partir des déclarations
du patron de RSF. Affaire délicate en justice
car on se dit que l’Evènement n’a
fait que reprendre les propos de Ménard. A
la limite, François Compaoré devait
attaquer RSF plutôt que l’Evènement.
Nous verrons bien la décision qui va tomber.
Depuis, et ceci explique peut-être cela, l’Evènement
a été encore plus mordant contre le
frère de Blaise Compaoré avec son article
sur les révélations du frère
de David Ouédraogo ! En tout cas, le 22 Janvier
2007, le palais de justice risque bien de refuser
du monde.
* Sur le sujet, le bruit court de plus en plus qu’il
y aura condamnation avec sursis de l’Evènement.
* A l’occasion de la cérémonie
des vœux à la presse par le Maire de Ouagadougou,
il a été remis par chèque une
somme de 1 million de FCFA à un journaliste
de Canal 3 pour la presse. Les journalistes attendraient
le compte rendu avec hâte et surtout la répartition
de la somme.
* En Afrique, beaucoup se sentent proches, malgré
ses excès avérés, de Hugo Chavez.
Il a notamment beaucoup de fans au Burkina Faso. Eh
bien, pendant qu’au Faso, on brade les unités
stratégiques du pays, Chavez, lui, nationalise
à tour de bras dans son pays. A l’aide,
Hugo : viens un peu tirer les oreilles de nos gouvernants
qui te soutiennent mais qui ne font pas ce que tu
fais puisqu’ils privatisent à tout va
des unités parfaitement viables quand toi,
tu les remets au service du peuple !
* Le bruit court que Blaise Compaoré s’estimerait
épargné par la colère des militaires
qu’il affirme être orientée contre
son entourage.
* Que s’est-il réellement passé
à la frontière ivoiro-ghanéenne
? L’interrogation taraude beaucoup, particulièrement
ceux qui n’ont de cesse d’appeler à
la prudence par rapport à l’apparente
adhésion de la communauté internationale
et des parrains à l’initiative du président
Laurent Gbagbo pour un dialogue inter ivoirien. Pour
ceux-là, il faudrait craindre que sous ses
attitudes conciliantes, les ennemis de la Côte
d’Ivoire ne fassent patte de velours pour susciter
un nouveau front dans cette partie du pays pendant
qu’un pseudo dialogue national occuperait les
Forces Nouvelles et les disculperait de tout noyautage
du processus de réconciliation. On a vu la
même chose dans la partie ouest avec les MPIGO
et le MJP quand le cessez-le-feu a été
imposé aux Forces nouvelles et aux loyalistes.
L’attaque massive et venant apparemment d’éléments
militairement armés, qui a fait 6 morts et
qui manifestement visait plusieurs points, renforce
les craintes et amène même dans certains
milieux à suggérer d’avoir l’œil
ouvert sur la Guinée car la surprise pourrait
venir de là aussi, avec la neutralisation du
régime Conté et la mise en place d’une
équipe à partir de laquelle on pourrait
passer à l’offensive pour terrasser le
régime Gbabgo. Elucubration ou prémonition
? Les paris sont ouverts.
* Le Nigeria vient d’être touché
par la grippe aviaire, et l’OMS prévient
que la grippe va se répandre cet hiver dans
le monde entier car nous entrons dans les mois les
plus froids dans l’hémisphère
Nord. L’OMS a souhaité que «les
gouvernements qui n'étaient pas prêts
la dernière fois seront cette fois-ci plus
préparés". Vivement que le gouvernement
burkinabé dévoile ses batteries sur
la question puisque l’an passé, nous
avons connu aussi la grippe aviaire !
* Signe des temps : on ne compte plus les anciens
présidents qui se retrouvent sous les mailles
de la justice pour des faits commis du temps où
ils étaient aux affaires. Même Isabel
Peron, présidente d’Argentine de 1974
à 1976, 3 ème épouse du général
président Juan Peron (qui avait trouvé
refuge en Espagne à la suite du coup d’Etat
l’évinçant du pouvoir et qu’on
disait intouchable en souvenir de son mari et de la
légende péroniste) vient d’être
rattrapée par l’histoire. On la suspecte
d’être pour quelque chose dans la purge
des opposants de l’époque et notamment
dans la disparition très suspecte d’
un opposant sous son mandat. Alors, de quoi faire
méditer tous les dictateurs en place et tous
les candidats à la dictature !
* Chez nous, la Journée nationale du paysan,
qui devait se tenir à Dori les 17, 18 et 19
janvier prochains, aurait été reportée
à une date ultérieure. Quant à
la réunion de la CEDEAO, qui avait été
renvoyée sine die à cause des troubles
entre militaires et policiers, elle se préparerait
pour la même date du 19 janvier. Entre temps,
on aura tout fait, murmure-t-on, pour cadeauter les
militaires afin qu’il ne leur vienne pas à
l’idée de jouer encore les trublions.
On aurait dit que le 15 janvier, promis juré
craché, ils seront satisfaits !
* Au Cameroun, on apprend que 71 gardiens de prison
ayant fait grève du 28 décembre 2006
au 2 janvier 2007, ont été arrêtés
et seront dégagés de la fonction publique.
Le Vice-premier Ministre Amadou Ali a été
clair : on ne badine pas avec des mutins. Pourtant,
il n’y a pas eu mort d’hommes mais seulement
des dégâts matériels.