POINT
DE VUE
MUTINERIE ECLATEE DE L’ARMEE
LE TEMPS DE LA RIPOSTE ?
Il
est de plus en plus fait état qu’au sein
de l’armée, les choses ne seraient pas
aussi tassées qu’on se le laisserait
dire. Après les surenchères de promesses
de satisfaire les revendications militaires, et le
passage à l’acte du Ministre de la Défense
dans les termes relatés par les médias,
l’heure serait aux sanctions. C’est ce
qui ressort d’ indiscrétions qui font
état de ce qu’un certain nombre de soldats
du rang auraient été libérés
de leurs fonctions. On parle d’une vingtaine
de soldats ayant des antécédents délictueux
au sein de l’armée mais dont les dossiers
avaient été jusqu’alors classés.
Alors, pourquoi avoir décidé maintenant
de renvoyer ces soldats à d’autres activités
sinon à la délinquance ?
Beaucoup y voient une volonté maladroite et
hésitante du pouvoir de répondre à
l’acte fondamental d’indiscipline que
sont ces mutineries qui le gênent véritablement
et risquent de le discréditer durablement.
Vouloir donner d’une main pour reprendre de
l’autre, c’est souffler sur les frustrations
même si la méthode choisie, c’est
de fermer les bouches en tapant d’abord sur
ceux qui ont des dossiers et en laissant des procédures
s’engager pour traquer les autres et leur faire
payer le prix de leur mutinerie.
Non seulement, ceux qui sont mis à la porte
parce qu’ils sont des délinquants accrocs
à la consommation de drogue risquent de ne
pas rester les bras croisés, pouvant aller
rejoindre le gros de ceux qui écument déjà
nos villes et nos campagnes et ça pourrait
faire mal puisqu’ils ont été formés
pour tuer, ayant été préparés
pour nombre d’entre eux à Pô, à
l’art de la guerre ; mais la crainte générale
du retour de bâton dans l’armée
peut entretenir la fièvre contestataire.
Il faut comprendre les inquiétudes pesantes
au sein des populations, surtout quand on sait (malgré
les assurances multiformes réitérées
à cet égard) qu’une grande partie
des armes n’ont pas été réintégrées.
Si le pouvoir continue dans ces contradictions, dans
ces velléités de répression et
dans le refus d’aborder les demandes de fond
relatives notamment à l’impunité,
à la réorganisation de l’armée,
le mécontentement risque de perdurer tant au
niveau des jeunes militaires que des gradés.
Et l’on pourra alors se demander où cela
nous conduira-t-il.
Bala
S.