*
Chez nous, si les secousses qui font tanguer le bateau
du parti de l’éléphant à
son corps défendant sont telles qu’on
n’en ressent plus tellement le besoin d’en
parler, il en est une qui se développe et qui,
semble-t-il, mobilise des efforts dans le parti pour
qu’on l’enraye : c’est celle, paraît-il,
de la disparition (le mot ne serait pas osé,
semble-t-il) de Somda Fayiri, Secrétaire général
du parti et avocat de son état. L’homme,
à ce qu’on dit avec insistance, aurait
quasiment fait le coup de l’Italien qui, parti
chercher des allumettes, n’a plus reparu. En
effet, la rumeur dit que depuis quelque temps, il
serait injoignable : téléphone portable
coupé, bureau déserté... Là
où les questions se font les plus lourdes,
c’est lorsque, semble-t-il, sa femme elle-même
en est à se couper les cheveux en quatre à
ce sujet. Info ou intox ? Il faudra bien que ceux
qui sont les plus intéressés finissent
par éclairer l’opinion car après
tout, il s’agit d’un citoyen, membre d’une
organisation de défense des droits humains,
doublé de la qualité d’homme public.
* L'ancien dictateur communiste éthiopien Mengistu
Haïlé Mariam, reconnu coupable de génocide
pendant la "Terreur rouge" en 1977-78, a
été condamné jeudi dernier, après
12 ans de procédure, à la réclusion
à perpétuité (plus de «
bol » que son camarade Saddam Hussein qui est
passé à la trappe !). Il encourait la
peine de mort. Hélas, il ne reste plus à
attendre que les augures amènent Mugabé
à tirer sa révérence, alors Mengistu
pourrait aller tâter de la prison pour voir
s’il y fait bon vivre. A moins, à moins
évidemment qu’il n’ait déjà
envisagé le cas et prévu un exil secondaire
du côté de chez Chavez ou des amis chinois
de Mugabé !
*Blaise
Compaoré acceptera-il de suivre la demande
du Réseau des organisations paysannes et des
producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA)
faite aux chefs d’Etat de la zone CEDEAO de
ne pas signer les Accords de partenariat économique
? La question est posée. En tout cas, les membres
du Réseau estiment que la « région
n’est pas suffisamment préparée
pour aller à ces accords », ainsi que
l’a dit Basiaka Dao, président de la
Confédération paysanne du Faso (CPF)
au quotidien Le Pays (19/01/2007). On verra bien ce
que feront les chefs d’Etat de la CEDEAO qui,
en tout cas, n’ont pas saisi l’occasion
de leur dernière réunion à Ouagadougou
pour donner suite à l’interrogation.
* Justement, le président de la CPF demande
qu’on « trouve les moyens de relever le
niveau du tarif extérieur commun » et
réclame des subventions pour l’ agriculture,
insistant par exemple pour qu’on ne laisse plus
le riz « entrer ainsi » dans le pays.
On se rappelle que Le Pays du 22/12/2006 avait répercuté
l’atelier de la Coalition des organisations
de la société civile pour un développement
durable et équitable (CODDE) sur la filière
riz. Il était ressorti que la tonne de riz
local coûtait 241.000 fcfa contre 210.000 fcfa
pour le riz étranger. La CODDE regrettait «
le désengagement de l’Etat qui démotive
les producteurs » et insistait pour que le pouvoir
« trouve une politique favorable à la
production locale ». Où en est-on aujourd’hui
?
* On a appris en début de semaine passée
que la Banque Mondiale a lancé un audit sur
la gestion du cacao et du pétrole en Côte
d’Ivoire. Espérons qu’elle en fera
également un sur le café/cacao ivoirien
vendu en fraude au Burkina Faso et au Mali.
* Le conjoint du chef de l’Etat en France doit-il
ou non avoir un statut ? La question intéresse
actuellement au plus haut point et des ouvrages sont
même sortis sur le sujet. Il semblerait par
exemple que Mme Chirac ait à son service deux
chauffeurs et qu’une vingtaine de personnes
travailleraient dans ce qu’on peut appeler le
Cabinet de la première Dame. Il serait effectivement
temps de prendre des mesures pour qu’un statut
clair soit défini pour le conjoint du premier
Français ; de la sorte, les choses se feraient
dans toute la transparence voulue au niveau des fonds.
Ce serait bien que les pays africains y pensent également,
eux qui ont copié jusqu’à l’excès
pour la plupart des textes de l’ancienne métropole
! Sur ce point précis justement, le mimétisme
des conjoints des chefs d’Etat est tel qu’il
a abouti dans les faits à en faire des femmes
agissantes comme sur la base de mandats populaires
et qui occupent (comme au Burkina Faso) au-delà
de la démesure, l’espace médiatique,
politique, économique et même diplomatique
!
* On continue chez nous à inoculer l’idée
que si l’opposition ne veut pas sortir ratatinée
des élections législatives de 2007,
elle doit s’unir. Le sempiternel même
refrain ! Ceux qui avancent cela ne devraient-ils
pas plutôt dire que pour que l’opposition
ait des résultats significatifs, le pouvoir
doit sans délai accepter les demandes sans
cesse réitérées de l’opposition
au niveau du fichier électoral, de la CIB ou
de la carte d’électeur sécurisée,
du retour au mode de scrutin de 2002 et de l’interdiction
d’attribution d’un seul siège au
niveau de certaines provinces …? Ce que le chef
d’Etat vient d’accomplir pour les Togolais
ne devrait-il pas l’inciter à en faire
de même au plan national ? C’est là
qu’il faut commencer et pas ailleurs ! Et qu’attendent,
au fait, toutes ces organisations chargées
de la promotion de la démocratie au Faso, pour
se manifester ? En cette année électorale
de tous les dangers, c’est maintenant qu’il
faut tirer la sonnette d’alarme, après
ce sera trop tard ! Si elles se taisent, pire si elles
préparent (comme certains le prédisent)
des coups bas à quelques encablures des élections
pour bien positionner ceux qui nous gouvernent, en
tout cas, chacun pourra les juger responsable de la
situation intolérable que vit le pays au niveau
de la gouvernance politique.
* Toujours sur le même sujet, le Président
de la CENI a rendu public un document sur la révision
exceptionnelle des listes, invitant les populations
à s’inscrire massivement sur les listes
électorales. Il y rappelle que l’opération
se déroule du 10 au 31 janvier 2007 et concerne
tout particulièrement tous les Burkinabé
ayant 18 ans accomplis depuis la tenue des élections
municipales d’avril 2006 de même que ceux
qui avaient les 18 ans accomplis aux élections
municipales mais qui ne s’étaient pas
inscrits. Moussa Michel Tapsoba égrène
la liste de toutes les pièces à fournir
pour se faire inscrire : passeport, carte d’identité
burkinabé, carte consulaire, extrait d’acte
de naissance, jugement supplétif, livret de
pension civile ou militaire, livret de famille, carte
de famille. En tout cas, on peut déjà
dire, avec cette longue liste, «Bonjour les
éternelles fraudes » ! On le voit bien,
les opposants n’ont pas été entendus,
même sur ce point capital !
* Il y a en France des signes qui concourent à
accréditer l’idée d’une
reprise en main de la justice par la justice dans
certains dossiers à forte teneur politique.
Ce sont les décisions suivantes : celle du
Juge Bruguière dans l’affaire rwandaise,
la décision de la Cour de cassation dans le
dossier du Beach, l’accélération
du dossier sur le bombardement Bouaké. Sur
ce sujet, on peut lire dans le quotidien Libération
du 17 janvier 2007 : « La juge au Tribunal aux
armées de Paris (TAP), Florence Michon, est
actuellement au Togo dans le cadre de l'enquête
sur le bombardement meurtrier de Bouaké (Côte-d'Ivoire)
de novembre 2004, a appris Libération de source
concordante. Soupçonné par la justice
d'avoir fourni les avions qui ont été
utilisés lors du raid et d'avoir aidé
à exfiltrer les pilotes «slaves»
qui étaient aux commandes des avions, le marchand
d'armes français Robert Montoya vit au Togo.
Neuf soldats français et un agronome américain
ont été tués dans le raid de
Bouaké ». C’est comme si la justice
française se défaisait un peu des entraves
de l’Exécutif pour se réapproprier,
selon les normes consacrées, les procédures
judiciaires délicates de ces dossiers politiques
délicats.
* Les sacs en plastique faits à partir de la
pomme de terre, vous connaissez ? Oui, ça existe
en France maintenant. Ils sont biodégradables
et ça, c’est bon pour l’environnement
(comme dirait la célèbre publicité).
Ils coûtent un peu plus chers c’est vrai,
mais d’ici peu, ils reviendront au même
prix que les sacs faits en plastique. Quand est-ce
que chez nous, on va interdire ces sacs faits en plastique
comme on commence à le faire dans certains
pays africains ? Ne pourrions-nous demander à
être associés d’une façon
ou d’une autre à ces expérimentations
concluantes (et peut-être même déjà
au stade de la production) pour que notre pays utilise
rapidement ces sacs biodégradables ?
* Des têtes commencent à tomber concernant
le scandale du « Programme pétrole contre
nourriture en Irak », initié par l’ONU.
On se demande comment tout cela finira. On a l’impression
qu’on attendait juste que Kofi Annan se retire
pour que l’affaire soit exhumée car c’était
une épine dans le pied de la grande maison,
et certainement que Ban Ki-moon voulait s’en
débarrasser au plus vite !
* La cérémonie des vœux au Ministère
de la Défens a particulièrement édifié
les militaires et l’opinion avec les faits suivants.
La satisfaction en grande partie des demandes sociales
des militaires (même si celles de fond restent
en souffrance), la décision de poursuivre les
investigations pour permettre d’enclencher les
poursuites judiciaires, la réprimande sujette
à caution et source de dérision du Ministre
Yéro Bolly, formulée en ces termes :
«L’arme n’est pas un outil de dialogue...mais
elle donne des résultats » (in L »’Observateur
Paalga du 18 janvier 207). Cela a valu des commentaires
relevés, notamment au niveau de la presse comme
en témoigne l’article de l’Observateur
Paalga N°6808 du 21 janvier 2007, page 5, qui
nuance cette affirmation de Yéro Boly : «Rien
ne justifie de prendre les armes pour résoudre
un problème, parce que l’arme, a-t-il
poursuivi (NDLR : le quotidien cite le Journal du
Jeudi JJ), ne peut être un outil de dialogue…
».L’Observateur réplique donc :
« En fait, ce n’est pas tout à
fait exact car le moins que l’on puisse dire,
c’est que le flingue donne, aide à réfléchir
plus rapidement et il peut être d’une
efficacité redoutable ». Et le journal
continue : « La preuve, c’est le même
Yéro Boly qui nous l’a administrée,
car si dans son laïus, des officiers aux hommes
de rang en passant par les sous—officiers, chacun
en a eu pour son grade, il a aussi et surtout annoncé
séance tenante un train de mesures déjà
prises ou en voie de l’être pour soulager
les maux des .bidasses ». Décidément,
cette mutinerie des militaires n’a pas fini
de révéler les dysfonctionnements qui
existent dans le pays ; on se demande seulement ce
que le pouvoir va faire demain si les travailleurs
de telle ou telle société, les syndicats,
les élèves et étudiants, se mettaient
à manifester violemment, s’en prenant
à des édifices publics, blessant des
citoyens…
* Conduit par Antoine Ouaré, le Rassemblement
populaire des citoyens (RPC) est un nouveau parti
au Burkina Faso. Eh oui, encore un ! Reconnu officiellement
le 13 décembre 2006, ce parti dit vouloir,
comme de plus en plus de nouveaux partis le disent,
«promouvoir une autre manière de faire
la politique». Il ne se situe pas dans une perspective
idéologique classique, refuse de se placer
dans le débat gauche/droite et «fonde
sa démarche sur la recherche de solutions pragmatiques
aux nombreux défis qui assaillent notre pays
et notre peuple». Le RCP n'est ni de la mouvance
présidentielle, ni de l'opposition, selon son
patron Mr Ouaré, même s’il précise
juste après qu'il soutient l'action du président
du Faso. Quant au supposé parrainage de l'ex-administrateur
associé du PNUD, Zéphirin Diabré,
le RPC dira lors de la présentation du parti
à la presse le 18 janvier dernier que «celui-ci
n'est pas de leur parti » (Sidwaya du 19/01/2007).
N’y aurait-il pas des problèmes par rapport
à cette position quand on sait que, selon les
textes légaux, les partis politiques doivent
être situés à la majorité
ou à l’opposition ?
* En Ouganda, on sait que les pourparlers du pouvoir
avec les rebelles de l’Armée de résistance
du seigneur (qui ont fait des dizaines de milliers
de morts et déplacé deux millions de
personnes, entravé le développement
du pays) étaient au point mort, la Cour Pénale
Internationale ayant lancé des mandats d’arrêt
contre certains des leaders de la rébellion.
Les rebelles, c’est connu, n’entendent
pas signer d’accord tant que les mandats d’arrêt
ne seront pas levés. Pour faire avancer les
choses, la rébellion a décidé
d’envoyer une délégation à
la CPI pour rencontrer le procureur afin que son «côté
de l’histoire puisse aussi être entendu
» (propos de Vincent Otti, numéro 2 de
la rébellion, repris par l’AFP). Quelle
sera la réponse de la Cour qui a toujours encouragé
la poursuite des seigneurs de guerre ? Nous verrons
bien sous peu.
* Reporters sans frontière (RSF) a vraiment
du pain sur la planche : en ce début 2007,
il y a déjà eu au moins 2 assassinats
de journalistes : celui en Chine Populaire, le 10
janvier dernier, du reporter Lan Chengchang de 35
ans, violemment battu la veille par des hommes de
main alors qu'il enquêtait sur une mine de charbon
près de Datong, dans le Shanxi, et à
Istanbul, celui du journaliste turc d'origine arménienne
Hrant Dink, plusieurs fois poursuivi par la justice
turque pour avoir demandé la reconnaissance
du génocide arménien par la Turquie,
et tué par balles vendredi par un inconnu.
San Finna présente ses condoléances
aux familles de ces journalistes assassinés.
* Le baril de brut est bel et bien aujourd’hui
sous les 50 dollars US : alors, qu’attend-on
pour revoir à la baisse les produits pétroliers
au Faso ?
* Comme on le sait, les infirmières bulgares
et un docteur libyen ont été condamnés
à mort pour avoir inoculé intentionnellement
le sida à des enfants libyens. Eh bien, le
18 janvier dernier, le Parlement européen,
ne croyant pas du tout à cette version des
faits, a demandé officiellement à la
Libye d’annuler cette condamnation à
mort. Voici ce qu’on peut lire à ce sujet
sur le Courrier International du 19 janvier dernier
: « Pour faire pression sur la Libye, elle (NDLR
: l’Union Européenne) la menace (NDLR
:la Libye) de sanctions diplomatiques et économiques.
De leur côté, les autorités libyennes
ont recours aux mêmes méthodes et menacent
d'appliquer la peine de mort si la Bulgarie n'accepte
pas de payer des indemnités aux familles des
victimes. Sinon, pourquoi la sentence n'a-t-elle pas
été appliquée rapidement comme
c'est le cas quand il s'agit d'accusés libyens
?".
* Les bruits qui couraient sur le passage de 3 remorques
bourrées d’armes en provenance de Lomé
semblent se confirmer, selon des allégations
de riverains de la Circulaire qui soutiendraient avoir
vu passer une remorque avec deux conteneurs et deux
autres avec un conteneur chacun.
* Nous avons eu connaissance de la Déclaration
du G14 par rapport à la mutinerie de l’armée
et des problèmes généraux du
pays. Déclaration dans laquelle le groupe fait
le constat que le chef de l’Etat est le responsable
de la dégradation grave de la situation nationale
et qu’il doit en tirer les leçons.
* Nouvelle insolite pour finir, qui nous vient de
l’Agence de presse Reuters : en Russie, depuis
le début de cette année, il y a sur
certains trains de longue distance, des compartiments
hommes, femmes ou mixtes. On aurait plutôt vu
cette pratique dans des pays à forte communauté
musulmane ! En tout cas, même si on n’aime
pas la ségrégation, avec l’insécurité
qui augmente partout de nos jours, on en trouvera
pour applaudir à cette mesure qui protègera
les femmes, si souvent victimes d’agressions
dans les trains, par des hommes manifestement plus
violents qu’elles par nature !
DERNIERE
MINUTE
En
Guinée Conakry, après deux nouvelles
victimes au niveau des manifestants ce 20 janvier
2007 (portant à 8 le nombre total de victimes
depuis les 11 jours de grève), on apprend que
des pourparlers ont lieu en ce moment avec les autorités.
Le suspense est toujours d’actualité
: qui va céder ? La semaine qui commence devrait
s’annoncer décisive sur le cours des
évènements en Guinée Conakry.