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San Finna N°398 du 29 Janvier au 04 Février 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
  

Tribune de la femme

AFFAIRE FRANÇOIS COMPAORE C/L’EVENEMENT
MENARD« RECIDIVE »
ON DIT QUOI CHEZ LES COMPAORE ?

Tout a été dit sur ce procès. Avant même qu’il ne soit engagé, l’opinion avait jugé, pris partie pour l’Evènement et condamné François Compaoré.

Même dans les cercles les plus intimes du pouvoir, on ne sentait pas la chose, à ce qu’on dit. Mais c’est bien connu : tout ce qui touche l’affaire Norbert Zongo met tellement à cran la « famille » qu’il n’y a pas de place pour la raison. Alors, on a laissé faire, et le demandeur François Compaoré s’est fait dire sa justice. Pour autant, il n’en mène pas plus large.

Au lieu de voir son honneur lavé, il l’a vu encore plus souillé. La leçon que retient l’opinion, c’est que la justice, sa justice, celle de la « famille », a volé à son secours mais finalement, en l’enfonçant davantage. Pourquoi donc ?

Parce qu’elle a permis de ramener encore Norbert Zongo au centre des préoccupations des Burkinabé, de raviver dans leurs cœurs les conditions barbares du massacre de Sapouy où il a été immolé avec ses trois compagnons. Par ce procès en effet, ce dossier, qu’on persiste à vouloir enterrer, se retrouve encore une fois sous les feux de la rampe, assurant au passage une publicité gratuite à l’Evènement (bien méritée du reste pour son courage) et une contre-publicité de plus pour François Compaoré. Ce dernier sera encore sur le gril, s’époumonant à vouloir convaincre la justice populaire qui a déjà dit le droit du peuple. Le supplice a des chances de durer jusqu’en cassation.

Mais ce n’est pas tout pour François Compaoré : le ramdam sur la suspicion qui plane sur lui, qui est considéré comme la clef de voûte du dossier Zongo, il le devra aussi à Robert Ménard de Reporters sans frontière qui vient, comme le combattant intraitable de la liberté qu’il est, non seulement de féliciter ses confrères mais de «récidiver » à travers ses accusations renouvelées à l’endroit de François Compaoré : «Nous réaffirmons que François Compaoré a menti lors de sa déposition devant la Commission d'enquête indépendante (CEI) et que, par conséquent, il est légitime de formuler des soupçons sur son rôle dans l'affaire Norbert Zongo. En soulevant cette question, les journalistes de L'Evénement ont fait leur travail, ce qui est manifestement répréhensible au Burkina Faso lorsque le premier cercle du pouvoir est mis en cause".

Cette dépêche de RSF se balade, faut-il le relever, dans les agences de presse du monde entier, comme un défi ! Une raison pour le Burkinabé lambda de s’exclamer: «Mais enfin, on dit quoi chez les Compaoré ? » Car pour le commun des Burkinabé, les choses sont claires : on ne peut pas s’acharner comme ça sur Germain Nama et Newton Ahmed Barry, qui ne font que leur boulot et qui ne se sont contentés que de reprendre ce que Robert Ménard a dit. Quelle est cette foutue justice qui laisse le principal responsable pour taper sur des innocents ? Il ne peut pas comprendre que ce que l’on considère comme la reproduction d’une diffamation antérieure puisse être punie alors que la publication première ne l’est pas.

Robert Ménard, pour sa part, est plus que jamais prêt à répondre en tout temps et en tout lieu, à l’invitation de François Compaoré à venir débattre de son implication ou non dans le dossier Norbert Zongo. Le défi continue d’être lancé : on verra si le gant lancé sera relevé ! C’est loin d’être sûr !

 

C.Y


PARTENARIAT DURABLE
« BRETAGNE INTERNATIONAL »/OPERATEURS ECONOMIQUES BURKINABE

Mardi dernier, à la résidence de l’Ambassadeur de France, s’est tenu un cocktail organisé à l’occasion d’une visite de l’organisation « Bretagne International » (1) au Burkina Faso. Cette visite de l’organisation entre dans le cadre d’un partenariat nouveau entre hommes d’affaires de Bretagne et burkinabé pour la propension des affaires dans un concept non moins nouveau, celui du commerce équitable.

Aujourd’hui, le commerce équitable est dans bien de pays du Sud mais se développe de plus en plus en France par le biais du café Max Avelar et à d’autres produits fruitiers. Ce concept, pour Bretagne International, soit doit d’être développé en partenariat avec des pays du Sud non encore initiés et surtout africains.

Bretagne International a donc choisi de visiter des pays du bloc de l’UEMOA afin d’ouvrir des voies pour d’ultérieures relations d’affaires.

On pouvait voir dans la délégation, des hommes d’affaires oeuvrant dans des domaines divers tels que le traitement de l’eau, le textile, le système d’informations géographiques, le coton bio…

Selon Mr Alain Yvergniaux, Conseiller régional de Bretagne International, membre de la délégation, cette coopération va bien se porter et pendant de nombreuses années puisqu’elle permettra de créer des courants d’affaires entre des entreprises de Bretagne et d’autres de l’espace UEMOA ;

A qui profitera le commerce équitable, lui a-t-on demandé ? A cette question, Monsieur Yvergniaux répond sans hésiter : « Si le commerce équitable arrive à se développer dans l’esprit qui a fait sa naissance, il doit bénéficier en premier au producteur ».

On ne peut pas parler de commerce équitable sans parler des subventions accordées par les autorités américaines et européennes à leurs producteurs. Nous avons tenu à savoir comment il appréhende cette question. Son propos : « C’est un problème très sérieux. Nous avons en Europe une politique agricole qui pose de très grands problèmes en Afrique. Nous le savons, nous en sommes conscients. Je crois que nous sommes dans un moment en Europe où nous sommes en train de changer les choses. Vous imaginez bien les inquiétudes que cela génère chez les agriculteurs : il n’y a pas chez nous que les grands ; il y a aussi de petits agriculteurs notamment chez nous en Bretagne. Donc, il faut que l’on travaille à gérer cette transition en douceur, et j’ai conscience que le système des subventions européennes et américaines dans l’agriculture pénalise le développement agricole en Afrique ».

Bala Sibiri
trynyty_bon@yahoo.fr

(1) Bretagne International est une structure associative financée entièrement par la région Bretagne. C’est une structure de 25 salariés qui a 51 relais à l’étranger. Elle s’est vu confier deux missions :
- accompagner les petites et moyennes entreprises à l’exportation

- attirer des investissements étrangers en Bretagne.





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