AFFAIRE
FRANÇOIS COMPAORE C/L’EVENEMENT
MENARD« RECIDIVE »
ON DIT QUOI CHEZ LES COMPAORE ?
Tout
a été dit sur ce procès. Avant
même qu’il ne soit engagé, l’opinion
avait jugé, pris partie pour l’Evènement
et condamné François Compaoré.
Même
dans les cercles les plus intimes du pouvoir, on ne
sentait pas la chose, à ce qu’on dit.
Mais c’est bien connu : tout ce qui touche l’affaire
Norbert Zongo met tellement à cran la «
famille » qu’il n’y a pas de place
pour la raison. Alors, on a laissé faire, et
le demandeur François Compaoré s’est
fait dire sa justice. Pour autant, il n’en mène
pas plus large.
Au lieu de voir son honneur lavé, il l’a
vu encore plus souillé. La leçon que
retient l’opinion, c’est que la justice,
sa justice, celle de la « famille », a
volé à son secours mais finalement,
en l’enfonçant davantage. Pourquoi donc
?
Parce qu’elle a permis de ramener encore Norbert
Zongo au centre des préoccupations des Burkinabé,
de raviver dans leurs cœurs les conditions barbares
du massacre de Sapouy où il a été
immolé avec ses trois compagnons. Par ce procès
en effet, ce dossier, qu’on persiste à
vouloir enterrer, se retrouve encore une fois sous
les feux de la rampe, assurant au passage une publicité
gratuite à l’Evènement (bien méritée
du reste pour son courage) et une contre-publicité
de plus pour François Compaoré. Ce dernier
sera encore sur le gril, s’époumonant
à vouloir convaincre la justice populaire qui
a déjà dit le droit du peuple. Le supplice
a des chances de durer jusqu’en cassation.
Mais ce n’est pas tout pour François
Compaoré : le ramdam sur la suspicion qui plane
sur lui, qui est considéré comme la
clef de voûte du dossier Zongo, il le devra
aussi à Robert Ménard de Reporters sans
frontière qui vient, comme le combattant intraitable
de la liberté qu’il est, non seulement
de féliciter ses confrères mais de «récidiver
» à travers ses accusations renouvelées
à l’endroit de François Compaoré
: «Nous réaffirmons que François
Compaoré a menti lors de sa déposition
devant la Commission d'enquête indépendante
(CEI) et que, par conséquent, il est légitime
de formuler des soupçons sur son rôle
dans l'affaire Norbert Zongo. En soulevant cette question,
les journalistes de L'Evénement ont fait leur
travail, ce qui est manifestement répréhensible
au Burkina Faso lorsque le premier cercle du pouvoir
est mis en cause".
Cette dépêche de RSF se balade, faut-il
le relever, dans les agences de presse du monde entier,
comme un défi ! Une raison pour le Burkinabé
lambda de s’exclamer: «Mais enfin, on
dit quoi chez les Compaoré ? » Car pour
le commun des Burkinabé, les choses sont claires
: on ne peut pas s’acharner comme ça
sur Germain Nama et Newton Ahmed Barry, qui ne font
que leur boulot et qui ne se sont contentés
que de reprendre ce que Robert Ménard a dit.
Quelle est cette foutue justice qui laisse le principal
responsable pour taper sur des innocents ? Il ne peut
pas comprendre que ce que l’on considère
comme la reproduction d’une diffamation antérieure
puisse être punie alors que la publication première
ne l’est pas.
Robert Ménard, pour sa part, est plus que jamais
prêt à répondre en tout temps
et en tout lieu, à l’invitation de François
Compaoré à venir débattre de
son implication ou non dans le dossier Norbert Zongo.
Le défi continue d’être lancé
: on verra si le gant lancé sera relevé
! C’est loin d’être sûr !
C.Y
PARTENARIAT
DURABLE
« BRETAGNE INTERNATIONAL »/OPERATEURS
ECONOMIQUES BURKINABE
Mardi
dernier, à la résidence de l’Ambassadeur
de France, s’est tenu un cocktail organisé
à l’occasion d’une visite de
l’organisation « Bretagne International
» (1) au Burkina Faso. Cette visite de l’organisation
entre dans le cadre d’un partenariat nouveau
entre hommes d’affaires de Bretagne et burkinabé
pour la propension des affaires dans un concept
non moins nouveau, celui du commerce équitable.
Aujourd’hui, le commerce équitable
est dans bien de pays du Sud mais se développe
de plus en plus en France par le biais du café
Max Avelar et à d’autres produits fruitiers.
Ce concept, pour Bretagne International, soit doit
d’être développé en partenariat
avec des pays du Sud non encore initiés et
surtout africains.
Bretagne International a donc choisi de visiter
des pays du bloc de l’UEMOA afin d’ouvrir
des voies pour d’ultérieures relations
d’affaires.
On pouvait voir dans la délégation,
des hommes d’affaires oeuvrant dans des domaines
divers tels que le traitement de l’eau, le
textile, le système d’informations
géographiques, le coton bio…
Selon Mr Alain Yvergniaux, Conseiller régional
de Bretagne International, membre de la délégation,
cette coopération va bien se porter et pendant
de nombreuses années puisqu’elle permettra
de créer des courants d’affaires entre
des entreprises de Bretagne et d’autres de
l’espace UEMOA ;
A qui profitera le commerce équitable, lui
a-t-on demandé ? A cette question, Monsieur
Yvergniaux répond sans hésiter : «
Si le commerce équitable arrive à
se développer dans l’esprit qui a fait
sa naissance, il doit bénéficier en
premier au producteur ».
On ne peut pas parler de commerce équitable
sans parler des subventions accordées par
les autorités américaines et européennes
à leurs producteurs. Nous avons tenu à
savoir comment il appréhende cette question.
Son propos : « C’est un problème
très sérieux. Nous avons en Europe
une politique agricole qui pose de très grands
problèmes en Afrique. Nous le savons, nous
en sommes conscients. Je crois que nous sommes dans
un moment en Europe où nous sommes en train
de changer les choses. Vous imaginez bien les inquiétudes
que cela génère chez les agriculteurs
: il n’y a pas chez nous que les grands ;
il y a aussi de petits agriculteurs notamment chez
nous en Bretagne. Donc, il faut que l’on travaille
à gérer cette transition en douceur,
et j’ai conscience que le système des
subventions européennes et américaines
dans l’agriculture pénalise le développement
agricole en Afrique ».
Bala
Sibiri
trynyty_bon@yahoo.fr
(1)
Bretagne International est une structure associative
financée entièrement par la région
Bretagne. C’est une structure de 25 salariés
qui a 51 relais à l’étranger.
Elle s’est vu confier deux missions :
- accompagner les petites et moyennes entreprises
à l’exportation
- attirer des investissements étrangers en
Bretagne.