San
Finna N°399 du
05 au 11 Février 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
DEBAT
ORGANISE PAR L’AMBASSADE DE FRANCE AU BURKINA
LE SYNDICALISME : UN CONTRE-POUVOIR ?
Ce
titre est évocateur du thème de la dernière
des séries de débats organisés au
Centre culturel Français par l’ambassade
de France au Burkina Faso. Tribune d’échanges,
ces débats permettent de mettre assez souvent sur
le tapis des sujets importants. Le dernier en date concernait
cette interrogation : faut-il formaliser l’informel
?
Le
mercredi dernier donc, hommes de la société
politique, des organes de presse et de la société
civile étaient réunis dans la salle du petit
Méliès autour d’un thème de
circonstance, à s’en tenir à l’activité
nationale mais aussi sous régionale avec l’insurrection
en Guinée, animée par les syndicalistes
: le syndicalisme burkinabé : un contre pouvoir
?
L’animateur de ce débat n’était
autre que le directeur des programmes de la télévision
Canal 3, Monsieur Rémi Dandjinou. A ses côtés,
six personnalités aguerries de la chose syndicale.
On pouvait compter les Professeurs Etienne Traoré
et Luc Ibriga, Monsieur Sawadogo Célestin représentant
le ministère du Travail, Mme Zoundi Opératrice
économique représentant le patronat et El
Hadj Baba Sidiki Kontogomdé du Conseil Economique
et Social.
Dans l’assemblée, une pléthore de
délégués syndicaux, de journalistes
et d’hommes politiques, venus apporter leurs pierres
au débat.
Pour commencer, l’animateur, après un bref
commentaire sur le parcours du mouvement syndical, a donné
quitus aux interventions de ses invités qui ont
donné des appréciations sur le parcours
du syndicalisme dans le pays depuis les indépendances
jusqu’à nos jours.
Selon le Pr. Etienne Traoré, le Syndicalisme à
ses débuts chez nous a oeuvré dans le sens
de la préservation des libertés démocratiques
en général et a plusieurs fois été
l’objet de tentatives de récupération.
Le Professeur Ibriga a expliqué qu’au début
la politisation des couches sociales était forte
et cela avait permis un ancrage très aisé
des luttes syndicales. Il dira en substance par la suite
qu’il y a depuis les années 1980 un affaiblissement
du mouvement syndical.
Le Secrétaire Général de la CGTB,
Monsieur Tollé Sagnon, dira que le mouvement syndical
s’est définitivement ancré en Afrique
et dans notre pays depuis les indépendances avec
l’appui permanent du mouvement syndical français.
Monsieur Sawadogo Célestin, du ministère
du Travail représentant le gouvernement dira pour
sa part, que le syndicalisme chez nous n’a jamais
pu se structurer de lui-même et est tout le temps
obligé de s’adosser sur des subventions d’institutions
internationales et autres appuis de partenaires étrangers.
Il ajoutera sur la même lancée que les cotisations
ne sont pas régulièrement versées.
L’Animateur interrogea par la suite ses invités
autour de la capacité actuelle des syndicats à
mobiliser et surtout sur le nombre actuel de personnes
inscrites syndiquées au Burkina Faso.
Pour Monsieur Sawadogo Célestin, la configuration
actuelle du syndicalisme présente 7 centrales syndicales
et des syndicats autonomes, mais ajoute-t-il, le nombre
exact de syndiqués n’est pas actuellement
connu. Le secrétaire général de la
CGTB emboîtera le même pas disant que le nombre
de syndiqués n’est effectivement pas maîtrisé
à nos jours, précise que la plupart des
syndiqués payent régulièrement leurs
cotisations. Il demandera à Monsieur Célestin
quelles sont ses sources d’information. Il insistera
sur le fait que les syndicats mobilisent toujours et selon
leurs revendications, les mots d’ordre sont suivis.
Après que monsieur Sawadogo ait encore dit que
les mots d’ordre n’ont pas d’impact
tangible, arguant qu’ «à chaque
mot de grève on les voit, ils manifestent, marchent
et on ne peut apprécier parce que les taux de suivi
proviennent d’eux… », Monsieur
Tollé précisera que les bilans faits après
chaque manifestation, ainsi que les suites favorables
dont bénéficient certaines, prouvent que
les mots d’ordre sont suivis.
Le professeur Ibriga dira pour sa part que les personnes
syndiquées sont en diminution du fait de la précarité
sur le marché du travail il ajoutera que les gens
s’éloignent du syndicalisme pour préserver
leurs emplois. Cette idée fera dire au professeur
Traoré que la précarité peut faire
en sorte que les gens se solidarisent pour défendre
leurs emplois.
Une question non moins importante de l’animateur
à ses invités (et qui a suscité des
gorges chaudes) a été celle liée
aux revendications des syndicats qui s’assimileraient
assez souvent à des revendications politiques.
Le Professeur Traoré dira qu’une revendication
politique faite par les syndicats n’a rien de négatif.
Tollé Sagnon, quant à lui, dénoncera
le pouvoir qui invite les syndicats dans la politique
quand ça l’arrange et quand ce n’est
pas le cas il dit que c’est négatif. Il rappelle
que le pouvoir a eu recours aux syndicats pour l’élaboration
des 4 années de révolution. Il ajoutera
qu’on ne vit pas seulement de pain, mais aussi de
démocratie et de justice…
Le
débat fut bien fourni, qui a vu tout de suite deux
camps de discussion : celui des syndicats de travailleurs
et celui du pouvoir, bien que sur le plateau il y avait
la présence bien remarquée de Mme Zoundi
qui n’a que peu participé aux débats.
Le second round a bien été celui des échanges
avec les personnes présentes dans l’assemblée.
Parmi eux, le président du PDP/PS, le secrétaire
général du GDP, des membres de partis politiques,
de syndicats, des opérateurs économiques….
Autours des questions de la participation des syndicats
à éclaircir le champ politique à
travers lequel tous exercent, des récriminations
actuelles entre travailleurs et patronat, des insuffisances
et abus du code du travail, le droit de grève…,
chacun autant que faire se peut à apporter sa contribution
pour une discussion instructive à plus d’un
titre.
Bala
Sibiri
COMMUNIQUE
DE L’UNDD
Dans
un contexte national d’angoisse et d’appel
au changement, le président de l’UNDD, Me
Hermann YAMEOGO, convoque les 10 et 11 février
2007, à Ouagadougou, le congrès du parti,
placé sous le sceau du Recueillement et du Sursaut.
Les délégations sont attendues au Stade
du 4 août le vendredi 9 février à
partir de 15 heures.
L’ouverture se fera au même Stade du 4 août
le 10 février à 10 heures et la grande manifestation
de clôture, le dimanche 11 février à
9 heures, à la Maison du Peuple.
Venez écouter le message du vrai parti du changement
; venez très nombreux soutenir l’UNDD qui
a payé le plus pour la défense des principes
démocratiques républicains.
Avec les combattants de la liberté, venez conclure
le contrat pour en finir avec les dénis de justice,
de démocratie, avec l’ingérence et
la mal gouvernance.