Mise à jour le 11/02/2007
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San Finna N°400 du 12 au 18 Février 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

Deux sons de cloche

LE LIEUTENANT AMERICAIN EHREN WATADA DEVAIT-IL OU NON REFUSER D’ALLER SERVIR EN IRAK ?

Une affaire passionne actuellement les Américains : c’est celle du Lieutenant Watada, premier gradé américain à comparaître devant une cour martiale pour avoir refusé de partir en Irak. Alors que s’ouvre son procès, l’opinion américaine et même mondiale, est divisée en deux : d’un côté, il y a ceux, opposés à la guerre en Irak, qui estiment que l’officier de 28 ans a bien fait de désobéir, de l’autre côté ceux qui considèrent comme un acte anti-patriotique et d’une indiscipline militaire caractérisée, le refus d’obéissance à sa hiérarchie. Deux sons de cloche.

LE LIEUTENANT WATADA A BIEN FAIT DE REFUSER UN ORDRE INJUSTE

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l’une des règles qui s’est imposée en droit, c’est le refus d’obéissance à l’ordre injuste. L’holocauste a bouleversé les règles jusqu’alors établies, notamment dans l’armée, amenant à reconnaître pour légitime, la décision d’un militaire de ne pas se soumettre au commandement d’un Supérieur si ce qu’on lui demande est manifestement injuste. Le lieutenant Watada n’est pas une poule mouillée, encore moins un irresponsable. C’est après le 19 septembre que, touché dans ses fibres patriotiques, il s’est engagé dans l’armée, s’y distinguant par des états de service exemplaires. Mais, face aux révélations faites autour de l’engagement de son pays dans la guerre et au génocide que cela a engendré sur le peuple irakien, il a estimé qu’il ne pouvait pas obéir à un ordre lui intimant d’aller se faire complice de ce génocide. Ce n’est pas parce qu’il a peur d’aller mourir en Irak : l’Afghanistan, où il a proposé de se rendre plutôt qu’en Irak, est loin d’être un endroit propice au farniente et sans danger. Ce n’est pas non plus un partisan de la facilité qui aurait pu revendiquer le statut d’objecteur de conscience. Non, il estime, lui, qu’il y a des guerres justes pour lesquelles il faut se battre. Voilà qui rend sympathique cet officier pour les nombreux Américains qui, à mesure que le temps passe, se démarquent de la guerre, comme viennent de le montrer les deux Chambres du Congrès en votant Démocrate. Il n’y a pas que les acteurs Susan Sarandon et Sean Penn à féliciter le lieutenant, il a eu droit aussi aux félicitations du Prix Nobel de la paix africain Desmond Tutu qui lui a dit : « J’admire votre geste courageux et moral ».C’est le cas de le dire quand on sait qu’il encourt 4 ans de prison et que la jurisprudence américaine, sur ce point, est constante.


TOMY.

LE LIEUTENANT EHREN WATADA N’EST PAS AU-DESSUS DE LA LOI

Ceux qui félicitent la désobéissance du lieutenant Watada à sa hiérarchie ne sont pas dans le vrai. C’est avec l’accord des hautes instances du pays que la guerre a été déclarée contre l’Irak. Ce n’est pas parce qu’au plan international, on parle d’unilatéralisme qu’il faut en déduire que cette guerre est illégale. Watada, officier de 28 ans, est bien placé pour connaître cette évidence. Mais si en dépit de tout, il a commis cet acte, on serait tenté de dire que ce n’est ni par bravoure ni par une poussée de vertu mais par un besoin de paraître, de faire l’évènement. Voilà déjà une histoire qui inspirera un scénario d’enfer pour lequel les acteurs se disputeront. Ca vaut bien 4 ans de prison (sans compter qu’avec les remises de peine et consorts, il ne les fera même pas !), si l’on en ressort milliardaire. Calcul intéressé mais aussi antipatriotique par excellence car comportant des dangers pour les fondements de la nation américaine. Si l’on autorisait chaque militaire à décider selon ses humeurs d’obéir ou non à la discipline de l’armée, de décider à la place de la Cour suprême de la légalité ou non d’une décision, ce serait le retour garanti à la Jungle ! Et c’est ce que les juges militaires ont bien compris, qui ont écarté du revers de la main, les moyens de défense du Lieutenant, basés sur ses droits à la libre expression garantis par la constitution et sur l’illégalité de la guerre en Irak. Pour la justice américaine tout comme pour l’armée, un soldat doit respecter la chaîne de commandement et « ne peut pas choisir sa guerre » comme on le ferait de produits dans un supermarché. Et puis, comme le souligne justement notre confrère l’Observateur Paalga du 8 février dernier, « son comportement est susceptible d’inciter ses autres frères d’armes à la sédition ». Watada n’est pas le héros célébré par le mouvement anti-guerre ; il est l’agent qui peut, s’il n’est pas neutralisé, miter l’armée. Il aurait mieux fait de se choisir un autre métier !


TOZI.

Citation de la semaine

«Le projet de budget soumis à notre examen ne peut ni lutter contre la pauvreté dans notre pays ni fournir un espoir à notre peuple »

Député Djezouma SANOU






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