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LE
LIEUTENANT AMERICAIN EHREN WATADA DEVAIT-IL OU NON
REFUSER D’ALLER SERVIR EN IRAK ?
Une
affaire passionne actuellement les Américains
: c’est celle du Lieutenant Watada, premier
gradé américain à comparaître
devant une cour martiale pour avoir refusé
de partir en Irak. Alors que s’ouvre son procès,
l’opinion américaine et même
mondiale, est divisée en deux : d’un
côté, il y a ceux, opposés à
la guerre en Irak, qui estiment que l’officier
de 28 ans a bien fait de désobéir,
de l’autre côté ceux qui considèrent
comme un acte anti-patriotique et d’une indiscipline
militaire caractérisée, le refus d’obéissance
à sa hiérarchie. Deux sons de cloche. |
| LE
LIEUTENANT WATADA A BIEN FAIT DE REFUSER UN ORDRE
INJUSTE
Depuis
la fin de la seconde guerre mondiale, l’une
des règles qui s’est imposée
en droit, c’est le refus d’obéissance
à l’ordre injuste. L’holocauste
a bouleversé les règles jusqu’alors
établies, notamment dans l’armée,
amenant à reconnaître pour légitime,
la décision d’un militaire de ne pas
se soumettre au commandement d’un Supérieur
si ce qu’on lui demande est manifestement
injuste. Le lieutenant Watada n’est pas une
poule mouillée, encore moins un irresponsable.
C’est après le 19 septembre que, touché
dans ses fibres patriotiques, il s’est engagé
dans l’armée, s’y distinguant
par des états de service exemplaires. Mais,
face aux révélations faites autour
de l’engagement de son pays dans la guerre
et au génocide que cela a engendré
sur le peuple irakien, il a estimé qu’il
ne pouvait pas obéir à un ordre lui
intimant d’aller se faire complice de ce génocide.
Ce n’est pas parce qu’il a peur d’aller
mourir en Irak : l’Afghanistan, où
il a proposé de se rendre plutôt qu’en
Irak, est loin d’être un endroit propice
au farniente et sans danger. Ce n’est pas
non plus un partisan de la facilité qui aurait
pu revendiquer le statut d’objecteur de conscience.
Non, il estime, lui, qu’il y a des guerres
justes pour lesquelles il faut se battre. Voilà
qui rend sympathique cet officier pour les nombreux
Américains qui, à mesure que le temps
passe, se démarquent de la guerre, comme
viennent de le montrer les deux Chambres du Congrès
en votant Démocrate. Il n’y a pas que
les acteurs Susan Sarandon et Sean Penn à
féliciter le lieutenant, il a eu droit aussi
aux félicitations du Prix Nobel de la paix
africain Desmond Tutu qui lui a dit : « J’admire
votre geste courageux et moral ».C’est
le cas de le dire quand on sait qu’il encourt
4 ans de prison et que la jurisprudence américaine,
sur ce point, est constante.
TOMY.
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LE
LIEUTENANT EHREN WATADA N’EST PAS AU-DESSUS
DE LA LOI
Ceux
qui félicitent la désobéissance
du lieutenant Watada à sa hiérarchie
ne sont pas dans le vrai. C’est avec l’accord
des hautes instances du pays que la guerre a été
déclarée contre l’Irak. Ce n’est
pas parce qu’au plan international, on parle
d’unilatéralisme qu’il faut en
déduire que cette guerre est illégale.
Watada, officier de 28 ans, est bien placé
pour connaître cette évidence. Mais
si en dépit de tout, il a commis cet acte,
on serait tenté de dire que ce n’est
ni par bravoure ni par une poussée de vertu
mais par un besoin de paraître, de faire l’évènement.
Voilà déjà une histoire qui
inspirera un scénario d’enfer pour
lequel les acteurs se disputeront. Ca vaut bien
4 ans de prison (sans compter qu’avec les
remises de peine et consorts, il ne les fera même
pas !), si l’on en ressort milliardaire. Calcul
intéressé mais aussi antipatriotique
par excellence car comportant des dangers pour les
fondements de la nation américaine. Si l’on
autorisait chaque militaire à décider
selon ses humeurs d’obéir ou non à
la discipline de l’armée, de décider
à la place de la Cour suprême de la
légalité ou non d’une décision,
ce serait le retour garanti à la Jungle !
Et c’est ce que les juges militaires ont bien
compris, qui ont écarté du revers
de la main, les moyens de défense du Lieutenant,
basés sur ses droits à la libre expression
garantis par la constitution et sur l’illégalité
de la guerre en Irak. Pour la justice américaine
tout comme pour l’armée, un soldat
doit respecter la chaîne de commandement et
« ne peut pas choisir sa guerre » comme
on le ferait de produits dans un supermarché.
Et puis, comme le souligne justement notre confrère
l’Observateur Paalga du 8 février dernier,
« son comportement est susceptible d’inciter
ses autres frères d’armes à
la sédition ». Watada n’est pas
le héros célébré par
le mouvement anti-guerre ; il est l’agent
qui peut, s’il n’est pas neutralisé,
miter l’armée. Il aurait mieux fait
de se choisir un autre métier !
TOZI.
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