RETOUR
SUR LA MARCHE DE L’UNDD A DANO
Le
18 février dernier, l’UNDD était
à Dano pour une marche suivie d’une réunion
de bilan partiel post congrès. Le parti a fait
un communiqué suivi de tableaux explicatifs (lesquels
ont corrigé d’ailleurs les quelques erreurs
contenues dans le tableau publié dans le n°
400 de San Finna). Nous vous proposons le communiqué
ainsi que les tableaux. Edifiant !
COMMUNIQUE
DE L’UNION NATIONALE POUR LA DEMOCRATIE ET LE
DEVELOPPEMENT (UNDD)
- 18 février 2007-
Dans
l’esprit des recommandations du 1er congrès
ordinaire de l’UNDD tenu les 10 et 11 février
2007, et sur convocation de son Président, Me
Hermann Yaméogo, le Bureau Exécutif National
(BEN) s’est délocalisé à
Dano le 18 février 2007 pour y effectuer une
marche de protestation contre les conditions iniques
d’organisation des élections avant de tenir,
à 10 h 30 heures, une réunion à
la Maison des femmes de Dano. L’ordre du jour
était le suivant :
-
Bilan partiel du congrès
- Elections législatives
SUR LE BILAN DU CONGRES
Avant d’aborder ce point, le président
du parti a rappelé les raisons de la marche du
BEN et de sa réunion à Dano. L’une
et l’autre, a-t-il souligné, tiennent aux
recommandations faites par le Congrès aux responsables
du BEN d’être personnellement plus visibles,
plus audibles et plus proches de la base, pour donner
l’exemple. Il a fortement remercié les
membres du BEN qui en conséquence ont largement
pris part à cette manifestation, première
du genre, qu’ils devront répéter
dans les autres localités pour montrer aux militants
et aux citoyens que la protestation, et même la
résistance, sont des droits garantis par la Constitution.
Face aux militants et responsables locaux tout aussi
nombreux dans la salle qu’à l’extérieur,
le président du parti n’a pas tari de remerciements
et de félicitations à leur endroit. Il
a après, donné la parole au Comité
d’organisation pour le bilan partiel du Congrès.
Le Vice-Président, Chargé de missions,
El Hadj Amadou Dabo et le Trésorier Général
Izack Zongo, ont alors fait un compte-rendu qui a attiré
les applaudissements nourris de l’assistance à
cause des conditions idoines d’organisation des
assises du parti et du compte-rendu public qui a été
fait de la gestion des ressources mobilisées
pour le Congrès.
Sur la question de la conformation des textes fondamentaux
du parti à ses prises de position, tous les membres
participant à la réunion s’en sont
félicités. Il a été du reste
relevé par tous les intervenants cet anachronisme
qui consistait à se réclamer du libéralisme,
mâtiné de solidarité, tout en s’affichant
résolument dans le camp de ceux qui se réclament
de l’économie sociale de marché,
de l’engagement pour le patriotisme africain,
de la lutte contre les phénomènes de néo-domination,
d’exclusions sociales, d’injustice.
Intervenant sur ces questions, le 1er Vice Président,
Coordonnateur national, Salif Ouédraogo, a longuement
expliqué la justesse de ce réajustement
en soulignant que l’UNDD, qui ne rejette aucun
« emprunt » tant qu’il est dans l’intérêt
du peuple, se refuse à être prisonnier
de tout dogmatisme idéologique.
Ce fut l’occasion de plusieurs interventions pour
féliciter les responsables du parti au sujet
de leurs prises de positions anticipatrices, incomprises
sur le moment mais qui se sont imposées ici et
là avec le temps. C’est le cas de la démocratie
participative ou consensuelle en vogue en Allemagne
et souhaitée en France ; c’est particulièrement
le cas des évolutions encourageantes constatées
dans le règlement de la crise ivoirienne où
on en vient à un dialogue direct avec l’implication
active de Blaise Compaoré à laquelle le
parti en a toujours appelé.
SUR
LES ELECTIONS LEGISLATIVES
Sur ce point, la réunion a fait un passage en
revue de tous les dysfonctionnements du processus électoral.
Les participants ont rappelé leurs critiques
réitérées au sujet de la violation
permanente du droit de suffrage que réalise à
chaque élection, le pouvoir en autorisant le
vote avec des documents multiples. Ils sont aussi revenus
sur les conditions détestables et honteuses du
renouvellement des organes centraux comme décentralisés
de la CENI et particulièrement à ce sujet,
stigmatisé la rupture d’indépendance
de cet instrument avec la surreprésentation du
parti au pouvoir qui, outre ses membres, contrôle
nombre de ceux de l’opposition et de la société
civile. Ils ont aussi relevé le caractère
toujours défectueux du fichier.
Mais les participants ont particulièrement insisté
sur les conditions d’organisation des élections
législatives à venir. Le 1er Vice-président,
Salif Ouédraogo comme le 2ème Vice-président
Amadou Dabo, ont expliqué l’iniquité
des modalités du scrutin en soulignant les contradictions
qui ressortent du choix de la province comme circonscription
électorale avec notamment 15 d’entre elles
pourvues d’un seul siège.
Exemples à l’appui, ils ont montré
les aberrations qui font que des provinces plus peuplées
ont moins de sièges à pourvoir que d’autres
(et de citer entre autres les cas de la Sissili qui
avec plus de 193 000 habitants, n’a qu’un
député, tout comme le Tuy qui n’a
qu’un député pour plus de 202 000
habitants alors que la province des Balé, avec
198 141 habitants, a 2 députés !).
Le président du parti a relevé qu’en
fait, on était en présence d’ une
double violation du code électoral et de la constitution.
Du code électoral parce que, contrairement aux
dispositions de l’article 156, qui ne prévoit
comme mode de scrutin que la représentation proportionnelle
au plus fort reste, on en est arrivé avec l’institution
de 15 circonscriptions à siège unique,
à un système majoritaire à un tour.
Ce n’est pas que la combinaison des deux systèmes
n’existe pas mais encore aurait-il fallu le prévoir
expressément. Il en résulte une atteinte
au droit des citoyens qui, contraints de subir un scrutin
uninominal à un tour de fait, perdront leurs
droits d’être élus si c’était
le scrutin à la représentation proportionnelle
qui était appliqué. Plus grave, c’est
le peuple qui subit une violation de son suffrage car,
par cette manœuvre, on en vient à des injustices
insupportables qui font que des provinces seront mieux
traitées que d’autres (Kompienga : 1 député
pour 51 000 habitants, Noumbiel : 1 député
pour 64 000 habitants) et que dans les faits c’est
le parti au pouvoir qui se voit attribuer d’office
15 sièges.
Le voilà donc contrôlant, avant même
votation, 1/3 des provinces ! C’est là
la deuxième violation mais cette fois-ci, qui
concerne la Constitution notamment en ses articles 11
et 12 (qui mettent les citoyens en égalité
et en droit d’ être électeurs et
éligibles).
Quand on sait que cela influence la liste nationale
et plus généralement le fonctionnement
même du régime politique, on voit la nécessité
et l’urgence de se mettre en ordre de bataille
pour dénoncer ce mode de scrutin diabolique à
tous les égards.
L’UNDD propose le retour au scrutin régional
(confer Tableaux ci-annexés).
C’est tout naturellement que dans les interventions
qui suivront, il sera fortement recommandé de
ne pas baisser les bras, de taper à toutes les
portes afin d’obtenir le report des élections
pour procéder aux corrections qui s’imposent.
En
Divers, bien de questions ont été évoquées
concernant la vie du parti au plan national comme dans
le Ioba. Le Président a exhorté les responsables
et militants de ne jamais faire la politique de l’insulte
et de ne jamais tomber dans le piège de l’autodestruction
de l’opposition. Le seul objectif du parti, c’est
le pouvoir qu’il faut bouter hors du pouvoir.
Des intervenants sont revenus pour exhorter le parti
à garder le cap en restant rivé à
sa lutte au long cours contre les injustices, contre
l’impunité, pour la réhabilitation
de la démocratie et l’avancée de
l’intégration africaine.
Le Vice-président, Conseiller spécial,
Martin Bambara, que le président a présenté
comme l’un des socles du parti, a exhorté
-avec des mots forts- les militants à rester
plus que jamais soudés.
La Vice-présidente chargée des relations
avec les organisations sociales, Mme Marlène
Zebango, faisant notamment suite à l’intervention
fortement acclamée d’un membre d’une
structure de handicapés, Malo Ardouma, qui a
rejoint l’UNDD, a promis de revenir à Dano
pour recueillir les conseils et les critiques des militants
pour renforcer la politique sociale du parti.
En sa qualité de Secrétaire général
et d’hôte de la réunion, Victor Dabiré
a pris la parole en dagara et en français pour
demander aux militants du Sud Ouest de remercier le
BEN et le président du parti pour la confiance
qu’on a placée dans la province et dans
sa personne en le portant au poste si sensible de Secrétaire
général. Rappelant la fidélité
et l’esprit de reconnaissance qui caractérisent
le Dagara authentique, il s’est engagé
dans un concert d’applaudissements, à œuvrer
pour mériter cette double confiance.
C’est dans un climat de satisfaction générale
et d’engagement pour les combats à venir
du parti que la séance a été levée
à 12 heures 30.
Pour
le BEN
Le
Secrétaire général chargé
de la communication
Porte-parole de l’UNDD
Mathieu N’DO
Cliquer
ici pour accéder aux tableaux sur le scrutin