Mise à jour le 25/02/2007
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San Finna N°402 du 26 Février au 04 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

 

Tribune de la femme

* Notre confrère Chériff Sy a été interpellé le mardi passé à cause de l’affaire de Piéla. On se souvient que trois hommes, soupçonnés d’être des coupeurs de route, avaient trouvé la mort dans des conditions douteuses dans les locaux de la gendarmerie dans l’Est du pays. Et cela avait beaucoup ému, surtout pour la mort parmi les trois, d’un conseiller municipal même venu s’expliquer spontanément à la gendarmerie. Les Burkinabé y avaient vu une bavure inqualifiable (d’autres même des quasi-meurtres) qui nécessitait des sanctions. Notre confrère est revenu sur le sujet dans un article du BENDRE du 17/02/2007 intitulé « Crimes de Piéla : ils doivent s’expliquer ». Il y est ressorti qu’en fait, selon une note de la police que l’hebdomadaire a publiée, les victimes n’étaient probablement pas des coupeurs de route. Bendre a donc fait un article au vitriol. Extraits : «La sécurité est un non droit. L'insécurité permanente et quotidienne est par contre un droit .. (..) Le ministre de la Sécurité, Djibril Bassolet et le Directeur Général de la Police Nationale, Thomas Y Dakouré, à défaut de démissionner, devraient tout de même s'expliquer, mais en ont-ils cure ? ». Le directeur de publication, le bien connu Chériff Sy, a donc été sommé pendant 3 heures, dans les locaux de la gendarmerie, de fournir ses sources. Il a bien entendu refusé. On l’a relâché. On se demande si c’était opportun, de la part du pouvoir, de procéder à une telle interpellation qui met encore plus à nu ses carences, ses fautes ! Et puis, si les gens n’avaient pas lu l’article, ils se seront précipités pour en avoir une copie. PHOTO CHERIF

* En France, « La Cour des comptes épingle le Secours catholique » et qualifie d’ « exemplaire » les comptes de ADT Quart Monde. C’est le Nouvel Observateur qui nous l’apprend dans son édition du 20 02 07. Incroyable mais vrai : si maintenant, ceux qui sont censés être les plus pieux se comportent moins bien que les citoyens lambda, mais où va-t-on ?

* A Réo, des militants UNDD ont été harcelés la semaine passée.

* Deux scrutins en cours dans deux pays africains (Sénégal, Mauritanie) sont suivis avec beaucoup d’attention. Au Sénégal, c’est une démocratie jusqu’alors éprouvée qu’il faut conserver, sauver du naufrage. En Mauritanie, c’est une promesse d’émancipation démocratique qu’il faut sauvegarder et consolider. Ce seront des repères dans l’engagement de l’Union africaine à refonder la démocratie après le constat d’échec qui a été fait par la Commission de l’Union par rapport aux processus démocratiques en Afrique.

* Le 3ème Forum de communication alternative (FOCAL) de l’UNDD se tiendra le jeudi 1 er mars 2007, à 9 heures au Centre de presse Norbert Zongo sur le thème : «Elévation du dossier Norbert Zongo au niveau supranational ».

* Dans le quotidien LIBERATION du 20 février 2007, il y a un intéressant article de Virginie GOMEZ, journaliste bien connue de RFI, sur les conséquences du réchauffement de la planète en Afrique. Lisez cet extrait qu’on se passera de commenter tant il résume bien la situation : «’S'il y a une augmentation de température à l'échelle du globe, elle sera doublée au niveau de l'Afrique, puisque les continents se réchaufferont davantage que les océans’, explique Marie-Christine Dufrenes, assistante technique de la coopération française au Centre africain pour les applications de la météorologie au développement (ACMAD). Et l'Afrique est en première ligne. Comme beaucoup de pays sont très pauvres et sensibles à l'influence du climat sur l'agriculture et les ressources en eau, ça risque d'être catastrophique.» Au sud du Sahara, 330 millions de personnes se trouvent dans une extrême pauvreté, 70 % de la population vit de l'agriculture de subsistance. Selon la FAO, les superficies cultivées vulnérables vont passer de 50 à 90 millions d'hectares ».

* Winnie Mandela, la femme la plus célèbre d’Afrique du Sud, s’est fait voler, selon lune dépêche de l’AFP, des bijoux pour une valeur de 500 000 dollars US (environ 250 Millions Fcfa) alors qu’elle était aux USA ; il s’agirait d’un vol réalisé par ses propres employés de maison qui auraient été écroués. PHOTO WINNIE

* Chez nous, le problème de l’armée continue à faire couler beaucoup d’encre et de salive. La rumeur depuis quelque temps fait état de vastes mouvements de plusieurs corps. Ainsi, le régiment d’artillerie, anciennement positionné au GCAS/Ouaga aurait pour nouvelle position Kaya alors que le régiment blindé se trouverait aussi au GCAS/Ouaga irait à Zorgho. Quant au RCS/Route de Pô, qui était au camp 11/78, il devrait être positionné à Kampela. Cela provoquerait une grogne face à laquelle les premiers responsables du pays resteraient inflexibles.

* Si en France, les sondages politiques ont parfois mauvaise presse, qu’on les accuse de participer au formatage des opinions avec des candidats surestimés et d’autres sous-estimés (Le Pen étant pour ce deuxième cas de figure, l’exemple le plus patent), en Afrique, où les structures et les capacités sont moins évidentes pour crédibiliser les sondages, ces critiques existent également. Elles ont été formulées au Burkina Faso même si cela n’a pas été amplifié au plan international. Mais au Sénégal, au moment où la campagne présidentielle battait son plein, RFI est revenue sur la question prenant à contre-pied le pouvoir sénégalais qui se prévaut notamment de sondages qui lui seraient favorables, pour annoncer sa victoire sans bavure au premier tour !

* Avec la crise en Guinée, à quelque chose malheur peut être bon pour la CEDEAO. Ce pays, qui a toujours vécu en vase clos, dans lequel ni majorité ni opposition n’ont jamais véritablement donné du crédit aux institutions internationales, voilà que par un faisceau de circonstances, la CEDEAO a toutes les chances d’être le recours pour une sortie de crise. Le blocage a en effet atteint un tel stade que toutes les aventures sont désormais possibles avec l’évolution vers une confrontation plus marquée entre l’armée et la population civile. En dépêchant au lieu du président en exercice, qui n’est pas en odeur de sainteté en Guinée, l’ancien président nigérian Babanguida, on ne pouvait faire meilleur choix. Ce dernier et feu le Général Eyadema sont les pères de la CEDEAO. Il doit quelque part, Babanguida le survivant, avoir une volonté désintéressée d’obtenir un succès en Guinée pour l’intérêt de la CEDEAO. Ensuite, il connaît la Guinée comme il connaît ses pays voisins où les hommes et même les Etats, par soif de d’argent et de pouvoir, ont semé le virus des rébellions. Il y aurait presque une sorte d’empathie entre l’homme et Lansana Conté mais aussi entre lui et les leaders de la société civile. Si l’invite générale qu’il a adressée à tous les acteurs de se retrouver autour d’une table pour une proposition de sortie de crise qu’il veut faire, a lieu, il y a des chances que quelque chose bouge effectivement en Guinée. Ce serait bien pour tout le monde et ce serait bien aussi pour Babanguida qui aura ainsi conforté son «enfant», la CEDEAO.

* En France, c’est bien connu depuis une trentaine d’années, à chaque élection présidentielle, les candidats de droite comme de gauche disaient publiquement, haut et fort, ne vouloir en aucune façon, solliciter les voix du « diable » Le Pen au second tour ! Eh bien, Charles Pasqua, l’ancien ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac, vient de révéler sur RTL que Jacques Chirac a bel et bien rencontré en 1988, Le Pen pour solliciter son appui pour le second tour, et que c’est même lui, Pasqua, qui a introduit Le Pen auprès de Chirac. Et Pasqua de conclure : «Le Pen a donné un soutien très relatif » (site du Nouvelobs du 22 02 07). Il va sans dire que dans les tout prochains jours, le patron du FN sera interpellé sur le sujet !

* Malgré toutes les actions entreprises pour caporaliser l’Université, y étouffer toute forme de contestation (notamment par le biais de la police universitaire qu’on tente d’imposer), le pari ne semble pas gagné pour le pouvoir. La démonstration en est donnée à travers les protestations et autres grèves qui n’ont jamais cessé. C’est le cas encore une fois avec la première année de droit, qui a engagé un boycott le samedi 24 février dernier. Motif : on leur a demandé de faire une synthèse juridique sur un sujet qui n’avait pas été enseigné. Il n’y avait pas mieux pour aggraver en eux ce sentiment de négligence voire de volonté de contrecarrer leurs études. Les étudiants sont allés à la Direction de la faculté pour tenter de voir l’enseignant qui a donné le sujet. Il était absent. Ils ont donc refusé de composer. A relever que ce n’est pas la 1ère fois qu’un tel incident se produit pour les mêmes causes : la promotion 2003/2004 a connu les mêmes problèmes avec le même enseignant. S’il a accepté de donner un autre sujet, on remarqué un saccage en règle puisque personne n’eut 10/20 et que les zéros se comptaient à la pelle. Alors cette fois-ci, les étudiants disent que ça ne se passera pas comme ça !

* Ah non, c’était pas folichon cette ouverture de la 20 ème édition du FESPACO. Pourtant, on aurait dû mettre les petits plats dans les grands. Si le Stade était assez correctement rempli (même si on n’atteignait pas les chiffres des précédentes éditions, on a noté une organisation approximative notamment au niveau d’un élément capital : l’éclairage. On sait que la manifestation se termine tard dans la nuit et on ne prend pas toutes les dispositions pour que l’éclairage soit conséquent. Par ailleurs, les speechs étaient insipides, la traduction en anglais plus que moyenne. Heureusement le journaliste de Canal 3 tentait de rattraper avec succès tous ces couacs !

* Mais le couac le plus gros a été cette idée saugrenue de faire passer des extraits de films pendant de très longs moments. Cela n’a pas plu aux spectateurs, qui nous l’ont dit très clairement à la sortie.

* A noter que devant le « clap » que Blaise Compaoré devait utiliser pour donner le top départ des manifestations, il s’est un peu emmêlé les pinceaux en n’arrivant pas à clapper avec vigueur. Résultat : l’effet sonore et visuel n’était pas au rendez-vous. Dommage mais c’est pas ça qui va gâter la fête. Bonne fête du FESPACO à tous les festivaliers et aux Ouagalais qui raffolent de cette grande manifestation !

* L’épidémie de méningite, c’est maintenant connu, a déjà fait officiellement chez nous 210 morts, dépassant la cote d’alerte. Le Docteur Pierre Bidima n’est pas tendre dans ses critiques. Approché, il présente la situation ainsi qu’il suit. « Le pays se trouve dans une ceinture d’épidémie de méningite et cette zone est récurrente, qui va de la Corne de l’Afrique jusqu’en Afrique de l’Ouest ». Sachant cela, le Docteur relève que «Plus de 200 morts à l’heure actuelle (et c’est pas fini), c’est trop ; les autorités en charge auraient dû faire plus d’efforts pour minimiser l’épidémie, à défaut de l’empêcher ». Pour lui, on aurait dû vacciner (et régulièrement) les populations les plus fragiles comme les femmes enceintes et surtout les enfants de 1 à 15 ans. Il n’oublie pas d’ajouter à cette liste le personnel de santé, particulièrement exposé. Le Docteur regrette qu’on ne prenne à chaque fois les mesures que quand le mal est déjà là, appelant à l’aide internationale. Le Docteur continue : « Mais avant, qu’a-t-on fait pour mobiliser au plan interne ? Une souscription interne était possible avant de voir les amis. C’est ça aussi être responsable. Les efforts qu’on fait dans la lutte contre le sida auraient dû être répétés en ce qui concerne cette maladie qui chaque année cause des ravages dans la population »





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