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Notre confrère Chériff Sy a été
interpellé le mardi passé à cause
de l’affaire de Piéla. On se souvient que
trois hommes, soupçonnés d’être
des coupeurs de route, avaient trouvé la mort
dans des conditions douteuses dans les locaux de la
gendarmerie dans l’Est du pays. Et cela avait
beaucoup ému, surtout pour la mort parmi les
trois, d’un conseiller municipal même venu
s’expliquer spontanément à la gendarmerie.
Les Burkinabé y avaient vu une bavure inqualifiable
(d’autres même des quasi-meurtres) qui nécessitait
des sanctions. Notre confrère est revenu sur
le sujet dans un article du BENDRE du 17/02/2007 intitulé
« Crimes de Piéla : ils doivent s’expliquer
». Il y est ressorti qu’en fait, selon une
note de la police que l’hebdomadaire a publiée,
les victimes n’étaient probablement pas
des coupeurs de route. Bendre a donc fait un article
au vitriol. Extraits : «La sécurité
est un non droit. L'insécurité permanente
et quotidienne est par contre un droit .. (..) Le ministre
de la Sécurité, Djibril Bassolet et le
Directeur Général de la Police Nationale,
Thomas Y Dakouré, à défaut de démissionner,
devraient tout de même s'expliquer, mais en ont-ils
cure ? ». Le directeur de publication, le bien
connu Chériff Sy, a donc été sommé
pendant 3 heures, dans les locaux de la gendarmerie,
de fournir ses sources. Il a bien entendu refusé.
On l’a relâché. On se demande si
c’était opportun, de la part du pouvoir,
de procéder à une telle interpellation
qui met encore plus à nu ses carences, ses fautes
! Et puis, si les gens n’avaient pas lu l’article,
ils se seront précipités pour en avoir
une copie. PHOTO CHERIF
* En France, « La Cour des comptes épingle
le Secours catholique » et qualifie d’ «
exemplaire » les comptes de ADT Quart Monde. C’est
le Nouvel Observateur qui nous l’apprend dans
son édition du 20 02 07. Incroyable mais vrai
: si maintenant, ceux qui sont censés être
les plus pieux se comportent moins bien que les citoyens
lambda, mais où va-t-on ?
* A Réo, des militants UNDD ont été
harcelés la semaine passée.
* Deux scrutins en cours dans deux pays africains (Sénégal,
Mauritanie) sont suivis avec beaucoup d’attention.
Au Sénégal, c’est une démocratie
jusqu’alors éprouvée qu’il
faut conserver, sauver du naufrage. En Mauritanie, c’est
une promesse d’émancipation démocratique
qu’il faut sauvegarder et consolider. Ce seront
des repères dans l’engagement de l’Union
africaine à refonder la démocratie après
le constat d’échec qui a été
fait par la Commission de l’Union par rapport
aux processus démocratiques en Afrique.
* Le 3ème Forum de communication alternative
(FOCAL) de l’UNDD se tiendra le jeudi 1 er mars
2007, à 9 heures au Centre de presse Norbert
Zongo sur le thème : «Elévation
du dossier Norbert Zongo au niveau supranational ».
* Dans le quotidien LIBERATION du 20 février
2007, il y a un intéressant article de Virginie
GOMEZ, journaliste bien connue de RFI, sur les conséquences
du réchauffement de la planète en Afrique.
Lisez cet extrait qu’on se passera de commenter
tant il résume bien la situation : «’S'il
y a une augmentation de température à
l'échelle du globe, elle sera doublée
au niveau de l'Afrique, puisque les continents se réchaufferont
davantage que les océans’, explique Marie-Christine
Dufrenes, assistante technique de la coopération
française au Centre africain pour les applications
de la météorologie au développement
(ACMAD). Et l'Afrique est en première ligne.
Comme beaucoup de pays sont très pauvres et sensibles
à l'influence du climat sur l'agriculture et
les ressources en eau, ça risque d'être
catastrophique.» Au sud du Sahara, 330 millions
de personnes se trouvent dans une extrême pauvreté,
70 % de la population vit de l'agriculture de subsistance.
Selon la FAO, les superficies cultivées vulnérables
vont passer de 50 à 90 millions d'hectares ».
* Winnie Mandela, la femme la plus célèbre
d’Afrique du Sud, s’est fait voler, selon
lune dépêche de l’AFP, des bijoux
pour une valeur de 500 000 dollars US (environ 250 Millions
Fcfa) alors qu’elle était aux USA ; il
s’agirait d’un vol réalisé
par ses propres employés de maison qui auraient
été écroués. PHOTO WINNIE
* Chez nous, le problème de l’armée
continue à faire couler beaucoup d’encre
et de salive. La rumeur depuis quelque temps fait état
de vastes mouvements de plusieurs corps. Ainsi, le régiment
d’artillerie, anciennement positionné au
GCAS/Ouaga aurait pour nouvelle position Kaya alors
que le régiment blindé se trouverait aussi
au GCAS/Ouaga irait à Zorgho. Quant au RCS/Route
de Pô, qui était au camp 11/78, il devrait
être positionné à Kampela. Cela
provoquerait une grogne face à laquelle les premiers
responsables du pays resteraient inflexibles.
* Si en France, les sondages politiques ont parfois
mauvaise presse, qu’on les accuse de participer
au formatage des opinions avec des candidats surestimés
et d’autres sous-estimés (Le Pen étant
pour ce deuxième cas de figure, l’exemple
le plus patent), en Afrique, où les structures
et les capacités sont moins évidentes
pour crédibiliser les sondages, ces critiques
existent également. Elles ont été
formulées au Burkina Faso même si cela
n’a pas été amplifié au plan
international. Mais au Sénégal, au moment
où la campagne présidentielle battait
son plein, RFI est revenue sur la question prenant à
contre-pied le pouvoir sénégalais qui
se prévaut notamment de sondages qui lui seraient
favorables, pour annoncer sa victoire sans bavure au
premier tour !
* Avec la crise en Guinée, à quelque chose
malheur peut être bon pour la CEDEAO. Ce pays,
qui a toujours vécu en vase clos, dans lequel
ni majorité ni opposition n’ont jamais
véritablement donné du crédit aux
institutions internationales, voilà que par un
faisceau de circonstances, la CEDEAO a toutes les chances
d’être le recours pour une sortie de crise.
Le blocage a en effet atteint un tel stade que toutes
les aventures sont désormais possibles avec l’évolution
vers une confrontation plus marquée entre l’armée
et la population civile. En dépêchant au
lieu du président en exercice, qui n’est
pas en odeur de sainteté en Guinée, l’ancien
président nigérian Babanguida, on ne pouvait
faire meilleur choix. Ce dernier et feu le Général
Eyadema sont les pères de la CEDEAO. Il doit
quelque part, Babanguida le survivant, avoir une volonté
désintéressée d’obtenir un
succès en Guinée pour l’intérêt
de la CEDEAO. Ensuite, il connaît la Guinée
comme il connaît ses pays voisins où les
hommes et même les Etats, par soif de d’argent
et de pouvoir, ont semé le virus des rébellions.
Il y aurait presque une sorte d’empathie entre
l’homme et Lansana Conté mais aussi entre
lui et les leaders de la société civile.
Si l’invite générale qu’il
a adressée à tous les acteurs de se retrouver
autour d’une table pour une proposition de sortie
de crise qu’il veut faire, a lieu, il y a des
chances que quelque chose bouge effectivement en Guinée.
Ce serait bien pour tout le monde et ce serait bien
aussi pour Babanguida qui aura ainsi conforté
son «enfant», la CEDEAO.
* En France, c’est bien connu depuis une trentaine
d’années, à chaque élection
présidentielle, les candidats de droite comme
de gauche disaient publiquement, haut et fort, ne vouloir
en aucune façon, solliciter les voix du «
diable » Le Pen au second tour ! Eh bien, Charles
Pasqua, l’ancien ministre de l’Intérieur
de Jacques Chirac, vient de révéler sur
RTL que Jacques Chirac a bel et bien rencontré
en 1988, Le Pen pour solliciter son appui pour le second
tour, et que c’est même lui, Pasqua, qui
a introduit Le Pen auprès de Chirac. Et Pasqua
de conclure : «Le Pen a donné un soutien
très relatif » (site du Nouvelobs du 22
02 07). Il va sans dire que dans les tout prochains
jours, le patron du FN sera interpellé sur le
sujet !
* Malgré toutes les actions entreprises pour
caporaliser l’Université, y étouffer
toute forme de contestation (notamment par le biais
de la police universitaire qu’on tente d’imposer),
le pari ne semble pas gagné pour le pouvoir.
La démonstration en est donnée à
travers les protestations et autres grèves qui
n’ont jamais cessé. C’est le cas
encore une fois avec la première année
de droit, qui a engagé un boycott le samedi 24
février dernier. Motif : on leur a demandé
de faire une synthèse juridique sur un sujet
qui n’avait pas été enseigné.
Il n’y avait pas mieux pour aggraver en eux ce
sentiment de négligence voire de volonté
de contrecarrer leurs études. Les étudiants
sont allés à la Direction de la faculté
pour tenter de voir l’enseignant qui a donné
le sujet. Il était absent. Ils ont donc refusé
de composer. A relever que ce n’est pas la 1ère
fois qu’un tel incident se produit pour les mêmes
causes : la promotion 2003/2004 a connu les mêmes
problèmes avec le même enseignant. S’il
a accepté de donner un autre sujet, on remarqué
un saccage en règle puisque personne n’eut
10/20 et que les zéros se comptaient à
la pelle. Alors cette fois-ci, les étudiants
disent que ça ne se passera pas comme ça
!
* Ah non, c’était pas folichon cette ouverture
de la 20 ème édition du FESPACO. Pourtant,
on aurait dû mettre les petits plats dans les
grands. Si le Stade était assez correctement
rempli (même si on n’atteignait pas les
chiffres des précédentes éditions,
on a noté une organisation approximative notamment
au niveau d’un élément capital :
l’éclairage. On sait que la manifestation
se termine tard dans la nuit et on ne prend pas toutes
les dispositions pour que l’éclairage soit
conséquent. Par ailleurs, les speechs étaient
insipides, la traduction en anglais plus que moyenne.
Heureusement le journaliste de Canal 3 tentait de rattraper
avec succès tous ces couacs !
* Mais le couac le plus gros a été cette
idée saugrenue de faire passer des extraits de
films pendant de très longs moments. Cela n’a
pas plu aux spectateurs, qui nous l’ont dit très
clairement à la sortie.
* A noter que devant le « clap » que Blaise
Compaoré devait utiliser pour donner le top départ
des manifestations, il s’est un peu emmêlé
les pinceaux en n’arrivant pas à clapper
avec vigueur. Résultat : l’effet sonore
et visuel n’était pas au rendez-vous. Dommage
mais c’est pas ça qui va gâter la
fête. Bonne fête du FESPACO à tous
les festivaliers et aux Ouagalais qui raffolent de cette
grande manifestation !
* L’épidémie de méningite,
c’est maintenant connu, a déjà fait
officiellement chez nous 210 morts, dépassant
la cote d’alerte. Le Docteur Pierre Bidima n’est
pas tendre dans ses critiques. Approché, il présente
la situation ainsi qu’il suit. « Le pays
se trouve dans une ceinture d’épidémie
de méningite et cette zone est récurrente,
qui va de la Corne de l’Afrique jusqu’en
Afrique de l’Ouest ». Sachant cela, le Docteur
relève que «Plus de 200 morts à
l’heure actuelle (et c’est pas fini), c’est
trop ; les autorités en charge auraient dû
faire plus d’efforts pour minimiser l’épidémie,
à défaut de l’empêcher ».
Pour lui, on aurait dû vacciner (et régulièrement)
les populations les plus fragiles comme les femmes enceintes
et surtout les enfants de 1 à 15 ans. Il n’oublie
pas d’ajouter à cette liste le personnel
de santé, particulièrement exposé.
Le Docteur regrette qu’on ne prenne à chaque
fois les mesures que quand le mal est déjà
là, appelant à l’aide internationale.
Le Docteur continue : « Mais avant, qu’a-t-on
fait pour mobiliser au plan interne ? Une souscription
interne était possible avant de voir les amis.
C’est ça aussi être responsable.
Les efforts qu’on fait dans la lutte contre le
sida auraient dû être répétés
en ce qui concerne cette maladie qui chaque année
cause des ravages dans la population »