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ELECTIONS
A PO
A
FELICITER AVEC OU SANS RESERVE ?
L’omnipotent
et omniprésent parti-Etat qui écrase
tout sur son passage, et à qui rien ne résiste,
vient d’être battu par un PAI coalisé
avec quelques partis. Depuis, la ville est en fête,
et avec elle, une grande partie des Burkinabé
qui voient dans cette déculottée du
parti majoritaire, une pure revanche pour les uns
et une preuve que la démocratie n’est
pas un vain mot au pays des hommes intègres
pour les autres. Mais dans le concert des youyous
et des vivats, il en est qui restent sur leur quant
à soi, suspectant cette élection d’être
un consommé d’attrape-nigauds destiné
à prendre à revers tous ceux qui crient
haut et fort qu’il n’y a pas de démocratie
possible au Burkina et que le parti majoritaire
a trusté tous les leviers du pouvoir, tous
les contre-pouvoirs, bref toute la démocratie.
Voilà là un deux sons de cloche tout
à fait particulier qui peut faire le bonheur
des Tomi et Tozi.
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| L’ELECTION
DE PO, C’EST BLAGUER-TUER
Au-delà
des apparences, auxquelles mordent beaucoup de Burkinabé,
la victoire du PAI à Pô pourrait bien
cacher un calcul très bien pensé et
mis en œuvre par le pouvoir. Face aux critiques
grandissantes par rapport au dévoiement de
la démocratie, qui fait dire qu’il
n’y a pas de possibilité d’expressions
plurielles au Faso et d’alternance parce que
tout est verrouillé, le pouvoir aurait pu
décider de vouloir démontrer le contraire
aux yeux de tous. Il laisserait les choses se dérouler
normalement à Pô, allant même
jusqu’à donner un coup de pouce pour
que cela soit, pour après se répandre
en démonstrations qu’il suffit que
les partis politiques s’en donnent les moyens,
et notamment ceux de lutter pour ébranler
le parti au pouvoir pour que les changements s’opèrent.
Pô serait ainsi la preuve que la CENI n’est
pas aux ordres, que le fichier électoral
n’est pas bidouillé. Voilà de
quoi emboucher un coin à ces opposants impénitents
qui vont criant chaque jour que Dieu fait que le
pauvre Moussa Michel Tapsoba est une marionnette,
que la CENI est inféodée et que la
démocratie est gâtée, pourrie.
On peut craindre que le calcul ait marché
car le peuple, si facile à emballer, se retrouve
pris dans de véritables transes, voyant dans
cette victoire une revanche sur les frustrations
du passé. On peut le craindre surtout qu’on
a eu droit à un battage médiatique
sur le sujet pendant plusieurs jours ! Aujourd’hui
Pô est tellement regonflée que cette
ville se donne en exemple au Burkina Faso pour non
seulement attester qu’à partis unis
et déterminés, rien n’est impossible
mais que la démocratie n’est pas aussi
formatée que cela. C’est le sentiment
qui se dégage en voyant les habitants de
Pô gagner par cette euphorie qui n’en
finit pas. Mais les élections au Burkina
Faso sont comme des euphorisants, des alcools, donnant
l’ivresse, la joie à la consommation
puis la gueule de bois à la dissipation de
l’ivresse. Alors, à ceux qui se laisseraient
enivrer par le caractère démocratique
de l’élection de Pô, au point
de croire que les législatives à venir
pourraient se remporter de la même façon
contre le CDP, je dis de faire attention. L’après
élection pourrait encore leur réserver
des surprises à vouloir se pendre !
TOMY. |
PO
A UN PEU REHABILITE LA DEMOCRATIE
La victoire du PAI à Pô est la preuve
éclatante que quand des gens sont décidés,
mais vraiment décidés, ils peuvent
surmonter bien d’obstacles et vaincre. On
n’ira pas jusqu’à dire que ces
résultats sont la preuve que la démocratie
existe au Faso, qu’ils sont un camouflet à
ces opposants radicaux qui ne tarissent pas de critiques
sur la gouvernance nationale. Mais on reconnaîtra
que cette élection ne s’est pas mal
déroulée du tout, qu’elle a
comblé les espoirs d’une très
grande majorité de Pôlais et également
de Burkinabé. Et c’est vrai que la
rage de vaincre du PAI et de ses alliés était
là qui a boosté leur ardeur, que comme
c’était une élection partielle
dans une seule ville, les différents camps
s’étaient particulièrement préparés
pour contrôler les bureaux. Ca avait de quoi
rebuter les fraudeurs usuels de tout acabit ! On
a noté que 7 % de plus d’électeurs
ont voté. Et puis, on ne le dira jamais assez,
Pô est une ville qui a plus souffert que bien
d’autres villes, et il fallait prouver au
vu de ce qu’on avait fait à un homme,
qu’on saurait se mettre derrière lui
même si le parti majoritaire écrase
tout sur son passage notamment par ses moyens. On
disait même que ce n’était pas
une question de parti mais d’homme. Qu’importe
qu’hier le PAI ait soutenu Blaise Compaoré
et qu’il se réclame de l’opposition
aujourd’hui, la seule chose qu’on voulait,
c’était réhabiliter un homme
bafoué dans son honneur, et avec lui, toute
une ville. On le voit, c’est un cas particulier
! Certains avancent même d’autres arguments,
que notamment cela est dû au fait que les
Gourounsi, en particulier les Kaséna, sont
des gens qui sont libres (sous entendu, contrairement
aux Mossi qui sont des gens soumis, requérant
l’avis du chef pour tout, y compris en politique
!). C’est peut-être tout ça qui
a joué mais en tout cas, ça a marché,
et ça a donné une bouffée d’oxygène
dans le pays ! Il serait bien que ça donne
des idées aux opposants et à tout
le peuple. Et ceux qui disent que le CDP a laissé
sciemment les choses se dérouler pour qu’on
pense que la démocratie est bien au Faso,
se trompent lourdement : les candidats du parti
majoritaire qui ont mouillé la chemise, ne
s’en laissaient pas conter. Le PAI et ses
amis peuvent pavoiser aujourd’hui : ils le
méritent bien !
TOZI.
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