ENTRETIEN
AVEC SON EXCELLENCE MONSIEUR
MR ULRICH HOCHSCHILD,
AMBASSADEUR D’ALLEMAGNE AU BURKINA FASO
Nous
avons pu tendre notre micro à Monsieur l’Ambassadeur
d’Allemagne au Burkina Faso à l’occasion
du cocktail qu’il donnait en sa résidence
le jeudi 1er mars, à l’occasion du FESPACO.
Sans détours, il a répondu à quelques-unes
de nos questions. Lisez plutôt.
1) Excellence, comment vous sentez-vous au Burkina
Faso ?
Je
vous remercie. Je tiens à préciser que
le Burkina Faso est mon second poste en Afrique. Avant,
j’étais en service au Bénin il y
a précisément 15 ans. C’est pourquoi,
je n’ai pas été très étonné
de ce qui m’attendait ici au Burkina. Mais je
pense que, comparé avec le poste que j’avais
jusqu’ici, je peux dire que le Burkina est un
pays très ouvert, avec une population autant
ouverte qu’agréable, et il est relativement
facile d’occuper le poste d’ambassadeur
dans ce pays.
2) Au moment où Angela Merkel occupe
la présidence de l’Union européenne,
on parle de remplacer la France/Afrique par l’Europe/Afrique.
Qu’en pensez-vous ?
Premièrement,
je pense que la présence de notre Chancelière
au Sommet Afrique/France à Cannes était
un signe des bonnes relations entre l’Allemagne
et la France dans le contexte européen. Bien
sûr, je pense que la France dans l’avenir
ne jouera plus le rôle qu’elle a joué
dans le passé. Je ne voudrais pas parler de redéfinition,
l’Allemagne sera certainement un de ceux qui sera
aux côtés des pays africains mais comparativement
à certains grands pays qui ont des intérêts
économiques prépondérants qui définissent
leurs relations avec l’Afrique, l’Allemagne
jouera un plus petit rôle. Il est évident
que l’Afrique jouera un plus grand rôle
dans le monde, dans l’avenir. Je pense déjà
(historiquement mais d’abord géographiquement)
que tous les pays contribueront de leur propre manière
à stabiliser les relations entre les deux continents.
3)
Qu’est-ce qui, d’après vous, donnerait
une tonalité particulière à la
relation entre l’Allemagne et le Burkina Faso
?
Le
Burkina Faso est certainement l’un des pays les
plus stables et calmes en Afrique. Ca devrait évoquer
les investisseurs de l’extérieur, avant
tout les Européens. Ce qui devrait être
amélioré dans ce pays, c’est certainement
le cadre judiciaire. Pour les investisseurs, il est
important d’avoir un terrain solide sur lequel
ils peuvent investir, un cadre juridique qui est fiable.
Il y a (je pense) un terrain où on peut améliorer
les choses. Pour mon pays, je peux dire que l’Allemagne
économiquement n’est pas trop présente
dans ce pays mais cela aussi est lié à
des raisons historiques. Parce que, pour un opérateur
économique allemande, il est beaucoup plus aisé
d’investir dans un pays de l’Europe orientale
où la mentalité est plus similaire à
celle de l’Allemagne, et où beaucoup de
gens parlent allemand. Tandis qu’ici en Afrique
occidentale, il est bien connu qu’à cause
de la langue, la France a une prérogative. C’est
pourquoi il n’est pas facile pour les Allemands
de trouver un terrain solide dans ce pays.
4)
Nous avons avec vous visité, Excellence, un projet
qui vous tient à cœur. Il s’agit de
l’Association de football germano-burkinabé
pour la jeunesse. Qu’est-ce qui vous a motivé
exactement ?
Ce
projet n’a rien à voir avec la politique
officielle de l’Allemagne. C’était
plutôt mon idée de créer un cadre
socio footballistique parce que je pense qu’on
fait pas mal de choses pour les enfants de la rue de
l’âge de 2 à 12 ans mais qu’après,
ils sont en quelque sorte les parias de la société.
Ils sont pratiquement exclus et n’ont plus la
chance d’être insérés comme
il le faut dans la société. La réinsertion
de ces enfants était l’un de nos objectifs
que j’ai combiné avec le projet que j’ai
conçu. Ce n’est pas seulement un projet
footballistique, c’est un projet à deux
volets : social et sportif.
Dans un pays comme le Burkina Faso qui lutte contre
la pauvreté, il ne serait pas justifiable de
n’avoir qu’un projet footballistique. Il
faut toujours créer une composante sociale. Dans
notre cas, c’est un enseignement de base de qualité
et une formation footballistique.
Thierry
Nabyouré
COOPERATION
GERMANO-BURKINABE
REALISATION D’UN CENTRE SOCIO SPORTIF
C’est
sur un terrain de 40 hectares que se construit progressivement
un Centre initié par l’Ambassadeur d’Allemagne
au Burkina Faso, Mr Ulrich HochSchild. Un centre qui
répond à l’ambition de ce dernier
de tout faire pour l’amélioration des
conditions de vie d’enfants issus de milieux
défavorisés.
Actuellement, sont en formation dans ce centre germano-burkinabé,
24 jeunes de 12 à 18 ans. Première promotion
de ladite école, ils passeront 3 années
de formation intensive en football et en classe. Ils
sortiront tous avec un niveau CEP et des capacités
footballistiques importantes.
Les trois années prévues pour ce projet,
bénéficient de l’appui à
50 % du gouvernement allemand. Sur les lieux, les
journalistes présents ont été
conduits et ont constaté les différentes
réalisations. Le premier bâtiment comprend
des bureaux et salles de classe très bien équipés
; un second bâtiment visite comprend 4 chambres
de grande taille équipée chacune de
6 lits, de toilettes propres. Troisièmement,
il y a un réfectoire où travaillent
jour et nuit, deux cuisinières.
Le terrain de football est très attrayant.
De taille régulière, il est entièrement
gazonné et n’a rien à envier à
certains terrains de clubs à Ouagadougou.
A la tête de la structure pour épauler
nos futures « Dagano », il y a :
une responsable, Birgit Tegtmeyer et un directeur
: Djondo Kouassi Alex, un entraîneur de football
de nationalité allemande, des enseignants.
Toutes les activités qui s’y mènent
sont sous la permanente supervision de son Excellence
qui ne ménage aucun effort pour se rendre très
régulièrement sur les lieux.
Cet homme, on le sent, aime le football et ambitionne
de continuer à fournir des efforts conséquents
pour que d’ici la fin du projet, il y ait des
partenaires pour prendre le relais pour la pérennité
du centre.
Bonne initiative qui se doit d’être connue,
promue et soutenue par toutes les composantes de notre
société.
Nul doute que de ce centre, sortiront des jeunes qui
feront la fierté de notre football depuis «
Planète champion ».
Thierry
Nabyouré