Mise à jour le 04/03/2007
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San Finna N°403 du 05 au 11 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

  

Au courant de la plume

FESPACO 2007
LA BELLE FETE EST FINIE
L’ETALON DE YENNENGA REVIENT A IKEJA


Au moment où le chapiteau de la grande manifestation est démontée, les images, les sons, les odeurs.. , continuent de solliciter les sens des Burkinabé. En attendant le bilan officiel, l’opinion commune retient que l’un dans l’autre, le festival s’est tiré d’affaire.

Le chef de l’Etat a honoré de sa présence et l’ouverture et la clôture du FESPACO au Stade du 4 août. Si la première cérémonie a connu une forte participation populaire, celle de clôture aura connu une très faible participation mais le comité d’organisation, pour donner une idée de ce que les choses sont bonnes à prendre, a fait état du nombre élevé de visiteurs et de films programmés.

On relèvera effectivement que, hormis un engouement dégressif de la population pour le festival et la présence des mêmes têtes aux commissions (ce qui n’est pas fait pour plaire à beaucoup), l’équipe de Baba Hama aura tenu son pari. La bi localisation de la Rue marchande à la Maison du Peuple et à la Place de la Nation a surtout créé deux bouchons quasi permanents sur un axe principal de la Capitale.

Au siège du Fespaco, l’initiative de décorer le bâtiment inachevé aux visuels de toutes les éditions est une avancée significative de génie dans l’organisation. On y retrouve aussi bien les Pionniers que les différents Secrétaires Généraux, et Blaise Compaoré au milieu des deux groupes : comme quoi, Kim Il Sung n’avait pas le monopole du culte de la personnalité. Peut-être veut-on nous rappeler que le Chef de l’Etat est aussi « le premier cinéaste » ?

On relèvera aussi la sélection quelque peu iconoclaste osée, avant-gardiste des films. Nombre de ceux qui ont été primés ne sont pas des productions conformistes où l’on roucoule pour des pouvoirs en perpétuant certains mythes. Les films s’attachent beaucoup plus aux réalités africaines, abordent avec un œil internalisé et aigu, des questions aussi graves que les enfants-soldats, l’immigration, le sida… et cela a une valeur pédagogique hautement significative.

A notre avis, le grand dommage de cette édition est venu sans doute de la question des Salles de cinéma, voire de la politique cinématographique de notre pays. L’inadmissible est de constater que la capitale du cinéma africain est une ville sans véritables salles de projection. Cela augure de mauvais jours pour le 7e art africain, avec tout ce que ces lieux de rencontres et de divertissement comportent comme culture de vie et d’animation nocturne.

Il est urgent de repenser le FESPACO dans l’ère du numérique pour en faire un outil de défense de notre culture africaine ; sans le réduire à une opportunité cyclique de « deals », de défilés de mode ou de management politique de la vie nationale, le festival se devrait d’être un tremplin réel pour une industrie cinématographique dont le Burkina en serait le premier bénéficiaire (studios, tournages, post-production, maquilleuses, costumiers, etc).

Dans la foulée, et pour tendre à la pérennisation de la manifestation, il serait peut-être aussi opportun de penser à la dépolitiser totalement, de permettre que ce soit le monde du cinéma qui se l’approprie, qui l’organise de bout en bout. Elle sera ainsi préservée des aléas liés aux récupérations des hommes politiques, aux fluctuations des opinions par rapport aux gouvernants.

Le modèle pourrait venir de festivals étrangers (comme ceux de Cannes, de Venise..) où ce ne sont pas les gouvernants qui sont les maîtres d’œuvre et de cérémonie de telles manifestations culturelles.

Un grand bravo au jeune réalisateur nigérian pour son film Ikeja qui a reçu l’Etalon d’or tant convoité et qui le méritait puisque dans toute la capitale, on entendait que ce film était le meilleur !

La Rédaction





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