San
Finna N°404 du
12 au 18 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
LA
SOMALIE SERA-T-ELLE L’IRAK DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE
?
Les
factions somaliennes avaient dit haut et fort que, quelles
que soient les forces qui s’amuseraient à
faire de l’interposition ou de maintien de la paix
en Somalie, elles en feraient leurs cibles jusqu’à
extermination totale. Eh bien, depuis que les forces de
l’Union africaine ont foulé le sol de la
Somalie, les bandes armées ont mis à exécution
leurs « promesses ».
Les attentats et
autres actes terroristes dirigés contre les forces
éthiopiennes se sont retournés contre les
soldats de l’Union africaine. Il y a de quoi prendre
au sérieux la dimension prise par la crise car
les Somaliens sont des combattants aguerris qui n’ont
pas de complexe d’infériorité de quelque
adversaire que ce soit. Ils l’ont démontré
à l’égard de la puissante Américaine
qui n’oubliera pas de si tôt l’épreuve
humiliante qu’elle a subie dans cette partie de
l’Afrique.
Aujourd’hui, il n’y a pas que les Américains
à nourrir le dessein de prendre leur revanche par
le truchement de l’Union africaine. La communauté
internationale elle-même, dont la responsabilité
est grande dans la déliquescence de l’Etat
somalien, cherche à se racheter. Elle finance donc
comme les USA en particulier l’opération
de l’Union africaine que nombre de chefs d’Etat
de par le monde ont appelé de tous leurs vœux.
L’adversaire aujourd’hui des factions somaliennes,
ce n’est pas à proprement parler l’Ethiopie
ni l’Union Africaine, c’est la communauté
internationale. Si l’on peut faire un parallèle
avec ce qui se passe en Irak entre Américains et
groupes terroristes irakiens, il y a une différence
de taille ici : c’est que l’ennemi à
abattre en Somalie, c’est un peu comme en Afghanistan,
le multilatéral, la communauté internationale.
Il importe donc de se donner les moyens de la bonne conscience
pour aller jusqu’au bout des intentions afin de
reconstituer l’Etat somalien, d’y remettre
l’ordre, d’y restaurer le règne de
la loi. Un échec de la communauté internationale
aurait des conséquences inimaginables, dévastatrices,
pas seulement pour la Somalie mais pour l’Union
africaine, pour les Nations Unies.