San
Finna N°405 du
19 au 25 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
«
FORUM SOCIAL DU BURKINA »
AMBIANCE DELETERE A QUELQUES JOURS DE SA TENUE
DETAILS DANS UNE CONFERENCE DE PRESSE
C’est
en pleine crise du mouvement alter mondialiste que va
se tenir le Forum social du Burkina du 28 au 30 mars prochains
à l’ENEP de Loumbila. On ne manquera certainement
pas de revenir, lors de cette grande rencontre, sur les
raisons qui expliquent cette chute d’influence de
ce contre-pouvoir sans pareil, organisé pour critiquer,
infléchir l’action de nivellement de la mondialisation
ultralibérale et proposer un monde de rechange.
Pour la circonstance, on pourrait ajouter aux causes de
cette morosité qui frappe le mouvement alter mondialiste,
les récupérations dont il est l’objet
en maints endroits du monde. Les pouvoirs étatiques,
les pouvoirs d’argent.., ont compris la force de
changement sinon de déstabilisation que représentait
un mouvement alter mondialiste fort, uni. Alors, ils l’ont
souvent infiltré, inféodé pour le
travailler de l’intérieur. Lorsque cela ne
suffisait pas, ils ont encouragé les antagonismes
entre société civile et société
politique, les condamnant à une stérile
compétition à travers laquelle elles s’affaiblissent
mutuellement. La politique qui a consisté à
émoustiller la société civile, à
la présenter comme la force régénératrice
des sociétés politiquement bloquées,
a fait long feu car, en tâtant de la politique,
les représentants de la société civile
n’ont pas été meilleurs thaumaturges
que les politiques. Et l’on voit dans beaucoup de
pays, ce constat amer fait par les opinions. C’est
le cas en France notamment avec des figures de proue comme
José Bové.
Mais à Ouagadougou, la polémique
battra son plein sur bien d’autres plans. C’est
qu’en plus de subir les problèmes en externe,
on se crêpe le chignon entre organisations alter
mondialistes autour de questions d’organisation,
de sous, de ligne politique... Ainsi par exemple, les
responsables de la communication de la Coordination OSC
(NDLR : organisation de la société civile)
Nord et de l’AREDA, se livrent depuis quelques jours
à des attaques en règle contre notamment
les responsables de l’organisation du Forum, principalement
le responsable d’ATTAC. Il pleut alors invectives
contre invectives. Dans différents organes de presse,
les premiers accusent cette rencontre à venir d’être
un « forum d’exclusion, d’affairisme
et de politisation ». Ils expliquent que des journaux
estimés proches du pouvoir ont été
ignorés notamment Sidwaya, L’Opinion, que
le thème Thomas Sankara s’est invité
au dernier moment, comme un cheveu sur la soupe, sans
décision concertée et que leur demande de
report du forum pour après les législatives
a été écartée d’un revers
de main. Pour eux, il n’y a pas meilleur moyen dans
cette période de pré campagne, d’instrumentaliser
le forum à des fins politiques. Répondant
du tac au tac, le Père Jacques Lacour, responsable
de la commission communication du forum, estimera que
tout cela est infondé, que surtout tout est transparent
et il finira par demander qu’on laisse « tranquilles
» les gens du Forum social.
Ce
jeudi 15 mars 2007 donc, au Centre de Presse Norbert Zongo,
Monsieur Pierre Nacoulma de ATTAC Burkina, le Père
Lacour du SEDELAN (Koudougou), ont répondu avec
l’appui des représentants d’associations
présentes aux nombreuses questions des journalistes.
Le Forum social comme dit ci-dessus, se tiendra à
quelques encablures des élections de mai. Pourquoi
le choix de cette date : est-ce à dessein ? Question
qui fera répondre nos interlocuteurs : le choix
du 30 mars n’a rien à voir avec les élections
; c’est plutôt une date unanime de toutes
les organisations participantes qui avaient souhaité
que ce forum se tienne bien avant la date indiquée.
C’est alors une question de chronogramme, de disponibilité
et de moyens qui a imposé sa tenue aux dates retenues.
L’AREDA avec les déclarations explosives
dans la presse la semaine dernière, indique que
les Sankaristes sont en plein pied dans la direction de
ce forum. Pour réponse, les membres du forum ont
tenu à réaffirmer l’indépendance
du forum et la démocratie qui y règne. L’accusation
sur la « sankarité » du forum a été
discutée. Pour les organisateurs, il est incompréhensible
que ce soit au Mali (lors du dernier forum) que l’année
2007 ait été déclarée comme
l’Année Sankara et qu’au Burkina, on
accepte mal que Sankara ou l’exemple Sankara soit
discuté. Les membres ont fait comprendre qu’ils
sont décidés à travailler en tant
qu’organisations de la société civile
et œuvrer pour que tous ceux qui participeront à
ce forum apprennent ce qui se passe dans le monde actuellement
: la dette, le commerce international et les dispositions
de l’OMC.. Ils ont fait comprendre que pour leur
part, ils n’ont pas choisi de mettre dans leur équipe
des partis politiques ou des démembrements de partis.
Leur souhait, c’est qu’à cause de la
jeunesse de ce forum et compte tenu du fait que les partis
burkinabé sont loin d’une union, le forum
social reste pour le moment, une structure dirigée
et gérée par des organisations de la société
civile.
Pour les organisateurs, l’essentiel est d’enseigner
les populations sur la mondialisation et ses impacts.
L’idée serait de tout faire pour les communications
et panels qui seront présentés le soient
dans toutes les langues.
Le nombre des associations participantes dépasse
la centaine, même si ceux qui oeuvrent réellement
pour la réalisation de la première édition
sont une trentaine.
Le Forum social, pour son organisation, a besoin de la
bagatelle de 40 millions de fcfa. Les organisateurs pensent
pouvoir organiser la présente édition même
si tout le montant souhaité n’est pas à
leur disposition dans les délais. En tout cas,
disent-ils, ils feront de leur mieux pour que tout ce
qui est prévu ait lieu.
Les forums sociaux, pour nombre de personnes, sont une
occasion de revendications et de défoulement. Qu’en
est-il du forum qui se tiendra au Burkina ? Une question
qui fera répondre aux organisateurs que l’évènement
ne sera pas une occasion de défoulement mais une
« université » où chacun pourra
venir et apprendre mais surtout changer son comportement,
son rapport aux choses.
Bon forum social !
Bala
S.
JOURNEES
PARLEMENTAIRES DU GROUPE J&D
SUR LE THEME : «BILAN DE CINQ ANS DE LEGISLATURE
DU GROUPE J & D »
Les
17 et 18 mars derniers, se sont tenues les Journées
parlementaires du groupe parlementaire « Justice
et Démocratie », journées qui démarrent
au moment même où se tenait la plénière
de validation des candidatures aux législatives
de mai 2007.
Pour l’ouverture de ces journées, nous avons
eu droit à une lecture du discours du président
du groupe, Djéjouma SANON, devant des représentants
d’autres groupes parlementaires, d’invités
et militants des partis membres dudit groupe. Discours
qui trace les grandes lignes des travaux qui se tiendront
autour du thème : «Bilan de 5 ans de législature
du groupe ‘Justice et Démocratie’ ».
Nous le publions in extenso en vous faisant grâce
des formules usuelles « Mesdames et Messieurs ,
Camarades….».
«
Nos premières journées
parlementaires de l’année 2007 s’ouvrent
à la veille de la campagne pour les législatives
du 6 mai 2007. Il est donc compréhensible que toutes
les attentions des partis politiques représentés
au sein de notre groupe soient tournées vers la
mobilisation des électeurs, afin d’assurer
le renforcement de la présence de l’opposition
de façon générale dans l’hémicycle
et singulièrement de permettre au groupe parlementaire
Justice et Démocratie d’avoir un nouveau
souffle. Malgré tout, au terme de cinq années
de vie parlementaire, il était important pour notre
groupe de tirer les leçons de notre activité
politique commune au sein du parlement. C’est le
sens du présent thème : « Bilan de
cinq années de vie parlementaire du groupe Justice
et Démocratie ».
Au cours de ces journées, vous aurez l’occasion
de dresser un bilan sans complaisance de la présence
des députés des partis membres du groupe
parlementaire dans l’hémicycle au regard
bien entendu des objectifs de départ que s’étaient
fixés ses membres.
Ces objectifs, s’il faut les rappeler, sont les
suivants :
-
le renforcement de la démocratie, de la justice
et de la bonne gouvernance au Burkina Faso et particulièrement
dans l’institution parlementaire,
- la promotion de la défense de l’intérêt
général,
- le renforcement de l’opposition démocratique
à l’Assemblée nationale et dans le
pays.
Sans
anticiper sur le contenu de la conférence, il convient
de se féliciter sans fausse modestie, de l’existence
de ce groupe pendant les cinq années qu’aura
duré la législature. Car le pari n’était
pas gagné d’avance au regard des origines
diversifiées des membres du groupe et surtout de
la manière dont chacun pouvait tenir à ces
idées et à son autonomie. La longévité
d’un tel groupe n’est-elle pas la preuve que
si l’opposition met une réelle volonté
à s’unir, elle peut le faire ?
Malheureusement, parmi les regrets que l’on peut
exprimer à la fin du mandat de cinq ans, il reste
l’émiettement des partis politiques.
Des quinze députés issues de quatre députés
du PAREN, trois députés de l’UNIR/MS,
trois députés de la CPS, deux députés
du PDS et un député de chacun des partis
CDS, CNDP et FPC, nous en sommes aujourd’hui à
16 députés issus de huit formations politiques
: cinq députés de l’UNDD, quatre députés
de l’UNIR/MS, deux députés du PDES
et un de chacun des partis suivants : CDS, CODEF, PAREN,
CNDP CPS. Même si l’on peut noter quelques
tentatives de fusion et de regroupement, liés essentiellement
à des raisons électoralistes, l’insuffisance
réelle du groupe parlementaire aura été
de n’avoir pu, de façon durable, rapprocher
les partis membres vers la formation d’un groupe
politique plus fort.
Ce résultat mitigé en termes de rapprochement
des positions des partis politiques pour la constitution
d’une véritable force politique capable de
créer l’alternance ne doit pas occulter les
acquis de notre groupe au cours de la troisième
législature, acquis qui méritent d’être
préservés et consolidés, malgré
la ferveur et les dérapages prévisibles
de la campagne législative.
Le 14 avril prochain, s’ouvrira la campagne des
élections en vue du renouvellement des députés
de notre parlement. Les listes électorales viennent
d’être réceptionnées par la
CENI le 7 mars dernier et les élections auront
lieu le 6 mai 2007. Ces élections auront lieu malgré
nos protestations et des propositions, sur la base du
code électoral unilatéralement modifié
par le parti majoritaire. Ces modifications, tout en créant
une incohérence juridique par la présence
15 circonscriptions à un siège pour un mode
de scrutin proportionnel au plus fort reste, préservent
les multiples voies de la fraude électorale liés
à la mauvaise identification des électeurs
et à l’utilisation massive de moyens matériels
et financiers dont est coutumier le parti majoritaire.
C’est donc vers un scrutin dont l’apport dans
le renforcement de la démocratie restera à
démontrer que nous nous acheminons.
En tout état de cause, pour le maintien, malgré
les difficultés internes et externes, de la cohésion
globale de leur groupe, par la démonstration qu’une
entente politique est possible pour les partis d’opposition
venant d’horizons différents, le groupe parlementaire
Justice et Démocratie aura apporté une contribution
à l’histoire politique de notre pays.
Nos Journées parlementaires vont nous permettre
d’en faire le bilan et d’en tirer des leçons
pour l’avenir.
Au nom du groupe parlementaire, je vous remercie de votre
présence et de votre attention ».