San
Finna N°405 du
19 au 25 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
LA
REVOLTE ANTI-KUNDE
UNE MANIFESTATION DE PLUS DE LA COLERE POPULAIRE
Les
révolutions ne viennent jamais comme par génération
spontanée ; elles sont toujours précédées
par des signes avant-coureurs qui se lisent dans les
frustrations sociales, politiques, économiques…
Il faut faire attention à ne pas méjuger
les nombreux signaux de mécontentement qui
nous viennent d’horizons les plus divers depuis
quelques années, à ne pas banaliser
la colère des commerçants qui a déferlé
sur Ouagadougou Bobo-Dioulasso à propos des
casques, la sortie des policiers, les folles nuits
que l’armée nationale a fait connaître
aux populations dans de nombreuses villes, et aujourd’hui,
cette espèce de chasse aux Kundé qui
embarque de nombreux Burkinabé dans des actions
de vandalisme.
Si l’on ne connaissait pas les Kundé,
ce sera maintenant chose faite ; on saura qu’il
s’agit d’une Chaîne de maquis qu’on
attribue à tort ou à raison, à
des hommes de main de certains pontes du pouvoir.
Qu’est-ce qui a amené les populations
en furie à s’attaquer à ces Kundé
?
Ce sont des assassinats odieux de personnes auxquelles
on a coupé la tête, dépecé
les membres et dont les restes ont été
éparpillés dans les barrages, notamment
de Boulmiougou et aux environs de la Patte d’Oie.
La colère a désigné comme cibles
des individus proches de la chaîne de maquis
Kundé. Comme une traînée de poudre,
le vendredi matin, le peuple en colère (convaincu
que les propriétaires de ces chaînes
se sont livrés à ces actes barbares,
innommables à des fins sacrificielles pour
faire prospérer leurs activités) s’est
abattu sur les maquis Kundé Cité An
II, Secteur 30, Secteur 29, Secteur 28, Blue One,
Pélican…pour les saccager, les détruire
en totalité et même les brûler.
Comme en pareil cas, la rumeur gonfla à un
tel point que l’on en est maintenant à
parler de plus d’une dizaine de crânes
humains découverts ici et là.
L’affaire a atteint un tel stade qu’il
est nécessaire de prendre des mesures d’urgence.
La toute première devrait être un point
de presse pour situer à ce stade, l’opinion
sur les faits réels. Ensuite, il faudrait penser
à la mise en place d’une commission d’enquête
indépendante qui fasse un travail d’investigation
sérieux au sujet de ces crimes qui portent
atteinte au crédit du Burkina Faso car si de
tels faits, impensables dans un passé pas si
lointain, ont pu se commettre, c’est peut-être
aussi parce que l’impunité rampante,
structurelle, y aura contribué.
C’est parce que les jeunes Burkinabé
engagés dans les rébellions, les guerres
civiles, où ils ont pu laisser sans conséquence
libre cours à tous leurs instincts, y ont contracté
ce virus qui les libère de tout carcan éthique
jusqu’à banaliser la vie, que tout cela
est peut-être arrivé.
Il faut donc prendre le mal au sérieux d’autant
qu’il peut tout simplement n’être
que la conséquence d’un ras le bol montant
qui s’explique par la conjonction de phénomènes
tels que l’accroissement de la pauvreté,
de l’insécurité, le mépris
des libertés, de la démocratie, le fossé
grandissant entre riches et pauvres et les comportements
insultants de ces nouveaux riches.
Bala
S.
LE
CONGRES DE L’UIDH PORTE A SA TETE
LE MALIEN ME BRAHIMA KONE
Il
s’est tenu les 15,16 et 17 mars 2007 un Congrès
ordinaire de l’Union Interafricaine le des Droits
de l’Homme (UIDH). Les conclusions de ce congrès
ont été partiellement livrées à
la presse le samedi 17 au Pacific Hôtel aux environs
de 20 heures dans une ambiance studieuse intense.
Me
Halidou OUEDRAOGO, qui était partant, a donc
laissé la place au nouveau patron de l’institution,
qui est désormais un Malien. Il s’agit
de Me Brahima KONE, élu après une élection
âpre qui l’opposait au burkinabé
Kassoum Kambou.
Les trois jours de débat n’ont pas permis
aux participants, venus de toute l’Afrique, de
rendre à la clôture des résolutions
et recommandations sur des sujets criards qui mènent
l’actualité en Afrique.
Rendez-vous a été pris pour le dimanche
18 mars pour la restitution des travaux par le bureau
de coordination.
Nous publions ci-dessous la liste de quelques membres
du nouveau bureau qui présidera désormais
aux destinées de l’UIDH.
Président
Me
Brahima KONE
Vice
Président chargé de l’Afrique
du Nord
Me
Aïssata SATIGUISSI
Vice
Président chargé de l’Afrique
Centrale
Massalbaye
TENEBAYE
1
er Vice Président chargé de l’Afrique
de l’Ouest
Mr
Patrick N’GOUAN
2
ème Vice Président chargé de
l’Afrique de l’Ouest
Mr
Richard APRONTI
1
er Vice Président chargé de l’Afrique
Australe
Mr
Joseph N’DAYI ZEYE
2ème
Vice Président chargé de l’Afrique
Australe
Mr
Floribert CHEBEYA
Vice
Président chargé des Grands Lacs
Mr
Emmanuel SAFARI
Vice
Président chargé de la Corne de l’Afrique
Mr
Jean Paul Noël ABDI
Vice
Président chargé des Iles de l’Océan
Mr
Ahmed Mohamed ALLAWI
Vice
Président chargé de la question de
genre
Et des droits de l’enfant