Mise à jour le 18/03/2007
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San Finna N°405 du 19 au 25 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

PDCI, GRAND PERDANT DE L’ACCORD DE OUAGADOUGOU ?

A analyser l’évolution des rapports au sein du G 7, il se pourrait qu’il y ait de l’eau dans le gaz et qu’en particulier, le PDCI ne verrait pas tout à fait d’un bon œil, la tournure prise par le processus de sortie de crise. Il se sentirait comme négligé sinon floué. A qui la faute ?

On retiendra en tout cas qu’au tout début de la crise en Côte d’Ivoire, les circonstances faisaient du PDCI et du FPI, des alliés somme toute naturels. Ils ont eu tous les deux à connaître, à des degrés divers, la question de l’ivoirité. Ils ont subi l’un et l’autre les foudres de la déstabilisation instrumentalisée de l’extérieur, et le Burkina Faso n’avait pas bonne presse à leurs yeux.

Ils étaient également sur la même longueur d’onde par rapport à la contestation de la nationalité de Alassane Dramane Ouattara qu’ils ont souvent attaqué avec virulence. Mais alors que les évènements traçaient des lignes de convergence naturelles entre les deux partis politiques et que dans l’opinion en général, on ne faisait aucun doute sur le tandem à terme entre les deux partis, le PDCI a décidé de faire front avec le RDR et la rébellion. Un tel changement de cap, beaucoup l’ont simplement expliqué par des pressions extrêmes qui auraient été exercées par Jacques Chirac sur le PDCI/RDA afin de le contraindre à défendre des thèses qui au fond, n’étaient pas les siennes.

Voilà donc le PDCI/RDA attablé à côté du RDR, de la rébellion et d’une certaine façon, de Blaise Compaoré. C’est ça la grande incongruité d’autant plus difficile à assumer par les temps qui courent que les perspectives ont totalement changé avec l’ancrage du dialogue direct au plan national et international, la claire volonté de tous les intervenants internationaux de la crise ivoirienne, de se replier, les Forces Nouvelles sont apparues comme l’instrument devant permettre à tout un chacun de s’en tirer avec le moins de dégâts possibles. La France pourra retirer ses billes avec l’espérance que l’histoire n’exhume pas ses responsabilités graves dans la crise ivoirienne, pareillement pour le Burkina Faso dont le chef de l’Etat pourrait même, en jouant à fond la caisse de la médiation, s’en tirer avec des lauriers de grand médiateur. Toutes choses qui expliquent ce « zoomage » sur Guillaume Soro qui se trouve être au cœur du problème, l’interlocuteur direct de Laurent Gbagbo. On l’adoube si puissamment qu’il est en mesure, lui le petit poucet de la politique, de ravir à Konan Banny le prestigieux poste de premier Ministre. Il y a de quoi donner faire couler des flots d’amertume dans le cœur de certains partenaires de la rébellion qui se retrouvent ainsi Gros Jean comme par-devant. Il en va du RDR mais surtout du PDCI qui réalise qu’il a peut-être fait une mésalliance qui pourrait avoir des répercussions sur son futur. Ce qui expliquerait cette montée d’adrénaline de moins en moins contenue, et qui amène dans les rangs du PDCI à des manifestations révélatrices qu’ils ne trouvent pas leur meilleur compte dans l’Accord de Ouagadougou.

Mais le vin est tiré, il faudra le boire car avec ce revirement d’alliances qui se scelle et qui amène le gouvernement et les Forces nouvelles à jouer en tandem, ce serait ramer à contre-courant que de vouloir s’y opposer.

VT


BILLET
DEMOCRATIE ZIMBABWEENNE
L’URGENCE D’UNE INGERENCE DEMOCRATIQUE

Le déni de démocratie qui sévit au Zimbabwe a atteint un point culminant. Lorsque dans un régime, on voit un président se comporter comme Robert Mugabe, faisant exproprier à tour de bras les citoyens, frapper des opposants (même le chef de file de l’opposition Morgan Tsvangirai), interdire l’exercice des libertés publiques et démocratiques et insulter (comme en d’autres temps le faisaient les Idi Amin Dada..), les chefs d’Etat qui critiquent sa politique, on se trouve devant ces cas de mégalomanie qui peuvent aller loin et amener un bain de sang.

Avec les blocages au multiple plan économique, social et politique, le peuple zimbabwéen se retrouve comme abandonné à son propre sort, et la communauté africaine et mondiale en situation de non-assistance à peuple en danger.

Mais de cela, il ne faut pas trop en parler aux dirigeants africains. La réaction qu’ils viennent de donner à travers l’Union africaine est si fluette qu’il ne faut pas s’y tromper : ils ont une parenté avec Robert Mugabe, et ils n’aimeraient pas qu’une ingérence démocratique appliquée au Zimbabwe puisse faire jurisprudence demain. Ce n’est pas étonnant : nous restons toujours dans le cadre du syndicat des chefs d’Etat.

Ce qui est par contre désolant, c’est cette absence de mobilisation conséquente des oppositions et contre-pouvoirs africains qui sont pour la plupart, à des degrés divers, logés à la même enseigne que les Zimbabwéens.

CY






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