*
A Ouagadougou, les rumeurs vont bon train sur un scandale
au niveau de la Fondation Suka. On murmure que beaucoup
d’argent aurait été détourné,
envoyé dans des comptes en France puis à
Monaco…Des personnalités seraient en train
de faire des missions en Europe pour tenter d’arranger
cette sale affaire au mieux ! On en raconte des choses
! On se dit bien sûr que les députés
de l’opposition pourraient demander une enquête
parlementaire si les bruits se faisaient persistants
mais le feront-ils quand toutes les demandes d’
enquêtes parlementaires qu’ils ont initiées
sous ce régime n’ont jamais abouti ?
* Pourquoi ces 5 pays : Suède, Norvège,
Pays-Bas, Luxembourg, Danemark, sont-ils à féliciter
? Parce que, contrairement aux autres pays qui se sont
engagés à consacrer 0, 7 % de leur PNB
(produit national brut) à l’aide publique
au développement (APD), ils ont respecté
leurs promesses et sont même allés au-delà
! Dans l’ordre, voici ce qu’ils ont respectivement
consacré à l’APD en 2005 sur leurs
PNB : 0,94 %, 0, 94 %, 0, 82 %, 0, 82 %, 0,81 %. En
comparaison, quelques chiffres pour la même année
2005 : la France est à 0,47 %, la Belgique à
0,53 %, l’Allemagne à 0,36 %...
* On se rappelle que le secteur de la gomme arabique
avait été présenté en son
temps (depuis 1996) comme le secteur qui allait faire
du Burkina Faso quasiment un pays où il ferait
bon vivre, pour rependre en substance les propos du
ministre de l’époque, Salif Diallo. Et
c’est vrai qu’on y croyait car c’est
un secteur qui ailleurs rapporte gros. Pourtant, on
apprend aujourd’hui que le secteur -en léthargie-
nécessite une médication urgente et lourde.
Dans le Sidwaya du 14 mars dernier, on peut lire que
lors de l’atelier de validation du Plan décennal
de développement de la filière gomme arabique
et de la Stratégie nationale de production de
plants au Burkina Faso qui a eu lieu les 13 et 14 mars
2007 à Ouagadougou, il a notamment été
relevé « l'insuffisance de compétences
techniques des acteurs, l'absence d'un cadre réglementaire,
le caractère informel des activités. A
ceux-ci s'ajoutent l'inorganisation des circuits de
commercialisation et le manque de moyens financiers
et les difficultés d'accès au crédit
». S’il a fallu plus de 10 ans pour répertorier
les maux, combien de temps faudra-t-il à ce régime
pour faire sortir le secteur de sa léthargie
? C’est toute la question. On dit bien «
mieux vaut tard que jamais » mais tout de même.
En tout cas, il ne faudrait pas que cette fois-ci encore,
on leurre les Burkinabé en leur faisant miroiter
monts et merveilles en pleine période de pré
campagne électorale ! Le pouvoir doit reconnaître
qu’il n’a pas réussi dans ce domaine,
point trait !
* Incroyable : la Banque Mondiale aurait été
trompée au Congo-Kinshasa et pas sur des petites
sommes, sur des millions de dollars qui auraient été
détournés ! Le Figaro du 9 mars dernier
soulignait en particulier ceci : «À Kinshasa,
il est de notoriété publique que des contrats
ont été signés en violation des
procédures de la Banque mondiale, par des agences
d'exécution mises en place à son initiative.
Combien de millions de dollars ont-ils été
investis dans les projets par rapport à ce qui
a été effectivement décaissé
? Répondre à cette question donnerait
une idée de l'ampleur du scandale. En août
dernier, le représentant de la Banque mondiale
à Kinshasa déclarait que les décaissements
s'élevaient à 1,5 milliard de dollars,
dont environ 700 millions en appui budgétaire,
sans contrôle de Washington... » !
* Chez nous, le RENLAC vient de publier cette semaine
dans la presse un article intéressant sur la
corruption électorale. Il faut seulement regretter
qu’il ait mis tous les partis politiques dans
le même panier et semble-t-il au même degré,
alors que si on pose la question aux citoyens lambda,
ils vous diront que c’est essentiellement le parti
au pouvoir et à un degré moindre ses satellites
qui pratiquent la corruption électorale. Les
partis d’opposition, on le sait, se cherchent
comme on dit, financièrement parlant. Alors,
comment peuvent-ils corrompre, avec quoi ?
* Y a pas qu’au Faso que la morale fout l’camp.
En France, des maires ont carrément mis aux enchères
les parrainages des candidats à la présidentielle.
Certains disaient avoir besoin urgemment de 60 000 euros
pour des travaux de leurs communes et que le candidat
à la présidentielle qui paierait le plus,
obtiendrait sans coup férir le parrainage puisqu’avec
cette mise à prix, ils pourraient réaliser
ce qu’en d’autres temps, ils n’auraient
pas pu ! Il faut espérer qu’on a rappelé
à l’ordre ces maires qui se sont conduits
comme des gouvernants de républiques bananières
!
* En France, la semaine passée, ont été
publiés les résultats de recherches sur
la variété de maïs transgénique
destiné à la consommation humaine et qui
a eu le feu vert de l’Europe. Eh bien, c’est
pas joli, joli ! Les rats ayant consommé le maïs
transgénique ont eu, par rapport à ceux
ayant consommé du maïs normal, de multiples
et graves problèmes, notamment au niveau du foie,
des reins, du taux de graisse… La bien connue
Compagnie Monsanto, qui opère chez nous et qui
était interpellée par la chaîne
française TFI sur la question, a refusé
de répondre (entendu au 20 h sur TF 1, le 13
mars dernier) ! Et dire qu’on va faire sous peu
des pommes de terre transgéniques. Là,
les Français, grands consommateurs de la célèbre
« patate », commenceraient sérieusement
à « flipper ». Il serait temps qu’on
se ressaisisse, qu’on continue bien sûr
les recherches au niveau de la biotechnologie mais qu’on
systématise les moratoires, par mesure de précaution,
comme vient d’ailleurs de le demander en France
le PS !
* Toujours sur le sujet, dans les réactions des
Internautes sur Libération, on peut lire celle-ci,
avec des solutions à la clé : «
Etant moi même ingénieur biotechnologiste,
et ayant un contact (chez Bayer crop sciences, qui fait
aussi de l'OGM), je puis vous dire que ces firmes savent
depuis longtemps que ça va merder : on ne joue
pas aux apprentis sorciers impunément. Le problème
là dedans est, encore, l'argent, car c'est la
seule chose qui compte pour eux. Remarque, c'était
tout aussi prévisible pour les farines animales
: donner de la viande à des herbivores.... Plusieurs
solutions existent : le boycott des produits contenant
des OGM (boycott de la consommation plus généralement),
boycott du travail (vive l'autarcie), et boycott de
la natalité si ce monde devient invivable (et
il est en train de le devenir). Sinon : la révolution
!!!! une vraie, cette fois, avec guillotine et tout
le tremblement. De plus, les résultats de ces
expériences vont sans doute faire plaisir aux
industries pharmaceutiques, car qui dit maladies dit
médocs (NDLR : médicaments) à vendre
bien cher.. ». A méditer !
* Les premiers responsables de la Fédération
Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) étaient
dans nos murs courant de la semaine passée, dans
le cadre du congrès de l’Union Internationale
des Droits de l’Homme (UIDH) qui s’annonçait
pour le week-end passé. Beaucoup attendaient
que le patron de la FIDH, Sidiki Kaba, aborde la question
du dossier Norbert Zongo. Ce fut fait mais ce qu’on
a montré à la télévision,
a laissé pratiquement tout le peuple sur sa faim.
En effet, il a dit que la réponse du Ministre
de la justice (qui lui a dit que le dossier était
clos mais que si un élément nouveau survenait,
il serait rouvert) le satisfaisait ! Incroyable !
* A une question qui a été posée
à Brigitte Girardin par Jeune Afrique (N°2409
du 11 au 17 mars 2007), à savoir si Laurent Gbagbo,
lors du dernier passage en Côte d’Ivoire
de ladite ministre, ne l’avait pas séduite
par son personnage, elle a eu cette réponse pleine
d’aplomb : « On ne me charme pas facilement
». Il paraît que le président ivoirien,
en commentant cette saillie, aurait laissé glisser
qu’il faudrait avoir les yeux dans les poches
pour chercher à charmer la ministre française
! Info ou intox ? Allez-y savoir !
* Le Jeune Afrique du 4 au 10 mars 2007 a fait, dans
sa rubrique « Ecofinance », une analyse
sur la filière coton au titre évocateur
: « Peur sur l’Afrique » puisqu’il
souligne que « certains prédisent sa disparition
pure et simple d’ici à quinze ans ».
L’article est signé de Frédéric
Lejeal, journaliste bien connu au Burkina Faso à
l’époque où il travaillait à
Marchés Tropicaux. C’est dire que c’est
un homme averti qui écrit. En gros, il dit que
la filière est en pleine morosité sur
le continent compte tenu de la hausse continue du volume
des fibres synthétiques mais surtout des subventions
américaines et de l’Union européenne
aux cotonculteurs américains et européens.
On apprend que le Burkina Faso, 1er producteur en Afrique
avec pour 2005/2006 une récolte de 299 000 tonnes,
prévoit une production record pour 2006/2007,
de 340 000 tonnes ! Frédéric Lejeal explique
par ailleurs que si la SOFITEX a porté compte
tenu des urgences pour « enrayer un déficit
devenu chronique », son capital de 4 à
38 milliards d’euros (« ce qui traduit la
confiance des investisseurs »), cette augmentation
« pourrait tout aussi bien être une nouvelle
source d’endettement dans l’hypothèse
d’une tendance baissière des prix ».
Le journaliste s’inquiète de ce que les
paysans quittent la filière puisqu’ils
« produisent à la limite à perte
et qu’ils ne cessent de s’endetter ».
Mais bonne nouvelle, comme aurait écrit notre
Père Balemans national dans sa célèbre
rubrique « Droit dans les yeux » : «L’UE
a décidé de limiter fortement ses aides
à partir de fin 2006 ».
* Le MJ/UNDD a tenu un Forum de communication alternative
sur « La politique et l’engagement de la
Jeunesse » le samedi 17 mars à Ouagadougou.
Les échanges ont été passionnés
au point qu’à la clôture, les jeunes
ne voulaient même pas quitter les lieux. Nous
tâcherons d’y revenir la semaine prochaine.
* Chez nous, le bien connu Pasteur Mamadou Karambiri
vient de célébrer le 30 ème anniversaire
de son Ministère et ses 60 ans, en présence
de membres du gouvernement et même (excusez du
peu) du premier d’entre eux. A cette occasion,
le Pays du 13 mars2007 a retenu qu’il a eu une
« attention particulière » pour les
femmes en cette période de Journée internationale
de la femme et qu’il a dit : « Dieu veut
que le mari aime sa femme en faisant preuve de beaucoup
de patience, en mettant en exergue ses qualités
tout en l’aidant à surpasser ses faiblesses.
L’amour soutient et encourage l’être
aimé à s’améliorer ».
* Nous avons reçu ce mail d’Allemagne qui
nous a fait plaisir : « Bonjour, Je suis burkinabé
résidant en RFA, et suivant quotidiennement l´actualité
du Faso. Je dois dire que votre journal a le meilleur
site Internet, sans compter ‘l´autre son
de cloche’ que vous apportez à cette Déification
généralisée, surtout par ce temps
de campagne électorale.. Bon courage Zoulou Leader
2 ». Sincèrement, merci et bonne continuation
en RFA.
* Il y a les « Femmes en noir au Faso »
qui luttent contre les crimes impunis -notamment l’affaire
Norbert Zongo-, il y a les « Femmes en blanc »
à Cuba qui luttent pour connaître la vérité
sur les assassinats et disparitions de leurs maris,
fils, frères.. , mais on ignorait qu’il
y avait « Le Collectif des Veuves de Mauritanie
». Ces veuves luttent depuis 16 ans déjà
pour connaître la vérité sur la
mort de leur époux… Elle réclament
un procès pour que les assassins soient punis
et jugés. A la TNB, qui passait l’élément
la semaine passée, on les a vues réagissant
sur leurs motivations ; c’était poignant.
Voilà qui devrait faire des émules au
Faso ……
* Vladimir Poutine vient de remporter en Russie les
élections régionales. Son parti «
Russie Unie" a obtenu près de 50 % des voix.
Le principal challenger, le parti communiste, qu’on
s’attendait à voir second, a fait quasiment
un « flop » et on a noté que le parti
né il y a quelques mois, sous l’instigation
de Poutine « Russie Juste », est devenu
la deuxième force du pays. Des journalistes soulignent
avec dérision que ce parti a été
spécialement créé pour «
chasser le parti communiste », que Poutine a «
réussi ainsi le tour de force d'instaurer une
forme de bipartisme, tout en donnant l'illusion de la
diversité ! ». Il n’y a hélas
pas qu’en Russie qu’on recourt à
ce procédé ! Voyez ce qui s’est
passé au Sénégal avec Idrissa Seck
! On se souvient qu’en son temps, au Cameroun,
le pauvre John Fru N’Di a connu la même
chose : son parti, manifestement second voire premier,
a été recalé en 3ème posture
! Et que dire alors du Faso où on n’a pas
hésité à reléguer, sans
état d’âme, les partis d’opposition
bien loin derrière (pas un ! ) mais plusieurs
partis satellites de la mouvance présidentielle
?
* L’Organisation mondiale de la santé OMS
a recensé depuis deux mois, dans quatre pays
africains, 15 595 cas de méningite et relevé
qu’en Ouganda, il y a eu 105 décès,
au Soudan 430 décès, en RDC 84 décès
et au Burkina Faso, 432 décès. Triste
record !
* Une dépêche de l’AFP du 26 mars
2007 nous apprend, concernant la filière coton
que « Les pays africains repartent bredouilles
de l’OMC ». Pas un seul ministre du Nord
présent à la réunion à laquelle
les cotonculteurs africains entendaient solliciter «
une aide financière pour pallier les déficits
de leurs cotonculteurs » : quelle insulte ! Pourtant,
rappelle la dépêche « les 150 Etats
membres de l’OMC ont promis de traiter la question
du coton de manière "ambitieuse et spécifique"
dans les négociations de Doha ». Mais pire,
à cette réunion, toujours selon la dépêche,
on a appris que les subventions américaines aux
cotonculteurs américains, loin de finir, allaient
passer de 60 à 65 % !
* Amnesty International a dénoncé «
l’ampleur ‘effroyable’ des viols sur
les Ivoiriennes » par des groupes de combattants,
précisant que « celles qui vivent dans
les zones contrôlées par la rébellion
des Forces Nouvelles sont ‘virtuellement coupées
de tout système public de santé’
et les autres hésitent à faire le trajet
par des raisons de coût mais aussi à cause
du risque ».
* Le deuxième tour de l’élection
présidentielle en Mauritanie aura lieu le 25
mars 2007. Chacun est fier de ces élections les
plus démocratiques qui soient depuis l’histoire
du pays mais attention, c’est le temps des grandes
manœuvres et rien ne dit, compte tenu des chiffres
au premier tour, qu’Ould Daddah, l’opposant
historique, et toute l’opposition ne vont pas
se faire coiffer au poteau !
* Selon LIBERATION, Dominique de Villepin ne compte
pas prendre sa retraite après le 22 avril ou
plus certainement le 6 mai 2007. « Il n'exclut
pas un poste à l'ONU, dont il a rencontré
le secrétaire général »,
nous dit le célèbre quotidien français
qui précise que le premier Ministre se verrait
bien en « gestionnaire des grandes crises mondiales
».