San
Finna N°405 du
19 au 25 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
FEMMES EN IRAN
DUR, DUR DE REVENDIQUER LEURS DROITS HUMAINS !
La
semaine dernière, nous disions qu’à
l’occasion du 8 mars, la Libye avait pris une mesure
rétrograde obligeant les femmes de moins de 40
ans, à voyager avec un tuteur ! Hélas, en
Iran également, en cette même période,
les femmes qui exigeaient des réformes contre les
lois discriminatoires à leur égard, faisaient
les frais de leur courage.
S’il est un pays où la lutte des femmes pour
leurs droits revêt un caractère quasi héroïque,
c’est bien l’Iran des Mollahs ! Là-bas,
c’est un régime théocratique qui règne
en maître absolu, ne faisant guère de place
à la femme. Pourtant, elles acceptent de braver
les brutalités, les humiliations, la prison pour
témoigner qu’elles doivent avoir les mêmes
droits que les hommes. Cette mobilisation des femmes a
conduit à des manifestations en novembre dernier
en vue d’obtenir une pétition contre la loi
sur la lapidation en cas d’adultère qui ont
débouché sur des dérapages.
Elles n’ont pas pour autant, bien que brutalisées,
rendu les armes. Le quotidien français LIBERATION
du 8 mars 2007 rapportait qu’une trentaine de militantes
(dont 22 journalistes) avaient été arrêtées
alors qu’elles soutenaient 5 autres femmes qui devaient
être jugées par le tribunal révolutionnaire
de Téhéran pour une manifestation «
illégale » tenue le 12 juin 2006. Huit de
ces courageuses femmes auraient été relâchées
depuis, et les 25 autres ont décidé de commencer,
en guise de protestation, une grève de la faim.
Beau geste à féliciter !
Le célèbre journal faisait état qu’en
ce fameux mois de juin 2006, les femmes qui avaient osé
manifester avaient été réprimées
de façon violente puisque certaines d’entre
elles avaient été frappées.
Reporters sans frontières a ameuté l’opinion
autour de toutes ces arrestations La célèbre
organisation a rapporté que parmi les femmes détenues,
celles souffrant de graves maladies n’ont même
pas pu bénéficier de leur traitement. Ce
qui veut dire qu’on s’en fiche qu’elles
meurent en détention ! Quelle barbarie !
L’opinion mondiale a raison de se mobiliser autour
de la question du nucléaire iranien, bien qu’on
puisse regretter qu’elle ne le fasse pas de façon
globale mais elle ne devrait pas pour autant oublier ces
femmes qui souffrent au quotidien. Ces femmes qui sont
jugées responsables de leurs crimes dès
l’âge de 9 ans contre 15 pour les garçons,
qui continuent à subir la discrimination devant
la justice. Comment accepter que le « prix du sang
» pour une femme représente la moiti de celui
d’un homme ?
Mais si jusqu’en Arabie Saoudite, les femmes commencent
à obtenir gain de cause dans leurs luttes, en Iran
aussi, les choses peuvent évoluer dans le bon sens.
Il suffit de garder la pression et de continuer de témoigner
de solidarité vis-à-vis de ces femmes héroïques
!