San
Finna N°406 du
26 Mars au 01 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
TROUBLES
POST-ELECTORAUX EN RDC
ET CE QUI DEVAIT ARRIVER, ARRIVA
C’est
par un communiqué évocateur que la MONUC
a réagi aux évènements dont Kinshasa
a été le spectacle la semaine écoulée
et qui auraient fait entre 120 et 250 morts. Elle "regrette
profondément le fait que la force ait été
utilisée pour régler une situation qui aurait
pu et dû être résolue par le dialogue
" (in La Libre du 24/03/2007). Elle ne pense pas
si bien dire.
La crise en RDC
aurait d’abord gagnée à être
traitée globalement, de façon inclusive
sans laisser des questions en souffrance de nature à
remettre le feu aux poudres. Jean-Pierre Bemba, malgré
des faits concordants indiquant que le choix de la communauté
internationale s’était porté sur le
président Joseph Kabila, s’est inscrit dans
une compétition électorale qu’il savait
difficile à remporter. Il a tout de même
fait le pari. Tout au long de la pré campagne comme
de la campagne, il est celui des opposants qui a le plus
fait face à des tentatives de déstabilisation
et même d’assassinats. Les choses prenaient
une tournure telle qu’il apparaissait nettement
comme l’adversaire à réduire, à
neutraliser pour éviter même toute opposition
structurée qui empêche le pouvoir de gouverner
à sa guise.
Qu’il ait très tôt demandé de
prendre au sérieux la question de sa sécurité
et de l’affectation à sa protection par un
nombre consistant de militaires, était compréhensible.
Il a également demandé, s’étant
résolu à jouer son rôle de chef de
file de l’opposition, d’avoir un statut clair
et valorisant qui ne donne, ni à lui ni aux siens,
le sentiment d’avoir tout perdu au change surtout
que certains ne manquaient pas de regretter l’époque
heureuse et libre de la rébellion.
Que ce soit pour l’une ou l’autre demande
de Bemba, les réponses apportées n’ont
été que très partielles, ce qui a
renforcé l’idée que le pouvoir, avec
la bénédiction de la communauté internationale,
n’avait qu’un seul objectif : donner tous
les droits au nouveau pouvoir constitutionnel pour rétablir
l’ordre grand O, même en sacrifiant Bemba
et les siens.
C’était pas très futé au regard
de la dangerosité de la situation. Même si
Jean-Pierre Bemba n’est pas un ange, loin s’en
faut, et qu’il ait pu jouer en sous main pour exacerber
la situation, en considération de l’impératif
de réconciliation et de reconstruction, il ne fallait
jamais donner la préférence à la
répression. C’est pourtant l’option
qui a été prise avec cette charge à
la hussarde et les mandats d’arrêt internationaux
lancés contre Jean-Pierre Bemba, actuellement réfugié
à l’Ambassade d’Afrique du Sud.
Si le pouvoir Kabila voulait, à l’orée
de son premier mandat constitutionnel, cristalliser une
opposition voire redonner des couleurs à la rébellion,
il ne s’y serait pas pris autrement !