Mise à jour le 25/03/2007
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°406
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope

PUBLICITES

Galerie de photos

 
 

LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni


RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!
          
San Finna N°406 du 26 Mars au 01 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 
ENTRETIEN AVEC LE FAMEUX « NESTOR DE HERMANN »

Le classement du président de l’UNDD en 15 ème position sur 15 ( !) sur la liste nationale pour les prochaines élections législatives, n’en finit pas d’alimenter les commentaires dans les bureaux, dans les gargotes et jusque dans les hameaux les plus reculés. Alors que cette affaire s’inscrit déjà comme l’un des évènements de cette campagne, un autre fait connexe vient alimenter le débat : c’est le positionnement, comme suppléant du président du parti de la panthère, d’un certain Nestor Zongo, cuisinier puis majordome de son titulaire. L’homme, dans le sillage de la polémique au sujet du pourquoi et du comment du classement de Me Yaméogo en 15 ème position, a gagné aussi du galon, de la renommée puisqu’il a eu le privilège d’être cité à la Une de l’Observateur Paalga du 23 mars dernier, et que par le fait, son nom restera accolé à celui du président du parti de la panthère.

Nous avons, une fois n’est pas coutume, décidé d’en savoir plus sur ce fameux suppléant plutôt que sur son illustre titulaire, et nous en avons réellement appris sur l’homme qui, vous le verrez, ne manque pas de bagou.

San Finna : Présentez-vous à nos lecteurs

Nestor Zongo (NZ) :
Moi c’est Nestor Zongo. Je suis né à Koudougou, mais je suis originaire de Sourgou, village situé à 15 km de Koudougou. Je suis père de 5 enfants et grand-père d’un petit-enfant. Je suis actuellement Majordome à la villa Maclau (famille Yaméogo).

San Finna : Comment êtes-vous rentré au service de la famille Hermann Yaméogo ?

NZ :
Ma mère est Yaméogo de Dapoya à Koudougou, et ça, ça veut dire ce que ça veut dire. Vous voyez que c’est une même maison. Mais pour répondre à votre question précisément, c’est Me Hermann Yaméogo qui m’a proposé un emploi en 1984. Vous voyez, c’est pas hier : ça fait 23 ans pleins. En ce moment-là, c’était la révolution.

San Finna : Comment avez-vous vécu cette période avec lui ?

NZ :
Franchement, c’était pas toujours facile vu que le vieux Maurice avait été arrêté et amené à Po. Avant, on l’avait interdit de sortir de la villa Pax et comme entre sa villa et la villa de mon patron, il y avait un simple mur, une porte a été ouverte pour que de temps en temps, ils causent ensemble. On a dit qu’ils faisaient un complot et on est venu pour amener le vieux. Le patron a demandé qu’on l’amène aussi mais ça a été refusé. En ce temps-là, vu que la situation était incertaine, le patron avait envoyé les enfants à Dakar et en France et Madame, qui avait refusé de partir, était restée.

San Finna : Comment avez-vous évolué avec la famille, et où en êtes-vous aujourd’hui ?

NZ :
Après trois mois de travail à Koudougou, on m’a proposé de venir à Ouaga. La famille déménageait et les enfants, revenus, devaient être inscrits à l’école à Ouaga. Mon père, qui était rôtisseur, m’a communiqué son savoir-faire. C’est comme cela que je suis devenu cuisinier. Mes employeurs m’ont fait faire un stage à l’Hôtel Indépendance pour être plus professionnel. Petit à petit, j’ai évolué dans la maison et depuis 2001, je suis le chef de personnel de la maison.

San Finna : Mais comment êtes-vous arrivé, de chef de personnel, à faire de la politique et à être le suppléant du président de l’UNDD ?

NZ :
C’est venu petit à petit. En 1987, j’ai vu comment mon patron a lutté avec le MDP pour aider à faire libérer les prisonniers au Conseil, à faire reprendre les dégagés, les licenciés et pour que les exilés reviennent au pays et pour la démocratie. A la maison, j’ai vu beaucoup de gens passer, assister à des réunions : les Cheick Ouédraogo, les Yarga Larba, les Coulibaly Akry… Beaucoup de gens aussi venaient à la maison qui n’étaient pas mieux que nous. Et on les a vus gagner voitures, avantages, on les a vus devenir ministres, ambassadeurs, députés, parce qu’ils ont côtoyé Me Hermann Yaméogo. C’est les mêmes qui sont partis et qui n’ont même pas eu la reconnaissance en évitant les insultes. Les problèmes du MDP, de l’ADF, de l’ADF/RDA jusqu’à ce jour, j’ai tout suivi de près. Et j’ai compris que dans la politique, y a beaucoup d’ingratitude. Mais le patron, j’ai vraiment constaté sa foi en la démocratie.

Comment sont ses rapports avec vous ?

NZ :
Avec lui, il faut pas seulement voir les rapports du patron avec les employés. Nous causons normalement de plusieurs choses, de la politique comme des problèmes de la maison ou de la ville. Quand y a une chose qu’on comprend pas ou quand on veut donner notre point de vue, on lui dit et on se retrouve sur la terrasse pour causer. C’est comme ça que ça se passe. Là où nous sommes, nous savons qu’il ne fait pas la politique pour lui-même ni pour sa famille, mais pour aider le pays. C’est pour cela que nous aussi, nous avons essayé de l’aider de notre façon. J’ai commencé à militer dans mon secteur au 28.

San Finna : Avez-vous déjà été candidat ?

NZ :
Oui. D’ailleurs, cette fois-ci, ce sera la 4ème fois. Déjà en 1997, j’étais 7ème titulaire sur la liste du Boulkiemdé. En 2000 et 2005 pour les municipales, j’étais tête de liste dans mon secteur à Ouagadougou. Je peux dire que je suis maintenant politiquement un peu connu dans mon milieu. Parfois, les responsables du parti viennent me voir et le président a déjà assisté à des réunions que j’ai organisées.

San Finna : Que pensez-vous de la politique au Burkina Faso ?

NZ :
Je vois seulement que la vie est difficile, que les gens souffrent. Ca, c’est ce qu’on entend partout quand on sort. Pourtant, il y a de l’argent dans le pays ; nous voyons seulement qu’il est concentré sur ceux d’en haut d’en haut alors que la majorité d’en bas d’en bas souffre. C’est vrai que celui qui n’est pas venu depuis longtemps à Ouagadougou va voir beaucoup d’immeubles, de maisons, beaucoup de voitures de luxe mais ce qu’il ne sait pas, c’est que tout ça, c’est la chose des gens qui nous gouvernent, de leurs parents et amis. Le bas peuple, lui, se cherche pour manger, pour se soigner, pour éduquer ses enfants, plus qu’avant car tout a augmenté et augmente de plus en plus. Vraiment, ce que moi je vois à mon petit niveau, c’est qu’il faut la justice et la solidarité chez nous sinon, ça va pas aller. Vous voyez comment pour la moindre chose maintenant, les gens brûlent et gâtent tout. Si on n’arrête pas avec le « tuk guili », avec les fraudes dans les examens, dans la politique, dans les affaires, un jour on va se retrouver comme dans les autres pays pour chercher des médiateurs. C’est ça qui est à l’ordre du jour dans les villes et les villages du Burkina.

San Finna : Il y a eu beaucoup de mécontents à l’UNDD à cause des problèmes de candidature et de classement sur les listes. ..

NZ :
Tous les partis ont des problèmes pour ça. Même le CDP a des démissions, on lit ça dans les journaux. A RFI, on a dit que même en France, y a ces cas. A l’UNDD, c’est la même chose : y a des gens qui sont partis et y en a qui vont partir mais grâce à Dieu, en gros c’est pas très grave car si vous regardez bien, ceux qui reviennent maintenant sont trop nombreux comparé à ceux qui partent.

San Finna : Vous n’avez toujours pas expliqué pourquoi le président de l’UNDD, dont vous êtes le suppléant, est à la 15ème place.

NZ :
Ca, c’est lui seulement qui peut vous donner toute la raison. Moi je sais seulement que quand nous avons appris qu’il ne voulait pas être candidat, nous avons demandé de venir sur la terrasse pour parler. Chacun a dit ce qu’il pensait. Ceux qui disaient de se présenter étaient plus nombreux mais il a expliqué qu’il ne croit pas dans la démocratie qu’on pratique actuellement au Burkina Faso et que pour lui, c’est une manière de protester et de bien se préparer pour plus tard. Il a aussi dit qu’il ne veut pas être un fonctionnaire parlementaire et qu’il doit permettre aux plus jeunes de continuer le combat à l’Assemblée pendant que lui, il se battra sur le terrain. A la fin, même si on n’était pas tous d’accord, on a compris sa position et nous avons souhaité que Dieu le protège et qu’on ne profite pas qu’il n’a plus l’immunité pour le faire encore plus souffrir.

San Finna : Mais pourquoi à la 15 ème position, et vous son suppléant aussi en 15ème position ?

NZ :
On va raconter beaucoup de mensonges : ici, les gens n’arrivent pas au marigot pour puiser de l’eau. Et encore, un sage du parti qui est à Bobo a insisté pour qu’il soit sur la liste. C’est pour ça qu’il a cédé mais a demandé d’être à la 15ème place où on sait que c’est comme s’il n’est pas candidat. Moi, j’ai trouvé que ça va être un honneur si un jour, l’histoire dit que moi Nestor Zongo, employé de maison devenu cuisinier puis chef de personnel, je suis 15 ème suppléant du 15ème titulaire sur la liste nationale, Me Hermann Yaméogo. Pendant que les gens se battaient pour être en haut des listes, moi je me suis battu pour être à la fin, avec mon patron. Vous voyez, je n’ai pas eu tort puisque je suis aujourd’hui interrogé par un journal et que l’Observateur Paalga a écrit « Hermann et son cuisinier » pour parler de ma position de suppléant. C’est l’honneur qui est arrivé pour moi.

S. Koné

 





Site réalisé par Come Tell The World