PLUS
DE 800 MORTS PAR MENINGITE
LES AUTORITES COMMENCENT A SE REMUER
MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS !
On fait de nombreux ateliers, colloques,
sur les sujets les plus divers au Faso au point qu’on
en a parfois marre. Mais s’il y a un problème
qui nécessite des ateliers et des colloques
à n’en plus finir, c’est la question
de ces épidémies récurrentes.
Sur l’une d’entre elles, la méningite
par exemple, on n’a pas ou peu entendu parler
de séminaires, de journées d’études..
alors que c’est une maladie qui tue et qu’on
a sur le dos chaque année ! Il faudrait penser
à faire une étude très approfondie
sur le sujet.
On
apprend aujourd’hui que l’épidémie
a fait plus de 800 morts dans le pays. Ca, ce sont
les chiffres officiels. Il est certain que le nombre
est beaucoup plus élevé puisqu’on
sait que bien de familles n’envoient pas leurs
malades dans les structures sanitaires et que la vérité
des chiffres n’est pas de toute façon
le fort de notre système de gouvernance.
Face à cette situation gravissime, le pouvoir
vient, et il était plus que temps, de lancer
une campagne massive de vaccination dans la capitale
et à l’intérieur du pays. Jean
Gabriel Wango, secrétaire général
du ministre burkinabè de la Santé, a
eu ces propos, repris par « UN Integrated Regional
Information Networks », qu’on peut lire
sur le site de ce média, en date du 22 Mars
2007 : « Nous ne nous attendions pas à
une propagation aussi rapide à Ouagadougou
». C’est bien de dire la vérité
mais ça choque un peu car gouverner, c’est
tout de même prévoir et dans ce domaine,
il faut encore plus prévoir que dans d’autres
car il y va de la vie des Burkinabé, car encore
et surtout chaque année, cette maladie est
au rendez-vous avec son cortège de morts. L’imprévision
ici n’est donc plus permise.
Mais comment les choses se passent-elles maintenant
qu’on semble vouloir prendre le taureau par
les cornes ? On apprend qu’ il est demandé
aux gens de rester chez eux pour que des équipes
sanitaires passent de quartier en quartier pour les
vacciner. Mais ce qu’on apprend dans le même
temps, c’est que la campagne de vaccination
gratuite risque de prendre un peu de retard compte
tenu du nombre insuffisant des agents de santé.
Comment s’y retrouver quand on soutient que
620 centres de vaccination ont été recensés
dans le pays et que selon le Ministre de la Santé,
Alain Yoda, 36 des 55 districts sanitaires du pays
sont touchés par la méningite ? Ce sont
quelques petites contradictions qu’il faut continuer
à démêler.
Ce qu’on sait en tout cas, c’est que le
Groupe international de coordination pour l'approvisionnement
en vaccin antiméningococcique (ICG) a fourni
550 000 vaccins au Burkina Faso et les autorités
en attendent un million de plus d'ici la fin de la
semaine. Pour l'Organisation mondiale de la Santé,
(OMS), il faudra 1,2 million de dollars supplémentaires
pour financer la campagne de vaccination au Burkina
Faso. Certainement que le pouvoir fera un nouvel appel
aux partenaires !
Avec ces campagnes de vaccination gratuites, lourdes,
il faut prendre toutes les mesures pour éviter
les vols éventuels des vaccins et les trafics
de tous ces margoulins qui n’hésitent
même plus de nos jours, à faire commerce
avec la misère, la maladie et même le
macabre. Le Ministre Yoda a dit qu’il avait
pris toutes les mesures nécessaires pour cela
puisque chaque vaccin dose porte un numéro
de série et tous les districts sanitaires sont
tenus de retourner les fioles vides pour assurer un
meilleur suivi des doses utilisées. Espérons
que cela marchera et qu’il n’y aura pas
de spéculation dans ce domaine ! Mais il ne
faut pas dans ce domaine comme dans tous les autres,
à l’heure qu’il est, mettre sa
main au feu qu’il n’y aura pas de bonnes
affaires à faire avec la méningite.
Déjà on parle de petits malins qui,
comme on dit, coupent le vaccin avec de l’eau,
histoire de gagner un peu plus ; commerce immoral
et frauduleux, même si cela peut coûter
la vie à un malheureux qui se serait ainsi
fait vacciner pour rien.
S’il est bien que les autorités aient
enfin réagi, on voit que les interrogations
subsistent.
La toute première, c’est celle de savoir
d’où vient cette nouvelle forme de méningite
qui oblige à inviter de nouveaux vaccins.
Des Burkinabé, et parmi eux des spécialistes,
se demandent aussi si la campagne de vaccination,
alors que l’épidémie déferle
déjà, ne va pas plutôt encourager
la prorogation du mal au lieu de le stopper. C’est
pour cela, encore une fois, qu’il est grand
temps qu’on se penche sur le problème
de la méningite en profondeur, et sous tous
ses aspects afin de ne plus être pris de court
l’année prochaine quand elle viendra
encore frapper à nos portes, comme c’est
le cas depuis plusieurs années. A bon entendeur…
CY