Mise à jour le 25/03/2007
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San Finna N°406 du 26 Mars au 01 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

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PLUS DE 800 MORTS PAR MENINGITE
LES AUTORITES COMMENCENT A SE REMUER
MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS !

On fait de nombreux ateliers, colloques, sur les sujets les plus divers au Faso au point qu’on en a parfois marre. Mais s’il y a un problème qui nécessite des ateliers et des colloques à n’en plus finir, c’est la question de ces épidémies récurrentes. Sur l’une d’entre elles, la méningite par exemple, on n’a pas ou peu entendu parler de séminaires, de journées d’études.. alors que c’est une maladie qui tue et qu’on a sur le dos chaque année ! Il faudrait penser à faire une étude très approfondie sur le sujet.

On apprend aujourd’hui que l’épidémie a fait plus de 800 morts dans le pays. Ca, ce sont les chiffres officiels. Il est certain que le nombre est beaucoup plus élevé puisqu’on sait que bien de familles n’envoient pas leurs malades dans les structures sanitaires et que la vérité des chiffres n’est pas de toute façon le fort de notre système de gouvernance.

Face à cette situation gravissime, le pouvoir vient, et il était plus que temps, de lancer une campagne massive de vaccination dans la capitale et à l’intérieur du pays. Jean Gabriel Wango, secrétaire général du ministre burkinabè de la Santé, a eu ces propos, repris par « UN Integrated Regional Information Networks », qu’on peut lire sur le site de ce média, en date du 22 Mars 2007 : « Nous ne nous attendions pas à une propagation aussi rapide à Ouagadougou ». C’est bien de dire la vérité mais ça choque un peu car gouverner, c’est tout de même prévoir et dans ce domaine, il faut encore plus prévoir que dans d’autres car il y va de la vie des Burkinabé, car encore et surtout chaque année, cette maladie est au rendez-vous avec son cortège de morts. L’imprévision ici n’est donc plus permise.

Mais comment les choses se passent-elles maintenant qu’on semble vouloir prendre le taureau par les cornes ? On apprend qu’ il est demandé aux gens de rester chez eux pour que des équipes sanitaires passent de quartier en quartier pour les vacciner. Mais ce qu’on apprend dans le même temps, c’est que la campagne de vaccination gratuite risque de prendre un peu de retard compte tenu du nombre insuffisant des agents de santé. Comment s’y retrouver quand on soutient que 620 centres de vaccination ont été recensés dans le pays et que selon le Ministre de la Santé, Alain Yoda, 36 des 55 districts sanitaires du pays sont touchés par la méningite ? Ce sont quelques petites contradictions qu’il faut continuer à démêler.

Ce qu’on sait en tout cas, c’est que le Groupe international de coordination pour l'approvisionnement en vaccin antiméningococcique (ICG) a fourni 550 000 vaccins au Burkina Faso et les autorités en attendent un million de plus d'ici la fin de la semaine. Pour l'Organisation mondiale de la Santé, (OMS), il faudra 1,2 million de dollars supplémentaires pour financer la campagne de vaccination au Burkina Faso. Certainement que le pouvoir fera un nouvel appel aux partenaires !
Avec ces campagnes de vaccination gratuites, lourdes, il faut prendre toutes les mesures pour éviter les vols éventuels des vaccins et les trafics de tous ces margoulins qui n’hésitent même plus de nos jours, à faire commerce avec la misère, la maladie et même le macabre. Le Ministre Yoda a dit qu’il avait pris toutes les mesures nécessaires pour cela puisque chaque vaccin dose porte un numéro de série et tous les districts sanitaires sont tenus de retourner les fioles vides pour assurer un meilleur suivi des doses utilisées. Espérons que cela marchera et qu’il n’y aura pas de spéculation dans ce domaine ! Mais il ne faut pas dans ce domaine comme dans tous les autres, à l’heure qu’il est, mettre sa main au feu qu’il n’y aura pas de bonnes affaires à faire avec la méningite. Déjà on parle de petits malins qui, comme on dit, coupent le vaccin avec de l’eau, histoire de gagner un peu plus ; commerce immoral et frauduleux, même si cela peut coûter la vie à un malheureux qui se serait ainsi fait vacciner pour rien.

S’il est bien que les autorités aient enfin réagi, on voit que les interrogations subsistent.

La toute première, c’est celle de savoir d’où vient cette nouvelle forme de méningite qui oblige à inviter de nouveaux vaccins.

Des Burkinabé, et parmi eux des spécialistes, se demandent aussi si la campagne de vaccination, alors que l’épidémie déferle déjà, ne va pas plutôt encourager la prorogation du mal au lieu de le stopper. C’est pour cela, encore une fois, qu’il est grand temps qu’on se penche sur le problème de la méningite en profondeur, et sous tous ses aspects afin de ne plus être pris de court l’année prochaine quand elle viendra encore frapper à nos portes, comme c’est le cas depuis plusieurs années. A bon entendeur…

CY






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