Mise à jour le 25/03/2007
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San Finna N°406 du 26 Mars au 01 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

  

A vue de monde

L’ANGOLA SE LIBERE DU FMI
PUERIL DEFI OU EMANCIPATION MERITEE ?

La nouvelle a fait le tour des rédactions du monde entier et elle en valait la peine : «Le gouvernement angolais a décidé de suspendre ses négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) après avoir conclu qu'un programme avec cette institution n'aiderait pas le pays à préserver sa stabilité économique et sociale, rapporte mardi la presse locale.» (dépêche PANAPRESS). C’est à se demander si c’était pas là un canular. Qu’un Etat africain puisse ainsi dire au grand FMI : «Non merci, pliez bagages, nous n’avons plus besoin de votre argent et de vos conseils», voilà qui paraissait gros mais ce n’était pas du tout du pipeau !

« Selon la même source, cette décision a été officiellement notifiée à la Mission du FMI à Luanda en février dernier dans une lettre signée par le ministre angolais des Finances, José Pedro de Morais ».

Alors qu’est-ce qui fait qu’un pays africain, tout juste sorti d’une guerre civile qui l’a laissé exsangue, puisse ainsi remercier une puissance tutélaire qui règne sans partage sur le monde, comme le FMI et ce sans conséquences ?

L’explication, le ministre angolais la donne en relevant que « bien que confronté à de difficiles circonstances, le gouvernement de son pays a réussi brillamment à exécuter un programme interne de stabilisation macro- économique qu'il envisage poursuivre sans se soumettre à des conditions restrictives.».

Et aux Angolais de donner des détails. Au cours des trois dernières années, l’économie a bien fonctionné, à un rythme soutenu de croissance de 13 % et ce dans des circonstances qui ont vu l’inflation chuter de façon significative. Par ailleurs, souligne encore le ministre, « l'augmentation des réserves en divises de son pays lui a permis de solder de façon accélérée sa dette extérieure sans recourir à des crédits extérieurs».

Ce sont ces raisons entre autres, relève le responsable angolais, qui ont amené à demander l'annulation d'une visite qu'une équipe du FMI devait effectuer en Angola au cours de ce mois, soulignant que son pays maintiendra sa coopération avec le FMI».

Ces arguments ne semblent pas du tout surprendre dans la célèbre institution de Bretton Woods puisque dans sa réponse au gouvernement angolais, Mr Abdoulaye Bio-Tchané, Directeur du FMI pour l'Afrique, a bel et bien reconnu que le pays avait accompli de réels progrès économiques, prenant en quelque sorte acte du congé.

Quelle belle leçon, n’est-ce pas pour l’Afrique toute entière ! Mais il n’y a pas de quoi être étonné. L’Angola est un pays fier, jaloux de son indépendance. Il faut se rappeler que c’est sans l’appui de la communauté internationale (on pourrait même dire contre ses représentants les plus éminents) que le pays a combattu la rébellion de l’UNITA jusqu’à la victoire, recouvrant par ses seules capacités son indépendance totale.

Après ce haut fait, il croyait que la communauté internationale se rachèterait en quelque sorte en l’aidant à reconstruire le pays. Pour cela, le gouvernement angolais « avait sollicité une conférence internationale des bailleurs de fonds afin de mobiliser des fonds pour la reconstruction du pays, mais cet appel est resté sans réponse à cause des réticences de la communauté internationale». Face à cette réaction, le pays a vu son orgueil émoustillé et a tapé à d’autres portes, notamment à celles de la Chine, du Brésil, de l’Angleterre, d’Israël, réussissant de la sorte à engager ses programmes de reconstruction alors que l’inflation tournait autour de 170 %.

En 2003, interviendra une grande réforme macroéconomique dont on mesure l’impact quatre ans après à la hausse des réserves de change du pays qui, de 5 milliards de dollars, plafonne aujourd’hui à 11,6 milliards ! Pour ceux qui pensaient à de l’esbroufe, voilà des faits parlants, et plus encore, un exemple à suivre !

VT

 




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