Mise à jour le 25/03/2007
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San Finna N°406 du 26 Mars au 01 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

Deux sons de cloche

APRES LE CAMOUFLET SUBI PAR LES PIERRE TAPSOBA, MARC YAO.. :
QUITTER LE CDP OU Y RESTER ?

Bien que les violences contre les Kunde l’aient quelque peu reléguée au second plan, l’affaire du mécontentement de ces anciens CNPP/PSDistes qui ont retiré leurs dossiers de candidature aux législatives parce que mal classés par le CDP, continue d’entretenir les conversations. Pour ceux qui estiment qu’ils ont été payés en monnaie de singe, eux qui ont rejoint avec armes et bagages le CDP pour en faire un grand parti alors qu’on les présentait comme des traîtres à l’opposition, il serait incompréhensible qu’ils n’apportent une réplique cinglante à l’affront. Mais pour ceux qui pensent qu’ils ont passé l’âge de la rébellion et que, pour être mécontents, ils n’en restent pas moins co-fondateurs du CDP et attachés à cette œuvre commune, il vaut mieux rester dans la maison pour y laver le linge sale, pour reprendre les termes du vice-président du CDP, Mr Yao Marc.

IL NE FAUT JAMAIS EXPOSER SES AISSELLES AU VENT

Au Burkina Faso, on a tôt fait d’aiguiser à des fins politiques, les moindres faits politico sociaux même lorsqu’ils ne nous regardent pas. Ainsi pour certains mécontents à l’intérieur comme à l’extérieur du CDP, la mauvaise humeur des responsables de l’ex CNPP/PSD due à leur mauvais classement, doit gagner en ampleur et nécessairement déboucher sur une démission du parti avec fracas pour d’autres horizons, voir conduire à une reconstitution de la CNPP/PSD. Alors que les paris sont déjà ouverts, qu’ici et là, on fait des calculs sur les retombées possibles de cette situation, les personnalités en question, bien que démarchées à gauche comme à droite, sont restées de marbre. C’est le cas de Pierre Tapsoba et Moussa Boly. Yao Marc, quant à lui, a préféré se fendre d’une interview dans Le Pays du 20 mars dernier pour calmer les ardeurs de tous ces courtiers politiques qui faisaient monter les enchères. De façon définitive, il a clos le débat par ces termes : «Je suis sur la position de départ pour le combat ». Il s’est montré comme un pur produit du CDP en affichant sa solidarité, sa compénétration avec le parti majoritaire jusqu’à lui prédire des scores plus que fleuve notamment dans la Boucle du Mouhoun. Il fait bien du reste car le mariage entre eux et le CDP a trop duré pour qu’un divorce, même par consentement mutuel, puisse être envisagé. Et il n’est pas certain que celui qui souffrirait le plus d’un divorce soit le CDP. Il y a un temps pour tout : pour se rebeller et pour tirer les leçons de la vie. Bravo donc au diplomate qui, en remettant ainsi les pendules à l’heure, s’est révélé d’une grande sagesse. Voilà la phrase type qui revient le plus souvent quand on pose la question aux gens qui félicitent le comportement des Marc Yao et consorts : «C’est ce qu’ils devaient faire pour éviter de mal finir leurs jours ; ils ont bien gagné toutes ces années en étant avec le CDP et il faut, même si ça leur fait mal, continuer à faire comme s’ils aiment toujours ceux qui les ont humiliés. On se souvient de Naré : même jeté en prison par les siens, il continuait à dire qu’il était à 1000 % avec eux ».


TOMY.

LES ANCIENS CNPP/PSD DOIVENT CLAQUER LA PORTE

Pierre Tapsoba, Moussa Boly, Marc Yao sont de grandes personnalités qui ont marqué la vie de la CNPP/PSD, parti politique qui s’est brillamment illustré dans l’opposition au temps de la fondation de la 4ème République. On ne peut pas imaginer que de tels hommes, qui ont marqué l’histoire du pays, qui ont contribué à l’implantation du CDP, subissent sans bouger l’outrage qu’on vient de leur infliger en les positionnant à des niveaux humiliants sur les listes du parti majoritaire. Pour ceux qui observent la vie au CDP, ce n’est pas du reste surprenant. Le parti a souvent mal rétribué ceux qui se sont tués pour lui. Et les trois compères, depuis quelques années, ont pu voir venir les choses à la mesure de leur marginalisation croissante. On avait tiré le meilleur d’eux, on s’apprêtait à les « jeter » comme on jette l’orange après en avoir sucé le jus. Pardi, ce sont les usages de la maison ! Ne pas réagir donnerait à croire qu’ils n’ont plus ces réflexes de fierté qui les caractérisait mais pourrait aussi convaincre que quand on a trop crapahuté au CDP, il est vraiment difficile de s’en extraire. En tout cas, limiter leur mécontentement par le seul retrait de leurs dossiers et se dissoudre par la suite dans le magma majoritaire, la queue basse, sera forcément interprété comme une résignation, une pantalonnade, comme le choix d’une retraite à un moment où la vie politique nationale et internationale regorge pourtant d’encouragement à la re-mobilisation générale pour le combat de la reconstruction du pays. Mais on ne peut pas être plus royaliste que le roi ! Voilà la phrase type qui revient le plus souvent quand on pose la question à ceux qui condamnent le comportement des Marc Yao et consorts : «Ce sale coup du CDP doit leur faire terriblement mal. Ils n’ont plus rien à perdre et donc, ils doivent se venger en claquant la porte. Ils pourraient faire un nouveau parti pour montrer de quoi ils sont capables car c’est des vieux de la vieille, teigneux et qui peuvent être très dangereux. Le peuple espère cela mais attendons de voir ».


TOZI.

Citation de la semaine

«La vérité, c’est qu’il n’y a pas de vérité»

Pablo Neruda






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