San
Finna N°407 du
02 au 08 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
ELECTIONS
MUNICIPALES DE 2006
DES FRAUDEURS APPELES A LA BARRE A KOUDOUGOU
Le
Tribunal de grande instance de Koudougou a connu
un procès particulier ce mercredi 28 mars
2007. Ce procès se présente comme
une leçon de morale politique pour les
élections à venir.
En effet,
lors des élections municipales du 23 avril
2006, un candidat UNDD du Secteur 6 de Koudougou
et un électeur ont été passés
à tabac par un groupe de militants CDP
dans la cour de l’école Sud qui abritait
5 bureaux de vote.
Le candidat, grièvement blessé et
transporté à l’hôpital,
souffre toujours au nez et doit subir bientôt
une intervention chirurgicale. L’électeur
quant à lui, s’est remis de son bras
fracturé.
Trois prévenus étaient à
la barre pour répondre de leur forfait
de coups et blessures volontaires.
Monsieur le Maire de Koudougou, issu des rangs
du CDP, s’est fait remarqué par sa
présence car arrivé en retard. Etait-il
venu apporter son soutien moral à ses militants
inculpés ? N’est-il pas le Maire
de tous les habitants de Koudougou ? Autant de
questions que des militants UNDD, qui n’ont
pas eu les égards du maire Seydou Zagré
au palais, se sont posées.
S’agissant du procès proprement dit,
le Procureur a saisi l’occasion pour dire
que la clé de voûte pour aboutir
à la paix passe par des élections
calmes et sereines car la violence engendre la
violence. Sur le plan pénal, il a conclu
qu’à la lumière des débats,
les faits de coups et blessures volontaires sont
établis, donc les accusés sont coupables.
Néanmoins, il a fini par requérir
6 mois assortis de sursis pour les deux principaux
accusés et deux mois de sursis pour le
3ème accusé car dira-t-il, il faut
que force reste à la loi pour garantir
des élections sereines afin de ramener
la paix à Koudougou. Le délibéré
est prévu pour le 4 avril.
Au sortir de ce procès, les commentaires
allaient bon train car les militants UNDD se rappellent
du décès d’un des leurs à
l’époque de l’ADF/RDA, après
une condamnation de 6 mois fermes à la
maison d’arrêt et de correction de
Ouagadougou pour tentative de fraude lors des
élections de 2002. Au nombre de 3 à
l’époque, ils avaient été
transférés le soir même des
élections dans la capitale pour y être
jugés et condamnés aussitôt.
La réquisition du Procureur vient donc
raviver un souvenir douloureux.
Si le Tribunal suit les réquisitions du
Procureur, il n’aura pas œuvré
à dissiper dans l’esprit de beaucoup
que la justice est à deux vitesses. Et
cela ne présage pas d’élections
calmes et sereines. Un conseiller UNDD, pour avoir
dit-on, insulté ou menacé une militante
CDP n’a-t-il pas écopé d’une
peine de 6 mois assortie de sursis au moment du
recensement pour la présidentielle 2005
? Dans quelle République sommes-nous ?
La paix pour les élections de 2007 risque
de paraître comme un mirage à défaut
d’une sanction exemplaire au regard de la
loi. Le Procureur n’a-t-il pas martelé
que force reste à la loi ? Vivement que
le Tribunal de grande instance de Koudougou donne
le ton pour minimiser la violence le jour des
élections, un peu partout au Burkina Faso.
A.O
L’UNDD
A KOMBISSIRI
LE BEN TIENT BON DANS SES MARCHES DE PROTESTATION
ET DANS SA POLITIQUE DE PRESENCE ET DE VISIBILITE
Kombissiri,
ce samedi 31 mars 2007, n’avait pas ses allures
de tous les jours, et pour cause !
Le parti
de la panthère y avait transporté
ses pénates pour y tenir une réunion
de son Bureau Exécutif National (BEN). Mais
avant de battre le macadam, les membres du BEN s’étaient
retrouvés au domicile de Antoine Zongo, responsable
du parti, où les attendaient des chefs, des
responsables et militants locaux du parti. Après
les salutations, ils ont entamé la marche
placée sous le thème : « Refonder
la démocratie par la lutte active contre
la privatisation de la justice et de l’Etat
»
Ces faits, si peu coutumiers à Kombissiri,
avaient même inquiété la mairie
qui s’est fait tirer l’oreille pour
laisser se dérouler la manifestation.
Le Président du parti et les chefs en tête
du cortège se sont ébranlés
avec les manifestants vers le lieu de réunion,
la Maison de la Femme Songtaba, dans une ambiance
de digne protestation. Chemin faisant, les femmes
se joignirent à la marche en chantant les
louanges de l’UNDD, de son président,
des responsables et membres de l’opposition
résistante.
C’est une salle comble, débordante
même, qui accueillera les membres du BEN,
dans une atmosphère chauffée par une
sono à tout casser.
L’ordre du jour fut annoncé en deux
volets : audition des autorités politiques
et coutumières qui avaient demandé
la délocalisation de la réunion du
BEN à Kombissiri, informations diverses du
BEN.
Avant d’aborder le premier point, présentation
a été faite des responsables nationaux
présents. Il y avait entre autres, les Vice
Présidents Salif Ouédraogo, Marlène
Zebango, Martin Bambara, les commissaires nationaux
Ousmane Guessrima Ouédraogo, Boureima Kaboré,
les conciliateurs Abdou Dem, Noël Yaméogo,
la Secrétaire nationale chargée de
la promotion de la femme Maryam Ouédraogo,
le Secrétaire national adjoint chargé
de l’organisation Jean Bosco Bationo, et bien
d’autres.
La parole fut alors donnée aux personnalités
coutumières et politiques qui ont sollicité
le transport du BEN à Kombissiri. Elles ont
alors exprimé, dans un tonnerre d’applaudissements,
leur adhésion à l’UNDD et leur
soutien total au candidat du parti de la panthère,
Adama Compaoré, fils de la commune.
Elles ont expliqué les raisons de leur option.
Les termes étaient si en adéquation
avec la profession de foi du parti que cela a contribué
à chauffer davantage la salle.
Tour à tour, sont alors intervenus les membres
du BEN pour remercier, encourager chaleureusement
cette fournée importante et déterminante
dont vient de bénéficier l’UNDD
dans le Bazega.
Ensuite, le deuxième point de l’ordre
du jour a permis de revenir sur le classement en
15 ème position du président du parti.
Me Yaméogo a expliqué que c’était
sa façon à lui de protester contre
la corrosion de notre démocratie et qu’il
entendait ainsi mieux se préparer, dans une
plus grande cohésion intellectuelle, pour
les combats à venir.
L’insécurité montante, surtout
l’augmentation des crimes suivis d’actes
de barbarie comme on l’a constaté à
travers les derniers assassinats à Ouagadougou,
a donné matière à plusieurs
interventions de membres du BEN pour en appeler
à une plus grande mobilisation des militants
pour ce changement dont le pays a plus que jamais
besoin.
La crise ivoirienne en voie de règlement
après l’adhésion à la
proposition de dialogue direct du président
ivoirien, a fait l’objet de commentaires,
et tout le monde s’est félicité
que sur ce point comme sur bien d’autres,
les anticipations de l’UNDD se soient vérifiées.
Et puis la séance a été levée
pour permettre au BEN et aux adhérents de
marque, d’assister à des danses exécutées
par les femmes du parti.
C’est péniblement que les responsables
du parti ont pu s’arracher de ce lieu pour
se rendre à Koubri et à Tiedpalogo
où les attendaient les responsables et militants
locaux pour de petits entretiens.
Belle sortie de l’avis de tous qui s’est
conformée aux dernières instructions
du Congrès : être plus visible, plus
audible sur le terrain !