San
Finna N°407 du 02
au 08 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
CONFERENCE
DE PRESSE DE L’UNIR/MS
ME BENEWENDE SANKARA :
« A l’UNIR/MS, nous insistons et persévérons
pour la victoire du peuple »
Le
29 mars dernier, l’UNIR/MS donnait une conférence
de presse à son siège. Le parti de l’œuf
entendait échanger avec la presse sur les questions
politiques du moment. Avant de vous faire prendre connaissance
de la Déclaration liminaire, un petit mot sur ce
que le patron de l’UNIR/MS nous a dit, lui qui a
accepté sans problème de répondre
à quelques questions du moment.
Me Sankara a fait
remarquer qu’à l’orée de ces
élections, bien sûr, le fichier électoral
n’est pas fiable mais qu’il faut composer
avec des militants responsables dans les bureaux de vote.
Il dira aussi, concernant la crise ivoirienne et la nomination
de Guillaume Soro, qu’au départ de cette
crise, il avait eu à déclarer que tant que
les acteurs connus et inconnus de cette crise ne seront
pas découverts, le conflit ne se règlerait
pas. Aujourd’hui, tous les acteurs sont connus et
il encourage leur élan pour la paix. Par rapport
aux crimes de deux personnes originaires de Zabré
dans l’affaire dite des Kunde, Me Sankara fera comprendre
que c’est l’insécurité qui entraîne
ces révoltes qui sont tout à fait normales
parce que tout simplement, l’Etat n’existe
plus et que finalement, nous sommes tous confiés
au bon Dieu.
DECLARATION
LIMINAIRE
«
Depuis le deuxième congrès ordinaire du
parti tenu les 4 et 5 novembre 2006 autour du thème
« Pour une alternative sankariste, consolidons nos
acquis », l’Union pour la Renaissance/Mouvement
Sankariste (UNIR/MS) n’a pu véritablement
échanger avec la presse et donner son point de
vue sur des questions politiques qui pourtant, jalonnent
l’actualité burkinabé.
Même si c’est vrai qu’à l’occasion
du nouvel an, nous nous sommes retrouvés dans ce
cadre pour nous souhaiter les bons vœux, le cliquetis
des armes des militaires ou des policiers ne pouvait pas
nous permettre un débat serein et sérieux.
C’est également vrai que de nos jours, la
déliquescence de l’Etat a mis les citoyens
dans la position d’une légitime défense
qui se manifeste malheureusement à travers des
réactions sociales incontrôlables, aggravant
ainsi l’insécurité dans notre pays.
Les récents évènements qui ont vu
le saccage des bars Kundé, le déferlement
de la population au Secteur 11 Ouidi, la réaction
des élèves et étudiants à
Tampouy.., sont la preuve d’un ras-le-bol des citoyens
burkinabé qui ont perdu tout espoir et toute confiance
en leur Etat, en ses dirigeants, en ses institutions.
Confronté
aux dures réalités d’un échec
de la mise en œuvre du Programme d’Ajustement
Structurel (PAS), l’état de la nation n’est
pas reluisant et l’étoile du Burkina s’assombrit
davantage avec des épidémies mal gérées
comme la méningite qui fait ravage pendant qu’on
inaugure à coût de centaines de millions
un bâtiment devant abriter le siège du Centre
National de Lutte contre le Sida (CNLS) appelé
Sida Business Center. Alors même que les personnes
affectées ou infectées sont dans l’attente
d’une prise en charge adéquate, on spécule
avec leur santé comme c’est le cas en cette
période de pré campagne où la distribution
de vivres, médicaments, ambulances et autres dons
sont légion.
Mesdames
et Messieurs les journalistes, il est donc évident
que le Burkina Faso est véritablement dans une
tourmente et l’UNIR/MS ne peut que se féliciter
de la tenue du 28 au 30 mars 2007 à Loumbila du
1er Forum Social du Burkina autour du thème «
Le Burkina Faso dans la tourmente de la mondialisation
». Ce forum dont le camp de la jeunesse a consacré
l’année 2007, Année Thomas Sankara.
Ceci confirme la pertinence et la justesse des luttes
menées par l’UNIR/MS depuis sa création
en 2000 et dont le projet de société qu’il
défend, reste celui d’oser inventer l’avenir
pour un Burkina meilleur. Ce qui est possible avec l’idéal
sankariste et avec l’UNIR/MS.
Nous
en sommes convaincus et nous avons décidé
de travailler désormais avec beaucoup de méthode
et de rigueur dans l’organisation mais avec plus
de foi au militant.
Mesdames,
Messieurs les journalistes,
Un
parti politique, c’est une entreprise qui se conçoit,
se construit et qui s’impose de façon concurrentielle
à d’autres formations politiques dans un
espace démocratique de marché où
l’électeur pour ne pas dire le consommateur,
doit s’affranchir du mirage de la publicité
politique et faire le choix décisif de son propre
avenir.
C’est
dans cette logique que l’UNIR/MS, à l’issue
de son dernier Congrès a jugé opportun d’élaborer
un plan d’action. Ainsi, le plan d’action
2007 de l’UNIR/MS qui a été adopté
le 20 janvier 2007 par le Comité Exécutif
National a deux objectifs principaux : participer pleinement
aux élections législatives et réussir
l’Année Thomas Sankara.
Sur
le premier point de notre participation, le parti a couvert
avec l’abnégation des militants les 46 circonscriptions
électorales. Malheureusement, deux ne seront pas
validées : l’Oubritenga et la Tapoa. En revanche,
nous irons aux élections avec l’ambition
que les sankaristes pourraient à cette législature
constituer un groupe parlementaire plus homogène.
C’est
cette vision de construire désormais une doctrine
éminemment sankariste au-delà des calculs
personnels qui a fait que l’UNIR/MS s’est
démarquée de l’Union des Partis Sankaristes
(UPS) qui est en réalité une CPS 3ème
formule. Pour nous, l’unité doit se concevoir
à la base et avec le peuple. C’est un travail
laborieux, délicat, fastidieux, et très
pénible dont nous sommes conscients à l’UNIR/MS
mais que nous nous engageons à abattre.
D’ailleurs,
nous disons que militer à l’UNIR/MS n’est
pas une sinécure. C’est dans ce sens que
les sankaristes doivent réussir l’année
Thomas Sankara. L’UNIR/MS a pris la résolution
d’y apporter sa contribution aux côtés
de tous les autres sankaristes d’ici et d’ailleurs.
D’ores et déjà, l’UNIR/MS se
félicite de la mise en place d’un comité
d’organisation national. Aussi, invitons-nous nos
militants et le peuple burkinabé à s’apprêter
pour accueillir cet évènement majeur et
très capital pour la réhabilitation du Président
Thomas Sankara dont les idées seront revisitées
au cours d’un symposium international.
Mesdames
et Messieurs les journalistes,
Comme
vous le voyez, la tâche est ardue et très
âpre. Il nous arrive souvent, face à la difficulté,
de vouloir baisser les bras. Seulement, fort de l’enseignement
du Président Thomas Sankara qui dit que là
où s’abat le découragement, s’élève
la victoire des persévérants : à
l’UNIR/MS, nous insistons et persévérons
pour la victoire du peuple.
Tout
en vous remerciant vivement d’avoir répondu
à notre invitation, les membres du Comité
Exécutif National sont à votre disposition
pour répondre à vos questions.