REHABILITATION
DES KUNDE
NE PAS PASSER AUX PERTES ET PROFITS CES CRIMES MACABRES
L’impunité
fait autant le lit de la justice que les erreurs judiciaires.
Que les patrons des Kunde aient été
désignés à tort par la vindicte
populaire comme les responsables des crimes suivis
d’actes de barbarie à l’encontre
de Maré Bambo et Bancé Sampandé,
voilà qui devrait leur valoir des demandes
de pardon et des mesures diligentes de réparation.
Mais autant on ne devrait cesser de se battre pour
endiguer l’impunité qui est l’une
des marques de fabrique de notre justice, autant on
ne devrait relâcher l’effort dans la dénonciation
de ceux qui, à la place d’autres, se
retrouvent sous les fourches caudines de la justice.
Il est donc tout à fait normal, satisfaisant,
que les médias sur un même élan,
célèbrent la réouverture des
KUNDE, allant même pour certains à leur
prédire un regain d’agressivité
commerciale en raison d’une contre-publicité
qui s’avère positive. Mais n’en
faisons pas trop tout de même au point d’oublier
qu’il reste deux crimes atroces puisque suivis
d’actes de barbarie qui ont été
commis et que jusqu’à présent,
le peuple est « bleu » sur les motivations
profondes de ces horreurs et sur toutes les responsabilités
qu’elles cachent. On gagnerait d’autant
moins à occulter ces faits majeurs que la vie
du pays, depuis quelques années, est rythmée
par des crimes rituels, les uns plus barbares que
les autres, le phénomène allant crescendo
et se constatant sur l’ensemble du territoire
national.
Il y a là sujet autrement plus préoccupant
pour l’équilibre de la collectivité
nationale que les KUNDE, que ces slogans scandés
repris par la presse et qui laissent pantois : «
8000 villages 8000 Kunde », même si ces
maquis, nous en convenons, dispensent des plaisirs
et des évasions dont les sociétés
ont malheureusement parfois besoin, à défaut
de mieux, pour éviter les dépressions.
Bravo aux KUNDE pour être en voie de blanchiment
mais attention, la société serait plus
protégée, plus sécurisée
si non seulement on savait le fin mot de l’histoire
dans les plus brefs délais mais surtout si
l’on en finissait à tout jamais avec
la série des crimes macabres qui transfigurent
le Burkina Faso.
PY