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Les retrouvailles entre la Côte d’Ivoire
et le Burkina Faso ont certainement permis le lancement
des travaux de prolongement de l’interconnexion
électrique entre les deux pays, et il faut s’en
féliciter. Ouaga disposera donc dans 18 mois,
si tout va bien, d’énergie électrique
en abondance, et ce ne seront pas les villes de Koumbia,
Pâ, Bagassi, Sabou et Kokologo qui s’en
plaindront, elles qui verront leurs villes électrifiées.
Mais ça coûtera cher : la contribution
de l’Etat burkinabé et de la Sonabel ne
sera que de 2 milliards 700 millions fcfa sur un total
de 48 milliards fcfa qui seront réglés
par la Banque Mondiale, l’Agence française
de développement, le Fonds nordique de développement,
Danida et la BEI. On aurait bien aimé savoir
ce que ça va rapporter à la Côte
d’Ivoire puisque l’électricité
viendra de Ferkéssédougou. Par ailleurs,
le patron de la SONABEL a expliqué qu’il
y aurait des avantages comparatifs dont une incidence
sur l’évolution des tarifs de vente de
l’électricité. La compréhension
du citoyen lambda est donc qu’il aura dans un
futur proche une facture allégée. Si c’est
le cas, il y a de quoi s’en réjouir quand
on sait que les tarifs de l’électricité
sont parmi sinon les plus élevés de la
région.
* Didier Drogba a fait un véritable tabac à
Abidjan mais tout autant à Bouaké la semaine
dernière. Il y a présenté son trophée
de meilleur joueur africain de football pour l’année
2006. Bouaké fut une étape quasi historique
de sa sortie. La ville lui a rendu un vibrant hommage
et la Place du carnaval s’est avérée
trop exiguë pour contenir les fans de l’enfant
prodige qui l’a accueilli comme un Dieu vivant.
Didier Drogba leur a dit qu’il repart plus que
jamais requinqué et plein d’espoir. Comme
on le comprend !
* Faut-il ou non publier les démissions des partis
? Chez nous, Le Pays a parlé de «critères
» dans sa livraison du 27 mars pour se réserver
ou non le droit de publier les démissions de
membres des partis politiques. C’est bien ainsi.
Il faudrait que les critères soient connus de
tous. On pourrait imaginer par exemple que ce ne soient
que les démissions des élus locaux comme
nationaux des partis et les responsables des structures
nationales (dont la liste serait déposée,
et modifiée en cas de besoin, auprès de
la presse), qui fassent l’objet de publicité.
Oui mais alors, quid des adhésions ? Il faudrait
nécessairement respecter la même logique.
* La compagnie Air Sénégal International
(ASI), cette compagnie qui fait le bonheur de nombre
de voyageurs notamment burkinabé, serait en mauvaise
posture, quasiment en faillite selon Wal Fadjri du 27
Mars 2007. La compagnie « a aujourd'hui besoin
d'investissements en termes de flotte, de pièces
de rechanges, de matériels d'escale et de fournitures
d'équipements » alors qu’elle est
en manque d’argent et que « les travailleurs
d'ASI exigent une revalorisation des salaires jugés
très bas par rapport aux autres compagnies de
la plate-forme aéroportuaire ». En conclusion,
il est dit que « Les travailleurs pensent que
les termes du contrat qui lient le Maroc au Sénégal,
depuis février 2001 (date de la création
d'Asi), sont plus profitables au Royaume chérifien
». Pourvu qu’on n’en arrive pas à
la fermeture de ce joyau de la flotte aérienne
africaine car ce serait alors synonyme de travailleurs
licenciés !
* Le député Dabo Amadou a posé
une question au premier Ministre, lors du Discours de
ce dernier à la Nation, autour des 11 milliards
fcfa qui ont été débloqués
en fin 2006 pour les revendications catégorielles
des forces de défense et de sécurité
(l’immense majorité aurait été
destinée à l’armée) afin
de calmer leur colère. Il a demandé si
cette somme a résolu ou non les problèmes
qu’on a connus en fin 2006. Le PM aurait fait
savoir qu’à son niveau, il n’a eu
connaissance que de revendications catégorielles,
pas d’autre chose ; bref, la question du député
était sans objet, en quelque sorte !
* C’est fait : Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi
a été proclamé vainqueur des élections
présidentielles mauritaniennes avec près
de 53 % des suffrages exprimés, contre 47,15
% pour son rival, Ahmed Ould Daddah qui a reconnu sa
défaite et qu’il faut nécessairement
féliciter. Et évidemment bravo à
Ould Vall qui a permis tout cela. Explication de la
victoire de Abdallahi ? Le nouveau numéro un
mauritanien représente la continuité.
N’oublions pas qu’effectivement, il fut
ministre du premier président du pays puis, de
1984 à 1988 membre du gouvernement du président
déchu, Ould Taya. Et bien qu’ Indépendant,
il a été soutenu par une coalition menée
par l’ancienne majorité présidentielle
et a bien semblé bénéficier de
l’appui de la junte. Les Mauritaniens, dit-on,
ont craint qu’une attitude trop hostile vis-à-vis
d’une institution militaire traditionnellement
détentrice du pouvoir, menace la démocratie
naissante. Maintenant, la question qu’on se pose
est celle-ci : demain, gouvernement d’union ou
non ? Ould Daddah était prêt, pour ce qui
le concerne, à le faire. Nous verrons bien.
* Chez nous, lors du Discours à la Nation du
29 mars dernier du premier Ministre, le député
Hyacinthe Sandwidi du PDP/PS posera une question pertinente
sur les droits dus aux ex-travailleurs de Faso Fani,
ONBAH et autres… Pour lui, les 144 milliards fcfa
récupérés par le régime
lors de la vente de l’ONATEL devraient servir
prioritairement à éponger le dû
au niveau de ces ex-travailleurs. Le PM a bafouillé
qu’une commission était en place à
ce sujet et que cela ne prendrait plus une éternité
pour les règlements des ex travailleurs. Mais
on aurait préféré entendre pour
eux une date ferme car les promesses, ils en ont assez
souffert !
* Toujours sur le même sujet, c’est le député
Philippe Ouédraogo qui demandera ce qui a été
fait concrètement pour la promotion de la femme.
En bien, la réponse n’édifiera certainement
pas le député. En effet, en dehors des
constructions des maisons de la femme dans les 45 provinces
(qui sont d’ailleurs plutôt des maisons
des femmes du parti au pouvoir et de ses satellites),
d’activités de sensibilisation, d’éducation
et de formation, on n’a pas entendu grand-chose.
Pire, Ernest Yonli a dû reconnaître qu’un
vrai travail d’encadrement au niveau des maisons
de la femme devait être fait. N’a-t-on donc
pas mis la charrue avant les bœufs ?
* Cette 6 ème Journée nationale de pardon,
célébrée le 30 mars, a dû
particulièrement gêner le pouvoir aux entournures
cette année car ça va encore bien plus
mal que l’an dernier, sans compter que le point
essentiel des engagements, à savoir « le
traitement diligent de l’ensemble des dossiers
de crimes économiques et de sang qui ont causé
tant de torts au Burkina », n’a pu être
tenu puisque les Burkinabé sont toujours dans
l’attente. Ce 30 mars, chacun se souviendra que
tout au long de l’ année 2006, le pouvoir
a refusé d’ouvrir le dossier Norbert Zongo,
malgré les charges nouvelles tout à fait
édifiantes apportées par plusieurs canaux.
Chacun méditera sur ces insipides semaines de
solidarité, mois de citoyenneté.. , qui
coûtent cher au contribuable burkinabé
et qui ne convainquent personne. Mais ce qui énervera
le plus, c’est que les gens du pouvoir, au lieu
d’être dans leurs petits souliers, continueront
de pavoiser, de faire comme si…. Ainsi, ces conférenciers
qui, à l’ occasion du 30 mars, se sont
félicités de ce que les objectifs relatifs
à «la réconciliation nationale et
la démocratie au Burkina, sont quasiment atteints
». On apprend aussi selon eux qu’ «
Il ne reste qu'à persévérer dans
le sillon de paix et de démocratie ainsi tracé
». Et si on en finissait avec la JNP, entend-on
dire un peu partout !
* Un Nobel pour Blaise Compaoré : ça y
est, on a osé. Nous avions prévenu qu’au
train où allaient les choses, on en viendrait,
crevant les planchers de tous les tabous, à proposer
Blaise Compaoré pour le prix Nobel de la paix.
Ca a fait sourire beaucoup parce que l’idée
leur apparaissait franchement saugrenue, improbable.
Eh bien, ça n’a pas manqué : on
a déniché en la personne de Manu Dibango
la voix forte pour franchir le rubicond. Ce dernier
a en effet saisi l’occasion de la réunion
du Cercle républicain du 27 mars à Paris
(qui fêtait Blaise Compaoré) pour jouer
les « négationnistes ». Par cette
proposition, le chanteur, qui avait fini par forcer
les portes de l’histoire musicale avec son seul
et unique titre remarqué « Soul Makossa
», sera dorénavant statufié dans
la mémoire universelle comme l’homme qui,
faisant table rase de Thomas Sankara, de Dabo Boukary,
de Guillaume Sessouma, de Oumarou Clément Ouédraogo,
de Norbert Zongo.. , des ravages causés dans
les guerres sous régionales, à proposer
rien moins qu’un prix Nobel à Blaise Compaoré.
Si l’idée accrochait quelque peu, ce serait
là la preuve que la morale, donnée pour
agonisante au pays des hommes intègres, l’est
également au plan international. Le Nobel amorcerait
une phase de déclin en ne réagissant pas
promptement à ce qui apparaît ici ni plus
ni moins qu’une tentative de couverture internationale
de l’impunité. Voilà qui devrait
donner matière à mobilisation aux altermondialistes
encore sincères et à des groupes comme
Black Tribu qui portent, quoi qu’on en dise, les
espoirs de revalorisation des valeurs de liberté,
de justice, de fraternité !
ERRATUM
DU 2 avril 2007 à 18 h 03
En fait, si Manu Dibango était
de la manifestation, ce n’est pas lui qui a fait
cette proposition mais Saïd Hilali Moussa, homme
d’affaires comorien. Toutes nos excuses à
Manu Dibango.
* On parle d’un nouveau report des législatives
au Sénégal parce qu’une action a
été intentée au niveau de la Cour
constitutionnelle contre le découpage des circonscriptions
électorales. Il se pourrait bien que chez nous,
ce soit la même chose car des candidats de l’opposition,
dont ceux de l’UNDD, ont déjà pris
un conseil aux mêmes fins, et leurs demandes devraient
avoir plus de chances d’aboutir qu’au Sénégal
dans la mesure où les violations du code électoral
et de la constitution sont plus graves qu’au pays
de la Teranga. Mais attendons de voir !
* Les voisins de Mugabe ont décidé de
faire attention dans leurs critiques formulées
il y a peu de temps, à l’endroit du président
zimbabwéen. Pourquoi ? Parce que Mugabe est un
homme qui a lutté pour l’indépendance
de son pays, contre la néo-colonisation. Difficile
alors de le rejeter comme ça, malgré ses
fautes. C’est pour cela qu’on peut lire
ceci sur le site de RFI : « Le communiqué
final du sommet de la SADC (Communauté de développement
d'Afrique australe comprenant l’Angola, le Botswana,
le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, le Swaziland,
la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe) appelle à
la levée de «toute forme de sanctions contre
le Zimbabwe», tout en réaffirmant sa «solidarité»
avec le gouvernement d’Harare ». L’Afrique
du Sud, selon la journaliste Fabienne Pompey du quotidien
Le Monde, initierait en douce une médiation entre
pouvoir et opposition au Zimbabwe mais non seulement,
ce genre de médiations n’a jamais rien
donné jusqu’à présent mais
surtout, Mugabe vient d’annoncer sa candidature
à la prochaine présidentielle.
* Les mouchoirs blancs et doux jetables « La Donna
» du Burkina, vous connaissez ? San Finna, sans
connaître du tout qui est derrière la société
SOGIC qui commercialise ces mouchoirs en papier, voudrait
féliciter et faire du coup une publicité
gratuite à ceux qui ont mis au point ce produit
tant il est agréable. Oui, ces mouchoirs sont
tout simplement différents des autres par leur
extrême douceur. Ce n’est pas toujours le
cas mais cette fois-ci, oui là on peut dire :
consommons burkinabé car la société
a dépassé, et de loin, ce qui se fait
à l’extérieur.
* Les dons de vivres et autres à l’endroit
des populations démunies n’en finissent
pas de la part des proches de ceux qui nous gouvernent,
à quelques jours de la campagne électorale.
A Tanghin Dassouri, c’est l’Association
Bélem Wend Tiga dont le président n’est
autre que le Larlé Naaba Tigré, connu
pour être un soutien fort du régime, qui
vient de remettre 30 vélos et 7 tonnes de vivres
aux populations, sous les auspices des personnalités
du régime dont le Ministre Jérôme
Bougma. Et la presse de féliciter ces personnes
au cœur si large. Mais là où on peut
dire que l’hypocrisie est au top, c’est
qu’ à cette occasion, on n’a pas
hésité à citer feu le Professeur
Ki Zerbo. Il n’était pas à ce qu’on
sache, membre du CDP ! Au fait, pensez-vous que la CENI
se manifesterait pour dire d’arrêter ces
préachats de conscience ? Il ne faut pas rêver
!