Mise à jour le 01/04/2007
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San Finna N°407 du 02 au 08 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

 

Tribune de la femme

* Les retrouvailles entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ont certainement permis le lancement des travaux de prolongement de l’interconnexion électrique entre les deux pays, et il faut s’en féliciter. Ouaga disposera donc dans 18 mois, si tout va bien, d’énergie électrique en abondance, et ce ne seront pas les villes de Koumbia, Pâ, Bagassi, Sabou et Kokologo qui s’en plaindront, elles qui verront leurs villes électrifiées. Mais ça coûtera cher : la contribution de l’Etat burkinabé et de la Sonabel ne sera que de 2 milliards 700 millions fcfa sur un total de 48 milliards fcfa qui seront réglés par la Banque Mondiale, l’Agence française de développement, le Fonds nordique de développement, Danida et la BEI. On aurait bien aimé savoir ce que ça va rapporter à la Côte d’Ivoire puisque l’électricité viendra de Ferkéssédougou. Par ailleurs, le patron de la SONABEL a expliqué qu’il y aurait des avantages comparatifs dont une incidence sur l’évolution des tarifs de vente de l’électricité. La compréhension du citoyen lambda est donc qu’il aura dans un futur proche une facture allégée. Si c’est le cas, il y a de quoi s’en réjouir quand on sait que les tarifs de l’électricité sont parmi sinon les plus élevés de la région.

* Didier Drogba a fait un véritable tabac à Abidjan mais tout autant à Bouaké la semaine dernière. Il y a présenté son trophée de meilleur joueur africain de football pour l’année 2006. Bouaké fut une étape quasi historique de sa sortie. La ville lui a rendu un vibrant hommage et la Place du carnaval s’est avérée trop exiguë pour contenir les fans de l’enfant prodige qui l’a accueilli comme un Dieu vivant. Didier Drogba leur a dit qu’il repart plus que jamais requinqué et plein d’espoir. Comme on le comprend !

* Faut-il ou non publier les démissions des partis ? Chez nous, Le Pays a parlé de «critères » dans sa livraison du 27 mars pour se réserver ou non le droit de publier les démissions de membres des partis politiques. C’est bien ainsi. Il faudrait que les critères soient connus de tous. On pourrait imaginer par exemple que ce ne soient que les démissions des élus locaux comme nationaux des partis et les responsables des structures nationales (dont la liste serait déposée, et modifiée en cas de besoin, auprès de la presse), qui fassent l’objet de publicité. Oui mais alors, quid des adhésions ? Il faudrait nécessairement respecter la même logique.

* La compagnie Air Sénégal International (ASI), cette compagnie qui fait le bonheur de nombre de voyageurs notamment burkinabé, serait en mauvaise posture, quasiment en faillite selon Wal Fadjri du 27 Mars 2007. La compagnie « a aujourd'hui besoin d'investissements en termes de flotte, de pièces de rechanges, de matériels d'escale et de fournitures d'équipements » alors qu’elle est en manque d’argent et que « les travailleurs d'ASI exigent une revalorisation des salaires jugés très bas par rapport aux autres compagnies de la plate-forme aéroportuaire ». En conclusion, il est dit que « Les travailleurs pensent que les termes du contrat qui lient le Maroc au Sénégal, depuis février 2001 (date de la création d'Asi), sont plus profitables au Royaume chérifien ». Pourvu qu’on n’en arrive pas à la fermeture de ce joyau de la flotte aérienne africaine car ce serait alors synonyme de travailleurs licenciés !

* Le député Dabo Amadou a posé une question au premier Ministre, lors du Discours de ce dernier à la Nation, autour des 11 milliards fcfa qui ont été débloqués en fin 2006 pour les revendications catégorielles des forces de défense et de sécurité (l’immense majorité aurait été destinée à l’armée) afin de calmer leur colère. Il a demandé si cette somme a résolu ou non les problèmes qu’on a connus en fin 2006. Le PM aurait fait savoir qu’à son niveau, il n’a eu connaissance que de revendications catégorielles, pas d’autre chose ; bref, la question du député était sans objet, en quelque sorte !

* C’est fait : Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a été proclamé vainqueur des élections présidentielles mauritaniennes avec près de 53 % des suffrages exprimés, contre 47,15 % pour son rival, Ahmed Ould Daddah qui a reconnu sa défaite et qu’il faut nécessairement féliciter. Et évidemment bravo à Ould Vall qui a permis tout cela. Explication de la victoire de Abdallahi ? Le nouveau numéro un mauritanien représente la continuité. N’oublions pas qu’effectivement, il fut ministre du premier président du pays puis, de 1984 à 1988 membre du gouvernement du président déchu, Ould Taya. Et bien qu’ Indépendant, il a été soutenu par une coalition menée par l’ancienne majorité présidentielle et a bien semblé bénéficier de l’appui de la junte. Les Mauritaniens, dit-on, ont craint qu’une attitude trop hostile vis-à-vis d’une institution militaire traditionnellement détentrice du pouvoir, menace la démocratie naissante. Maintenant, la question qu’on se pose est celle-ci : demain, gouvernement d’union ou non ? Ould Daddah était prêt, pour ce qui le concerne, à le faire. Nous verrons bien.

* Chez nous, lors du Discours à la Nation du 29 mars dernier du premier Ministre, le député Hyacinthe Sandwidi du PDP/PS posera une question pertinente sur les droits dus aux ex-travailleurs de Faso Fani, ONBAH et autres… Pour lui, les 144 milliards fcfa récupérés par le régime lors de la vente de l’ONATEL devraient servir prioritairement à éponger le dû au niveau de ces ex-travailleurs. Le PM a bafouillé qu’une commission était en place à ce sujet et que cela ne prendrait plus une éternité pour les règlements des ex travailleurs. Mais on aurait préféré entendre pour eux une date ferme car les promesses, ils en ont assez souffert !

* Toujours sur le même sujet, c’est le député Philippe Ouédraogo qui demandera ce qui a été fait concrètement pour la promotion de la femme. En bien, la réponse n’édifiera certainement pas le député. En effet, en dehors des constructions des maisons de la femme dans les 45 provinces (qui sont d’ailleurs plutôt des maisons des femmes du parti au pouvoir et de ses satellites), d’activités de sensibilisation, d’éducation et de formation, on n’a pas entendu grand-chose. Pire, Ernest Yonli a dû reconnaître qu’un vrai travail d’encadrement au niveau des maisons de la femme devait être fait. N’a-t-on donc pas mis la charrue avant les bœufs ?

* Cette 6 ème Journée nationale de pardon, célébrée le 30 mars, a dû particulièrement gêner le pouvoir aux entournures cette année car ça va encore bien plus mal que l’an dernier, sans compter que le point essentiel des engagements, à savoir « le traitement diligent de l’ensemble des dossiers de crimes économiques et de sang qui ont causé tant de torts au Burkina », n’a pu être tenu puisque les Burkinabé sont toujours dans l’attente. Ce 30 mars, chacun se souviendra que tout au long de l’ année 2006, le pouvoir a refusé d’ouvrir le dossier Norbert Zongo, malgré les charges nouvelles tout à fait édifiantes apportées par plusieurs canaux. Chacun méditera sur ces insipides semaines de solidarité, mois de citoyenneté.. , qui coûtent cher au contribuable burkinabé et qui ne convainquent personne. Mais ce qui énervera le plus, c’est que les gens du pouvoir, au lieu d’être dans leurs petits souliers, continueront de pavoiser, de faire comme si…. Ainsi, ces conférenciers qui, à l’ occasion du 30 mars, se sont félicités de ce que les objectifs relatifs à «la réconciliation nationale et la démocratie au Burkina, sont quasiment atteints ». On apprend aussi selon eux qu’ « Il ne reste qu'à persévérer dans le sillon de paix et de démocratie ainsi tracé ». Et si on en finissait avec la JNP, entend-on dire un peu partout !

* Un Nobel pour Blaise Compaoré : ça y est, on a osé. Nous avions prévenu qu’au train où allaient les choses, on en viendrait, crevant les planchers de tous les tabous, à proposer Blaise Compaoré pour le prix Nobel de la paix. Ca a fait sourire beaucoup parce que l’idée leur apparaissait franchement saugrenue, improbable. Eh bien, ça n’a pas manqué : on a déniché en la personne de Manu Dibango la voix forte pour franchir le rubicond. Ce dernier a en effet saisi l’occasion de la réunion du Cercle républicain du 27 mars à Paris (qui fêtait Blaise Compaoré) pour jouer les « négationnistes ». Par cette proposition, le chanteur, qui avait fini par forcer les portes de l’histoire musicale avec son seul et unique titre remarqué « Soul Makossa », sera dorénavant statufié dans la mémoire universelle comme l’homme qui, faisant table rase de Thomas Sankara, de Dabo Boukary, de Guillaume Sessouma, de Oumarou Clément Ouédraogo, de Norbert Zongo.. , des ravages causés dans les guerres sous régionales, à proposer rien moins qu’un prix Nobel à Blaise Compaoré. Si l’idée accrochait quelque peu, ce serait là la preuve que la morale, donnée pour agonisante au pays des hommes intègres, l’est également au plan international. Le Nobel amorcerait une phase de déclin en ne réagissant pas promptement à ce qui apparaît ici ni plus ni moins qu’une tentative de couverture internationale de l’impunité. Voilà qui devrait donner matière à mobilisation aux altermondialistes encore sincères et à des groupes comme Black Tribu qui portent, quoi qu’on en dise, les espoirs de revalorisation des valeurs de liberté, de justice, de fraternité !

ERRATUM DU 2 avril 2007 à 18 h 03

En fait, si Manu Dibango était de la manifestation, ce n’est pas lui qui a fait cette proposition mais Saïd Hilali Moussa, homme d’affaires comorien. Toutes nos excuses à Manu Dibango.


* On parle d’un nouveau report des législatives au Sénégal parce qu’une action a été intentée au niveau de la Cour constitutionnelle contre le découpage des circonscriptions électorales. Il se pourrait bien que chez nous, ce soit la même chose car des candidats de l’opposition, dont ceux de l’UNDD, ont déjà pris un conseil aux mêmes fins, et leurs demandes devraient avoir plus de chances d’aboutir qu’au Sénégal dans la mesure où les violations du code électoral et de la constitution sont plus graves qu’au pays de la Teranga. Mais attendons de voir !

* Les voisins de Mugabe ont décidé de faire attention dans leurs critiques formulées il y a peu de temps, à l’endroit du président zimbabwéen. Pourquoi ? Parce que Mugabe est un homme qui a lutté pour l’indépendance de son pays, contre la néo-colonisation. Difficile alors de le rejeter comme ça, malgré ses fautes. C’est pour cela qu’on peut lire ceci sur le site de RFI : « Le communiqué final du sommet de la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe comprenant l’Angola, le Botswana, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe) appelle à la levée de «toute forme de sanctions contre le Zimbabwe», tout en réaffirmant sa «solidarité» avec le gouvernement d’Harare ». L’Afrique du Sud, selon la journaliste Fabienne Pompey du quotidien Le Monde, initierait en douce une médiation entre pouvoir et opposition au Zimbabwe mais non seulement, ce genre de médiations n’a jamais rien donné jusqu’à présent mais surtout, Mugabe vient d’annoncer sa candidature à la prochaine présidentielle.

* Les mouchoirs blancs et doux jetables « La Donna » du Burkina, vous connaissez ? San Finna, sans connaître du tout qui est derrière la société SOGIC qui commercialise ces mouchoirs en papier, voudrait féliciter et faire du coup une publicité gratuite à ceux qui ont mis au point ce produit tant il est agréable. Oui, ces mouchoirs sont tout simplement différents des autres par leur extrême douceur. Ce n’est pas toujours le cas mais cette fois-ci, oui là on peut dire : consommons burkinabé car la société a dépassé, et de loin, ce qui se fait à l’extérieur.

* Les dons de vivres et autres à l’endroit des populations démunies n’en finissent pas de la part des proches de ceux qui nous gouvernent, à quelques jours de la campagne électorale. A Tanghin Dassouri, c’est l’Association Bélem Wend Tiga dont le président n’est autre que le Larlé Naaba Tigré, connu pour être un soutien fort du régime, qui vient de remettre 30 vélos et 7 tonnes de vivres aux populations, sous les auspices des personnalités du régime dont le Ministre Jérôme Bougma. Et la presse de féliciter ces personnes au cœur si large. Mais là où on peut dire que l’hypocrisie est au top, c’est qu’ à cette occasion, on n’a pas hésité à citer feu le Professeur Ki Zerbo. Il n’était pas à ce qu’on sache, membre du CDP ! Au fait, pensez-vous que la CENI se manifesterait pour dire d’arrêter ces préachats de conscience ? Il ne faut pas rêver !





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