Mise à jour le 08/04/2007
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San Finna N°408 du 09 au 15 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

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UN NOUVEAU PAMPHLET CIRCULERAIT EN VILLE
CE SERAIT LE DERNIER « BUG PARGA »

Un parti clandestin bien connu, qu’on lit régulièrement sur le Net, se serait manifesté par un document au vitriol contre les gens qui nous gouvernent, et les gens en seraient friands.

On se souvient qu’à l’occasion, les écrits du genre ont fait grand bruit au point que les quotidiens s’en sont même fait l’écho. Aujourd’hui, le document en question passerait pour valoir son pesant d’or tant il dirait tout haut ce que beaucoup penserait tout bas.

On rapporte qu’il rappelle dans les termes qui lui sont propres, les crimes barbares contre Maré Bambo et Bancé Sampena avant d’ expliquer l’ampleur de l’impunité qui aurait amené cette suite logique des criminalités de tous ordres qui se sont développées au Faso depuis l’avènement du régime en place.

Les auteurs de l’écrit seraient revenus spécifiquement sur le ras le bol des populations de Ouagadougou face à l’emballement de la criminalité, de l’impunité, de la chute vertigineuse des mœurs favorisées par des pratiques barbares encouragées par les tenants du pouvoir.

Le pamphlet expliquerait comment en d’autres temps, tous ces coupables auraient été épinglés en deux temps, trois mouvements. Pour lui, si les choses traînent, c’est parce qu’on aurait peur que des enquêtes sérieuses ne conduisent tout droit à des pontes du pouvoir et à leurs sbires.

Et à ce qu’on dit, le document ne ferait pas dans la dentelle au sujet de ces dénonciations. Tout y passerait : le développement à grande vitesse d’une société à deux vitesses avec à un bout, le clan familial et ses affidés, riches à milliards puisqu’ayant la haute main sur tous les secteurs économiques juteux du pays, et à l’autre bout, le peuple majoritairement pauvre, exposé aux maladies, à la faim et en manque de toute perspective positive. C’est la société fracturée entre la société d’espérance pour ceux du bloc du pouvoir et la société de désespérance pour ceux du bloc du peuple.

Revenant au phénomène des Kunde, le document n’aurait pas de mots assez durs pour le décrire et le vouer aux gémonies en raison de leur impact négatif sur l’éthique et les mœurs sociales. Selon les uns et les autres, ce ne serait pas pour rien que l’ire des populations se soit dirigée directement sur ces établissements parce que l’opinion les considèrerait comme étant les illustrations des fortunes soudaines qui surgissent de façon tapageuse aux yeux de tous et qu’on assimile à tout ce qui est corrompu, à l’action de ceux qui ont mis la corruption au service de leur puissance politique et économique.

Voilà donc un pamphlet qui risque de connaître un destin peu banal !

SK


MORT TRES MYSTERIEUSE DE EL HADJ COMPAORE INOUSSA
UN ACTE DE PLUS A METTRE AU DEBIT DE L’IMPUNITE ?

C’est devenu quasiment une banalité que de parler de crimes énigmatiques barbares à vocation rituelle ou sacrificielle au Burkina Faso. Si l’on devait sur la question, établir un hit parade, peut-être que le pays en ravirait la vedette ! C’est en effet une véritable pandémie qui sévit avec ce mal au Faso. Rares sont les provinces où l’on n’évoque pas de tels cas. Peu sont ces jours qui passent sans révélation de crimes suivis d’actes de barbarie commis ici et là, les uns plus atroces que les autres. Mais quel mauvais esprit s’est ainsi imposé au Burkina Faso ?

C’est la question que l’on se posera encore, en pensant à ce grand Musulman, El Hadj Compaoré Inoussa, bien connu au Burkina Faso, qui a été retrouvé mort à 5 km de Nouna. Qui pouvait bien en vouloir à cet homme de bien ? Comment s’est-il ainsi retrouvé au diable vauvert, quasiment dans la cambrousse, à la merci de la charogne pendant trois jours ? Voilà qui alimente les interrogations avec cette pointe de colère chez les nombreux Burkinabé qui avaient surtout découvert l’homme à travers ses prêches de vérité du vendredi, des prêches qui s’écartant de l’air du temps, critiquaient le phénomène de la récupération politique de la religion islamique et la perte des repères de la société qui en est la conséquence.

Sa mort a dressé toutes les oreilles, éveillé toutes les curiosités, attisé les peurs, et comme en pareil cas, il est absolument difficile de tenir la bride courte à la rumeur. Normal, les gens veulent exorciser le pays du mauvais esprit. Ils veulent comprendre.

Si on dit qu’à chaque fête musulmane, des missions sont envoyées dans les provinces du pays et que c’est dans ce cadre que El Hadj Inoussa Compaoré devait se rendre à Nouna, comment se fait-il alors qu’après avoir laissé son moyen de locomotion (L2) à Ouagadougou, on ait perdu sa trace pour ne le retrouver que trois jours après, mort ?

Comment expliquer encore qu’on n’ait pas apparemment eu connaissance que l’infortuné serait accompagné dans sa mission par ce compagnon de route qui aurait ramené ses effets à la Mosquée et qui y aurait annoncé, par la même occasion, son assassinat ?

Les choses se compliquent lorsque le bruit se répand que ce compagnon de route, auquel les questions n’ont pas manqué, aurait été tout à coup pris d’une amnésie totale qu’il invoquerait pour se murer dans le silence.

Il ne faudrait pas qu’une fois encore, ce drame se fonde dans l’oubli du temps et de l’inertie de la justice.

Mais peut-être que s’agissant d’un Musulman bien connu et bien aimé, la confession s’impliquera pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Il faut espérer par ailleurs que si l’accompagnateur en question est effectivement en garde à vue, que celle-ci (dans la légalité) produise les lumières qui permettent au dossier d’avancer. En attendant, on peut se dire qu’il s’agit encore là d’une drôle d’affaire que cette mort bizarre du sage de 70 ans, enterré à l’insu de sa famille, et évidemment sans aucune autopsie qui pourtant, en raison des circonstances, s’imposait !

Diabo Seydou






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