UN
NOUVEAU PAMPHLET CIRCULERAIT EN VILLE
CE SERAIT LE DERNIER « BUG PARGA »
Un
parti clandestin bien connu, qu’on lit régulièrement
sur le Net, se serait manifesté par un document
au vitriol contre les gens qui nous gouvernent, et
les gens en seraient friands.
On se souvient qu’à l’occasion,
les écrits du genre ont fait grand bruit au
point que les quotidiens s’en sont même
fait l’écho. Aujourd’hui, le document
en question passerait pour valoir son pesant d’or
tant il dirait tout haut ce que beaucoup penserait
tout bas.
On rapporte qu’il rappelle dans les termes qui
lui sont propres, les crimes barbares contre Maré
Bambo et Bancé Sampena avant d’ expliquer
l’ampleur de l’impunité qui aurait
amené cette suite logique des criminalités
de tous ordres qui se sont développées
au Faso depuis l’avènement du régime
en place.
Les auteurs de l’écrit seraient revenus
spécifiquement sur le ras le bol des populations
de Ouagadougou face à l’emballement de
la criminalité, de l’impunité,
de la chute vertigineuse des mœurs favorisées
par des pratiques barbares encouragées par
les tenants du pouvoir.
Le pamphlet expliquerait comment en d’autres
temps, tous ces coupables auraient été
épinglés en deux temps, trois mouvements.
Pour lui, si les choses traînent, c’est
parce qu’on aurait peur que des enquêtes
sérieuses ne conduisent tout droit à
des pontes du pouvoir et à leurs sbires.
Et à ce qu’on dit, le document ne ferait
pas dans la dentelle au sujet de ces dénonciations.
Tout y passerait : le développement à
grande vitesse d’une société à
deux vitesses avec à un bout, le clan familial
et ses affidés, riches à milliards puisqu’ayant
la haute main sur tous les secteurs économiques
juteux du pays, et à l’autre bout, le
peuple majoritairement pauvre, exposé aux maladies,
à la faim et en manque de toute perspective
positive. C’est la société fracturée
entre la société d’espérance
pour ceux du bloc du pouvoir et la société
de désespérance pour ceux du bloc du
peuple.
Revenant au phénomène des Kunde, le
document n’aurait pas de mots assez durs pour
le décrire et le vouer aux gémonies
en raison de leur impact négatif sur l’éthique
et les mœurs sociales. Selon les uns et les autres,
ce ne serait pas pour rien que l’ire des populations
se soit dirigée directement sur ces établissements
parce que l’opinion les considèrerait
comme étant les illustrations des fortunes
soudaines qui surgissent de façon tapageuse
aux yeux de tous et qu’on assimile à
tout ce qui est corrompu, à l’action
de ceux qui ont mis la corruption au service de leur
puissance politique et économique.
Voilà donc un pamphlet qui risque de connaître
un destin peu banal !
SK
MORT
TRES MYSTERIEUSE DE EL HADJ COMPAORE INOUSSA
UN ACTE DE PLUS A METTRE AU DEBIT DE L’IMPUNITE
?
C’est
devenu quasiment une banalité que de parler
de crimes énigmatiques barbares à vocation
rituelle ou sacrificielle au Burkina Faso. Si l’on
devait sur la question, établir un hit parade,
peut-être que le pays en ravirait la vedette
! C’est en effet une véritable pandémie
qui sévit avec ce mal au Faso. Rares sont les
provinces où l’on n’évoque
pas de tels cas. Peu sont ces jours qui passent sans
révélation de crimes suivis d’actes
de barbarie commis ici et là, les uns plus
atroces que les autres. Mais quel mauvais esprit s’est
ainsi imposé au Burkina Faso ?
C’est la question que l’on se posera encore,
en pensant à ce grand Musulman, El Hadj Compaoré
Inoussa, bien connu au Burkina Faso, qui a été
retrouvé mort à 5 km de Nouna. Qui pouvait
bien en vouloir à cet homme de bien ? Comment
s’est-il ainsi retrouvé au diable vauvert,
quasiment dans la cambrousse, à la merci de
la charogne pendant trois jours ? Voilà qui
alimente les interrogations avec cette pointe de colère
chez les nombreux Burkinabé qui avaient surtout
découvert l’homme à travers ses
prêches de vérité du vendredi,
des prêches qui s’écartant de l’air
du temps, critiquaient le phénomène
de la récupération politique de la religion
islamique et la perte des repères de la société
qui en est la conséquence.
Sa mort a dressé toutes les oreilles, éveillé
toutes les curiosités, attisé les peurs,
et comme en pareil cas, il est absolument difficile
de tenir la bride courte à la rumeur. Normal,
les gens veulent exorciser le pays du mauvais esprit.
Ils veulent comprendre.
Si on dit qu’à chaque fête musulmane,
des missions sont envoyées dans les provinces
du pays et que c’est dans ce cadre que El Hadj
Inoussa Compaoré devait se rendre à
Nouna, comment se fait-il alors qu’après
avoir laissé son moyen de locomotion (L2) à
Ouagadougou, on ait perdu sa trace pour ne le retrouver
que trois jours après, mort ?
Comment expliquer encore qu’on n’ait pas
apparemment eu connaissance que l’infortuné
serait accompagné dans sa mission par ce compagnon
de route qui aurait ramené ses effets à
la Mosquée et qui y aurait annoncé,
par la même occasion, son assassinat ?
Les choses se compliquent lorsque le bruit se répand
que ce compagnon de route, auquel les questions n’ont
pas manqué, aurait été tout à
coup pris d’une amnésie totale qu’il
invoquerait pour se murer dans le silence.
Il ne faudrait pas qu’une fois encore, ce drame
se fonde dans l’oubli du temps et de l’inertie
de la justice.
Mais peut-être que s’agissant d’un
Musulman bien connu et bien aimé, la confession
s’impliquera pour que toute la lumière
soit faite sur cette affaire. Il faut espérer
par ailleurs que si l’accompagnateur en question
est effectivement en garde à vue, que celle-ci
(dans la légalité) produise les lumières
qui permettent au dossier d’avancer. En attendant,
on peut se dire qu’il s’agit encore là
d’une drôle d’affaire que cette
mort bizarre du sage de 70 ans, enterré à
l’insu de sa famille, et évidemment sans
aucune autopsie qui pourtant, en raison des circonstances,
s’imposait !
Diabo
Seydou