Mise à jour le 08/04/2007
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San Finna N°408 du 09 au 15 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

Deux sons de cloche

L’ECHEC DE LA GREVE AU ZIMBABWE
SIGNIFIE-T-ELLE OUI OU NON L’ECHEC DE TOUTE RESISTANCE POPULAIRE ?

Annoncée avec grand bruit, la grève lancée par les syndicats zimbabwéens n’a pas rencontré tous les succès attendus. Pour tout dire, elle a fait un flop. Alors du coup, une polémique a vu le jour, opposant deux camps : le premier estime que cet échec confirme la popularité du régime de Mugabe et qu’il faut en tirer toutes les conclusions, et laisser le président travailler tranquille. Le deuxième estime que, si dans un régime aussi répressif, aussi perclus dans la pauvreté, des Zimbabwéens ont réussi à défier le pouvoir en allant en grève, l’espoir est loin d’être perdu. Deux sons de cloche.

OSER GREVER AU ZIMBABWE EST EN SOI UN EXPLOIT

Il ne faut comparer que ce qui est comparable. Vue de l’Afrique du Sud, de la France ou du Canada, la grève qui a eu lieu au Zimbabwe ne peut que frapper par son insuccès mais dans ces pays, les libertés sont respectées. Il ne vient pas à l’idée des autorités d’affamer leurs peuples, d’exproprier à tout va sans indemnisations conséquentes ; au Canada, on ne frappe pas pour un oui ou pour un rien, les opposants qui manifestent. On n’interdit pas les médias qui ne pensent pas comme le pouvoir, on ne tire pas à balles réelles sur les manifestants. Alors quand dans ces pays, un mot d’ordre de grève est lancé, les manifestants n’ont aucune crainte à obéir aux mots d’ordre car non seulement il n’y a pas de menaces sur leurs libertés, leurs vies mais ils ont bien souvent des compensations du fait de secours sociaux lorsqu’ils vont en grève. Au Zimbabwe, c’est loin d’être le cas. Alors, il faut plutôt considérer que s’il s’en est trouvé dans ce pays, malgré les menaces, les violences, la pression terrible exercée sur les emplois, à aller en grève, c’est que l’espoir n’est pas perdu. Dans beaucoup de dictatures féroces, on a pu observer le même phénomène. Les combattants zimbabwéens l’ont bien compris qui s’activent à lancer d’autres mots d’ordre de grève, en appelant même à la jonction des mouvements de droits de l’homme et des partis d’opposition pour faire de la résistance, une résistance populaire et nationale contre l’oppression. Alors on peut dire que quelque chose se dessine peut-être au Zimbabwe dont beaucoup de pays africains, qui vivent peu ou prou à la même enseigne, pourront tirer exemple. Pour le Zimbabwe Congress of Trade Unions (ZCTU) en tout cas, la grève générale décrétée pour protester contre la détérioration des conditions de vie a été « un grand succès. « Les travailleurs ont suivi le mot d'ordre de grève et certaines sociétés sont restées fermées, même si nous savons que les forces de sécurité ont contraint quelques-unes d'entre elles à rouvrir », a déclaré Last Tarabuka, porte-parole de la centrale syndicale ZCTU.


TOMY.

LE PEUPLE ZIMBABWEEN N’ ASPIRE QU’ A LA PAIX POUR SE DEVELOPPER

Si le Zimbabwe était vraiment ce pays que l’on peint dans les médias occidentaux notamment, si l’inflation avait atteint ces records inimaginables de 1700 %, si la dictature avait chassé de l’espace politique toute contestation, le pays serait devenu un enfer duquel les Zimbabwéens auraient fui à grande échelle. Comme on dit en Côte d’Ivoire, « cabri mort n’a pas peur du couteau ». Cette grève aurait connu un franc succès d’autant plus qu’elle était encouragée à l’extérieur et que les dernières exactions contre les opposants zimbabwéens montraient qu’à l’étranger, ils avaient des supporters. Mais ce ne fut pas le cas. Les Zimbabwéens avaient là une occasion en or pour secouer le cocotier surtout que Mugabe vient d’annoncer qu’il sera candidat à la prochaine présidentielle, mais ils ont perpétué cette idée que l’Afrique se complaît dans la domination. Les autorités peuvent ainsi boire du petit lait et répliquer à tous ceux qui méprisent Mugabe et sa gouvernance, que le pouvoir zimbabwéen est populaire puisque la preuve est donnée que le peuple préfère encore faire avec les autorités malgré les difficultés du moment que de se lancer dans l’aventure du changement. Ce n’est du reste pas la première fois que les Zimbabwéens restent sourds aux appels à la grève et aux manifestations des syndicats et des partis politiques. Ca veut dire que les opposants doivent, à défaut d’abandonner ces voies de contestation, en revoir d’autres susceptibles de recueillir l’adhésion des populations. En tout cas, on ne peut pas dire que les syndicats ou les partis d’opposition aient quelque raison de se satisfaire de cette grève. L’avantage ici est franchement du côté de Mugabe. Voici d’ailleurs ce qu’en dit le ministre zimbabwéen de l'Information, Sikhanyiso Ndlovu : « Le peuple zimbabwéen a désavoué la demande de changement de régime. Les travailleurs ont ignoré la grève décrétée par le ZCTU avec l'appui de gouvernements occidentaux, notamment la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, et ils se sont présentés au travail. La police et l'armée ont veillé à la sécurité dans le pays ».


TOZI.

Citation de la semaine

«Je redoute trois journaux plus que 100.000 baïonnettes »

Napoléon Bonaparte






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