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L’ECHEC
DE LA GREVE AU ZIMBABWE
SIGNIFIE-T-ELLE OUI OU NON L’ECHEC DE TOUTE
RESISTANCE POPULAIRE ?
Annoncée
avec grand bruit, la grève lancée
par les syndicats zimbabwéens n’a pas
rencontré tous les succès attendus.
Pour tout dire, elle a fait un flop. Alors du coup,
une polémique a vu le jour, opposant deux
camps : le premier estime que cet échec confirme
la popularité du régime de Mugabe
et qu’il faut en tirer toutes les conclusions,
et laisser le président travailler tranquille.
Le deuxième estime que, si dans un régime
aussi répressif, aussi perclus dans la pauvreté,
des Zimbabwéens ont réussi à
défier le pouvoir en allant en grève,
l’espoir est loin d’être perdu.
Deux sons de cloche.
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| OSER
GREVER AU ZIMBABWE EST EN SOI UN EXPLOIT
Il
ne faut comparer que ce qui est comparable. Vue
de l’Afrique du Sud, de la France ou du Canada,
la grève qui a eu lieu au Zimbabwe ne peut
que frapper par son insuccès mais dans ces
pays, les libertés sont respectées.
Il ne vient pas à l’idée des
autorités d’affamer leurs peuples,
d’exproprier à tout va sans indemnisations
conséquentes ; au Canada, on ne frappe pas
pour un oui ou pour un rien, les opposants qui manifestent.
On n’interdit pas les médias qui ne
pensent pas comme le pouvoir, on ne tire pas à
balles réelles sur les manifestants. Alors
quand dans ces pays, un mot d’ordre de grève
est lancé, les manifestants n’ont aucune
crainte à obéir aux mots d’ordre
car non seulement il n’y a pas de menaces
sur leurs libertés, leurs vies mais ils ont
bien souvent des compensations du fait de secours
sociaux lorsqu’ils vont en grève. Au
Zimbabwe, c’est loin d’être le
cas. Alors, il faut plutôt considérer
que s’il s’en est trouvé dans
ce pays, malgré les menaces, les violences,
la pression terrible exercée sur les emplois,
à aller en grève, c’est que
l’espoir n’est pas perdu. Dans beaucoup
de dictatures féroces, on a pu observer le
même phénomène. Les combattants
zimbabwéens l’ont bien compris qui
s’activent à lancer d’autres
mots d’ordre de grève, en appelant
même à la jonction des mouvements de
droits de l’homme et des partis d’opposition
pour faire de la résistance, une résistance
populaire et nationale contre l’oppression.
Alors on peut dire que quelque chose se dessine
peut-être au Zimbabwe dont beaucoup de pays
africains, qui vivent peu ou prou à la même
enseigne, pourront tirer exemple. Pour le Zimbabwe
Congress of Trade Unions (ZCTU) en tout cas, la
grève générale décrétée
pour protester contre la détérioration
des conditions de vie a été «
un grand succès. « Les travailleurs
ont suivi le mot d'ordre de grève et certaines
sociétés sont restées fermées,
même si nous savons que les forces de sécurité
ont contraint quelques-unes d'entre elles à
rouvrir », a déclaré Last Tarabuka,
porte-parole de la centrale syndicale ZCTU.
TOMY.
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LE
PEUPLE ZIMBABWEEN N’ ASPIRE QU’ A LA
PAIX POUR SE DEVELOPPER
Si
le Zimbabwe était vraiment ce pays que l’on
peint dans les médias occidentaux notamment,
si l’inflation avait atteint ces records inimaginables
de 1700 %, si la dictature avait chassé de
l’espace politique toute contestation, le
pays serait devenu un enfer duquel les Zimbabwéens
auraient fui à grande échelle. Comme
on dit en Côte d’Ivoire, « cabri
mort n’a pas peur du couteau ». Cette
grève aurait connu un franc succès
d’autant plus qu’elle était encouragée
à l’extérieur et que les dernières
exactions contre les opposants zimbabwéens
montraient qu’à l’étranger,
ils avaient des supporters. Mais ce ne fut pas le
cas. Les Zimbabwéens avaient là une
occasion en or pour secouer le cocotier surtout
que Mugabe vient d’annoncer qu’il sera
candidat à la prochaine présidentielle,
mais ils ont perpétué cette idée
que l’Afrique se complaît dans la domination.
Les autorités peuvent ainsi boire du petit
lait et répliquer à tous ceux qui
méprisent Mugabe et sa gouvernance, que le
pouvoir zimbabwéen est populaire puisque
la preuve est donnée que le peuple préfère
encore faire avec les autorités malgré
les difficultés du moment que de se lancer
dans l’aventure du changement. Ce n’est
du reste pas la première fois que les Zimbabwéens
restent sourds aux appels à la grève
et aux manifestations des syndicats et des partis
politiques. Ca veut dire que les opposants doivent,
à défaut d’abandonner ces voies
de contestation, en revoir d’autres susceptibles
de recueillir l’adhésion des populations.
En tout cas, on ne peut pas dire que les syndicats
ou les partis d’opposition aient quelque raison
de se satisfaire de cette grève. L’avantage
ici est franchement du côté de Mugabe.
Voici d’ailleurs ce qu’en dit le ministre
zimbabwéen de l'Information, Sikhanyiso Ndlovu
: « Le peuple zimbabwéen a désavoué
la demande de changement de régime. Les travailleurs
ont ignoré la grève décrétée
par le ZCTU avec l'appui de gouvernements occidentaux,
notamment la Grande-Bretagne et les Etats-Unis,
et ils se sont présentés au travail.
La police et l'armée ont veillé à
la sécurité dans le pays ».
TOZI.
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