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San Finna N°408 du 09 au 15 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

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POLITIQUE AMERICAINE AU MOYEN ORIENT
BUSH VOIT ROUGE AVEC LE COUP D’AUDACE DE PELOSI

Rarement, on aura vu afficher à l’extérieur le profond désaccord des Américains au sujet de la politique extérieure surtout lorsque tout cela touche une question aussi névralgique que le terrorisme. Comme pour le dollar, le drapeau, le territoire, le terrorisme généralement rassemble les Américains autour d’un consensus fort.

Mais voilà, les Démocrates emportés par leur figure de proue Nancy Pelosi, estiment que la politique des Républicains au Proche Orient et notamment par rapport à la question syrienne, compromet les chances de parvenir à une paix durable. Ils l’ont fait savoir haut et fort : la guerre en Irak, ils en ont assez. Ils veulent un dialogue sous régional inclusif, n’ostracisant pas la Syrie.

Mais comme si cela ne suffisait pas, ils décident de se rendre sur le terrain, de visiter les uns et les autres, et en particulier les Syriens.

Ah, ça, c’est une initiative de trop que George W. Bush n’arrive pas à avaler. C’est comme si Nancy Pelosi avait donné un coup de couteau dans le Pacte national. A la manière dont il fulmine, c’est à peine si le président américain, en d’autres temps, n’aurait pas crié à l’hérésie et appelé au bûcher pour la punir.

Mais au fond, quand on y pense bien, la présidente démocrate de la Chambre des représentants américains, a infligé là un coup de Jarnac qui aurait pu déstabiliser George W. Bush. Imaginons que le président israélien Ehoud Olmert, conquis, ait décidé d’appuyer à fond son initiative de relance du dialogue avec la Syrie, que le chef de l’Etat syrien Bachar Al-Assad ait fait de même : on se serait trouvé dans l’impulsion d’une nouvelle dynamique de dialogue, passant outre l’administration Bush. Quelle déculottée, quelle humiliation !

Mais le coup d’audace a eu tout de même ses limites car Israël et la Syrie connaissent l’importance des relations entre Etats et la puissance de ceux qui détiennent le pouvoir aux USA.

C’est pourquoi, d’un côté comme de l’autre, on n’a pas tout à fait abandonné la langue de bois puisque, même favorable en privé à l’initiative de Nancy Pelosi, la présidence du Conseil israélien a réagi promptement en affirmant que la Syrie doit "cesser son soutien au terrorisme" avant d'entamer des négociations de paix avec Israël, et que le ministre syrien de l'information, Mohsen Bilal, a pressé l'Etat hébreu de proclamer solennellement sa volonté de réaliser la paix au Proche-Orient et de se retirer des territoires arabes occupés.

George W. Bush pourra dire qu’on a remis les pendules à l’heure !

Mais tout de même, ce petit coup d’audace par la sémillante sexagénaire américaine n’a pas été inutile. Elle se retrouve encore plus placée en position de challenger pour les combats futurs, avec en prime le fait d’avoir charmé une grande partie de l’opinion mondiale qui n’est pas loin de passer outre l’anti-américanisme traditionnel pour faire sur elle, des transferts de sympathie.

CY






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