Mise à jour le 15/04/2007
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San Finna N°409 du 16 au 22 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

SITUATION EN COTE D’IVOIRE
SILENCE, ON SE RECONCILIE !

Il y a bien longtemps que la Côte d’Ivoire n’avait vécu, dans sa paix précaire, un consensus aussi durable. Le fameux dialogue direct (DD comme on dit) n’a pas connu jusqu’à présent le « flop » que certains lui prédisaient. Tout au contraire, il est apparu pour beaucoup comme la solution de rechange pouvant les tirer de cette nacelle qu’était devenu le différend imposé au pays d’Houphouët Boigny.

L’accord conclu à Ouagadougou tient la route parce qu’il sert l’intérêt des protagonistes mais aussi parce que les pays voisins, et même des pays non africains comme la France et la communauté internationale, y voient le moindre mal qui leur permettra de s’extraire avec le moins de dommages de cette aventure, qu’ils ont été mal inspirés, sinon d’avoir encouragé, de ne pas avoir combattue.

C’est vrai qu’ici et là, on en trouve qui regretteront ce temps fort du non droit qui leur a permis de se faire connaître et de se constituer des situations de rente. C’est vrai aussi que dans ses termes comme dans ses conséquences, l’Accord de Ouagadougou peut condamner certains acteurs forts de la vie politique nationale ivoirienne à une soudaine ou progressive retraite. Mais le « tempo » de la réconciliation, imprimé par la dynamique du dialogue direct est si fort que ce serait ramer à contre-courant que de vouloir le remettre en cause. Ce n’est pas le président de la République Laurent Gbagbo ni le tout nouveau premier Ministre Guillaume Soro, qui permettront une quelconque atteinte à cette trouvaille, eux qui y trouvent le plus leurs comptes et qui ne ménagent pas leurs efforts pour le consolider.

Conscients qu’ils doivent battre le fer pendant qu’il est chaud, renforcer la marche vers la pacification, ils ne tarissent pas d’initiatives en ce sens. C’est ce qui explique que dans la célérité, les deux aient, en droite ligne de l’Accord de Ouagadougou, pris en ce qui concerne le président de la République, un décret d’amnistie qui contribue à séréniser la vie nationale, et pour ce qui concerne Guillaume Soro, fait une Adresse à la nation à travers laquelle il a eu l’intelligence de formuler ce pardon que beaucoup attendaient pour se mettre en situation de subalterner leurs rancoeurs personnelles à l’intérêt national.

Les chose marchent si bien qu’on a presque envie de demander à tous ceux qui faisaient de la question ivoirienne, leurs choux gras, de se taire, de ne pas exciter le chat qui dort, bref de laisser la Côte d’Ivoire jusqu’alors vouée au feu de la désintégration, se reconstruire, se ressouder, réapprendre à vivre en collectivité.


VT





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