San
Finna N°409 du
16 au 22 Avril 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
SITUATION
EN COTE D’IVOIRE
SILENCE, ON SE RECONCILIE !
Il
y a bien longtemps que la Côte d’Ivoire n’avait
vécu, dans sa paix précaire, un consensus
aussi durable. Le fameux dialogue direct (DD comme on
dit) n’a pas connu jusqu’à présent
le « flop » que certains lui prédisaient.
Tout au contraire, il est apparu pour beaucoup comme la
solution de rechange pouvant les tirer de cette nacelle
qu’était devenu le différend imposé
au pays d’Houphouët Boigny.
L’accord conclu à Ouagadougou tient la route
parce qu’il sert l’intérêt des
protagonistes mais aussi parce que les pays voisins, et
même des pays non africains comme la France et la
communauté internationale, y voient le moindre
mal qui leur permettra de s’extraire avec le moins
de dommages de cette aventure, qu’ils ont été
mal inspirés, sinon d’avoir encouragé,
de ne pas avoir combattue.
C’est vrai qu’ici et là, on en trouve
qui regretteront ce temps fort du non droit qui leur a
permis de se faire connaître et de se constituer
des situations de rente. C’est vrai aussi que dans
ses termes comme dans ses conséquences, l’Accord
de Ouagadougou peut condamner certains acteurs forts de
la vie politique nationale ivoirienne à une soudaine
ou progressive retraite. Mais le « tempo »
de la réconciliation, imprimé par la dynamique
du dialogue direct est si fort que ce serait ramer à
contre-courant que de vouloir le remettre en cause. Ce
n’est pas le président de la République
Laurent Gbagbo ni le tout nouveau premier Ministre Guillaume
Soro, qui permettront une quelconque atteinte à
cette trouvaille, eux qui y trouvent le plus leurs comptes
et qui ne ménagent pas leurs efforts pour le consolider.
Conscients qu’ils doivent battre le fer pendant
qu’il est chaud, renforcer la marche vers la pacification,
ils ne tarissent pas d’initiatives en ce sens. C’est
ce qui explique que dans la célérité,
les deux aient, en droite ligne de l’Accord de Ouagadougou,
pris en ce qui concerne le président de la République,
un décret d’amnistie qui contribue à
séréniser la vie nationale, et pour ce qui
concerne Guillaume Soro, fait une Adresse à la
nation à travers laquelle il a eu l’intelligence
de formuler ce pardon que beaucoup attendaient pour se
mettre en situation de subalterner leurs rancoeurs personnelles
à l’intérêt national.
Les chose marchent si bien qu’on a presque envie
de demander à tous ceux qui faisaient de la question
ivoirienne, leurs choux gras, de se taire, de ne pas exciter
le chat qui dort, bref de laisser la Côte d’Ivoire
jusqu’alors vouée au feu de la désintégration,
se reconstruire, se ressouder, réapprendre à
vivre en collectivité.