Mise à jour le 15/04/2007
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San Finna N°409 du 16 au 22 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

FAUT-IL S’INQUIETER OU ENCOURAGER L’OPPOSANT MAURITANIEN AHMED OULD DADDAH, A ALLER VERS UN GOUVERNEMENT D’OUVERTURE ?

Après l’élection présidentielle en Mauritanie, l’opinion nationale et internationale a été frappée de constater que le perdant Ahmed Ould Daddah, a accepté les résultats. Alors qu’on se perdait encore en conjectures sur cette acceptation des résultats par le candidat malheureux, voilà qu’il laisse entendre qu’il ne serait pas contre une formule de gouvernement d’ouverture, d’union... Il n’en fallait pas plus pour susciter des controverses nourries dans le pays et même à l’extérieur comme ce fut le cas au Burkina Faso. Il y en a en effet qui dénoncent dans cette attitude, cette mauvaise manie des opposants de vouloir aller à la « soupe » plutôt que d’assumer leur rôle d’opposants. Par contre, d’autres pensent que si Ahmed Ould Daddah a fait cette proposition, c’est parce qu’il voit loin et qu’il pense que c’est le meilleur moyen de court-circuiter ceux qui veulent reprendre d’ une main ce qu’ils ont donné de l’autre, au terme de la mandature. Deux sons de cloche.

AHMED OULD DADDAH DOIT FAIRE L’ OPPOSITION, POINT - TRAIT !


La Mauritanie, chose peu commune en Afrique, a eu la chance de vivre des compétitions électorales marquées du sceau de la loyauté et de la contradiction. La chose ne s’était jamais vue dans le pays, et par rapport au continent entier, l’expérience était méritoire. Il faut tout faire pour capitaliser ce bon point et permettre que sur ce matelas, s’élève un édifice démocratique qui permette à la majorité et à l’opposition de grandir sans compromission, sans autre anicroche. C’est parce que justement la majorité, guidée par sa phobie des opposants, s’est toujours efforcée de les éliminer de la scène politique et que les opposants, impatients de jouir des prébendes du pouvoir ont toujours cherché à s’y vendre, que la démocratie peine en Afrique à marcher sur ses deux pieds. Ahmed Ould Daddah n’a pas à chercher à entrer ou à faire entrer son parti et ses alliés dans un gouvernement d’ouverture ou d’on ne sait quoi. Il doit plutôt œuvrer à faire respecter les droits de l’opposition, à assumer ses responsabilités de chef de file de l’opposition et à ancrer dans les mœurs politiques, le principe de l’alternance au pouvoir. Il a attendu tant d’années, il a tant supporté de privations de libertés qu’on ne peut imaginer qu’il porte atteinte à sa légende en donnant l’impression que lui aussi, est beaucoup plus sensible aux honneurs, aux strapontins qu’à la défense de la démocratie et des intérêts du peuple. L’homme doit donc laisser tomber toute idée de gouvernement d’ouverture. Il servirait ainsi de la meilleure façon, son image, celle de la démocratie et de son pays.


TOMY.

AHMED OULD DADDAH NE VEUT PAS UNE OUVERTURE POUR SON INTERET MAIS POUR CELUI DU PAYS

Il faut avoir des idées un peu courtes pour croire que la seule ambition de Ahmed Ould Daddah, c’est d’entrer au gouvernement ou d’y faire entrer son parti. De gouvernements, il en a fait partie et à son âge, ce n’est pas ce qui lui donnerait l’impression d’atteindre le 7ème ciel. Si l’homme qui a tant sacrifié, qui a connu autant d’intolérance, a fait cette proposition de gouvernement d’ouverture, c’est parce qu’il voit loin. Il sait que le régime qui vient d’être mis en place n’est au fond qu’une sorte de régence, que Ould Vall a choisi le moins compliqué des présidents pour lui garder la place au chaud, attendant de rééditer le retour d’ATT. La meilleure façon de contrecarrer ce dessein, c’est d’entrer dans le gouvernement afin d’y travailler pour consolider les bases de la démocratie, pour œuvrer à une véritable déconnexion de l’armée de la politique et permettre ainsi qu’à la fin de la mandature, il y ait suffisamment de leadership civil qui capitalise des espérances d’alternance sans qu’on ne soit contraint de faire appel à un « Sauveur » nommé Vall comme on a fait du Mali après les deux mandats de Konaré, vis-à-vis d’ATT. C’est ça qu’il faut voir pour comprendre la finesse de la proposition du candidat malheureux. Ceux qui sont contre cette proposition, en croyant que c’est .. Daddah qui est impatient de profiter des fruits du pouvoir, doivent se dire que ce n’est pas sûr, au cas où la proposition serait acceptée, qu’il entre lui-même au gouvernement. En tout les cas, pour permettre qu’une véritable civilisation du régime, sans risque de voir revenir au-devant des affaires, les « casquettes », il n’y a rien d’autre que cette union sacrée des civils pour consolider les bases de la démocratie.


TOZI.

Citation de la semaine

«La lutte des femmes burkinabé pour leurs droits remonte à Thomas Sankara (...) il nous a donné confiance en nous, car il nous encensait et a été le premier à nous confier des postes de responsabilités.»

Marlène ZEBANGO






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