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FAUT-IL
S’INQUIETER OU ENCOURAGER L’OPPOSANT
MAURITANIEN AHMED OULD DADDAH, A ALLER VERS UN GOUVERNEMENT
D’OUVERTURE ?
Après
l’élection présidentielle en
Mauritanie, l’opinion nationale et internationale
a été frappée de constater
que le perdant Ahmed Ould Daddah, a accepté
les résultats. Alors qu’on se perdait
encore en conjectures sur cette acceptation des
résultats par le candidat malheureux, voilà
qu’il laisse entendre qu’il ne serait
pas contre une formule de gouvernement d’ouverture,
d’union... Il n’en fallait pas plus
pour susciter des controverses nourries dans le
pays et même à l’extérieur
comme ce fut le cas au Burkina Faso. Il y en a en
effet qui dénoncent dans cette attitude,
cette mauvaise manie des opposants de vouloir aller
à la « soupe » plutôt que
d’assumer leur rôle d’opposants.
Par contre, d’autres pensent que si Ahmed
Ould Daddah a fait cette proposition, c’est
parce qu’il voit loin et qu’il pense
que c’est le meilleur moyen de court-circuiter
ceux qui veulent reprendre d’ une main ce
qu’ils ont donné de l’autre,
au terme de la mandature. Deux sons de cloche.
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| AHMED
OULD DADDAH DOIT FAIRE L’ OPPOSITION, POINT
- TRAIT !
La Mauritanie, chose peu commune en Afrique, a eu
la chance de vivre des compétitions électorales
marquées du sceau de la loyauté et
de la contradiction. La chose ne s’était
jamais vue dans le pays, et par rapport au continent
entier, l’expérience était méritoire.
Il faut tout faire pour capitaliser ce bon point
et permettre que sur ce matelas, s’élève
un édifice démocratique qui permette
à la majorité et à l’opposition
de grandir sans compromission, sans autre anicroche.
C’est parce que justement la majorité,
guidée par sa phobie des opposants, s’est
toujours efforcée de les éliminer
de la scène politique et que les opposants,
impatients de jouir des prébendes du pouvoir
ont toujours cherché à s’y vendre,
que la démocratie peine en Afrique à
marcher sur ses deux pieds. Ahmed Ould Daddah n’a
pas à chercher à entrer ou à
faire entrer son parti et ses alliés dans
un gouvernement d’ouverture ou d’on
ne sait quoi. Il doit plutôt œuvrer à
faire respecter les droits de l’opposition,
à assumer ses responsabilités de chef
de file de l’opposition et à ancrer
dans les mœurs politiques, le principe de l’alternance
au pouvoir. Il a attendu tant d’années,
il a tant supporté de privations de libertés
qu’on ne peut imaginer qu’il porte atteinte
à sa légende en donnant l’impression
que lui aussi, est beaucoup plus sensible aux honneurs,
aux strapontins qu’à la défense
de la démocratie et des intérêts
du peuple. L’homme doit donc laisser tomber
toute idée de gouvernement d’ouverture.
Il servirait ainsi de la meilleure façon,
son image, celle de la démocratie et de son
pays.
TOMY.
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AHMED
OULD DADDAH NE VEUT PAS UNE OUVERTURE POUR SON INTERET
MAIS POUR CELUI DU PAYS
Il
faut avoir des idées un peu courtes pour
croire que la seule ambition de Ahmed Ould Daddah,
c’est d’entrer au gouvernement ou d’y
faire entrer son parti. De gouvernements, il en
a fait partie et à son âge, ce n’est
pas ce qui lui donnerait l’impression d’atteindre
le 7ème ciel. Si l’homme qui a tant
sacrifié, qui a connu autant d’intolérance,
a fait cette proposition de gouvernement d’ouverture,
c’est parce qu’il voit loin. Il sait
que le régime qui vient d’être
mis en place n’est au fond qu’une sorte
de régence, que Ould Vall a choisi le moins
compliqué des présidents pour lui
garder la place au chaud, attendant de rééditer
le retour d’ATT. La meilleure façon
de contrecarrer ce dessein, c’est d’entrer
dans le gouvernement afin d’y travailler pour
consolider les bases de la démocratie, pour
œuvrer à une véritable déconnexion
de l’armée de la politique et permettre
ainsi qu’à la fin de la mandature,
il y ait suffisamment de leadership civil qui capitalise
des espérances d’alternance sans qu’on
ne soit contraint de faire appel à un «
Sauveur » nommé Vall comme on a fait
du Mali après les deux mandats de Konaré,
vis-à-vis d’ATT. C’est ça
qu’il faut voir pour comprendre la finesse
de la proposition du candidat malheureux. Ceux qui
sont contre cette proposition, en croyant que c’est
.. Daddah qui est impatient de profiter des fruits
du pouvoir, doivent se dire que ce n’est pas
sûr, au cas où la proposition serait
acceptée, qu’il entre lui-même
au gouvernement. En tout les cas, pour permettre
qu’une véritable civilisation du régime,
sans risque de voir revenir au-devant des affaires,
les « casquettes », il n’y a rien
d’autre que cette union sacrée des
civils pour consolider les bases de la démocratie.
TOZI. |