San
Finna N°409 du
16 au 22 Avril 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
UN
RESEAU DE TRAFIQUANTS DE COCAÏNE
DEMANTELE A FARAMANA
BRAVO MAIS DITES-NOUS EN PLUS !
Le bureau des douanes du poste frontalier
de Faramana, dans la province du Houët, a mis la
main le lundi 26mars 2007 dernier sur un réseau
de trafiquants de cocaïne (49 kg) dont cinq femmes
et un garçon en transit frauduleux du Mali vers
le Nigeria. Cette importante quantité de drogue
a été présentée à
la presse le jeudi 12 mars 2007 dernier dans les locaux
du poste frontalier des douanes de Faramana par Monsieur
Konditamdé Antoine, l’actuel locataire
de la Direction Régionale des douanes de l’Ouest.
Bravo aux éléments de la brigade mobile.
San Finna se pose juste quelques questions et ouvre
donc ses colonnes aux personnes qui voudront bien l’éclairer.
D’avance merci.
LES
FAITS
Suite à une information faisant état d’une
circulation frauduleuse de drogue dans la sous région,
les éléments du chef de bureau du poste
frontalier de Faramana ont ainsi renforcé leur
dispositif de contrôle et ont du coup réussi
à déjouer le coup des trafiquants de cette
importante quantité de drogue saisie le lundi
26 mars 2007 dernier aux environs de18 heures et demie,
lors d’une opération de contrôles
voyageurs. D’après le chef de bureau, les
six fraudeurs étaient à bord d’un
véhicule de transport en commun d’une compagnie
burkinabé en provenance de Bamako au Mali et
en direction du Nigeria. Selon les hommes de Monsieur
Konditamdé , l’apparence de femme en grossesse
avancée que présentaient chacune des cinq
femmes toutes d’origine nigériane aurait
quelques peu intrigué les douaniers de garde
qui ont ainsi voulu en savoir davantage. Ils feront
donc appel à une matrone qui est en même
temps épouse du chef de village de Faramana Celle-ci
devrait passer à une visite de corps afin de
s’assurer si ces bonnes dames sont réellement
en grossesse. Cette bonne dame butta sur un refus catégorique
des voyageuses.
Conscient qu’alors il y a anguille sous roche,
la douane de Faramana sollicitera l’apport de
la brigade de gendarmerie de Faramana qui les a tout
de suite contraintes. Au finish, ce sont des paquets
de 1kg de drogue qui seront découverts sur chacune
d’elles, classés les uns sur les autres
et soigneusement soutenus à l’aide des
pagnes. Ce sont en tout et pour tout 49 petits paquets
de drogue conditionnée dans environ huit couches
d’emballage plastique qui as été
saisis. Leur guide qui est aussi de nationalité
nigériane portait sur lui les cinq passeports
des femmes arrêtées. Entre-temps il a tenté
de prendre la poudre d’escampette mais il sera
vite rattrapé les agents de sécurité
au petit matin. Après constat du flagrant délit,
les six prévenus ont été aussitôt
présentés au Parquet du Tribunal de Grande
Instance de Bobo-Dioulasso qui a ensuite décidé
de les déférer à la Maison d’Arrêt
et de Correction de Bobo-Dioulasso.
Des tests de contrôle au laboratoire de toxicologie
du ministère de la santé auraient attestés
que la drogue saisie était de la cocaïne.
Selon le Directeur régional des Douanes de l’Ouest,
la valeur de la cocaïne saisie sur le marché
intérieur peut être évaluée
à environ quatre milliards neuf cent millions
de nos francs, soit environ cent mille francs par gramme
de cocaïne. Il ressort que cette marchandise frauduleuse
proviendrait de la Guinée avec comme destination
le Nigeria en transitant naturellement par le Mali via
le Burkina Faso et le Bénin. Monsieur Antoine
Konditamdé qui a conduit la mission à
Faramana s’est inquiété de l’ampleur
que prend le phénomène du trafic de drogue
dans la zone frontalière de Faramana d’autant
plus que cette grande quantité de cocaïne
aurait pu être destinée au Burkina, ce
qui aurait été extrêmement dangereux
pour la santé de nos populations. Il a en outre
tenu à tirer son chapeau à ces vaillants
douaniers qui ont réussi ce sacré coup
de filet tout en exhortant les différents bureaux
et postes des douanes à renforcer davantage leur
dispositif de contrôle afin de barrer définitivement
la route à ces fossoyeurs .
Cette importante saisie de cocaïne rappelle si
besoin en était, que la vigilance doit être
de mise pour décourager ces pratiques préjudiciables
à la santé de nos populations.
LES
QUESTIONS
Un petit mot sur ces interrogations.
-
Que va-t-on faire de la cocaïne ? La brûler
au vu et au su de tous ?
- Le montant de la saisie étant faramineux (près
de 5 milliards de FCFA), on imagine que la rétribution
normale qui doit revenir aux éléments
de la brigade mobile sera élevée. En faisant
un calcul hypothétique de 1 % du montant, on
arriverait à la somme de 50 millions FCFA. Pas
mal ! En tout cas, on devrait donner le montant pour
deux raisons. Une raison de transparence et une raison
d’émulation : les éléments
des brigades bien récompensés pourraient
encore plus se donner pour détecter les criminels
qui tuent nos enfants avec ces drogues.
- Si la cocaïne est brûlée,
où prendra-t-on l’argent pour rémunérer
les éléments de la brigade ?
- Fait-on des investigations sur des complicités
burkinabé car il semble quasiment certain que
tant de drogue ne peut transiter au Faso sans l’aide
de nationaux ?