San
Finna N°411 du
30 Avril au 06 mai 2007
"Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
ELECTIONS LEGISLATIVES AU FASO
NATHALIE BONKOUNGOU
UNE CANDIDATE DETERMINEE AU PASSORE PARLE
Mlle
Nathalie Bonkoungou est une de ces jeunes femmes qui sait
ce qu’elle veut. Douée d’une capacité
d’organisation exceptionnelle, cette candidate du
parti de la panthère s’est lancée
dans la politique avec la fougue de sa jeunesse. Elle
a suivi les cours dispensés par le National Democratic
Institute (NDI) et y a trouvé un apport appréciable
dans son travail mené sur le terrain pour cette
campagne électorale.
Nous
avons posé quelques questions à cette fille
de Latoden. Voici les réponses apportées.
Pouvez-vous
vous présenter ?
Je
suis Nathalie Bonkoungou. J’exerce la profession
de coiffeuse.
Quelle
place occupez-vous sur la liste du Passoré ?
Notre
province a trois titulaires et trois suppléants.
Je suis deuxième sur la liste en tant que titulaire.
Pourquoi
vous êtes-vous lancée dans la politique ?
Ce
n’est pas d’abord le siège à
l’Assemblée. Ca fait bien sûr partie
du jeu politique mais pour l’essentiel, ce qui m’a
poussée c’est la volonté de mieux
comprendre certaines choses, le fonctionnement de la machine
politique. Et ce n’est pas du dehors ni de loin
que cela me sera possible. Ne dit-on pas qu’il faut
être un oncle proche d’une famille pour prétendre
bien parler des affaires de celle-ci ?
Par
rapport à votre pays, y a-t-il des choses qui vous
empêchent de dormir ?
Qu’est-ce
qui peut perturber le sommeil d’une citoyenne, je
dirai d’une « Burkina-bila » (NDLR :
enfant burkinabé), si ce n’est la souffrance
de son cher Faso ? C’est vraiment le cas de le dire
: quand on voit comment va notre pays, il y a de quoi
avoir des insomnies. Ce n’est peut-être pas
le Darfour mais ce n’est pas non plus les Seychelles.
La
démocratie, ce n’est pas ça car il
y a manque de transparence et manque crucial de culture
et de maturité politique de la plupart des Burkinabé.
La
santé ? On a une belle illustration avec le cas
très récent de la méningite. L’épidémie
a été gérée avec une lenteur
inimaginable alors qu’on sait à quel moment
elle va sévir.
La
lutte contre la pauvreté ? En prenant l’image
des soins médicaux, je dirai qu’il vaut mieux
nous vacciner nous-mêmes contre la pauvreté,
nous soigner nous-mêmes d’abord avant d’être
placé sous perfusion avec le sérum des autres
pays. Si vous comparez Ouaga 2000 aux quartiers périphériques
de Ouaga, vous comprendrez que les Burkinabé eux-mêmes
peuvent lutter contre la pauvreté à travers
une bonne répartition des richesses et une vraie
solidarité comme savent le faire des Burkinabé,
des hommes authentiquement intègres.
Les
salaires des fonctionnaires, des agents de la santé
? Un docteur ou un infirmier affamé ne peu poser
un bon diagnostic ; un enseignant affamé ne voit
ni son cahier de préparation, ni ses élèves.
Il faut les mettre dans de bonnes conditions et augmenter
leurs salaires.
Il
y a trop à dire sur la gestion des corps habillés,
la question de l’impunité, l’insécurité
grandissante…
Etre
femme en politique n’est pas chose facile ?
La
politique n’est pas réservée à
une seule catégorie de personnes. Mais l’engagement
des femmes est plus difficile à cause en particulier
des occupations ménagères. Mais il faut
plus de femmes en politique ; pourquoi pas une présidente
du Faso ? Il faut faire davantage confiance aux femmes
et celles-ci doivent éviter de se laisser instrumentaliser.
Pourquoi
l’UNDD et pas un autre parti ?
L’UNDD,
avec les objectifs qu’il poursuit, a une pierre
à apporter à la construction de notre chère
patrie et pour le développement et le mûrissement
de l’esprit démocratique.
J’ai
confiance. L’UNDD a fait des choix courageux et
a des thèmes porteurs d’espoir : la décentralisation
effective du pouvoir la vraie régionalisation,
un meilleur partage des fruits de la croissance, la réforme
des institutions, des Etats d’Afrique plus forts…
N’avez-vous
pas peur pour ces élections, au regard du grand
nombre de partis recouvrant votre fief ?
Chacun
sait c qu’il cherche, ce qu’il fait, ce qu’il
veut et dans quel but il veut être élu. Quoi
que nouvelle, je vais à ces élections avec
courage et confiance en comptant aussi sur le courage
et la confiance du peuple. Je crois que les populations
de mon fief, comme vous dites, ont compris et comprennent
que « si tu es couché sur la natte d’autrui,
tu es couché à même le sol ».
Je sais que les populations ont besoin de personnes qui
vivent leurs réalités quotidiennes, connaissent
leurs besoins, leurs préoccupations, sont capables
de les écouter et de bien plaider leur cause. Je
pense être de ces personnes. Les gens de chez moi
ne se laisseront pas berner par de beaux parleurs et des
marchands d’illusions.
Que
dites-vous du Président de l’UNDD ?
Beaucoup
ne le connaissent pas. C’est pour ça qu’on
entend dire de tout. Certains vont jusqu’à
dire qu’il a une double personnalité : c’est
mal le connaître. Selon que nous nous placions de
biais, en face, proche ou loin d’un objet, nous
le voyons sous des angles différents. Où
se placent donc ceux qui observent notre président
et qui prétendent le connaître assez pour
parler de lui ? Pour faire court, je dirai que Me Herman
st un homme très courageux, d’une personnalité
très forte, aux idées claires. Politicien
avisé, il est surtout pour la démocratie.
Je n’en vois pas pour le moment, de meilleur que
lui !
Vos
souhaits, Mlle Bonkoungou ?
Etre
élue, bien entendu, non dans le seul but d’avoir
un siège à l’Assemblée mais
d’apporter ma pierre (si petite soit-elle) à
la construction de mon cher Faso. Mon but est aussi de
consolider le parti en vue des élections à
venir, celles qui éventuellement porteront l’UNDD
à la magistrature