San
Finna N°413 du
14 au 20 Mai 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
LES
ETUDIANTS SONT FACHES ET LE FONT SAVOIR !
Les
étudiants sont mécontents et ils l’ont
fait savoir. Ils ont organisé, sous l’égide
de l’ANEB, une marche grandiose, qui a rassemblé
les étudiants toutes sensibilités confondues,
le jeudi 10 mai sur la présidence de l’Université
de Ouagadougou. Jamais une telle mobilisation n’avait
été remarquée sur le campus.
Près
de 20.000 étudiants déterminés ont
marché pour remettre leur plate-forme revendicative.
Tout le long de la marche, ils chantaient des slogans
("Nous sommes debout ce matin pour réclamer
des autobus, l’aide, la bourse, le pain, la liberté"),
hurlaient leur colère face à leurs revendications
non satisfaites. Mais quelles sont-elles ?
Il y a des revendications par rapport au contingentement
des repas au restaurant universitaire (8.000 plats par
repas pour 30.000 étudiants) et par rapport à
la mauvaise qualité des plats servis. Les étudiants
entendent aussi que leurs représentants au conseil
d’administration du CENOU aient accès aux
cahiers de charges liant ce dernier aux prestataires des
restaurants.
Il fallait s’en douter, il y avait bien d’autres
revendications comme celles relatives à l’aide.
Les étudiants demandent l’augmentation de
l’aide à 200 000 F par an et l’extension
de son bénéfice aux étudiants du
second cycle. Les étudiants exigent aussi plus
de sérieux et de rigueur dans les enseignements
et les évaluations, la construction d’amphithéâtres
: l’abrogation du décret portant création,
attributions, organisation et fonctionnement d’un
service de sécurité des universités.
Le vice-président de l’Université,
le Professeur Gustave Kabré, qui a reçu
les doléances des étudiants, a clairement
expliqué que la présidence de l’Université
ne pouvait résoudre leurs revendications qui dépendent
du Ministère des Enseignements secondaire, Supérieur
et de la Recherche scientifique.
Les étudiants se sont alors dirigés sur
le terrain Dabo Boukary où ils ont, séance
tenante, tenu un meeting et réaffirmé leur
volonté de poursuivre vaille que vaille leur lutte.
Si
le ministère ne répond pas vite à
leurs doléances, il faut s’attendre à
des sit-in et autres grèves risquant de perturber
l’année universitaire car manifestement,
les étudiants se sont remobilisés comme
ils ne l’ont pas fait depuis longtemps. On apprend
que ce lundi 14 mai, un meeting a à nouveau lieu
sur le terrain Dabo Boukary. Certainement pour déterminer
la marche à suivre.
Face à une telle mobilisation, une telle détermination,
gageons que le pouvoir lâchera du lest !
SAISON
DES MENACES CONTRE DES HOMMES ET ORGANES DE PRESSE
SAN FINNA N’Y ECHAPPE PAS
Après
tous ces hommes de presse qui ont reçu des menaces
de mort et dont la presse (notamment San Finna) s’en
est largement fait l’écho, aujourd’hui,
c’est au tour de San Finna d’être sur
le gril. Lisez plutôt. On en pensera ce qu’on
voudra mais quand de telles correspondances fleurissent
dans un pays, c’est le signe que la démocratie
ne se porte pas bien. Quoi qu’il en soit, notre
journal, qui a sa part dans le landernau médiatique,
est loin d’être influencé par quelques
menaces de ce genre. Il continuera à marquer sa
différence en osant aller au fond des choses, faisant
peut-être quelques erreurs par ci par là,
parce que pour des raisons bien précises, il ne
bénéficie pas toujours de son droit naturel
à l’information, mais avec la détermination
d’aller toujours au plus près de la vérité.
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Tue, 8 May 2007 01:09:39 +0200 (CEST)
De: "malagda seydou" <malagda12@yahoo.fr>
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Objet: Danger
À: sanfinna@yahoo.fr
Je ne fais que vous avertir. Votre confrère de
San Finna aura des problèmes très sérieux
d'ici peu. Je sais comment mes collègues travaillent.
Le corps à ses obligations, ses méthodes
et ses défauts. Courage à vous et surtout
faites le lui savoir. Il doit arrêter de fréquenter
certains endroits. Ses habitudes ne l'aident pas du tout.
Il peut avoir affaires à des représailles
très graves. je ne fais que vous prévenir.
D'autres éléments de chez nous veulent l'aider
mais ont peur de l'approcher. Merci à vous et encore
courage! »