SUITE
DE L’HISTOIRE PAS BANALE DE VOL A BOBO
EL HADJ BARRA ABDOULAYE CONDAMNE
LE VOLEUR LIBERE !
Nous
ne sommes pas en train de remettre en cause une
décision de justice mais force est de constater
que quelque part, il y a maldonne. Tenez, dans
une de nos publications où il était
question d’une histoire de vol pas banale
à Bobo-Dioulasso, l’infortuné
El Hadj Barra Abdoulaye vient d’être
condamné à 12 mois d’emprisonnement
ferme assorti d’une amende de 300.000 fcfa.
Les
faits : un délinquant s’est
emparé d’une somme de 2.000.000 f
appartenant à un couple américain
à Bobo-Dioulasso. Il alla tout bonnement
cacher son butin sur un manguier non loin du marigot
du Secteur 15. Des élèves coraniques
en balade découvrirent le butin attaché
sur les branches du manguier. Par curiosité,
ils détachèrent le fameux sachet
et découvrirent, éberlués,
des billets de banques.
De tractation en tractation, les élèves
coraniques décidèrent de remettre
l’argent à leur maître coranique
qui n’est autre que El Hadj Barra Abdoulaye.
Selon une certaine source, les élèves
ne se seraient pas privés de se «
servir » avant de remettre le reste de l’argent
à leur maître.
Ce dernier, par ignorance, n’a pas eu le
réflexe de faire une déclaration
à la police ou à la gendarmerie.
Le maître coranique et son ami décidèrent
de faire un communiqué radio mais à
ce niveau, on les découragea pour la simple
raison qu’un fautif pourrait s’arroger
la paternité de cette manne.
Ils rebroussèrent chemin pour faire un
communiqué à la Mosquée.
Entre temps, des éléments de la
section de recherche de la brigade de gendarmerie
de Bobo-Dioulasso finirent par mettre hors d’état
de nuire, le délinquant qui avait volé
l’argent du couple américain. Il
reconnaîtra aussitôt les faits et
expliqua où il avait caché l’argent.
Arrivé sur les lieux, les éléments
du Capitaine Poda et le délinquant n’ont
fait que constater la disparition du fameux sachet
noir. Comme nous l’avons si bien dit dans
un de nos articles précédents, tout
se sait tôt ou tard en savane herbeuse.
Entre temps, les éléments de la
section de recherche de gendarmerie finiront par
mettre la main sur les enfants qui ont détaché
le sachet. Ils reconnaîtront les faits et
diront sans ambages que l’argent serait
en lieu sûr, avec leur maître coranique.
Interpellé, ce dernier reconnaîtra
les faits et remis l’argent que les enfants
lui avaient confié. On constata un manquant
d’environ 700.000 f sur les 2.000.000 f.
On demanda à El Hadj Barra de s’acquitter
de la somme manquante. Etonné et irrité
à la fois, l’infortuné persiste
et signe : il n’a pas dépensé
un centime de l’argent remis par les enfants.
On connaît la suite : il
fut déféré manu militari
à la maison d’arrêt et de correction
de Bobo.
La nouvelle se répandit comme une traînée
de poudre, et ce 12 avril, l’enceinte de
la section de recherche de gendarmerie de Bobo
a dû refuser du monde : hommes, femmes,
jeunes et vieux, sont sortis des quatre coins
du secteur 15 extension (quartier Lomé)
pour manifester leur mécontentement à
cette décision de justice. Le verdict tomba
et l’infortuné El Hadj Barra Abdoulaye
est condamné à 12 mois d’emprisonnement
ferme, assorti de 300.000 f d’amende.
Selon une certaine source, le voleur qui s’est
emparé de l’argent a été
mis en liberté provisoire le 24 avril passé
pour la simple raison qu’il est en classe
d’examen. Condamné au départ
à 6 mois d’emprisonnement ferme,
le délinquant qui se trouve être
le fils du gardien du couple américain,
vient de recouvrer sa liberté pour la raison
sus évoquée au détriment
de l’infortuné El hadj Barra qui
est en train, lui, de purger sa peine de 12 mois
d’emprisonnement ferme, assortie d’une
amende de 300.000 FCFA.
A notre humble avis, c’est vrai, Barra Abdoulaye
n’est pas un élève pour bénéficier
de circonstances atténuantes, mais il faut
reconnaître qu’il a tout de même
une dignité à défendre avec
le rang social qu’il occupe.
Pour marquer leur désapprobation, nous
avons appris que de nombreux habitants du secteur
du El Hadj, ne se seraient pas rendus aux urnes.
Décidément, le Burkina semble être
sous l’emprise d’une frénésie
qui ne dit pas son nom. C’est vrai, comparaison
n’est pas raison mais une chose est sûre
: il faudrait que les autorités en charge
de la machine judiciaire prennent leur courage
à deux mains afin de parer à l’irréparable.
Qui vivra, verra. Affaire à suivre…
S.
Diabo