San
Finna N°413 du
14 au 20 Mai 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
LE
PARTI DEMOCRATE : NOUVEAU VENU SEUL AU MILIEU DE L’ECHIQUIER
POLITIQUE
François
Bayrou a profité jeudi du conseil national de l’UDF
pour créer un nouveau parti centriste : le mouvement
démocrate. Quant aux députés UDF
sortants, ils devraient se présenter aux législatives
de juin prochain sous le label majorité présidentielle
créé à l’UMP. Explications.
Soutenu
lors du premier tour de la campagne présidentielle
par plus de 6 millions d’électeurs, François
Bayrou a souhaité poursuivre dans la voie du candidat
anti-système. Et a créé jeudi un
nouveau parti centriste qu’il veut voir composé
de sensibilités de gauche comme de droite : le
parti démocrate. Persuadé que l’UMP
sortira des élections législatives avec
la majorité absolue à l’Assemblée
nationale, François Bayrou a expliqué jeudi
vouloir faire de son parti un contre-pouvoir. «
L’UMP va avoir sans aucune exception tous les leviers
de commande en France ». Lors du conseil national
de l’UDF, il a ajouté : « tout
cela constitue un pouvoir comme il n’y en a jamais
eu en France. En face de ce pouvoir, il faut des contre-pouvoirs,
pas forcément des contre-pouvoirs négatifs
ou de destruction. Moi je veux établir une nouvelle
règle du jeu : quand c’est bien on le dit,
quand ce n’est pas bien on vote non ».
Selon Marielle de Sarnez, la proche collaboratrice de
François Bayrou, « le mouvement va présenter
des candidats dans toutes les circonscriptions (577).
Et ce que j’espère c’est qu’on
arrivera premier ou deuxième pour pouvoir aller
tout seul au deuxième tour et pouvoir avoir un
groupe avec des hommes libres, indépendants et
autonomes à l’Assemblée. La France
en a bien besoin ».
Aussi dans chaque circonscription, les candidats du centre
se présenteront sous le label MD. Quant aux 23
députés de l’UDF ayant rallié
Nicolas Sarkozy lors du second tour, qui continuent de
tourner le dos à leur ancien mentor (François
Bayrou ayant fait le choix de ne pas voter Nicolas Sarkozy
au second tour de la présidentielle), la plupart
devraient se présenter aux élections législatives
sous l’étiquette majorité présidentielle.
Nicolas Sarkozy a en effet supervisé la rédaction
d’une charte présidentielle, synthèse
du programme de l’UMP et des déclarations
du nouveau président de la République pendant
sa campagne. La charte définit par ailleurs un
label majorité présidentielle réservé
aux candidats de tous bords qui parapheront le texte et
se plieront aux conditions d’attribution du label
que fixe le texte (obligation de voter les principaux
textes gouvernementaux à venir à commencer
par le budget, interdiction de se prononcer pour un vote
de censure). En contrepartie, l’UMP s’engage
à ne pas présenter de candidat dans les
circonscriptions qui enregistreront déjà
une candidature estampillée majorité présidentielle.
Le compromis concerne avant tout les députés
UDF sortants ralliés à Nicolas Sarkozy.
Qui aujourd’hui se décrédibiliseraient
s’ils venaient à intégrer le mouvement
démocrate de François Bayrou. Pour le ministre
UDF de l’Education nationale Gilles de Robien, le
mouvement démocrate lancé par François
Bayrou « n’a pas d’espace politique
». « Comme il l’avait annoncé,
Nicolas Sarkozy souhaite élargir sa majorité
et voir se constituer un pôle centriste adhérent
à sa plate-forme présidentielle »
poursuit le ministre. Gilles de Robien s’était
prononcé un peu plus tôt dans la semaine
en faveur de la création d’un nouveau parti
de centre droit qui devra être « totalement
loyal à la majorité, autonome et indépendant,
y compris financièrement » a-t-il rappelé
dans une interview accordée vendredi au Figaro.
Le MD ne suscitant pas vraiment l’adhésion,
François Bayrou est de plus en plus seul au beau
milieu de l’échiquier politique. Le centriste
affirme pourtant avoir déjà enregistré
plus de 27 000 adhésions au MD. Et pour l’heure,
il n’envisage aucune tractation politique avec l’UMP
ou le PS. Aux électeurs de trancher…
La
présidence commence à Malte
Au lendemain du plébiscite qui l’a
sacré Président de la République,
Nicolas Sarkozy s’est retiré trois
jours à Malte, sur un bateau luxueux appartenant
à Vincent Bolloré, un gros industriel
français. L’escapade luxueuse du nouveau
Président de la République, chiffrée
à environ 140 000 euros, a été
clairement pointée du doigt à gauche.
« Moi ce qui m’intéresse, sans
tomber dans je ne sais quelle polémique,
c’est de savoir si c’est la République
qui paie. On avait pensé que la présidence
Chirac était terminée, que c’était
sans doute ce que Nicolas Sarkozy appelait la rupture,
mais je constate qu’on est plutôt dans
la continuité » a remarqué François
Hollande, premier secrétaire du PS. Nicolas
Sarkozy s’est empressé de répondre
que ces trois jours de repos n’avaient pas
coûté un sou au contribuable français.
Et aux critiques qui regrettaient la connivence
entre le nouveau président de la République
et l’industriel français Vincent Bolloré,
Nicolas Sarkozy a affirmé que l’Etat
n’avait jamais travaillé avec Vincent
Bolloré. Des propos que contredit un article
du Monde paru vendredi. On apprend alors que «
SDV, la filiale du groupe Bolloré a obtenu
le 10 août 2006 l’attribution du marché
du traitement de la valise diplomatique fret par
le ministère des affaires étrangères
selon l’annonce 368 publiée le 6 novembre
2006 dans le bulletin officiel des annonces de marchés
publics. « Ce marché est un contrat
sensible au sens de l’arrêté
du 18 avril 2005 (…) relatif aux conditions
de protection du secret et des informations concernant
la défense nationale et la sûreté
de l’Etat dans les contrats » précise
l’annonce ». Le Monde ajoute : «
la valeur totale estimée de ce marché
est comprise entre 1,4 million et 5,6 millions d’euros,
hors taxe ». Le quotidien relève par
ailleurs l’attribution d’autres marchés
publics de moindres valeurs au groupe Bolloré.