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San Finna N°413 du 14 au 20 Mai 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

Tribune de la femme

* Nicolas Sarkozy n’avait pas encore prêté serment qu’il était sur la sellette la semaine dernière. En décidant d’aller dîner le soir même au célèbre restaurant pour richards, le célèbre Fouquet’s, il a attiré sur lui les foudres de ses adversaires, et comme il a choisi d’aller à Malte s’y reposer dans un yacht, les quolibets y sont allés de plus fort. Mais l’homme est resté stoïque : ce n’est pas parce qu’on est président qu’on doit renier des amitiés vieilles de 20 ans et la croisière n’est pas imputée sur le budget de l’Etat.

* La France, malgré ce qu’on en dit, n’a pas vu son niveau de pratique démocratique tomber à zéro. La preuve, la polémique médiatisée autour de la sortie du nouveau président sur Bolloré qui n’aurait pas bénéficié de marchés d’Etat. Eh bien, comme au plus fort de la campagne électorale, c’est une véritable volée de preuves contraires qu’il reçoit, avec dates et objets des contrats à l’appui, qu’on peut lire dans de nombreux médias français : Bolloré est actionnaire de la Société française de production (SFP), qui bénéficie de commandes publiques ; la SDV, filiale logistique du groupe Bolloré, a obtenu ne serait-ce que le 10 août 2006 l'attribution du marché du traitement de la valise diplomatique fret par le ministère des Affaires étrangères...

* Nous avons reçu par Internet, ce message un peu haché et même pas terminé sur la situation de Burkinabé qui seraient emprisonnés en Guinée Equatoriale. Que les autorités se renseignent toujours car peut-être n’est-ce pas une nouvelle sans fondement, et comme il y va de la vie de nos compatriotes à l’extérieur, il faut se décarcasser pour savoir si c’est du sérieux. Nous espérons également que des précisions nous seront apportées rapidement à cet Internaute que nous avons relancé. Voici le message in extenso, sans correction des fautes : « bonjour mr le rédacteur de sanfinna en effet plusieurs centaines des burkinabes croupissent dans les geoles en guinee equatoriale. les prisons centrales de malabo(capitale politique)ils sont entasser comme des exclaves a l'instar des camps de concentration de hitler ,ils ne sont ni rappatrier ni liberer et les forces de l'ordre equatoguinennes refusent qu'ont leur apporte de la nouriture. plus grave la fammeuse prison appelee black beach est pleine a craquer a tel point que des disaines tombes il ya des morts non identifiees la situation est tellement j'appel au ».

* Dans le numéro 2417 du 6 au 12 Mai 2007 de Jeune Afrique, on peut lire dans la rubrique « Le Plus de J.A. », pas moins de 22 pages consacrées au Burkina Faso et à son régime ! En cette période électorale, il fallait certainement faire le « grand jeu ». Alors, on a commencé par une immense photo de militants arborant des tee-shirts CDP pour bien impacter le lectorat, on a continué avec des articles sur la croissance au pays des hommes intègres malgré les aléas internes et externes. Puis, la parole a été donnée au premier Ministre qui a expliqué que la victoire du CDP serait largement méritée puisqu’il est quasiment le seul parti organisé. L’hebdo a réservé un sous-titre relatif à ce « taux de croissance à 2 chiffres » espéré par les autorités. On ne coupera pas avec 4 pages sur El Hadj Oumarou Kanazoé, son dynamisme, son sens des affaires. Puis on se félicitera de ce « retour vers l’or » expliquant qu’il y a « relance des sites fermés ». Ne sera pas oublié ce « courant qui passe avec Abidjan ». Et si le coton est dans le « rouge », on se rattrapera juste sous cet article pour dire que le « bio » pratiqué au Burkina devrait « intéresser à l’avenir », bref être porteur. Ensuite, viendra un article sur « L’atout des fruits et légumes » (ce qui fait, entre parenthèses, se souvenir justement que la presse nationale a parlé il y a peu, concernant ces secteurs, de « filières à sec » !). Et pour finir, un petit mot bien sympathique sur ce « tourisme, hors des sentiers battus » avec, cerise sur le gâteau, une mention spéciale sur ce Burkina Faso, véritable «carrefour ouest africain ». Ca a coûté combien tout ça, pour l’un des trois pays les plus pauvres de la planète ? On n’en sait rien mais certainement un « max » ! En tout cas, pas de problème de santé pour Jeune Afrique qui a trouvé aussi il y a peu, un nouveau type de publi-reportage axé sur les organisations régionales et sous-régionales. Il fallait y penser ! Bravo Béchir !

* Le crash de l’avion de Kenya Airways aurait, selon « Le Messager », journal camerounais, été victime de sabotage : «Les islamistes kenyans ont pu saboter l'appareil pour se venger de l'arrestation au Kenya et l'extradition vers les Etats-Unis de membres d'Al-Qaeda". Bref, le mot fatidique de « terrorisme », même avec prudence, est avancé. Vivement qu’on sache la vérité !

* On se souvient que pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal avaient fustigé l’attitude du pouvoir libyen par rapport au dossier des infirmières bulgares condamnée à mort en Libye. Et beaucoup y avaient vu du courage et souhaitaient en cas d’élection, que ce langage de vérité soit maintenu. Eh bien, un journal libyen vient de mettre en garde Nicolas Sarkozy, devenu président, « même si les relations libyo-françaises devaient s’en ressentir », contre tout marchandage sur cette affaire. Le journal rappelle le langage hostile du président français par rapport aux immigrés et ses liens étroits avec Israël qu’il glorifie régulièrement. Décidément, le numéro un français a chaud avant même d’avoir prêté serment ! Espérons que sur ce dossier des infirmières, Nicolas Sarkozy n’hésitera pas, même si la France doit en pâtir un peu au niveau économique, à se mettre du côté de ces pauvres femmes !

* Nous relations récemment que chez nous, les travaux d’électricité entrepris entre Kodeni (Bobo-Dioulasso) et Zagtouli, près de Ouagadougou s’avéraient être un chantier gigantesque financé notamment par plusieurs groupes financiers. Sidwaya du 5 février 2007 avait parlé d’une convention entre la SONABEL et INEO énergie export, sans préciser qu’il s’agissait d’une filiale d’un groupe français. Eh bien, nous apprenons par « Africa Energy Intelligence » du 14/03/2007 que Ineo Energie, qui va poser cette la ligne de 225 KV, est bel et bien une filiale du groupe français Suez. La France aide donc mais il en ressort toujours au final, quelque chose pour elle : eh oui, les affaires sont les affaires !

* Le Pape Benoît XVI était au Brésil le 11 mai dernier. Cette visite, tout le monde le reconnaît, visait notamment à lutter contre la montée des Evangélistes et des Pentecôtistes qui font un tabac dans ce pays en aidant au plan social, comme jamais, les familles, détournant ainsi de l’Eglise catholique, un nombre chaque jour croissant, de fidèles. Ca a été l’occasion de canoniser Frère Antoine Galvao, qui devient ainsi le premier Saint natif du Brésil. On peut se poser des questions sur un des miracles qu’il a accomplis : guérir un malade souffrant de calculs rénaux en lui faisant avaler trois petits papiers sur lesquels il avait inscrit la phrase «"Post partum Virgo Inviolata permansisti : Dei Genitrix intercede pro nobis" (Après l'accouchement, Vierge, tu es restée immaculée : Mère de Dieu intercède en notre faveur), mais c’est ainsi. Sans compter qu’il avait à son crédit, la guérison, en 1990, d'une fillette de 4 ans souffrant d'hépatite et, celle en 1999, d’une d'une femme en grossesse souffrant d'une malformation de l'utérus. La cérémonie de canonisation du Frère Galvao a rassemblé plus d’un million de personnes. Pari qui semble donc réussi pour Benoît XVI.

* Dans le « Nouvel Observateur » du 11 mai 2007, nous apprenons que dans l’Affaire Borrel, « le comité de soutien de la veuve du magistrat retrouvé mort en 1995 à Djibouti affirme qu'un ‘témoin capital’, un ancien militaire français détenant des informations sur la mort du magistrat, est actuellement détenu par les autorités djiboutiennes ». Si c’est vrai, ça risque de faire du bruit et surtout de relancer le dossier !

* Le nouvel Afrique Education est tombé mais curieusement, on ne le trouve pas sur le marché. VERIFIER. Est-ce parce qu’il a été censuré ou est-ce parce qu’on aurait tout acheté pour livrer aux flammes ? On ne saurait le dire. Ce qui est sûr, c’est que le numéro (227 du 1er au 15 mai 2007), serait passé entre les mailles du filet puisqu’on voit circuler, encore une fois comme des petits pains, des copies de l’article qui parle encore et toujours des soucis de Blaise Compaoré. On y apprend pas mal de choses. Que ce n’est pas de gaieté de cœur que le chef de l’Etat a consenti à être médiateur dans la crise ivoirienne mais qu’un faisceau de contraintes l’a forcé à reprendre entre ses mains, sa patate chaude. Sous la plume de K. Sylvain Kassé, il ressort que l’entourage du Procureur du Tribunal spécial sur la Sierra leone, Christopher Staker, « devrait dans les mois à venir, envoyer une lettre à Blaise Compaoré, pour être entendu dans l’affaire Taylor ». Ce, nous apprend Afrique Education, « en attendant sa mise en accusation personnelle sur les 7.000 pages de son dossier d’inculpation pour crimes organisés, violations systématiques des droits fondamentaux de l’homme ». Pour sûr, les Chancelleries doivent travailler à fond car l’Affaire Taylor est une grande entreprise de prédation en réunion qui implique, au-delà de la capitale burkinabé, bien d’autres africaines et occidentales. La position de Nicolas Sarkozy sur le dossier, on le voit bien, sera décisive quant à l’éclatement de la vérité et à l’avancée du droit pénal international.

SPECIAL COCKTAIL FLASH SUR LES ELECTIONS

* Chez nous, le Conseil supérieur de la communication a échangé avec les médias et les partis politiques sur la couverture médiatique de la campagne. Sa conclusion, c’est que tout s’est globalement bien passé. Le CSC n’a guère insisté sur les déséquilibres de la couverture médiatique au profit du parti au pouvoir. Il a d’ailleurs essayé de rattraper ce dernier en estimant que ce n’est qu’ « un déséquilibre apparent qui s’expliquerait plus par le dynamisme contrasté des partis sur le terrain et à leur stratégie de campagne » (in Le Pays du 11 mai 2007). Bref, le CDP est plus fort et plus intelligent que les autres ! Quand on sait que des partis appelaient en vain la TNB pour couvrir leurs activités, quand on sait que le dernier jour de campagne, la TNB a couvert pas moins de 5 reportages pour le seul CDP, c’est triste de ne pas vouloir reconnaître tout simplement que le grand gagnant de cette couverture médiatique, c’est le CDP !
- Le MBDHP a observé qu’il y a eu des fraudes lors de ces élections du 6 mai. Il a même suggéré un « toilettage sérieux du fichier électoral », la reprise partielle du scrutin au Yatenga, au Houët et au Boulkiemdé « au regard des fraudes massives ». Il n’a pas non plus oublié de préconiser les candidatures indépendantes. Bravo au MBDHP mais les candidatures indépendantes, si utiles soient-elles, devraient être une préoccupation secondaire par rapport au fait principal des fraudes d’Etat, par rapport à la dénaturation du processus électoral par les instruments électoraux liges du pouvoir, par une justice aux ordres, une caporalisation des pouvoirs constitutionnels qui donne libre champ au dévoiement des institutions démocratiques. Les candidatures indépendantes, d’accord, mais la réforme des institutions d’abord ! L’ordre de priorité contraire serait mettre un cautère sur une jambe de bois !

* On parle de la reprise des élections dans certaines villes comme Ouahigouya, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou et Koudougou. L’impact des fraudes dans ces quatre villes qui justifie une reprise des partielles, n’est pas compréhensible dans la mesure où la fraude agit, en raison de l’ampleur et des populations touchées, sur l’ensemble du scrutin national. Par ailleurs, il s’agit moins d’une reprise de scrutin que d’une relecture des textes électoraux pour permettre d’expurger le processus électoral de tous ses scories avant toute autre expérience électorale. Bref, c’est la pause qui s’impose !

* C’est un détail mais beaucoup ont remarqué que les cartes d’invitation de la CENI pour assister à la cérémonie de proclamation des résultats des élections à Ouaga 2000, au lieu d’être sobres, se présentaient exactement comme des invitations à un mariage, ce qui était du plus mauvais goût ! Par ailleurs, c’étaient des cartes « haut de gamme », ce qui a fait penser que la CENI, qui crie à la misère et refuse même de payer les frais des délégués des partis comme on l’a vu aux dernières municipales, ne manque finalement certainement pas d’argent !

* Justement, sur ce point des prises en charge des délégués, des hommes politiques comme Hermann Yaméogo se sont battus pour arracher la prise en charge par l’Etat des délégués des partis dans les bureaux de vote. La chose ne pouvait pas être refusée à l’époque, crise Norbert Zongo oblige ! Alors, à son habitude, le pouvoir a donné d’une main pour reprendre de l’autre. Il a accepté le principe pour l’assortir par la suite de conditionnalités : celle du préfinancement par les partis. Si ce n’est de la mauvaise volonté, pour ne pas dire plus, comment peut-on demander à des partis désargentés de pré financer cette prise en charge ? D’ailleurs, la preuve que c’est de mauvaise grâce que la mesure a été accordée, c’est que depuis, cette prise en charge est tombée dans les oubliettes, ce qui met les partis riches et ceux qui ne le sont pas en total déséquilibre. Par voie de conséquence, cela ouvre royalement la porte à la fraude ! Les demandes des opposants étaient (et sont toujours) claires : tous les délégués des partis doivent être pris en charge par la CENI et le jour même du vote, à la clôture des opérations.

* Beaucoup on noté qu’en sus de son hold-up électoral, le pouvoir s’est permis, cerise sur le gâteau et comme pour narguer le peuple, d’imposer dans une province, Hyacinthe Kafando dont le seul nom fait trembler. Il deviendra, qu’on le veuille ou non, un « Honorable » !

* L’UNDD, qui n’est pas du tout étonnée du sort qu’on lui a fait à l’élection, prépare sereinement un film. Nous y reviendrons.

* A ce sujet, le bien connu El Hadj Oumarou Kanazoé, qui n’en finit pas de se réjouir de l’absence de l’UNDD à l’Assemblée, aurait dit haut et fort que maintenant, Hermann Yaméogo perdra son ami, Laurent Gbagbo. A méditer ici et ailleurs !

* Depuis la tenue de son Bureau Exécutif National à Dano le 18 février 2007 et depuis que la décision a été prise de saisir un avocat pour attaquer l’institution de 15 circonscriptions à siège unique, l’UNDD n’a pas varié. Le parti vient effectivement de demander à son avocat d’initier une procédure pour dénoncer la violation de la loi qui prévoit pour les élections un scrutin de liste à la proportionnelle et au plus fort reste alors qu’avec les circonscriptions à siège unique, c’est un scrutin uninominal qui a cours, à la majorité à un tour.





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