*
Nicolas Sarkozy n’avait pas encore prêté
serment qu’il était sur la sellette la
semaine dernière. En décidant d’aller
dîner le soir même au célèbre
restaurant pour richards, le célèbre Fouquet’s,
il a attiré sur lui les foudres de ses adversaires,
et comme il a choisi d’aller à Malte s’y
reposer dans un yacht, les quolibets y sont allés
de plus fort. Mais l’homme est resté stoïque
: ce n’est pas parce qu’on est président
qu’on doit renier des amitiés vieilles
de 20 ans et la croisière n’est pas imputée
sur le budget de l’Etat.
* La France, malgré ce qu’on en dit, n’a
pas vu son niveau de pratique démocratique tomber
à zéro. La preuve, la polémique
médiatisée autour de la sortie du nouveau
président sur Bolloré qui n’aurait
pas bénéficié de marchés
d’Etat. Eh bien, comme au plus fort de la campagne
électorale, c’est une véritable
volée de preuves contraires qu’il reçoit,
avec dates et objets des contrats à l’appui,
qu’on peut lire dans de nombreux médias
français : Bolloré est actionnaire de
la Société française de production
(SFP), qui bénéficie de commandes publiques
; la SDV, filiale logistique du groupe Bolloré,
a obtenu ne serait-ce que le 10 août 2006 l'attribution
du marché du traitement de la valise diplomatique
fret par le ministère des Affaires étrangères...
* Nous avons reçu par Internet, ce message un
peu haché et même pas terminé sur
la situation de Burkinabé qui seraient emprisonnés
en Guinée Equatoriale. Que les autorités
se renseignent toujours car peut-être n’est-ce
pas une nouvelle sans fondement, et comme il y va de
la vie de nos compatriotes à l’extérieur,
il faut se décarcasser pour savoir si c’est
du sérieux. Nous espérons également
que des précisions nous seront apportées
rapidement à cet Internaute que nous avons relancé.
Voici le message in extenso, sans correction des fautes
: « bonjour mr le rédacteur de sanfinna
en effet plusieurs centaines des burkinabes croupissent
dans les geoles en guinee equatoriale. les prisons centrales
de malabo(capitale politique)ils sont entasser comme
des exclaves a l'instar des camps de concentration de
hitler ,ils ne sont ni rappatrier ni liberer et les
forces de l'ordre equatoguinennes refusent qu'ont leur
apporte de la nouriture. plus grave la fammeuse prison
appelee black beach est pleine a craquer a tel point
que des disaines tombes il ya des morts non identifiees
la situation est tellement j'appel au ».
* Dans le numéro 2417 du 6 au 12 Mai 2007 de
Jeune Afrique, on peut lire dans la rubrique «
Le Plus de J.A. », pas moins de 22 pages consacrées
au Burkina Faso et à son régime ! En cette
période électorale, il fallait certainement
faire le « grand jeu ». Alors, on a commencé
par une immense photo de militants arborant des tee-shirts
CDP pour bien impacter le lectorat, on a continué
avec des articles sur la croissance au pays des hommes
intègres malgré les aléas internes
et externes. Puis, la parole a été donnée
au premier Ministre qui a expliqué que la victoire
du CDP serait largement méritée puisqu’il
est quasiment le seul parti organisé. L’hebdo
a réservé un sous-titre relatif à
ce « taux de croissance à 2 chiffres »
espéré par les autorités. On ne
coupera pas avec 4 pages sur El Hadj Oumarou Kanazoé,
son dynamisme, son sens des affaires. Puis on se félicitera
de ce « retour vers l’or » expliquant
qu’il y a « relance des sites fermés
». Ne sera pas oublié ce « courant
qui passe avec Abidjan ». Et si le coton est dans
le « rouge », on se rattrapera juste sous
cet article pour dire que le « bio » pratiqué
au Burkina devrait « intéresser à
l’avenir », bref être porteur. Ensuite,
viendra un article sur « L’atout des fruits
et légumes » (ce qui fait, entre parenthèses,
se souvenir justement que la presse nationale a parlé
il y a peu, concernant ces secteurs, de « filières
à sec » !). Et pour finir, un petit mot
bien sympathique sur ce « tourisme, hors des sentiers
battus » avec, cerise sur le gâteau, une
mention spéciale sur ce Burkina Faso, véritable
«carrefour ouest africain ». Ca a coûté
combien tout ça, pour l’un des trois pays
les plus pauvres de la planète ? On n’en
sait rien mais certainement un « max » !
En tout cas, pas de problème de santé
pour Jeune Afrique qui a trouvé aussi il y a
peu, un nouveau type de publi-reportage axé sur
les organisations régionales et sous-régionales.
Il fallait y penser ! Bravo Béchir !
* Le crash de l’avion de Kenya Airways aurait,
selon « Le Messager », journal camerounais,
été victime de sabotage : «Les islamistes
kenyans ont pu saboter l'appareil pour se venger de
l'arrestation au Kenya et l'extradition vers les Etats-Unis
de membres d'Al-Qaeda". Bref, le mot fatidique
de « terrorisme », même avec prudence,
est avancé. Vivement qu’on sache la vérité
!
* On se souvient que pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy
et Ségolène Royal avaient fustigé
l’attitude du pouvoir libyen par rapport au dossier
des infirmières bulgares condamnée à
mort en Libye. Et beaucoup y avaient vu du courage et
souhaitaient en cas d’élection, que ce
langage de vérité soit maintenu. Eh bien,
un journal libyen vient de mettre en garde Nicolas Sarkozy,
devenu président, « même si les relations
libyo-françaises devaient s’en ressentir
», contre tout marchandage sur cette affaire.
Le journal rappelle le langage hostile du président
français par rapport aux immigrés et ses
liens étroits avec Israël qu’il glorifie
régulièrement. Décidément,
le numéro un français a chaud avant même
d’avoir prêté serment ! Espérons
que sur ce dossier des infirmières, Nicolas Sarkozy
n’hésitera pas, même si la France
doit en pâtir un peu au niveau économique,
à se mettre du côté de ces pauvres
femmes !
* Nous relations récemment que chez nous, les
travaux d’électricité entrepris
entre Kodeni (Bobo-Dioulasso) et Zagtouli, près
de Ouagadougou s’avéraient être un
chantier gigantesque financé notamment par plusieurs
groupes financiers. Sidwaya du 5 février 2007
avait parlé d’une convention entre la SONABEL
et INEO énergie export, sans préciser
qu’il s’agissait d’une filiale d’un
groupe français. Eh bien, nous apprenons par
« Africa Energy Intelligence » du 14/03/2007
que Ineo Energie, qui va poser cette la ligne de 225
KV, est bel et bien une filiale du groupe français
Suez. La France aide donc mais il en ressort toujours
au final, quelque chose pour elle : eh oui, les affaires
sont les affaires !
* Le Pape Benoît XVI était au Brésil
le 11 mai dernier. Cette visite, tout le monde le reconnaît,
visait notamment à lutter contre la montée
des Evangélistes et des Pentecôtistes qui
font un tabac dans ce pays en aidant au plan social,
comme jamais, les familles, détournant ainsi
de l’Eglise catholique, un nombre chaque jour
croissant, de fidèles. Ca a été
l’occasion de canoniser Frère Antoine Galvao,
qui devient ainsi le premier Saint natif du Brésil.
On peut se poser des questions sur un des miracles qu’il
a accomplis : guérir un malade souffrant de calculs
rénaux en lui faisant avaler trois petits papiers
sur lesquels il avait inscrit la phrase «"Post
partum Virgo Inviolata permansisti : Dei Genitrix intercede
pro nobis" (Après l'accouchement, Vierge,
tu es restée immaculée : Mère de
Dieu intercède en notre faveur), mais c’est
ainsi. Sans compter qu’il avait à son crédit,
la guérison, en 1990, d'une fillette de 4 ans
souffrant d'hépatite et, celle en 1999, d’une
d'une femme en grossesse souffrant d'une malformation
de l'utérus. La cérémonie de canonisation
du Frère Galvao a rassemblé plus d’un
million de personnes. Pari qui semble donc réussi
pour Benoît XVI.
* Dans le « Nouvel Observateur » du 11 mai
2007, nous apprenons que dans l’Affaire Borrel,
« le comité de soutien de la veuve du magistrat
retrouvé mort en 1995 à Djibouti affirme
qu'un ‘témoin capital’, un ancien
militaire français détenant des informations
sur la mort du magistrat, est actuellement détenu
par les autorités djiboutiennes ». Si c’est
vrai, ça risque de faire du bruit et surtout
de relancer le dossier !
* Le nouvel Afrique Education est tombé mais
curieusement, on ne le trouve pas sur le marché.
VERIFIER. Est-ce parce qu’il a été
censuré ou est-ce parce qu’on aurait tout
acheté pour livrer aux flammes ? On ne saurait
le dire. Ce qui est sûr, c’est que le numéro
(227 du 1er au 15 mai 2007), serait passé entre
les mailles du filet puisqu’on voit circuler,
encore une fois comme des petits pains, des copies de
l’article qui parle encore et toujours des soucis
de Blaise Compaoré. On y apprend pas mal de choses.
Que ce n’est pas de gaieté de cœur
que le chef de l’Etat a consenti à être
médiateur dans la crise ivoirienne mais qu’un
faisceau de contraintes l’a forcé à
reprendre entre ses mains, sa patate chaude. Sous la
plume de K. Sylvain Kassé, il ressort que l’entourage
du Procureur du Tribunal spécial sur la Sierra
leone, Christopher Staker, « devrait dans les
mois à venir, envoyer une lettre à Blaise
Compaoré, pour être entendu dans l’affaire
Taylor ». Ce, nous apprend Afrique Education,
« en attendant sa mise en accusation personnelle
sur les 7.000 pages de son dossier d’inculpation
pour crimes organisés, violations systématiques
des droits fondamentaux de l’homme ». Pour
sûr, les Chancelleries doivent travailler à
fond car l’Affaire Taylor est une grande entreprise
de prédation en réunion qui implique,
au-delà de la capitale burkinabé, bien
d’autres africaines et occidentales. La position
de Nicolas Sarkozy sur le dossier, on le voit bien,
sera décisive quant à l’éclatement
de la vérité et à l’avancée
du droit pénal international.
SPECIAL COCKTAIL FLASH SUR LES ELECTIONS
*
Chez nous, le Conseil supérieur de la communication
a échangé avec les médias et les
partis politiques sur la couverture médiatique
de la campagne. Sa conclusion, c’est que tout
s’est globalement bien passé. Le CSC n’a
guère insisté sur les déséquilibres
de la couverture médiatique au profit du parti
au pouvoir. Il a d’ailleurs essayé de rattraper
ce dernier en estimant que ce n’est qu’
« un déséquilibre apparent qui s’expliquerait
plus par le dynamisme contrasté des partis sur
le terrain et à leur stratégie de campagne
» (in Le Pays du 11 mai 2007). Bref, le CDP est
plus fort et plus intelligent que les autres ! Quand
on sait que des partis appelaient en vain la TNB pour
couvrir leurs activités, quand on sait que le
dernier jour de campagne, la TNB a couvert pas moins
de 5 reportages pour le seul CDP, c’est triste
de ne pas vouloir reconnaître tout simplement
que le grand gagnant de cette couverture médiatique,
c’est le CDP !
- Le MBDHP a observé qu’il y a eu des fraudes
lors de ces élections du 6 mai. Il a même
suggéré un « toilettage sérieux
du fichier électoral », la reprise partielle
du scrutin au Yatenga, au Houët et au Boulkiemdé
« au regard des fraudes massives ». Il n’a
pas non plus oublié de préconiser les
candidatures indépendantes. Bravo au MBDHP mais
les candidatures indépendantes, si utiles soient-elles,
devraient être une préoccupation secondaire
par rapport au fait principal des fraudes d’Etat,
par rapport à la dénaturation du processus
électoral par les instruments électoraux
liges du pouvoir, par une justice aux ordres, une caporalisation
des pouvoirs constitutionnels qui donne libre champ
au dévoiement des institutions démocratiques.
Les candidatures indépendantes, d’accord,
mais la réforme des institutions d’abord
! L’ordre de priorité contraire serait
mettre un cautère sur une jambe de bois !
* On parle de la reprise des élections dans certaines
villes comme Ouahigouya, Bobo-Dioulasso, Ouagadougou
et Koudougou. L’impact des fraudes dans ces quatre
villes qui justifie une reprise des partielles, n’est
pas compréhensible dans la mesure où la
fraude agit, en raison de l’ampleur et des populations
touchées, sur l’ensemble du scrutin national.
Par ailleurs, il s’agit moins d’une reprise
de scrutin que d’une relecture des textes électoraux
pour permettre d’expurger le processus électoral
de tous ses scories avant toute autre expérience
électorale. Bref, c’est la pause qui s’impose
!
*
C’est un détail mais beaucoup ont remarqué
que les cartes d’invitation de la CENI pour assister
à la cérémonie de proclamation
des résultats des élections à Ouaga
2000, au lieu d’être sobres, se présentaient
exactement comme des invitations à un mariage,
ce qui était du plus mauvais goût ! Par
ailleurs, c’étaient des cartes «
haut de gamme », ce qui a fait penser que la CENI,
qui crie à la misère et refuse même
de payer les frais des délégués
des partis comme on l’a vu aux dernières
municipales, ne manque finalement certainement pas d’argent
!
*
Justement, sur ce point des prises en charge des délégués,
des hommes politiques comme Hermann Yaméogo se
sont battus pour arracher la prise en charge par l’Etat
des délégués des partis dans les
bureaux de vote. La chose ne pouvait pas être
refusée à l’époque, crise
Norbert Zongo oblige ! Alors, à son habitude,
le pouvoir a donné d’une main pour reprendre
de l’autre. Il a accepté le principe pour
l’assortir par la suite de conditionnalités
: celle du préfinancement par les partis. Si
ce n’est de la mauvaise volonté, pour ne
pas dire plus, comment peut-on demander à des
partis désargentés de pré financer
cette prise en charge ? D’ailleurs, la preuve
que c’est de mauvaise grâce que la mesure
a été accordée, c’est que
depuis, cette prise en charge est tombée dans
les oubliettes, ce qui met les partis riches et ceux
qui ne le sont pas en total déséquilibre.
Par voie de conséquence, cela ouvre royalement
la porte à la fraude ! Les demandes des opposants
étaient (et sont toujours) claires : tous les
délégués des partis doivent être
pris en charge par la CENI et le jour même du
vote, à la clôture des opérations.
* Beaucoup on noté qu’en sus de son hold-up
électoral, le pouvoir s’est permis, cerise
sur le gâteau et comme pour narguer le peuple,
d’imposer dans une province, Hyacinthe Kafando
dont le seul nom fait trembler. Il deviendra, qu’on
le veuille ou non, un « Honorable » !
* L’UNDD, qui n’est pas du tout étonnée
du sort qu’on lui a fait à l’élection,
prépare sereinement un film. Nous y reviendrons.
*
A ce sujet, le bien connu El Hadj Oumarou Kanazoé,
qui n’en finit pas de se réjouir de l’absence
de l’UNDD à l’Assemblée, aurait
dit haut et fort que maintenant, Hermann Yaméogo
perdra son ami, Laurent Gbagbo. A méditer ici
et ailleurs !
*
Depuis la tenue de son Bureau Exécutif National
à Dano le 18 février 2007 et depuis que
la décision a été prise de saisir
un avocat pour attaquer l’institution de 15 circonscriptions
à siège unique, l’UNDD n’a
pas varié. Le parti vient effectivement de demander
à son avocat d’initier une procédure
pour dénoncer la violation de la loi qui prévoit
pour les élections un scrutin de liste à
la proportionnelle et au plus fort reste alors qu’avec
les circonscriptions à siège unique, c’est
un scrutin uninominal qui a cours, à la majorité
à un tour.