POINT
DE VUE
BRIGADE VERTE DE OUAGADOUGOU
DEVENUE UNE INSTITUTION
N’EST-IL PAS TEMPS DE SE POSER DES QUESTIONS
?
La
réputation de la structure « Brigade
verte de Ouagadougou », n’arrête-t-on
pas de dire, a franchi les frontières du pays.
C’est vrai que ces femmes qui nettoient la capitale,
communément et abusivement appelées
« femmes de Simon » (NDLR : Simon Compaoré,
maire de la ville de Ouagadougou), font du bon travail
même si on regrette de les voir surtout dans
les artères les plus belles de la capitale
alors que finalement, c’est dans les autres
coins que leur travail sera encore plus efficace.
Mais passons !
Ce qu’ on remarque en tout cas, c’est
que pas un mois ne se passe sans que cette structure
ne reçoive des félicitations, des cadeaux.
Hier encore, en pleine campagne électorale,
on relatait une cérémonie de remise
de fourneaux « roumdé », de pagnes
(ayant eu lieu quelques deux ou trois jours avant
l’ouverture de la campagne), à plus de
1.300 femmes de cette Brigade verte ; aujourd’hui,
c’est le maire d’Istanbul qui offre une
somme d’argent équivalent à 18
tonnes de riz, pour ces « braves » femmes.
Entre leur rémunération et tous ces
avantages en nature, elles sont vraiment gâtées.
Tant mieux pour elles, a-t-on envie de dire, mais
ne faut-il pas voir au-delà de ces femmes,
une volonté de la Mairie de Ouagadougou, de
les instrumentaliser ? Chaque fois qu’on les
voit sur les journaux, dans les médias, elles
sont forcément entourées du maire de
la ville, qu’on montre plus que ces dernières
d’ailleurs. Pour une publicité gratuite
et régulière, on ne pouvait pas trouver
mieux.
Les mauvaises langues, il faut le dire, parlent aussi
de ces femmes comme d’un « bétail
électoral » du CDP. Du reste, elles passent
pour répandre aux passants (dans les secteurs,
et chaque jour qui passe) qu’il faut prier Dieu
pour qu’il garde à la tête du pays,
les hommes qui le gouvernent jusqu’à
la fin de leurs jours sinon le ciel nous tomberait
sur la tête, à tous !
Une enquête serait intéressante pour
situer tout un chacun sur les tenants et aboutissants
de cette structure qu’on glorifie à outrance
au point que si on n’y prend garde, demain un
Prix Nobel de quelque chose n’est pas à
exclure !
Pourquoi en tout cas, est-ce le groupement de femmes
à Ouagadougou dont on entend le plus parler
? Que font-elles de plus que d’autres groupements
tout aussi dynamiques et qui n’ont pas droit
à la lumière des médias ? Mystère
et boule de gomme !
Bernadette
Ouédraogo
Secteur 14
Ouagadougou
HYGIENE
ENVIRONNEMENTALE
LE CAS DE BOBO-DIOULASSO
Bobo-Dioulasso
est une ville sale voire très sale. Il n’y
a qu’à faire un tour en ville pour s’en
convaincre. Si ce ne sont des tas d’ordures
à même les rues, ce sont des puits perdus
irrespirables, des canaux d’écoulements
d’eaux de pluie nauséabonds ou même
des vidanges de WC qui vous disent bonjour. A qui
la faute, serait-on tenté de dire.
Aux
autorités communales en tout premier lieu,
lesquelles autorités ne disposent pas à
notre sens d’infrastructures nécessaires
à l’accomplissement de la tâche
de propreté de la ville. Les camions bennes
et le personnel chargé de l’enlèvement
des ordures sont certainement en nombre insuffisant
et les zones aménagées pour le dépôt
des ordures sont quasi-inexistantes. De plus, sur
un tout autre plan, la sensibilisation de la population
à l’hygiène de l’environnement
et du cadre de vie semble insuffisante .
A titre d’exemple, les attributions de la section
« voirie » de la municipalité restent
royalement ignorées par les populations. La
responsabilité du manque d’hygiène
au niveau de la ville de Bobo-Dioulasso peut être
située en second lieu, au niveau d’un
service technique dénommé « service
d’hygiène ». Qu’il y ait
dans une cité un service portant une telle
dénomination et que l’on sente un manque
d’hygiène total au sein de cette cité,
cela relève à la limite d’une
fuite de responsabilité de la part d’un
tel service . Il est certain que comparaison n’est
pas raison, mais force est de constater que lors de
notre séjour dans une ville comme Ouagadougou
, nous avons eu la chance de rencontrer sur le terrain
des agents de ce service , à l’opposé
de ceux de Bobo-Dioulasso qui semblent briller par
leur absence sur le terrain .
Malgré les efforts inlassables des amazones
de la salubrité du maire Salia Sanou de la
commune de Bobo-Dioulasso , la ville de Sya reste
l’ombre d’elle-même .
Pour terminer, on ne peut juger les populations exemptes
de tout reproche : l’esprit d’hygiène
manque cruellement au niveau des populations qui ne
reculent devant aucune situation , dans ce domaine
là . Les ordures sont jetées un peu
partout dans les rues, les puits perdus anarchiquement
creusés et le comble dans tout cela, c’est
que les WC sont vidangés à l’arrière
des cours rendant la circulation pénible pour
les personnes
sensibles aux mauvaises odeurs.
Une telle situation requiert à notre avis une
prise de conscience réelle de la part des différents
acteurs : que les services de la mairie interdisent
la vidange des WC à l’arrière
des concessions, que le service d’hygiène
soit vraiment présent sur le terrain et que
les populations optent pour de meilleurs comportements
en la matière. Tout le monde y gagne, et à
bon entendeur, Salut !
Seydou
Diabo