Mise à jour le 20/05/2007
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San Finna N°414 du 21 au 21 Mai 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

LES ETUDIANTS RENDENT HOMMAGE A DABO BOUKARY
CERTAINS S’EXPRIMENT SUR LES MESURES ACCORDEES PAR LE GOUVERNEMENT

Pour la 17 ème fois, l’Union générale des élèves du Burkina Faso, ont sacrifié à la tradition en rendant un hommage appuyé à Dabo Boukary, né le 30 décembre 1956 et enlevé le 19 mai 1990 alors qu’il était étudiant en 7ème année de médecine, par des éléments du Conseil et déporté au Régiment de la Sécurité présidentielle.

Depuis cette disparition, ni les parents de ce leader du mouvement estudiantin ni ses anciens camarades ne sauront ce qui s’est passé jusqu’à ce qu’un puissant ministre d’Etat évoque le nom de Dabo en disant « Feu Dabo ». C’est tout dire !
Dabo Boukary a purement et simplement été liquidé. Seulement, par qui ? Comment ? Sous l’instigation de qui ? Où a-t-il été enterré ? Ces questions sont celles auxquelles l’UGEB ambitionne de trouver des réponses.

Ce 17ème anniversaire était particulier dans la mesure où il coïncidait avec une période de lutte. C’est d’ailleurs ce qui semble expliquer le fait qu’il n’y ait pas eu de meeting samedi 19 mai comme les autres fois.

Il y eut bien évidemment la traditionnelle exposition des photos des grandes luttes auxquelles l’UGEB a participées mais le match du tournoi Dabo sur le terrain qui porte le même nom. Sur place, nous nous sommes intéressés à l’actualité notamment les dernières mesures prises par le Conseil des ministres au sujet de la bourse, le prêt et le FONER accordées aux étudiants.

San Finna : Est-ce que vous trouvez les mesures prises par le MESSR satisfaisants par rapport à la lutte menée jusque là ?

Christian Paré, étudiant en 2ème année SVT : Moi, je veux d’abord apprécier la manière avec laquelle ces mesures ont été prises. Ces mesures ressemblent beaucoup à une imposition dans la mesure où, dans ce type de situation, il doit y avoir préalablement à toute prise de décision, des négociations. En l’espèce, il n’y en a pas eu, à ce que je sache.

Quant au fond, il est vrai que des points comme l’augmentation de l’aide et la question de l’ancienneté du Bac pour bénéficier de l’aide peuvent être relativement bien appréciées mais les étudiants ne luttaient pas que pour l’aspect financier. Il y avait des revendications sur les questions comme celles des libertés, de la police spéciale universitaire, le restaurant universitaire où les plats sont toujours contingentés…De façon générale, pour moi, il n’y a rien comme acquis.

San Finna : Vous seriez donc favorable à la poursuite de la lutte ?

Christian Paré : Pour dire vrai, je pense que la lutte vaut la peine d’être menée. Quand on pense à nos aînés qui ont osé et payé pour nos acquis actuels, il n’y a pas de raison de reculer.

Dabo Drissa, étudiant en 2ème année de Pharmacie : Pour moi, le gouvernement n’a fait que déplacer le problème mais on ne luttait pas seulement pour l’argent. Et même si c’était pour ça, la question de la limitation d’âge pour bénéficier de l’aide n’étant pas résolue, imaginez que vous ayez votre bac à 25 ans, vous devriez vivre à Ouaga trois ans sans aide, et la quatrième année, vous endetter. Est-ce que ça, c’est sérieux ? (..) Je suis donc favorable au maintien de la pression.

Tionyole Fayama, étudiant en sociologie : On n’a pas bougé d’un iota. Les étudiants avaient, en plus des questions financières (qui n’ont d’ailleurs pas eu un traitement sérieux) des questions de sécurité, de libertés. Pire, on nous parle d’une université Ouaga 2 à 2 milliards f. On peut utiliser cet argent pour régler les problèmes de Ouaga 1 au lieu de créer Ouaga 2 avec d’autres problèmes.

En conclusion, nous pouvons dire que de façon générale, les étudiants semblent toujours très engagés car on entend partout dire que la plateforme des étudiants n’a été résolue qu’à 20 %, pas plus. Mais l’Assemblée générale du lundi 21 mai nous situera forcément sur la suite de la lutte.

KS


L’AFFAIRE EL HADJ BARRA ABDOULAYE A CONNU SON
EPILOGUE !

Suite à l’affaire dite El Hadj Barra Abdoulaye inculpé dans une histoire pas banale de vol à Bobo-Dioulasso, que nous nous sommes fait le plaisir de suivre en bout en bout, a connu son épilogue ce lundi 14 mai 2007 avec la mise en liberté de El Hadj Barra Abdoulaye au grand bonheur de ses élèves coraniques , de ses parents et amis, qui du reste n’ont ménagé aucun effort pour précipiter sa libération.

Nous y reviendrons plus en détails dans nos prochaines éditions avec l’interview exclusive du maître coranique incriminé qui n’est autre que El Hadj Barra.

Seydou Diabo





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