LES
ETUDIANTS RENDENT HOMMAGE A DABO BOUKARY
CERTAINS S’EXPRIMENT SUR LES MESURES ACCORDEES
PAR LE GOUVERNEMENT
Pour
la 17 ème fois, l’Union générale
des élèves du Burkina Faso, ont sacrifié
à la tradition en rendant un hommage appuyé
à Dabo Boukary, né le 30 décembre
1956 et enlevé le 19 mai 1990 alors qu’il
était étudiant en 7ème année
de médecine, par des éléments du
Conseil et déporté au Régiment
de la Sécurité présidentielle.
Depuis cette
disparition, ni les parents de ce leader du mouvement
estudiantin ni ses anciens camarades ne sauront ce qui
s’est passé jusqu’à ce qu’un
puissant ministre d’Etat évoque le nom
de Dabo en disant « Feu Dabo ». C’est
tout dire !
Dabo Boukary a purement et simplement été
liquidé. Seulement, par qui ? Comment ? Sous
l’instigation de qui ? Où a-t-il été
enterré ? Ces questions sont celles auxquelles
l’UGEB ambitionne de trouver des réponses.
Ce 17ème anniversaire était particulier
dans la mesure où il coïncidait avec une
période de lutte. C’est d’ailleurs
ce qui semble expliquer le fait qu’il n’y
ait pas eu de meeting samedi 19 mai comme les autres
fois.
Il y eut bien évidemment la traditionnelle exposition
des photos des grandes luttes auxquelles l’UGEB
a participées mais le match du tournoi Dabo sur
le terrain qui porte le même nom. Sur place, nous
nous sommes intéressés à l’actualité
notamment les dernières mesures prises par le
Conseil des ministres au sujet de la bourse, le prêt
et le FONER accordées aux étudiants.
San
Finna : Est-ce que vous trouvez les mesures prises par
le MESSR satisfaisants par rapport à la lutte
menée jusque là ?
Christian
Paré, étudiant en 2ème année
SVT :
Moi, je veux d’abord apprécier la manière
avec laquelle ces mesures ont été prises.
Ces mesures ressemblent beaucoup à une imposition
dans la mesure où, dans ce type de situation,
il doit y avoir préalablement à toute
prise de décision, des négociations. En
l’espèce, il n’y en a pas eu, à
ce que je sache.
Quant au fond, il est vrai que des points comme l’augmentation
de l’aide et la question de l’ancienneté
du Bac pour bénéficier de l’aide
peuvent être relativement bien appréciées
mais les étudiants ne luttaient pas que pour
l’aspect financier. Il y avait des revendications
sur les questions comme celles des libertés,
de la police spéciale universitaire, le restaurant
universitaire où les plats sont toujours contingentés…De
façon générale, pour moi, il n’y
a rien comme acquis.
San
Finna : Vous seriez donc favorable à la poursuite
de la lutte ?
Christian
Paré :
Pour dire vrai, je pense que la lutte vaut la peine
d’être menée. Quand on pense à
nos aînés qui ont osé et payé
pour nos acquis actuels, il n’y a pas de raison
de reculer.
Dabo
Drissa, étudiant en 2ème année
de Pharmacie : Pour moi, le gouvernement n’a
fait que déplacer le problème mais on
ne luttait pas seulement pour l’argent. Et même
si c’était pour ça, la question
de la limitation d’âge pour bénéficier
de l’aide n’étant pas résolue,
imaginez que vous ayez votre bac à 25 ans, vous
devriez vivre à Ouaga trois ans sans aide, et
la quatrième année, vous endetter. Est-ce
que ça, c’est sérieux ? (..) Je
suis donc favorable au maintien de la pression.
Tionyole
Fayama, étudiant en sociologie : On
n’a pas bougé d’un iota. Les étudiants
avaient, en plus des questions financières (qui
n’ont d’ailleurs pas eu un traitement sérieux)
des questions de sécurité, de libertés.
Pire, on nous parle d’une université Ouaga
2 à 2 milliards f. On peut utiliser cet argent
pour régler les problèmes de Ouaga 1 au
lieu de créer Ouaga 2 avec d’autres problèmes.
En
conclusion, nous pouvons dire que de façon générale,
les étudiants semblent toujours très engagés
car on entend partout dire que la plateforme des étudiants
n’a été résolue qu’à
20 %, pas plus. Mais l’Assemblée générale
du lundi 21 mai nous situera forcément sur la
suite de la lutte.
KS
L’AFFAIRE
EL HADJ BARRA ABDOULAYE A CONNU SON
EPILOGUE !
Suite
à l’affaire dite El Hadj Barra Abdoulaye
inculpé dans une histoire pas banale de vol à
Bobo-Dioulasso, que nous nous sommes fait le plaisir
de suivre en bout en bout, a connu son épilogue
ce lundi 14 mai 2007 avec la mise en liberté
de El Hadj Barra Abdoulaye au grand bonheur de ses élèves
coraniques , de ses parents et amis, qui du reste n’ont
ménagé aucun effort pour précipiter
sa libération.
Nous y reviendrons plus en détails dans nos prochaines
éditions avec l’interview exclusive du
maître coranique incriminé qui n’est
autre que El Hadj Barra.
Seydou
Diabo