Mise à jour le 20/05/2007
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San Finna N°414 du 21 au 21 Mai 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

COURSE CYCLISTE DE LA BOUCLE DU COTON
QUELQUES INTERROGATIONS SUR CETTE IIIEME EDITION
QUI A VU LA VICTOIRE DE SAÏDOU ROUAMBA


Pour cette troisième édition de la Course cycliste de la Boucle du Coton, aux côtés des éléments burkinabé, on trouvait des cyclistes français, ivoiriens, togolais, béninois, libyens et nigériens. La course, qui a démarré le 14 mai dernier, s’est achevée le 20 mai à Bobo-Dioulasso.

Aux dires des uns et des autres, l’organisation de cette édition s’est nettement améliorée par rapport aux précédentes, ce qui est positif. Mais on note toujours des réticences de Burkinabé par rapport à cette course qu’ils jugent superflue, uniquement destinée à la promotion politique du régime, alors qu’il y a déjà l’historique et très apprécié Tour du Faso en fin d’année qui donne toute satisfaction.

Cependant, à force de suivre cette compétition, beaucoup en viennent à l’apprécier, et ils étaient nombreux les spectateurs, les auditeurs, à la suivre.
Revenons donc sur les étapes.

La première étape (Ziniaré/Manga), longue de 136 km, a été remportée –contre toute attente- par l’équipe libyenne. C’est en solitaire même qu’elle a franchi la ligne d’arrivée.

Sursaut d’orgueil des Burkinabé pour la deuxième étape, longue de 126 km entre Tenkodogo et Fada N’Gourma : elle fut remportée par notre Saïdou Rouamba national, Capitaine des Etalons cyclistes. Et les Burkinabé ont ensuite véritablement retrouvé leurs marques puisque pour la 3ème et 4ème étape, ce sont respectivement Houdo Sawadogo et Jérémie Ouédraogo qui ont remporté la course.

La 5e étape de la Boucle du coton disputée le 18 mai (Diébougou/Gaoua) a vu la victoire de l'Ivoirien Bolodigui Ouattara qui a devancé Abdoul Wahab Sawadogo de quelques secondes sur la ligne d'arrivée. Le maillot de leader était toujours, en cette avant-dernière étape, la propriété de Atunsi Fathi Amed de la Libye.

Enfin, ce dimanche 20 mai, la course s’est achevée avec l’étape Orodara/Bobo-Dioulasso (133 km). Après un suspense fort intense, c’est Saïdou Rouamba qui s’est imposé en franchissant le premier la ligne d’arrivée.

Tout est bien qui finit bien donc, même s’il faut relever quelques petits couacs comme celui d’accusation de tricherie contre un coureur qui se serait fait tracter par un véhicule, comme ce classement/déclassement du maillot de leader, et quasiment au dernier jour, du Libyen Atunsi Fathi Amed.

Mais, il faut le dire, la chose qui a le plus gêné cette course, c’est manifestement la sortie de François Traoré, le patron des cotonculteurs, qui a mis les pieds dans le plat en demandant l’annulation de cette course car c’est pas la joie dans le secteur : «Je trouve qu’il est aberrant, par ces temps qui courent, d’organiser une course cycliste destinée à encourager les producteurs de coton (..) Je demande aux organisateurs de cette course du coton, d’arrêter. En cette période (..), nous ne sommes guère dans la joie ». (in Le Pays du 15 mai 2007).

On ne peut pas dire qu’il ait tort car les prix de l’or blanc ne cessent de baisser avec les drames familiaux et sociaux qui s’ensuivent et la filière est donc en danger. Pour preuve, au moment où François Traoré a poussé sa gueulante, le prix du coton est descendu à 145 fcfa le kilo, soit une perte pour le cotonculteur, de 20.000 fcfa par tonne alors que dans le même temps, le prix des intrants augmente.Si l’avenir de la filière n’est pas garanti, l’avenir de la course cycliste de la Boucle du coton n’est pas aussi assuré et risque donc déjà d’avoir un parfum de passé.

CY


BILLET
A QUAND LA RECONNAISSANCE DE LA NATION AU ROLE DES CHEFS DE TERRE DANS LE MAINTIEN DE LA COHESION SOCIALE ET NATIONALE ET DANS LA PRESERVATION DE NOTRE HERITAGE CULTUREL ?


La IIe édition de la nuit des chefs traditionnels se tiendra le 24 mai 2007 à la Maison du peuple. Voilà une activité de plus qui montre le souci de valorisation de la chefferie traditionnelle par nos autorités. Cela nous amène à poser la question du traitement en parent pauvre, des chefs de terre de notre pays. Pourquoi ne bénéficient-ils pas de la même attention que les chefs traditionnels ?
De fil en aiguille, on aimerait bien savoir quelle est la différence entre ces deux catégories de chefs. Peut-on emprunter aux classifications européennes qui faisaient la différence entre la noblesse de terre, de robe, d’épée pour tenter de dire que les chefs de terre sont la noblesse de terre, et les chefs traditionnels, la noblesse d’épée ?

Voilà une question intéressante dont le secours de quelques sociologues, ethnologues.., pourrait être utile.
Nous y reviendrons.

VT





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