San
Finna N°415 du
28 Mai au 03 Juin 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
COTE
D’IVOIRE
TOUT VA DE MIEUX EN MIEUX !
Au
début, ce fut le dialogue direct imposé
par Laurent Gbagbo, qui a donné naissance au salutaire
Accord de Ouagadougou, véritable détonateur
qui a mis en orbite le processus de réconciliation,
de reconstitution de l’unité nationale. Et
puis, un faisceau d’évènements est
venu « booster » la dynamique et renforcer
le pouvoir du numéro Un ivoirien.
On notera entre
autres, l’embellie économique, reconnue même
par les institutions internationales. Fini le temps où,
après l’échec du coup d’Etat
militaire et du coup d’Etat constitutionnel de Marcoussis,
on avait misé sur le coup d’Etat économique
pour le renverser en étouffant le pays. Aujourd’hui,
c’est le grand retour des investisseurs, des sociétés
qui avaient plié bagages. La conséquence
de cela, c’est une plus grande affirmation de l’autorité
du premier Ivoirien.
L’autorité présidentielle gagne aussi
dans cette relative perte d’influence des deux partis
d’opposition les plus influents, le PDCI et le RDR.
Ils ont été marginalisés dans l’Accord
de Ouagadougou et leurs problèmes internes n’arrangent
pas les choses. La récente sortie du président
Bédié a d’ailleurs été
regrettée par beaucoup qui pensaient que l’opposition,
pour son plus grand bien, n’aurait qu’un candidat
: Alassane Dramane Ouattara ! La perspective d’un
banco électoral du président sortant se
précise plus nettement.
Le retour promis et imminent de la Mission diplomatique
japonaise ainsi que celui annoncé de la BAD pour
2008 participent aussi du renflouement du processus de
pacification comme de la position du président
ivoirien.
D’un autre côté, la rencontre annoncée
entre Bill Clinton et Laurent Gbagbo à Abidjan
à la mi-juin, ne peut que favoriser le retour en
grâce de ce dernier dans le concert des nations.
Plus encore, et pour cause, les changements intervenus
en France indiquent un infléchissement de la politique
du nouvel occupant de l’Elysée par rapport
à la Côte d’Ivoire en particulier et
par rapport à l’Afrique en général.
Il y a des chances qu’il soit moins déstabilisateur
et moins enragé vis-à-vis de Laurent Gbagbo,
et qu’il veuille même, pourquoi pas, se donner
un rôle dans le mouvement pour les retrouvailles
nationales et sous régionales. La visite programmée
en Côte d’Ivoire de Bernard Kouchner, que
le président ivoirien connaît bien, peut
y aider.
L’un dans l’autre, et l’entente cordiale
entre le chef de l’Etat ivoirien et Guillaume Soro
aidant, les choses vont de mieux en mieux en terre éburnéenne,
et ce n’est pas Laurent Gbagbo qui s’en plaindra,
lui qui apparaît finalement comme le seul maître
d’œuvre de sa remontée et du sauvetage
de son pays.