Mise à jour le 27/05/2007
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San Finna N°415 du 28 Mai au 03 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

COTE D’IVOIRE
TOUT VA DE MIEUX EN MIEUX !

Au début, ce fut le dialogue direct imposé par Laurent Gbagbo, qui a donné naissance au salutaire Accord de Ouagadougou, véritable détonateur qui a mis en orbite le processus de réconciliation, de reconstitution de l’unité nationale. Et puis, un faisceau d’évènements est venu « booster » la dynamique et renforcer le pouvoir du numéro Un ivoirien.

On notera entre autres, l’embellie économique, reconnue même par les institutions internationales. Fini le temps où, après l’échec du coup d’Etat militaire et du coup d’Etat constitutionnel de Marcoussis, on avait misé sur le coup d’Etat économique pour le renverser en étouffant le pays. Aujourd’hui, c’est le grand retour des investisseurs, des sociétés qui avaient plié bagages. La conséquence de cela, c’est une plus grande affirmation de l’autorité du premier Ivoirien.

L’autorité présidentielle gagne aussi dans cette relative perte d’influence des deux partis d’opposition les plus influents, le PDCI et le RDR. Ils ont été marginalisés dans l’Accord de Ouagadougou et leurs problèmes internes n’arrangent pas les choses. La récente sortie du président Bédié a d’ailleurs été regrettée par beaucoup qui pensaient que l’opposition, pour son plus grand bien, n’aurait qu’un candidat : Alassane Dramane Ouattara ! La perspective d’un banco électoral du président sortant se précise plus nettement.

Le retour promis et imminent de la Mission diplomatique japonaise ainsi que celui annoncé de la BAD pour 2008 participent aussi du renflouement du processus de pacification comme de la position du président ivoirien.

D’un autre côté, la rencontre annoncée entre Bill Clinton et Laurent Gbagbo à Abidjan à la mi-juin, ne peut que favoriser le retour en grâce de ce dernier dans le concert des nations.

Plus encore, et pour cause, les changements intervenus en France indiquent un infléchissement de la politique du nouvel occupant de l’Elysée par rapport à la Côte d’Ivoire en particulier et par rapport à l’Afrique en général. Il y a des chances qu’il soit moins déstabilisateur et moins enragé vis-à-vis de Laurent Gbagbo, et qu’il veuille même, pourquoi pas, se donner un rôle dans le mouvement pour les retrouvailles nationales et sous régionales. La visite programmée en Côte d’Ivoire de Bernard Kouchner, que le président ivoirien connaît bien, peut y aider.

L’un dans l’autre, et l’entente cordiale entre le chef de l’Etat ivoirien et Guillaume Soro aidant, les choses vont de mieux en mieux en terre éburnéenne, et ce n’est pas Laurent Gbagbo qui s’en plaindra, lui qui apparaît finalement comme le seul maître d’œuvre de sa remontée et du sauvetage de son pays.

VT





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