Mise à jour le 27/05/2007
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San Finna N°415 du 28 Mai au 03 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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LEVEE DU MOT D’ORDRE DE GREVE A L’UNIVERSITE
UN SENTIMENT D’INACHEVE

Ils étaient partis gorgés de rage, de détermination mais aussi de solidarité pour défendre leurs droits : augmentation de la bourse, suppression du prêt et son remplacement par un appui ; ils étaient partis pour en finir avec les décrets portant atteinte aux franchises universitaires notamment celui instituant la Police spéciale universitaire (PSU) ; ils entendaient obtenir le « décongintement » des plats au Restaurant universitaire, résoudre la question lancinante de l’exiguïté des amphithéâtres, et évidemment trouver une solution à la question récurrente de l’impunité, notamment celle liée à l’affaire Dabo Boukary.

Pour toutes ces questions, ils ont fait le plein de la mobilisation. Jamais, de mémoire d’étudiant et même de Burkinabé, on n’aura vu dans un même élan, une foule d’étudiants se dresser en si grand nombre pour des revendications.
Alors, il faut comprendre que cela ait pu faire trembler du côté du pouvoir, surtout au lendemain d’élections marquées par des fraudes inégalées qui ont mis en cran, la patience de bien de citoyens. Certainement, se disent de plus en plus beaucoup que les « AEBA » (NDLR : bakchichs) ont joué à plein pour ramollir les ardeurs de certains leaders.

C’est la rumeur qui se répand depuis que, contre l’avis des ¾ des étudiants, le mot d’ordre de marche programmée sur les ministères a été révoqué. L’Evènement du 25 mai 2007, comme beaucoup, se demande si les étudiants ne se sont pas faits flouer.

Mais voyons justement ce qu’en pensent les intéressés.

Richard SANKARA, Etudiant en droit : « Pour moi, quand on lutte, c’est pour obtenir des résultats et depuis que je suis au campus, les questions qui se trouvent dans cette plateforme revendicative, ont toujours existé, et l’administration jouait à cache-cache. Les étudiants ont voulu prendre le taureau par les cornes, et visiblement, le rapport de forces jouait en notre faveur. Sans ouvrir de négociations, l’administration s’est donnée les moyens de résoudre deux points de la plateforme, de façon unilatérale. La conséquence est que nous nous retrouvons dans ces nouvelles mesures qui semblent créer plus de problèmes qu’il y en avait.

L’assemblée générale du 21 mai était justement cette tribune où les étudiants devaient apprécier la situation. Si vous y étiez, vous verrez que la décision de suspension de la lutte n’est pas l’expression de la majorité des étudiants.
On devrait, à défaut de poursuivre la lutte, exiger des négociations directes pour tous les revendications
».

Delphine KANZIE, Histoire III : « La question de la suspension de la lutte relève d’une stratégie de lutte. Les étudiants peuvent ne pas tous comprendre et je crois que c’est en cela d’ailleurs qu’un travail de formation s’impose. Sinon, en fait, pendant la lutte, si vous avez remarquez, l’opinion publique n’était pas favorable aux étudiants, notamment une certaine presse. Il y avait en plus un risque de récupération politique d la lutte. Voilà pour moi les deux indicateurs à ne pas négliger dans une lutte qui se veut noble et désintéressée.

Par ailleurs, la suspension ne veut pas dire la fin de la lutte, les responsables des étudiants (notamment l’ANEB) ont promis poursuivre les discussions avec les autorités pour une plus grande satisfaction des aspirations estudiantines
».

Un étudiant en SDS voulant garder l’anonymat : « C’est comme ça. Moi, depuis le début, j’avais peur qu’on en arrive à ça. La mobilisation était exceptionnelle, le pouvoir a eu peur. Il s’est donné les moyens pour arrêter ce que les dignitaires du régime pourraient appeler ‘cette comédie’. L’attitude de l’ANEB met le doute dans notre esprit. On ne saura plus qui résiste au AEBA ou à la pression. La déception est grande pour moi. Les arguments de l’ANEB ne tiennent pas. Ils en ont deux principalement : l’opinion publique et la récupération politique. Je m’inscris en faux contre le premier car l’opinion publique n’existe pas. C’est vous, c’est moi et ainsi de suite. On n’avait qu’à informer les gens sur nos problèmes.. Quant à la récupération politique, ça fait rire. De quels politiciens parlons-nous ? Ceux qui faisaient les pétitions sur les candidatures indépendantes pendant les rassemblements d’étudiants ? Qu’on se prenne au sérieux ».

S. Koné






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