San
Finna N°415 du
28 Mai au 03 Juin 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
AFFAIRE
EL HADJ ABDOULAYE BARRA
LE SUSPENS CONTINUE…
Mis
en liberté provisoire le 14 mai dernier, nous
nous sommes aussitôt rendu au domicile de El
Hadj Abdoulaye Barra pour recueillir à chaud
ses impressions, après avoir passé environ
32 jours à la Maison d’Arrêt et
de Correction de Bobo-Dioulasso. Mais c’est
peine perdue car sur place, on nous fera comprendre
que les avocats qui ont été commis,
lui auraient conseillé de ne pas se confier
à la presse (ce qu’il entendait faire
en exclusivité à San Finna), n’étant
qu’en liberté provisoire.
Mais ce que nous avons appris de surprenant, c’est
qu’il semblerait que le premier voleur aurait
laissé entendre au tribunal qu’il aurait
soutiré dans un premier temps, 200.000 f qui
ont été utilisés pour jouer,
et une seconde fois, 35.000 f.
Si cette thèse s’avérait vraie,
nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper
que sur les 2 000 000 f annoncés, les élèves
coraniques n’ont trouvé qu’en définitive
une somme d’environ 1 765 000 fcfa. Affaire
à suivre…
Seydou
Diabo
COMMUNIQUE
Le
correspondant de l’Agence d’Information
du Burkina (AIB) à Titao, dans la province
du Lorum, à 230 km au nord de Ouagadougou,
la capitale du Burkina Faso a été le
24 mai 2007 l’objet de menaces, de tentatives
de lynchage et d’incendie de son domicile. Un
groupe de jeunes, excités et « instrumentalisés
» ont organisé des « manifestations
spontanées » hostiles au journaliste.
Abdoul Salam Ouarma, correspondant de l’AIB
à Titao avait rapporté dans le quotidien
Sidwaya du 23 mai sous le titre « un concours
d’alcool… tourne au drame » qu’un
jeune est décédé suite à
une compétition d’alcool entre deux jeunes.
Cet article, selon des sources administratives n’aurait
pas plu à une catégorie de jeunes de
Titao qui auraient « décidé »
d’en finir avec le correspondant.
C’est ainsi qu’ils seraient « spontanément
» descendus dans la rue scandant des slogans
xénophobes et hostiles à la liberté
de presse. Les autorités politiques et administratives,
ainsi que les forces de sécurité ont
aussitôt pris les mesures nécessaires
pour protéger le journaliste et sécuriser
son domicile, face à des jeunes qui «
promettaient de le tuer, s’ils le rencontraient
».
Aussi les associations professionnelles ci-après
: Association des Journalistes du Burkina (AJB), le
Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Information
et de la Culture (SYNATIC) et la Société
des Editeurs de la Presse Privée (SEP), Association
des Correspondants de presse dénoncent et condamnent
et condamnent ces manifestations qui ne sont rien
d’autres que des tentatives de bâillonnement
de la liberté de presse.
Elle condamne les auteurs de ces tentatives de lynchage
;
Elle apporte son soutien au correspondant de l’AIB
à Titao et à l’ensemble des correspondants
de presse qui chaque jour se battent pour donner des
informations sur la vie dans le Burkina profond ;
Elle félicite les autorités provinciales
pour les mesures prises pour assurer la sécurité
du confrère et les encourage à persévérer
dans ce sens ;
Elle met en garde certaines autorités locales
qui pensent que le journaliste ne devrait être
que leur porte-voix, voire leur valet ;
Elle appelle l’ensemble des journalistes à
se solidariser avec les confrères inquiétés
dans l’exercice de leur profession.
Pour l’Association des Journalistes du Burkina
(AJB)
Jean Claude MEDA
Pour
la Société des Editeurs de la Presse
Privée (SEP)
Chériff SY
Pour
le Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Information
et de la Culture (SYNATIC)
Justin COULIBALY